Mille livres en tête

Mille livres en tête

Gun cake / Maloria CASSIS

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Quand je vous disais que ma P.A.L contient sûrement des pépites ! L'opération #jevidemapileàlire continue et là, avec « Gun Cake » de Maloria CASSIS, je me suis régalée.


Je ne vous parle pas des gourmandises que créer Angela, jeune pâtissière tout juste installée dans son salon de thé à Centori, jolie bourgade italienne. Elle réalise, ainsi, un rêve d'enfant. Et surtout, elle est enfin libre. Sauf que ce rêve pourrait bien se transformer en cauchemar et sa liberté lui coûter cher, si elle ne se plie pas aux règles de la famille ALERIO en s'acquittant du "pizzo" qui lui assurera tranquillité et sécurité.


Véritable gang mafieux, dans toute sa splendeur, il règne en maître sur Centori, terrain de jeux propice à l'intimidation, au racket et au trafic de drogue. A sa tête, Adriano, very bad man, très sûr de lui, de son pouvoir et toujours entouré de ses sbyres. Cible dans le collimateur d'une unité d'élite de la police, il est prêt à tout pour ne pas tomber ; même à tuer. Si c'est nécessaire, il n'hésitera pas à éliminer un flic, d'autant plus si celui a infiltré son gang. C'est sur ce constat peu reluisant qu'on fait connaissance avec lui. Bienvenue dans l’Italie bien loin des cartes postales touristiques !


Entre douceur et brutalité, qui s'inclinera devant l'autre ?

Sous des faux-airs de romance, l'histoire ne recèlerait-elle pas une face plus sombre ?


C'est une grande surprise pour moi, cette histoire de Maloria CASSIS qui a pris vie lors d'un concours Fyctia "Dark attraction". La victoire finale lui a échappé mais je comprends qu'elle soit allée aussi loin. Sorti en auto-édition grâce à « Stories by Fyctia », tout d'abord en 2 tomes au format numérique. Puis un joli poupon broché, tout rose, de 500 pages a rejoint ses aînés en Octobre 2019. Qu'elle belle fratrie ! Maloria, tu peux être fière de cette magnifique famille livresque à laquelle tu as donné naissance.

 

J’avoue que « Gun cake » est bien loin de ce que j’avais imaginé ; je ne savais pas à quoi m’attendre mais là, j’ai juste envie de dire « WAOUHHHH !!!! ». Je ne suis pas du tout friande de films de gangsters, je sais tout juste qui est Al Capone ; donc autant dire que je me suis lancée dans une aventure en terre inconnue. Et surtout, attention à ne pas se fier à la couverture assez girly !


Dans ce roman, il y a un thème essentiel : celui de la famille ; valeur qui est abordée dans le côté positif comme dans le négatif. N’oublions pas qu’on évolue dans un milieu où la famille a encore plus de poids : la mafia italienne. Que ce soit celle du sang ou celle du cœur, l’auteure l’a parfaitement décrite et a construit son histoire autour.

 

Pour Adriano, la famille c’est sacré ! En tête, ses parents, Flavio le patriarche qui était autrefois à la tête du clan et Maria, que j’ai vu un peu comme la parfaite mamma italienne. A ceux-là s’ajoutent l’adorable Aurélia, l’espiègle sœur qui est mon coup de de cette histoire, Batista & Giacomo, les cousins et Tony, son frère de cœur avec qui il a grandi. Donc, c’est vraiment une histoire de famille !

 

Par contre, pour Angela, c’est tout autre chose mais je ne vais rien vous raconter car elle se dévoile tout au long du livre. Et c’est ça que j’ai vraiment apprécié : n’avoir que des bribes de vie par ci, par là et voir en quoi elles seront essentielles à toute la cohérence de l’histoire.

 

« Ne plus me laisser dicter mon comportement par qui que ce soit. Aussi charmant et énigmatique soit-il. Je ne capitulerai pas face à ce bel Italien »

 

Adriano est le bad man par excellence, le mafioso dans toute sa splendeur. Son autorité n’est pas contestable, ses ordres doivent être exécutés sans délai,  il gère tous ses membres d’une poigne de fer et personne ne saurait se risquer à lui tenir tête. Vu comme ça, il semble impressionnant mais il est d’une loyauté sans faille. Les femmes ne sont que de passage dans son lit ; aucune n’a su rester dans son cœur. Lui qui n’a pas le droit de faillir, en quelque domaine que ce soit,  il n’est pas à l'abri de faire LA rencontre qui pourrait ébranler sa superbe.

