Mille livres en tête

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Campus Drivers - T3 : Crash Test / C.S QUILL

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Dans ce 3ème et dernier opus de la saga des Campus drivers, C.S QUILL termine cette aventure en beauté ; sur une note encore différente des autres tomes. Et avec une couverture qui n'a rien à envier aux précédentes.

 

C'est dans un contexte bien différent des deux précédents tomes (bien que toujours dans l'univers O.S.U), que l'histoire de Lewis et Amy prend vie.

 

Lewis, celui sur lequel on a envie de tout savoir dès "Supermad," est le dernier Campus Drivers célibataire. Sa priorité n'est pas sentimentale mais sportive. Cette dernière année à l'O.S.U, il ne peut l'envisager autrement que par la finalité dont il a toujours rêvé : être recruté en N.B.A. Mais elle signifie aussi la fin de l'aventure Campus Drivers, à laquelle il faut trouver une relève digne de ce nom. Quitte à envisager de féminiser le concept. Pour ça, il peut compter sur ses fidèles amis Lane, Donovan et Adam qui pensent avoir décroché la perle rare en la matière et qui lui confient la délicate mission de la tester et de la former.

 

« Quand je vous dis qu’avoir une copine rime avec peine de mort… »

 

Cette perle, en théorie du moins, c'est Amy, 20 ans, étudiante en 2ème année de mécanique, arrivée tout droit de Brooklyn. Les voitures c'est tout sa vie et un univers plus que familier pour elle. Sauf que, là d'où elle vient, le côté relationnel n'a pas la même signification que celui qu'exige le job auquel elle pourrait prétendre.

 

Une chose est sûre : Lewis était loin de s'attendre à devoir former ce style de stagiaire atypique et un peu rebelle. Et cette rencontre ne va pas être anodine et sans conséquences pour lui comme pour elle.

 

Amy pourra-t-elle laisser définitivement son passé, soigneusement dissimulé, derrière elle pour avoir une chance d'intégrer la nouvelle génération des Campus Drivers ?

Pour mener à bien la mission qu'il s'est fixé,  Lewis saura-t-il continuer à respecter les codes des Campus Drivers ?

 

Oubliés les précédents couples formés dans "Supermad" et dans "Book boyfriend" pour laisser la place à un personnage féminin au tempérament de feu, qui n'a pas froid aux yeux, qui n'a pas peur de mettre les mains dans le cambouis et qui est assez brut de décoffrage. Elle serait plus à en venir aux mains avant de discuter et à se voir offrir une clé à molette plutôt qu'un bouquet de fleur ! C'est indéniable : Amy se démarque de manière plus qu'originale mais elle n'en reste pas moins une jeune femme.

 

« Ah ! C’était toi, le bruit sourd ? Je suis rassurée, j’ai eu peur d’avoir percuté un blaireau, j’en étais toute retournée »

 

Face à elle, il y a le tant attendu Lewis, talentueux et prometteur basketteur, pour qui les petites amies ne sont qu'une source d'ennuis. Ce n'est pas sa rencontre avec la belle mécano qui va changer sa vision des choses. On pourrait mettre ça sur le compte de l'année décisive qui l'attend et des règles des Campus Drivers car autant pour Amy, on sait d'entrée à quoi s'en tenir que pour Lewis, son comportement et les signaux contradictoires qu'il envoie, peuvent semer le doute sur la suite potentielle de l'histoire.

 

Cette relation, même si elle s'inscrit dans un schéma de base classique et logique, est intéressante de par la différence qui oppose les deux protagonistes principaux. Lui est soumis à certaines règles ; elle, n'hésite pas à les enfreindre sans aucun scrupule. En new romance, on est plus habituées au bad boys qu'au bad girls. Et là, les rôles inversés détonnent un peu et sont vraiment agréables à lire.

 

« Ok, quand il casse une pommette avec son poing, il y a des chances que ça fasse complètement exploser ma poitrine »

 

Même si j'ai aimé le personnage de Lewis, j'ai adoré Amy avec ses forces et ses faiblesses. Bien que sur une narration interne à double voix, ses émotions sont plus palpables que celles de Lewis. Le ressenti et la façon d'appréhender son personnage sont d'une toute autre nature. Et son vécu et son implication dans l'histoire semblent plus développés.

 

« Les regards que nous échangeons ont plus de valeur pour moi que tout ce qu’il pourrait dire »

 

Ce dernier tome permet aussi de retrouver les couples Loïs/Lane, Carrie/Donovan et Adam/Amélia. Et de me conforter, bien que ce soit difficile de trancher vraiment, pour mon couple n°1 : Donovan/Carrie que j'ai vraiment apprécié retrouver et qui, il me semble, est plus présent que les deux autres couples. Je me trompe peut-être. Mais j'ai adoré les interventions de Carrie, hautes en mots, dans ce tome.

 

Il y aussi le personnage de Raven que j’ai vraiment aimé de par son côté protecteur envers sa sœur, de par ses actions et ses interventions et de par tout ce qui sort de sa bouche. C’est une sacrée sœur qu’à là Amy.

 

« C’est trop cool que tu aies enfin un ami qui n’a pas l’air de vendre des organes sous le manteau »

 

C'est sur un contenu haut en répliques savoureuses, en situations drôles, poignantes ou sensuelles, en quiproquos, en rendez-vous manqués et en une tension soigneusement entretenue que l'auteure clôture cette saga qui a remporté tous les suffrages.

 

C.S QUILL a ce talent de ne pas se conforter dans du déjà vu/déjà écrit, de toujours arriver à surprendre là où on ne s'y attend pas et proposer une écriture toujours dans une courbe qualitative grandissante.

 

Elle a cette facilité à créer et mettre en scène des personnages de caractères différents, unis par une amitié sans faille qu'elle entretient brillamment, jusqu'au bout, avec cette touche d'humour inégalable.

 

De manière globale, Campus Drivers est vraiment une lecture coup de ❤ de cette année 2020. Elle respecte tous les codes attendus dans ce style littéraire, la plume de l'auteure est plus que prenante et son imagination joliment débordante. Il en ressort une certaine fraîcheur associée à certaines émotions plus sensibles, qui ne peuvent que créer une combinaison gagnante.


06/12/2020
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Coupable ! I love you / Isa LAWYERS

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Lorsque j'ai reçu ce titre de la part de Hugo New Romance, j'étais plus qu'heureuse car c'est un titre que j'attendais avec impatience. Comme toujours, j'avais craqué sur la couverture, le résumé et le titre. Je ne connaissais absolument pas l'auteure, ni la première version auto-éditée de cette histoire. C'était donc l'occasion de la découvrir dans sa seconde naissance.

 

Merci à Célia et Hugo New Romance de m'avoir permis de le découvrir avant sa sortie.

 

"Elle l'aime. Il s'y refuse.

Sarah est une jeune avocate parisienne totalement dévouée à son travail, au grand dam de sa famille. De tous les combats, elle n'hésite pas à se mettre régulièrement son boss et ses collègues machos à dos pour défendre ses convictions. Lorsque sa secrétaire, souffrante, ne peut assurer un rendez-vous dans un palace, Sarah accepte de prendre sa place, convaincue de dévoiler un adultère scandaleux... et tombe sur un inconnu aussi beau qu'inattendu.

 

Dès leur première rencontre, l'univers de Sarah bascule. Persuadée avoir trouvé l'amour de sa vie, elle est prête à tout pour continuer à le voir. Elle troque alors ses Converse pour des talons hauts, met de côté son identité pour vivre son idylle, et le mensonge s'installe.

 

Mais peut-elle vraiment remiser au placard ses valeurs pour un homme qui ne la connaît pas, au risque de se perdre ?"

 

Il y a des histoires dans lesquelles on n’a aucun mal à se plonger dès les premières pages. Ne me demandez pas pourquoi, ça a été le cas pour moi, pour ce roman.

 

Lu en lecture commune avec Marie, du blog "Aux rêves des mots" que je remercie pour la découverte de cette expérience toute nouvelle, j'ai dévoré cette histoire en un week-end. Sachant qu'en version papier, c'est un beau bébé de 774 pages (504 en numérique), ça veut tout dire sur mon ressenti final.

 

Alors attention à ne pas se fier au résumé qui cache soigneusement la base de l'histoire que j'ai vraiment trouvée originale et bien amenée ; même si ça peut être assimilé à quelque chose de malsain et choquer les âmes puritaines.

 

« Pour le moment, je lui donnerai ce qu’il veut. Juste parce que je suis égoïste et que je ne veux pas risquer de ne plus le revoir. Et puis, qui voudrait de moi ? Personne n’a jamais voulu, pas plus que quelques nuits. Alors, pourquoi lui ? »

 

L'auteure a une écriture intéressante et elle nous dévoile ses personnages sans précipitation. Le personnage de Sarah c'est un peu une Mrs Jekyll & Mrs Hyde version romance, avec ses deux facettes bien distinctes. D’un côté la jeune femme célibataire, de l’autre l’avocate talentueuse qui a des obligations. La première est tiraillée entre ce qu'elle désire et ce que la position de la seconde exige d'elle. Féministe convaincue au passé de petite fille abîmé, la défense des femmes est son cheval de bataille.

 

Elle évolue professionnellement dans un monde d’hommes très machistes ; et autant dire qu’elle ne se laisse pas démonter quand il s’agit de montrer son égalité. J’avais un peu peur que l’aspect juridique soit trop présent dans cette histoire mais heureusement il n’en est rien. Il est évoqué de manière logique et indispensable, tout au long du roman mais il se fond parfaitement dans l’ensemble.

 

« Pas une femme pour parler cinéma, des extravagances de la dernière Fashion Week ou des Oreo saveur banana split. Encore moins de lectures à l’eau de rose ou de problèmes de ragnanas. Juste Vera. Les autres associés ont préféré choisir des « assistants ». Comme si l’efficacité se calculait au taux de tétostérone »

 

Sarah est une jeune femme dynamique, qui peut être tour à tour agaçante et attachante, qui ne vit que pour son métier, pour la seule famille qui lui reste, sa mère et sa sœur Maxine et pour son meilleur ami et collègue, Gabriel - que j’ai vraiment beaucoup aimé -. Et qui combat les coups bas de la vie à bonne dose de glace au chocolat, de Nutella et de chansons du légendaire groupe Abba (Merci Isa LAWYERS pour cette référence qui forcément me parle !).

 

« Depuis combien de temps tu n’as pas eu de dépoussiérage de la grotte de l’amour ? »

 

Sa rencontre avec l’inconnu en question – au doux prénom d’Helias - va à l'encontre de ses principes et de ses convictions. Et pourtant il y a des situations où la perte de contrôle est totale ; pour notre plus grand bonheur, l’auteure a joué à fond la carte des sentiments qui se battent avec la raison ; et l’agacement pourrait bien poindre son nez. Ce qui déplaira forcément à certaines lectrices.

 

Helias est un torride, jeune et brillant chef d’entreprise qui cache un passif familial et émotionnel assez récent mais tellement touchant. Et cet aspect du personnage a été bien développé en se concentrant sur le présent pour lui donner vraiment toute sa place et ne pas tomber dans le trop triste. Dans sa vie il y a une personne plus importante que toute autre : son père. Même s’il n’est qu’un personnage secondaire, il a une belle place dans l’histoire et j’ai vraiment aimé la manière dont l’auteure l’a inclus. Et pour Helias, c’est bien lui sa priorité.

 

« La culpabilité me ronge de l’intérieur car je sais que je suis responsable de tout cela. Je n’ai pas été là pour lui. Je ne l’étais même pas pour moi, préférant fermer les yeux sur mon chagrin et plonger dans le travail pour masquer ma peine »

 

Trouver une relation stable ne fait pas partie de ses plans d’avenir mais sa rencontre avec Sarah pourrait bien tout bouleverser. Et le perturber plus que de raison. Même dans les moments où il est infernal, il m’a fait craquer ; c’est pour dire que je l’ai aimé ! Si je devais lui faire un reproche ce serait de ne pas assez se dévoiler, à Sarah, quant au pourquoi de son choix de vie amoureuse. Mais ce serait chipoter pour pas grand-chose.

 

« Lui, il est malheureux. Je ne sais pas pourquoi, mais il l’est tellement qu’il ne veut plus aimer »

 

Sarah porte vraiment l'histoire avec beaucoup de forces et de faiblesses mélangées, de maturité pour son jeune âge et c'est ce qui fait la beauté de son personnage. Elle se partage la narration avec Helias et associée à cela une belle touche d'humour, c'est vraiment un titre gagnant dans les sorties à venir de ce mois.

 

Jusqu’où sera prête à aller Sarah pour vivre son histoire telle qu’elle la rêve ?

Helias ne serait-il pas en train de commettre une erreur qui pourrait le priver d’un avenir enfin heureux et apaisé ?

 

Isa LAWYERS signe là une new romance dans l'air du temps même si le comportement du personnage féminin (et pourquoi pas masculin…) peut agacer et faire lever les yeux au ciel. C'est un personnage embourbé dans un mensonge et qui ne demande qu'à évoluer. Et quelle évolution !

 

J'avais un peu peur qu'il y ait trop de sexe dans ce début peu commun mais ça va, ça restait plus que raisonnable. Il n’aurait pas fallu que ce soit l'aspect qui prenne le dessus. On est vraiment dans un style romance ; ça aurait gâché ma lecture.

 

Concernant la romance justement, je ne l’ai pas vue comme quelque chose de rapide. La base, qui repose sur un quiproquo soigneusement entretenu par la suite, reste quand même une forte attirance entre Helias et Sarah. Tous les évènements qui vont se succéder feront que ça aboutira ou non en romance. Qui dit romance dit sentiments partagés et là ce n’est pas gagné d’avance car il ne faut pas confondre amour et attirance.

 

Car dans cette histoire il y a beaucoup de retournements de situations qui viennent pimenter le tout. C'est vraiment une lecture pendant laquelle on ne s'ennuie pas. Les personnages secondaires aussi sont drôles, touchants et attachants. Et j'adore ce style d'histoire qui malgré ses 774 pages, se lit vraiment très facilement. J’insiste sur ce point qui me semble vraiment primordial : il ne faut pas s’arrêter à ça ; c’est un faux prétexte selon moi pour ne pas donner sa chance à une histoire. Une célèbre saga américaine tient en 5 pavés et personne n'a jamais rien trouvé à y redire. Donc... !

 

« Voilà Barbie ! On avait déjà Ken, maintenant on a sa copine du rayon jouets. Je me force à sourire et me retiens de lui dire qu’avec lui, on a Kiki, le kiki de tous les kikis, petit, rond et poilu »

 

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Isa LAWYERS a une écriture de qualité ; il n'y a pas de surcharge qui alourdit l'histoire. Quand on voit le nombre de pages, on peut craindre ce genre de négativité, de surenchère. Mais pas du tout. Tout est bien cohérent, tout s'enchaîne parfaitement, c'est un ensemble bien travaillé et vraiment agréable à lire. Un mélange de sérieux et de légèreté sans aucune répétition.

 

L’auteure nous offre un savoureux mélange de rebondissements, de répliques savoureuses, de situations cocasses, tendres ou douloureuses, des scènes touchantes, des rapprochements sensuels mais pas trop envahissants, des répliques pleines de fraîcheur et de franchise, des pensées ou passages qui m'ont fait rire. L'histoire évolue à un rythme qui me correspond assez bien.