 

Et Angela est parfaite dans le rôle de celle qui ne va pas se laisser impressionner par celui qui va débouler dans sa vie sans y avoir été invité. En matière de business, il n’y a pas de passe-droit et Adriano ALERIO n’a pas besoin d’invitation ! Angela a du caractère, du répondant et elle excelle en pâtisserie, à faire pâlir les plus grands pâtissiers. Bon là, je ne suis pas d’accord Maloria ! Cake design, tiramisu, macarons, cupcakes, gravity cake, etc….. c’est juste une torture. Mais elle cache certaines blessures en elle, un secret dangereux, bien lourd à porter.

 

« Tu diras à ton chef, à celui qui vous envoie tous me faire chier, que s’il a un problème, il vienne lui-même au lieu de se comporter comme un lâche en envoyant des gens à sa place »

 

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La relation de ces deux-là réserve bien des surprises et autant dire que l’auteure a mis le paquet. C’est un parfait dosage entre romance et suspens qui s’alternent tout au long de la lecture : l’un ne prenant pas le pas sur l’autre. Ce n’est pas un thriller ; loin de là, mais ça fait son petit effet. Maloria a créé une belle brochette de personnages et n’a pas hésité à leur réservé des rôles parfois sombres pour coller, comme il se doit, à l’histoire et à sa solidité. Elle a mis en scène des situations réalistes qui peuvent faire froid dans le dos quand on ne fait pas partie du milieu. Elle a judicieusement mêlés complots, règlements de comptes entre bandes rivales désir de toute puissance, trahisons…. En y ajoutant une belle touche de sensualité et de tendresse.

 

« Nous n’avons rien à faire ensemble et pourtant nous sommes si bien l’un avec l’autre. Les deux pièces d’un puzzle s’emboîtant l’une dans l’autre, comme le Yin et le Yang »

 

Dans ce roman, elle ne nous épargne rien et à ses personnages non plus. Elle va les mettre face à des situations déplaisantes voire risquées et à des choix qui demanderont des décisions rapides et adéquates. Aucune hésitation ne leur sera permise, aucun doute ne sera toléré. Beaucoup de sentiments sont au rendez-vous : on rit de certaines réparties, on est émue ou triste par certains évènements qui ne peuvent que nous toucher, on est révolté par des dommages collatéraux sur lesquels on a aucune possibilité de retour en arrière, on reste sans voix devant la dureté d’une réalité qui n’existe sûrement pas que dans ce livre, on fond devant la beauté des sentiments et la tournure que l’auteure a su leur réservé et surtout on est frustrée par un tel étalage de sucreries colorées qui nous font saliver rien que par leurs descriptions.

 

« J’ai la gorge serrée et les larmes au bord des yeux tellement je crève de trouille face aux canons de leurs flingues. Je dois trouver une idée, mais rien, c’est le néant. La peur obstrue toute pensée constructive dans mon esprit »

 

Ne cherchez pas de temps mort, il n’y en a pas ; le rythme est très bien maîtrisé et malgré le beau volume du livre, les pages se tournent toutes seules. L’histoire et l’écriture sont vraiment plus que plaisantes, une multitude de détails attirent l’attention sur le soin apporté à des scènes qui s’enchaînent les unes après les autres ; aucune rupture de lecture n’est possible. Il n’y a aucune longueur, ni d’impression de rapidité dans les scènes, aucune surcharge inutile, on ne tourne pas en rond pendant des lustres, on assiste à de belles joutes verbales et de très beaux messages sont véhiculés pour consolider le tout comme un bouclier qui repousse tout ennui éventuel, impitoyable ennemi qui pourrait rôder.

 

Cette histoire doit toute sa force à ses personnages auxquels on s’attache vite et qui changent un peu la donne habituelle. Elle, n’est pas une pleurnicheuse et lui, il n’est pas sans faille malgré les apparences que son statut lui impose. Mais aussi aux contrastes que Maloria a sur mettre en lumière, entre la noirceur et la couleur, pour qu’à un moment ils n’aient d’autre issue que de ne faire qu’un seul ton uniforme, plus apaisant.

 

Pour passer de l’ombre à la lumière, il n’y a peut-être besoin que de quelques macarons à la pistache. Alors, prévoyez le stock suffisant pour vous plonger dans cette histoire addictive, où les apparences sont trompeuses et le dosage de tous les ingrédients parfaitement maîtrisé, et qui se révèle être, contre toute attente, un magnifique coup de  pour moi. Maloria a écrit : « Nos histoires, on les écrit, mais c’est vous qui les faite vivre ». Alors longue vie à Gun Cake !

 

« Nous avons beau savoir que les personnes qu’on aime sont souffrantes et que rien ne pourra les sauver, nous ne sommes jamais vraiment préparés face à la maladie »



13/04/2020
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