 

« En clair : fais pas chier ! C’est moi la juriste, l’ami. Continue à jouer à ta PS4 : pour m’avoir emmerdée plus d’une fois pour rien, ça te coûtera plein pot »

 

Je pourrais écrire encore et encore sur ce que m’a fait ressentir ce titre, tellement je l’ai aimé dans sa perfection sans aucune imperfection. C’est vraiment un très beau coup de  que je n’aurais aucun mal à relire lorsqu’il viendra rejoindre ma bibliothèque papier. J'ai hâte !

 

Et bien logiquement, je vous conseille de le découvrir sans apriori, juste pour le plaisir de rencontrer Sarah et Helias et de succomber à votre tour. C’est tout le bien que je vous souhaite !


11/11/2020
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Campus Drivers - T.2 : Book Boyfriend / C.S QUILL

Campus Drivers T.2.jpgMerci C.S QUILL, Hugo Roman et Célia pour l'envoi de ce roman

 

C'est dans la parfaite continuité du 1er tome que j'ai retrouvé avec plaisir cette bande des Campus Drivers. L'histoire de Loïs et Lane s'était achevée sur un cliffangher de toute beauté et enfin la réponse est là. Je ne m'y attendais pas et l'idée est très bien pensée pour faire la transition avec l'histoire de Donovan - capitaine de l'équipe universitaire de basket - qui débute.

 

Moralement fragilisé par une situation familiale délicate et complexe, l'heure de la dernière rentrée universitaire sonne comme une échappatoire pour lui qui va retrouver ses amis.

 

"Nickel, elle est là depuis dix minutes, et c'est déjà la merde !"

 

Mais spectateur du bonheur de Lois et Lane & Carter et Becca, en couples, sa situation sentimentale devient pesante ; surtout lorsqu'il se rend compte qu'il ne coche aucun des critères du boyfriend idéal. Pour mettre toutes les chances de son côté, il va s'adresser à la spécialiste féminine en romance du Campus : Carrie, étudiante comme lui mais en 3ème année, pour qu'elle le coache afin de devenir le petit ami parfait.

 

"Dis-moi ce que je dois faire pour être un bon petit ami"

 

Sauf qu'ils n'ont pas grand-chose en commun et Donovan, surtout, n'a rien à voir avec les héros de ses lectures. Donc l'affaire s'annonce plus que compliquée et comme ... rafraîchissante pour la lectrice que je suis.

 

De la théorie à la pratique, Donovan et Carrie sauront-ils respecter le juste rythme ?

Et le petit ami parfait n'existe-t-il pas seulement dans nos romances ?

 

Alors, comment dire ? J'avais eu un supra méga coup de cœur pour le T.1 de cette saga qui détonne et dépote mais là... il n'y a pas de qualificatif assez fort pour dire combien j'ai aimé ce 2nd tome, au-delà du concevable et combien j’ai passé un vrai bon moment de lecture. Et je ne m'attendais pas du tout à ça !

 

C'est avec une trame d'écriture totalement différente que l'auteure a construit et développé cette histoire à dominance humoristique. Avec un personnage comme Donovan, il fallait vraiment créer une histoire sur-mesure qui serait capable de nous faire voir en ce mec un peu "lourd", le romantique qui pourrait sommeiller en lui. Et même si c'est un travail de longue haleine, sous la plume de C.S QUILL rien n'est jamais impossible.

 

« Les chiottes sont si près que je pourrais y pisser sans bouger du matelas. Un panier à trois points, les doigts dans le nez »

 

Car Donovan, ben c'est Donovan tout simplement. Le type lourdingue à souhait qui ne voit rien d'autre, en les femmes, que le plaisir qu'elles peuvent lui apporter. Un peu sans filtre, sans tact et surtout avec une mémoire défaillante au possible. Ce qui donne des scènes cocasses et drôlement agréables à lire. Sourires, rires et bonne humeur agrémentent cette lecture dès les premières pages.

 

"Mais qui est cette fille ? Je vais contacter mon médecin, mes neurones ont besoin d'un traitement de cheval"

 

Surtout que, face à lui, il y a Carrie qui n'est pas en reste. Qu'on ne s'y trompe pas ! Sous la lectrice romantique, plus que tout attachée à ses livres, il y a une jeune femme à la répartie haute et verbalement colorée. Côté livres, beaucoup d’entre nous se retrouveront certainement dans certaines scènes.

 

"Il attrape mon précieux et le retourne pour prendre connaissance du résumé. Je me mords la joue en pensant à ses doigts possiblement gras ou sales. Est-ce que j'ai l'air d'une louve protégeant son petit ? Totalement"

 

L'idée de base de cette histoire est originale et bien imaginée. Elle permet aux lectrices de s'imprégner pleinement de l'atmosphère littéraire dans laquelle évolue Carrie. D'autant plus que, dans cet univers, Donovan va se révéler plus que surprenant en occupant une place étonnante. J'ai adoré cet aspect de l'histoire où l'auteure n'hésite pas à faire lâcher un peu de lest à la masculinité de ce personnage chargé en testostérone. Ne dit-on pas qu'en chaque homme se cache une part de féminité ? !

 

J'ai adoré Donovan même si, à première vue, je ne le choisirais pas comme boyfriend idéal (surtout dans le T.1). Mais ce qu'il est, c'est justement ce qui fait son charme. Le romantisme est un concept qui lui est totalement étranger mais quel humour, quelle spontanéité et quelle détermination ! Il est prêt à faire des choses totalement décalées et un peu loufoques ; et ça fonctionne drôlement bien pour la cohérence et l'évolution de l'histoire.

 

- J'ai bientôt 22 ans, il est temps que je me range. J'ai le niveau d'un gosse d'élémentaire, un retour aux bases est nécessaire.

- De la baise à la base il n'y a qu'un pas, ironise-t-elle

 

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L'auteure a su éviter d'enfoncer son personnage dans une image négative et pesante pour en faire ressortir le meilleur, le faire gagner en maturité émotionnelle et le faire se révéler à nous tel que n'importe quelle romantique en rêve. Alors oui, parfois c'est cash, direct mais ça fonctionne très bien dans ce contexte. 

 

Lui avoir associé un personnage tel que Carrie permet d'aboutir à un duo de choc et de charme qui apporte une fraîcheur non négligeable. Carrie est une jeune femme qui peut induire en erreur ; pour laquelle on serait tenté de donner la part belle aux aprioris de la vierge effarouchée ou de celle qui rougit dès qu’un homme s’adresse à elle. Mais non, elle est vraiment le point fort de cette histoire car elle offre des fous rires de qualité dès lors qu'elle est au contact de Donovan. Elle n'hésite pas à le malmener et avec elle, on est loin de l'image de la jeune femme romantique en attente de l'homme idéal. Quel personnage !

 

"Pas du tout. J'aime faire du vélo autour du campus à 8h20 du matin, respirer les pots d'échappement et manquer de me faire écraser... Qui préfère rester dans son lit ? Qui ?"

 

Si je dois parler de la romance, je suis totalement fan de la manière dont elle a été amenée et développée par l'auteur. Alors peut-être que c'est une piste de base déjà explorée, je ne sais pas trop (en Young Adult peut-être). Mais c'est un cheminement romanesque qui sied à merveille à cet apprentissage inédit, auquel s'initie Donovan sous le professorat de Carrie. Le fait que ce soit l'homme qui demande de l'aide à la jeune femme, c'est assez peu commun et c'est ça qui différencie cette histoire et la fait sortir d’un schéma littéraire répétitif.

 

Et le rythme choisi par l'auteure pour installer cette romance aura peut-être ses détracteurs. Alors forcément, ce style ne plaira peut-être pas à tout le monde ; moi j'adore. Car on a d'entrée les tenants et aboutissants et ça ne prête pas à confusion. On profite ainsi pleinement du déroulé de l'histoire, des points forts, des points faibles, des histoires qui se dévoilent en parallèle et de tout ce qui fait qu'on ne s'ennuie pas un seul instant.

 

Le fait qu'il y ait de l'humour d'un bout à l'autre pourrait être perçu comme un point négatif dès lors que l'histoire est classée en romance. De mon point de vue, ce n'est pas incompatible ; bien au contraire. Les plus belles comédies romantiques respectent ce schéma tout en n'oubliant pas certains codes essentiels.

 

« Je prends une grande décision : je vais abandonner la romance et me mettre au thriller. Parce que je viens de lire une histoire entière avec la tronche de Wolinski en guise de personnage principal. Et ça, c’est inadmissible »

 

Il est important de souligner que ce roman n'est pas seulement caractérisé par des rencontres sexys ou des joutes verbales croustillantes. L'auteure n'a pas oublié de voir plus loin dans ses personnages pour nous faire partager leurs histoires au-delà de la romance naissante. Comme toute bonne New Romance, ce n'est pas juste une romance, précisons-le bien.

 

Portée par l'écriture rythmée et de qualité toujours grandissante de l'auteure, j'ai dévoré ce roman en quelques heures à peine. J'ai tellement aimé retrouver tous les personnages du 1er tome, ce qu'ils m'avaient apporté et les voir évoluer encore tous ensemble sur fond de cette solide amitié qui perdure.

 

Ce roman est à l'image même de celle qui se cache sous la plume qui la brillamment imaginé et mis en mots : pétillant, plein de positivité et de bonne humeur. Une vraie bulle de bonheur livresque.

 

Je ne sais pas ce que va nous réserver l'histoire de Lewis, dans le 3ème et dernier tome mais l'histoire et les personnages de Donovan et Carrie sont, pour moi, en tête de ce tiercé gagnant de cette année 2020 dans la catégorie saga new romance. A voir, si Lewis saura les détrôner.

 

Extrait bonne humeur !

 

« J’attrape son livre – le mien ! – et le rouvre au milieu.

Ne l’étrangle pas, Carrie. Pas maintenant. Il y aurait des témoins.

 

-          Tu as surligné des passages ? je rugis.

-          Ouais, j’ai utilisé un code couleur : jaune quand c’est drôle, rose quand c’est chaud, bleu quand…

 

-          Mais on ne fait pas ça ! Un code couleur, il se fout de moi…

Je vois surtout du rose. Il n’a remarqué que les scènes de sexe ! Pas étonnant qu’il ait lu toute la nuit !

 

-         - Il a corné des coins pour marquer les pages, je remarque tout à coup à voix haute. Le respect, tu connais ? je crache en essayant de le frapper avec mon livre.

 

Il est foutu, de toute façon, autant le sacrifier pleinement pour amocher ce con »


28/10/2020
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Campus Drivers - T.1 : Supermad / C.S QUILL

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Quand on a l'habitude de suivre un(e) auteur(e), peu importe le genre littéraire, la sortie d'un nouveau roman c'est un peu comme attendre Noël : ça n'arrive qu'une fois par an. C'est exactement ce qu'il se passe avec C.S QUILL : chaque année on attend avec la même impatience, que celle d'un enfant qui attend le 25 décembre. Mais heureusement, on n'attend jamais si  longtemps. Et comme on ne sait que rarement longtemps à l'avance les univers des livres à paraître, ça rend d'autant plus intense l'attente jusqu'à la sortie.

 

En cette année universitaire qui débute, ils auraient pu se rencontrer sur le campus de l'Ohio State University mais le destin leur a choisi un autre scénario : la  cage d'escalier de l'immeuble de Lane O'NEILL. Alors que trois étages les séparaient pendant des mois, sans jamais se croiser, Loïs HOGAN, en pleurs après s'être faite larguée par son petit ami Kirk, va être secourue par celui que toutes les étudiantes aimeraient mettre dans leur lit. Campus Driver à ses heures, il vit seul et personne ne doit venir perturber sa tranquillité.

 

Donc pour Lane tout est clair : ok il veut bien l’héberger sur son canapé mais que pour une nuit, le temps de trouver un autre hébergement. Pour Loïs, une expérience sans précédent, s’annonce avec la bande des Campus Drivers : Lane, Lewis, Donovan et Adam. Et quelle expérience pour elle, pour eux et pour nous !

 

Lane restera-t-il sur sa première position : ne jamais s'attacher à une fille ?

Loïs parviendra-t-elle au but, un peu dingue, qu'elle s'est fixée ?

 

Je vais entrer dans le vif du sujet en vous disant que c’est un Supra Méga Coup de que ce 1er tome – SUPERMAD – de la saga Campus Drivers qui annonce le retour de C.S QUILL ; retour qui ne peut passer inaperçu et qui est très attendu en cette rentrée 2020. Et pourtant, comme beaucoup de personnes, je peux avoir des à-priori sur l’univers jeunes universitaires et me dire que je n’ai plus l’âge pour ce type d’histoire. Mais quelle erreur car finalement tout est dans l’écriture ; juste l’écriture et le style employé par l’auteure.

 

J’ai eu le grand bonheur de recevoir la version papier de ce 1er tome, avant sa sortie, - merci pour cette adorable attention - et c’est donc sous ce format là que j’ai découvert cette histoire. Lectrice principalement sur numérique, j’avais perdu un peu l’habitude – le goût aussi - d’une lecture de manière classique et je ne sais pas si je peux parler de révélation mais de réconciliation, c’est indéniable.

 

Je me suis immergée dans cette histoire avec une facilité déconcertante tant le style est propice à nous mettre à l’aise tout de suite. Je me suis régalée dès le 1er chapitre et ce sentiment ne m’a pas quitté une seule fois – et pourtant … ! -. Dans ce type de lecture, on passe habituellement par tout un tas de sentiments ; là, rien ! Parce que j’ai vécu l’histoire, ni plus, ni moins. Et ça fait un bien fou de se trouver face une lecture sereine, sans prise de tête, sans vouloir traverser le livre pour leur remettre les « pendules à l’heure », sans détester un personnage qui viendra semer la zizanie, etc... Bref, une lecture qui fait du bien. Et pourtant, ce n’est pas forcément évident vu l’histoire et ses personnages.

 

Lorsqu’on rencontre Lane – étudiant en écriture audiovisuelle - et son ami Carter – qui n’est pas un Campus Driver -, on se dit « Ouahhhh, si c’est comme ça tout le long ça promet ». C’est évident, ce sont des personnages auxquels on ne peut que s’attacher ; ils sont normaux. L’auteure leur a attribué un comportement et un langage en parfaite adéquation avec leurs âges et avec leurs caractères. Et quand on découvre le reste de la bande dopée à la testostérone, la première impression est confirmée. Je ne vais pas tous vous les détailler car ce serait long et pas forcément productif mais la rencontre mérite qu’on tourne les pages jusqu’à la fin.

 

« La trouver là en me levant rend toute cette histoire encore un peu plus exaspérante. Je vis seul depuis deux ans, pour une raison bien précise, et cette nana perturbe le sentiment de calme que j’ai bataillé à trouver »

 

En ce qui concerne Loïs, jeune étudiante de 18 ans, en 1ère année en kinésithérapie du sport, son personnage est plus complexe ; certains ne sauront pas trop s’il faut la plaindre et l’aimer ou la secouer pour lui dire « Eh, la vie continue, arrête de pleurnicher ! ».

 

« Kirk me manque… Je ne sais pas qui je suis sans lui. J’ai grandi auprès de lui, j’ai tout construit en fonction de nous et, aujourd’hui, je n’ai plus de repères. Je veux retrouver ma vie… »

 

Elle est un des personnages clé de cette histoire. Logique. ! Et elle est celle qui va se montrer la plus évolutive au fil du récit même si à première vue rien n’est gagné pour elle. Elle est malchanceuse au possible et pas sûre que de croiser la route des Campus Drivers améliore sa situation. Elle n’a aucune idée de qui elle à affaire ! Heureusement, elle a quand même un beau sens de la répartie.

 

« Je te jure que si tu le répètes une fois de plus, j’arrache mon tee-shirt et je colle ta tronche de cake entre mes nichons ! »

 

Parce que cette bande de potes, qui m’a fait passer des moments inoubliables, n’est pas livrée avec l’option filtres et ils ont une franchise sans limite et un langage coloré et fleuri sans gêne aucune. Ils sont un peu moqueurs et farceurs mais ils sont vraiment soudés et à leurs yeux, l’amitié a une valeur inestimable. Dès lors que quelqu’un est accepté parmi eux, c’est une grande marque de confiance et de sincérité.

 

Ce roman est vraiment axé sur cette notion d’amitié qui est une base solide où l’humour a une bonne place aussi. Des scènes cocasses, des répliques ou joutes verbales qui ne peuvent pas laissé indifférent(e), des personnages attachants de 18 à 90 ans, ce sont les ingrédients gagnants de ce 1er tome.

 

« C’est vrai qu’Aaron est un véritable tortionnaire. S’il ne contrait pas ma sécheresse vaginale, j’aurais abandonné depuis fort longtemps »

 

Alors bien sûr, classé en New Romance, il y a la romance ; et quelle route pour y arriver ! Sincèrement, qu’elle soit rapide ou lente, ma priorité n’est jamais vraiment là ; je ne m’arrête pas à ce détail. Ce qui m’importe c’est la qualité d’écriture pour y arriver et la qualité de la relation qui en ressortira. En New Romance, il n’y a pas de recette précise pour parvenir à une romance de qualité.

 

Ce point-là de l’histoire, la relation entre Loïs et Lane, je l’ai particulièrement apprécié tel que l’auteure a choisi de le traiter. C’est justement ce choix qui apporte toute la force à cette relation dont on ne sait pas où elle nous mènera. Mais on l’apprécie, tout simplement. Lorsque l’expression « Qui aime bien, châtie bien » est si bien représentée, quelques pages ou chapitres supplémentaires auraient été les bienvenus ; en tout cas pour moi, car j’ai adoré lire et voir évoluer cette relation parfaitement mise en valeur par l’auteure.  

 

« Je n’ose pas lui avouer que, s’il me laissait le choix, je resterais ici avec lui »

 

Dans cette histoire, j’ai tout aimé ; tellement aimé que, pour la 1ère fois, je n’avais pas envie de finir ce livre. Habituellement, je lis assez vite pour connaître la fin mais là, je ne pouvais pas, ne le voulais pas. Peu importe la fin qui m’attendait, j’étais bien dans cette bulle livresque ; je ne voulais pas la quitter. C’est super compliqué à expliquer mais j’ai trouvé un style d’écriture, une ambiance, des personnages avec lesquels je me sentais bien ; tout simplement.

 

Je ne pense pas que ce livre s’adresse à une tranche d’âge particulière de lectrices car là où l’exercice est parfaitement réussi c’est l’écriture. L’auteure a mis son livre à la portée de n’importe quel lectorat. Sachant que mes 20 ans, même les 30 sont déjà loin derrière moi et que j’ai des exigences bien précises en tant que lectrice, le changement d’univers est réussi avec brio.

 

Je n’ai pas non plus été choquée et dérangée par le vocabulaire qui s’imposait (et où la vulgarité n'a pas sa place) ; il en faut beaucoup plus pour me mettre mal à l’aise ou me perdre en cours de route. Ce n’est pas un point négatif car il est adapté à l’histoire et à ses protagonistes. Un autre langage aurait été décalé. Non, l’auteure a fait le bon choix et à maîtriser cet aspect essentiel qui, soyons honnête, apporte un pep’s non négligeable et très agréable à l’ensemble.  

 

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On pourrait dire que c'est du déjà vu ces jeunes adultes avec des préoccupations bien de leur âge. Que le thème université américaine, étudiants c'est du vu, revu et pas corrigé car répétitif. On pourrait effectivement, ce serait légitime tant le sujet a déjà été étudié, en long, en large et en travers.

 

Mais le concept Campus Drivers est tellement innovant et créatif qu'on ne peut que le saluer. Et même si c'est une belle base pour cette saga, l'auteure n'a pas commis l'erreur de focaliser son histoire sur ça ; comme elle n'a pas forcé sur la vie à l'intérieur de l'université. Ce qui aurait pu engendrer lourdeurs et lassitude et toucher un lectorat moins diversifié.

 

Ce n'est pas une histoire où tout est édulcoré et de pure fiction, dans tous les sens du mot. Elle leur fait vivre des situations plausibles, traverser des épreuves nécessaires à leur évolution et à leur acquisition de maturité et leur accordera certaines erreurs pour  que la prise de conscience s’amorce au bon moment ; elle leur réserve un avenir comme il se doit. Et à nous lectrices, elle nous réserve des moments d’émotions, de tendresse, de rire, de sourire, de belles ou touchantes révélations et des détails aussi surprenants qu’inattendus qu’on raffole découvrir au fil des pages.

 

« Lane O’Neill aurait-il un petit cœur tendre caché derrière ce mur de glace ? »

 

C’est une histoire complète dans ses points plus que positifs et qui a été soigneusement travaillée pour aboutir à un tel résultat. Je pourrais vous dire que c’est le meilleur de C.S QUILL et flatter l’auteure encore et encore. Mais, quand on la connaît, qu'on connaît son humilité  et qu’on sait qu’elle ne se ferme aucune porte en matière de genre littéraire ou d’univers à explorer, c’est tout simplement C.S QUILL telle que je l’ai toujours connue. Cette auteure qui sait adapter son style et sa plume aux univers dans lesquels elle veut embarquer ses lectrices, pour les surprendre toujours et encore.

 

Avec SUPERMAD, 1er tome des Campus Drivers, elle a su me surprendre et m’emmener dans cet univers que j’avais déserté depuis longtemps. Elle est arrivée à me faire modifier ma façon de lire, ma façon d’appréhender une histoire et de me l’approprier pour qu’il n’en ressorte que l’envie de vite découvrir les autres personnages dans leur propre histoire : Donovan pour le 2nd tome et Lewis pour le 3ème.

 

Les Campus Drivers m’ont conquise, je ne peux pas vous dire mieux ; à vous de foncer les rencontrer. Vous me direz si ce bout de chemin avec eux vous a convaincu et que comme moi, ils restent une rencontre marquée à l’encre indélébile. Très belle lecture !


28/08/2020
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Ce coin de paradis / Ludivine DELEAUNE

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C'est en flânant sur Simplement Pro, que ma route a croisé celle de cette histoire de Ludivine DELEAUNE. Je ne connaissais pas l'auteure mais le titre et le résumé m'intriguaient. Merci Ludivine pour ta confiance sur ce Service Presse.

 

Tout le monde aimerait avoir un petit coin de paradis dans le Marais Poitevin ou ailleurs peu importe. Un endroit tel que « Le Lilas Blanc », havre familial de paix et d'amour.

 

En 2005, elles étaient au lycée, avaient des rêves et des idéaux plein la tête et savaient comment elles voyaient leur avenir. Elles ce sont Elisa, Colombe, Renée, Kendra et Manon et l'histoire d'une amitié qu'elles pensaient inébranlable. Jusqu'à l'année du bac, dernier été d'insouciance, de rire et de partage. Dernier été "au Lilas Blanc" avant que la vie décide que leurs chemins se sépareraient.

 

En 2020, le destin frappe pour leur donner une chance de faire un retour dans le passé et de tester la force de cette amitié au fil des années.

 

Leur amitié aura-t-elle résisté aux silences et au temps qui passe ?

Peut-on réellement reprendre, sans conséquence, une histoire là où elle s’était arrêtée ?

 

"Ce coin de paradis" c'est l'histoire de 5 jeunes femmes à qui la vie donne une seconde chance pour insuffler un nouvel oxygène à leur amitié passée. C'est Elisa qui nous narre leur présent et leur passé.

 

Elisa est une jeune femme qui donne l'impression d'un grand manque de confiance et le stress est un ressenti courant chez elle. Mariée, maman de 3 enfants, sa vie n'a rien d'extraordinaire mais elle est heureuse. Lorsqu'elle est sur le point de retrouver sa bande d'amies qu'elle n'a pas vu depuis 15 ans, sa première crainte est "est-ce qu'elles vont m'en vouloir et serais-je de trop ?"

 

Dans ce roman, sous le regard de l'une d'elle, l'auteure nous fait découvrir le parcours de vie de ces femmes qui étaient, en plusieurs points, différentes mais tellement soudées.Elle le fait avec beaucoup de tendresse, d'humour parfois et de justesse car ma crainte de départ, parfaitement assumée, était que ce soit une histoire où reproches et règlements de comptes ce seraient invités. Mais il n'en est rien ; bien au contraire. C'est une histoire pleine de positivité et de bonne humeur.

 

L'alternance entre passé et présent est bien menée même si pour moi, une difficulté s'est installée dès le début et qui a perturbé ma lecture. M'obligeant à revenir parfois en arrière, ce qui personnellement, est assez inconfortable.

 

L'auteure nous fait partager de très beaux moments avec ses personnages d'une si belle simplicité. Même Colombe qui est issue d'une famille aisée est un personnage humble. Et Renée avec ses répliques souvent colorées, c'est un sacré numéro.

 

Dans cette histoire, j'ai forcément eu un vrai coup de cœur pour Claude, la grand-mère de Colombe. Quel personnage ! Elle accompagne cette bande d'amies dans les deux époques et j'avoue que dans le présent j'ai eu peur de ce qui m'attendait la concernant.

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C'est dans un univers idyllique qu'une bonne partie de l'histoire se déroule et là, Ludivine m'a transportée "au Lilas blanc" et m'a fait rêver de manière incroyable. Le choix de ce décor accompagne vraiment bien l'histoire et clairement, lui donne une force supplémentaire pour la consolider dans les thèmes de l'amitié et de la famille.

 

"Ce coin de paradis" est vraiment une jolie lecture mais malheureusement je ne peux pas le classer en coup de coeur. Et pourtant, il avait toutes ses chances si ma lecture s'était déroulée dans d'autres conditions. C'est là où j'en viens aux points négatifs qui sont légers mais malheureusement présents; ce qui ne m'a pas empêché de mener ma lecture à terme, bien entendu.

 

J'avoue que j'ai eu quelques déboires avec le format de ce roman ; l'auteure, même si c'est elle qui me l'a envoyé, n'est certainement pas fautive.Je n'y connais rien ; je ne peux expliquer ce problème. Et ça se ressentira peut-être sur mon avis.

 

Premier point  : Ma liseuse a décidé de me mener la vie dure et le fichier buggait régulièrement. J'étais obligée de la redémarrer, je perdais mes marque-pages et par la même occasion, je perdais le fil de l'histoire. Donc, ce livre a été lu de manière morcelée. Et j'avoue que j'ai beaucoup de mal à lire dans ces conditions. Car je ne vis pas et ne ressent pas une lecture de la même manière.

 

Deuxième point : et c'est là où j'ai vraiment eu du mal comme je le mentionnais plus haut. Sur le fichier que j'ai reçu il n'y avait pas d'indication de chaque époque : 2005 ou 2020. Et ça a vraiment perturbé ma lecture me forçant a beaucoup trop de réflexion et de retours en arrière. Et pour ce type d'histoire, ça ne devrait pas arriver. En feuilletant le livre sur Amazon, les années sont clairement indiquées, la disposition du texte est parfaite ; moi, je n'avais que des dessins pour séparation. Et j'ai cherché longtemps s'ils avaient une signification qui m'aiguillerait. En vain.

 

Troisième et dernier point qui semblera futile, pour beaucoup de personnes. mais qui me trotte encore dans la tête : deux fois dans le livre, un mot est employé. Et ma première réflexion a été "mais ce n'est pas le bon mot". Il aurait fallu mettre "....". Peut-être que cela a été rectifié dans la version "commerciale" mais ça m'a vraiment perturbé. Mais je ne suis pas bêta ou correctrice, bien entendu.

 

La couverture était prometteuse et le résumé l'était encore plus. Malgré une petite déception que je suis la 1ère à regretter, beaucoup de promesses ont été tenues dans l'écriture de Ludivine, la simplicité de l'histoire et de ses personnages, l'univers dans lequel ils évoluent et la belle histoire de vie dont on ne peut tirer que des enseignements. Et cette fin !!!!

 

A chacune de se faire son idée, bien entendu !


24/08/2020
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Celles qui restent / Samuelle BARBIER

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La douleur est là pour ne pas oublier l'autre car ne plus ressentir c'est prendre le risque de l'oublier et qu'il sorte de nos pensées et de notre vie. Prendre le risque que les sentiments s'étiolent jusqu'à s'éteindre totalement.

 

Lorsque j'ai vu passer la présentation du dernier roman de Samuelle BARBIER, ce n'est pas la couverture qui m'a interpellée mais le titre. Sincèrement, la couverture n'a eu aucun effet sur moi qui ne suis pas amatrice de ce style. Mais elle ne reflète pas le contenu et le résumé a fini de me convaincre qu'il me faudrait découvrir cette histoire qui sort le 3 septembre 2020.

 

Merci à Celia et Hugo Roman Editions de m'avoir permis de lire cette histoire en avant-première.

 

Résumé de l'auteure :

Clara est l'aînée, la sage, l'exemple à suivre. Celle qui fait tout comme il se doit, quitte à grincer des dents en se forçant à sourire.

 

Constance est la cadette. Si discrète, qu'on en oublie qu'elle existe... jusqu'à ce qu'elle décide de cesser d'exister en se jetant du haut d'un pont.

 

Lucy est la benjamine. Celle qui rit trop fort, parle trop fort, vit trop fort. Parce qu'elle a peur qu'on l'oublie.

 

Mais il y a aussi Marielle, qui elle, n'a ni sœur, ni frère, ni enfant, tout juste un vieux chien obèse. Celle qui a consacré sa vie aux autres pensait arriver au bout de son chemin dans l'indifférence, jusqu'à ce qu'un ange vêtu d'un manteau rouge se jette d'un pont, juste devant elle, et remette tout en question.

 

Comment un drame peut remettre, directement ou indirectement,  des vies en cause ?

Comment vivre plutôt que survivre lorsque l'autre n'est plus là ?

 

Cette lecture est un vrai coup de  car avec une telle approche du résumé, je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Dès lors qu'il s'agit de deuil, le ressenti est différent selon le choix d'écriture de l'auteure. Et j'ai été conquise d'un bout à l'autre de ma lecture.

 

"Celles qui restent", c'est l'histoire de deux femmes, deux sœurs, Clara et Lucy, en totale opposition de caractère, que la vie va mettre à l'épreuve et à qui elle va donner une chance de rattraper certains rendez-vous manqués pour revenir à de vraies valeurs et pour se racheter ne pas avoir été celle qu'elle aurait dû être. L'élément déclencheur : le décès, par suicide, de leur sœur Constance.

 

« Ce matin semble se dérouler comme tous les autres matins. Mais quelque chose, au fond de moi, sait qu’il n’en est rien »

 

Chacune a l'impression d'être passée à côté d'une étape qui aurait pu éviter le drame et c'est un véritable travail qui s'amorce comme pour se dire qu'il ne faut plus passer à côté de sa vie. Le temps des décisions suivies d'actes peut commencer. Mais cette quête de réponse ne se fera pas sans sentiment de culpabilité, sans rancœur, sans douleur atroce et sans phases essentielles.

 

« Très bien Connie, tu voulais nous laisser. Tu voulais nous quitter. C’est ton choix. Je vais te laisser tranquille, maintenant. Puisque c’est ce que tu voulais. Je ne vais pas chercher à savoir, à comprendre, à creuser… Tu nous as abandonnées, à nous de faire de même »

 

Clara, l'aîné est vraiment la tête pensante de ce qu'il reste de sa famille : elle ne laisse pas de place à l'imprévu. D'esprit très cartésien, chaque acte, chaque événement a son explication. Elle est le pilier qui n'a jamais plié mais au suicide de Constance il n'y a pas d'explication. Et ce constat va faire vaciller son monde jusqu'à la faire se vider de tous sentiments. Sauf la souffrance qu'elle entretient, comme détachée de tout pour ne pas accepter l'inacceptable. Seule une réponse à ce geste pourrait peut-être la sauver du mutisme, du sarcasme et du désintérêt dans lesquels elle s’enferme peu à peu.

 

« Moi, je ne marchanderai pas pour sa vie. Elle a choisi de mourir, de nous abandonner, d’être lâche. Et toi, tu veux qu’elle revienne ? Mais moi, je ne veux pas qu’elle revienne. Elle va rester là où elle est, là où elle a choisi d’être. Si elle y est mieux qu’avec nous… »

 

Lucy est la cadette ; celle qui s'est toujours reposée sur ses aînées. Elle va prendre conscience de ses erreurs passées et réaliser qu'elle n'est pas seule à souffrir. Ses sœurs ont toujours été là ; à présent, c'est à elle d'être là pour Clara. Sa souffrance est grande mais au fil de l’histoire, sa façon d’appréhender cette perte va se révéler très mature et surtout courageuse.

 

Le passé va se rappeler à elles en faisant remonter des souvenirs si bien enfouis qu'elles pensaient les avoir oubliés et en faisant réapparaître un personnage que nulle n'aurait pensé revoir. Des souvenirs et ce protagoniste qui seront essentiels dans ce processus de reconstruction. Ces moments de retours en arrière, aussi infimes soient-ils dans une histoire, sont toujours bénéfiques à sa solidité. Ils évitent de laisser des blancs qui engendreraient des questions de la part du lecteur voire sa frustration. L’auteure les a parfaitement utilisés comme il le fallait.

 

Mais dans cette histoire, il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas que Clara et Lucy qui sont marquées par ce drame. Il y a ce personnage que je vais qualifier « de l’ombre » qu’est Marielle. Elle est celle qui assiste impuissante au suicide de Constance : trop loin, ne sachant pas nager ; elle ne peut qu’assister à l’inévitable et alerter les secours. Concernant Marielle, je suis restée un peu dubitative sur l’exploitation de son personnage. Je ne vais rien dire sur elle car trop risqué mais j’aurais aimé une autre évolution, une autre liaison avec l’histoire et ça n’a pas été le cas. La qualité initiale de son personnage aurait mérité, selon moi, qu’une autre place lui soit réservée dans l’histoire. Mais ce n’est que mon avis, bien sûr ! Sympa, le petit clin d'oeil de la fin Clin d'œil

 

« Mes yeux se perdent dans le lointain, en direction du pont que je ne peux pas voir, et j’adresse une prière silencieuse pour mon ange blond »

 

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Et ce serait une erreur que de ne pas parler de Constance qui est quand même le personnage central par qui tout arrive mais dont on ne connaît les raisons exactes à son geste. Tout au long de l’histoire, elle est plus que régulièrement évoquée ; elle est même un personnage à part entière. Et j’ai eu beaucoup d’affection et d’admiration pour elle, une fois la colère et la tristesse passées. La colère qu'elle n'ait pas su parler à cœur ouvert à ses sœurs ; la tristesse d'avoir ce sentiment qu'elle n'avait pas trouvé sa place entre ses deux sœurs, elle la petite fille effacée. Comme si elle considérait que son absence ne peinerait personne et qu'elle était seul maître de son destin. Lorsque j'ai réalisé le pourquoi de ce drame, j’ai vu une telle preuve de courage, de force et d’amour, que je n’ai pu faire autrement que l’aimer.

 

Dans ce livre aux thèmes forts, on peut y voir comme un message - ici, peut-être de Constance - que certains drames, douloureux au possible, sont un déclencheur pour ceux/celles qui restent pour vivre enfin en adéquation avec leurs vrais désirs. Et que lorsque la prise de conscience a pris toute sa forme, n'est pas le plus fort celui qui voulait le paraître.

 

Samuelle illustre parfaitement ces étapes du deuil (Le choc / La douleur / Le marchandage / La dépression / La reconstruction / L'acceptation). Celle notamment où on sort de son propre corps pour assister impuissante à cette vie qui s’impose à nous, à cette absence qu’on refuse et le refus de pardonner à l’autre de laisser ceux qui restent avec leur seule douleur et leur chagrin.  

 

« Tu m’as vraiment fait un sale coup, Constance. Je n’étais pas censée être celle qui reste »

 

La tristesse du thème est associée à une légèreté d'écriture qui, bien qu'un certain sarcasme règne parfois, fait que cette histoire se lit de manière sereine et à des extraits de textes magnifiques. Il n'y a pas de pesanteur ou de points dérangeants qui gênent la lecture. J'emploie rarement ce mot, qui pour moi est généralement utilisé à tort et à travers, mais il est bien question de fluidité tant dans l'écriture que dans la lecture de cette leçon de vie que nous donnent Marielle et ces trois sœurs qu'un même événement va marquer à jamais.

 

Des montagnes insurmontables ou de profonds précipices se dresseront sur leurs chemins. Mais en matière de deuil, il n’y a pas de règles précises ; chacun(e) le vit à sa manière, avec une longueur de tunnel plus ou moins grande. Ça c’est un autre débat !

 

Cet ouvrage, bien qu’assez court, au sujet plus que bien analysé et développé et à la narration à plusieurs voix, est vraiment d’une grande qualité d’écriture et de contenu. L’auteure a su, avec beaucoup de justesse, poser des mots sur une histoire poignante pour nous en faire sortir apaisée. Et au final, je me dis que si on veut que la vie nous donne ce qu'elle a de meilleur, il faut la respecter, il faut se respecter soi-même et aux questions sans réponse, il faut respecter l’autre et ses choix. Ça n'empêchera pas les écueils mais il y a de grandes chances pour qu’ils soient appréhendés autrement.

 

« Ça fait mal de perdre quelqu’un qu’on aime. Inutile de chercher à le quantifier, ça fait mal, un point c’est tout »


24/08/2020
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Contrecoup / M. CASSIS & F. ARMONIE

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Je connaissais les autrices avec des plumes séparées et j'étais curieuse de les découvrir réunies. Et c'est tout naturellement que j'ai postulé pour découvrir, en avant-première, leur livre à 4 mains "Contrecoup". Et quelle découverte qui, malgré une ou deux petites choses, est un très joli coup de  dans le genre romance psychologique. Merci Maloria et Flora de m'avoir associée à cette belle aventure qui vous voit prendre votre envol de toute autre manière.


Attention : les auteures l'ont clairement signalé. Ce roman peut choquer les âmes sensibles par des faits qu'il met en scène de manière explicite.


Dernière année de lycée au pensionnat Saint Antoine pour Enora avant de pouvoir tourner la page de 2 ans de mise à l'écart sociale, sans savoir pourquoi. Le responsable ? Léonard, celui avec qui elle a grandi, qui était son meilleur ami, son confident, son tout jusqu'à ce qu'il ne lui parle plus, sans explication. Et qu'il fasse de sa vie, celle d'une paria dans son lycée.

 

« Parce que lui et moi n’avons jamais vraiment eu besoin de mots pour nous comprendre. Chacun captait l’humeur de l’aute par un simple regard. Comme s’il existait une sorte de connexion entre nous. Je ne le déteste que davantage de réussir à m’attendrir sans être là, rien que par des réminiscences du passé »


Jusqu'à l'arrivée d'un nouveau lycéen, Jaimie, qui va passer outre l'interdiction d'approcher Enora et qui va décider qu'elle sera, au contraire, sa meilleure amie. Et qui va s'accrocher fermement. Bien entendu, tout ne va pas être simple et va faire réagir Léonard de manière bien étrange.


Que cache Léonard derrière un comportement aussi incompréhensible pour Enora ?
Grâce à Jaimie, sera-t-il possible qu'Enora retrouve le sourire et un semblant de vie ?


Alors autant dire que Maloria et Flora ont frappé fort pour cet écrit à 4 mains. On oublie les histoires de mecs sexy bodybuildés ou les macarons à la pistache de Maloria et les mignons animaux de Flore. Car là, elles ont choisi un sujet osé et délicat pour un résultat parfaitement abouti nous emmenant entre dark romance et romance psychologique.

Au premier abord, l'histoire peut sembler étrange ; surtout avec Léonard qui, par son comportement, tire les ficelles de la vie d'Enora. J'avoue que j'ai eu beaucoup de mal à le cerner, à le comprendre et à le trouver, un tant soit peu, attrayant ; surtout au tout début.


Enora et Leonard ont grandi ensemble dans un univers plutôt aisé – école privé, voiture avec chauffeur, uniforme, etc… - ; leurs parents étant proches. Tellement fusionnels qu'on pourrait presque dire qu'entre eux c'était "à la vie, à la mort". Mais quelque chose s'est brisé et c'est Enora qui en a fait les frais.

 

« Nous sommes passés d’une amitié forte , ou bizarre pour certains tant nous étions liés, au néant »


Maloria et Flora ont construit une histoire complexe mais tellement addictive. Celle d'une belle amitié enfantine où l'un des deux est un vrai pilier pour l'autre. Ce qu'on sait d'eux c'est que le pilier, c'était Léonard. Il a toujours répondu présent, de jour comme de nuit, dans les moments particulièrement difficiles notamment lors des cauchemars récurrents qu'Enora fait depuis son plus jeune âge et que ses parents semblent minimiser. Seul Léonard, malgré son impuissance, faisait tout pour l'aider. Mais ça c'était avant.


"La respiration coupée et le coeur battant à toute allure. Inutile de jeter un oeil au réveil. Comme toutes les nuits, il est 3 h 37"


Qu'est-ce qu'une écriture commune a apporté à cette histoire ? Aucune idée car impossible de savoir qui a eu l'idée de quoi. En tout cas, elle m'a apporté une belle palette émotionnelle. La jeunesse des personnages, leur complexité, leur vécu déjà si intense et poignant m'ont balloter entre compassion, tristesse, horreur voire dégoût mais aussi gaieté et espoir.


Espoir car il faut forcément en avoir dans un tel contexte. Car les auteures se gardent bien de tout nous offrir sur un plateau ; elles nous laissent mijoter le temps de mettre le puzzle en ordre. Et pas un petit puzzle, c'est clair !


La jeunesse des personnages fait que l'on pourrait émettre une certaine réserve sur leurs réactions et leurs choix. Je pense notamment à Enora qui soulèvera certainement des avis mitigés quant à la passivité dont elle semble faire preuve parfois (ou le romantisme un peu trop fleur bleue). Un mot ou un geste de Léonard et hop elle serait prête à tout oublier. Mais n'oublions pas qu'elle est déstabilisée par la rupture brutale de son amitié, par les cauchemars qui reviennent chaque nuit selon un rythme parfaitement réglé et par des messages qu'elle reçoit d'un parfait inconnu, Stalker et qui lui permettent de penser que, finalement, il y a quelqu'un quelque part qui n'a rien à lui reprocher. Et elle a le droit d'y croire encore tant que rien n'est définitivement perdu.

 

« Pourquoi ne puis-je pas rester insensible ? A croire que mon cœur et mon corps n’ont pas reçu l’information en provenance de mon cerveau indiquant que nous détestons Léonard ELLORI »


Lorsqu'il s'agit d'évoquer Léonard, l'exercice est plus difficile. Image même de celui qui souffle le chaud et le froid (voire glacial). Doit-on l'aimer, doit-on le détester ? Difficile à dire vu l'évolution de son personnage au fil des pages. Heureusement les auteures ont su le rendre abordable dans le sens où certains chapitres reviennent sur son jeune passé - entre 13 et 15 ans - et quel passé ! Il m'en faut beaucoup pour être choquée mais là on était limite, notamment lorsqu'il a 15 ans. Sa façon de parler et de se comporter m'a "interpellée". J'ai compris le pourquoi de ce style mais tout de même... Bien qu'il a 18 ans, il reste un enfant qui a encore besoin de repères familiaux ; de ce côté-là, il n'a pas été gâté, soyons lucides. Il a grandi beaucoup trop vite avec une maturité malgré tout défaillante.

 

« Vu la richesse de ma famille, il est fort probable qu’un jour une femme tente de me piéger. Ainsi, je prends toutes le mesures de précautions nécessaires »


Dans ce roman, le personnage de Jaimie est mon personnage coup de cœur. Il est gentil, ouvert, attachant, généreux, persévérant, n'a pas froid aux yeux quand il s'agit de voler au secours d'Enora. C'est un peu le chevalier en armure blanche des temps modernes. Il porte vraiment l'histoire, d'un bout à l'autre, cimentant tous les événements et personnages entre eux. J'ai tout aimé de lui : sa façon d'être, sa façon de parler, cette nonchalance parfois qui allège le côté sombre que peut amener l'histoire.

 

« Ben, je n’avais pas froid et j’ai le chauffage donc cette fille ne m’était d’aucune utilité »


Ce côté sombre est entretenu aussi par des familles qui feront toujours passer leurs intérêts sociaux avant leurs proches, même dans les moments les plus vils. J'avoue que là, les familles ont été correctement travaillées par les auteures et ça renforce forcément l'intrigue de base pour l'entretenir.

 

« Arrête tes gamineries maintenant. Tu es une grande fille, tu dois apprendre à surmonter tes peurs. Cesse de te laisser impressionner par ton imagination et grandis ! »

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Ce roman comporte, bien entendu, des zones d'ombres sinon ça n'aurait aucun intérêt. Malheureusement, j'ai assez vite compris certaines choses notamment l'identité de Stalker et une partie de l'intrigue que j'ai vu venir assez tôt. Par contre, la grosse zone d'ombre concernant Jaimie m'a laissée frustrée sur la fin. J'avais déjà tout prévu dans mon esprit et hop, rien ne nous est vraiment dévoilé. Donc, il faut s'attendre à ce que les auteures aient agi volontairement pour mieux revenir bientôt.

 

« Je l’attendais ce message. Avant chaque entraînement et avant et après chaque match, mon messager de l’ombre m’envoie un petit mot. J’ai eu peur que cette routine s’arrêtre. J’ai peu d’amis, mais peu importe la forme qu’ils prennent, ils me sont essentiels. Mon Stalker également »


Comme je dis souvent lorsqu'on critique mes coups de cœur, ce n'est pas parce qu'il y a quelques faiblesses dans une histoire que ça lui enlève le droit à être classée en coup de cœur malgré tout. Il y a les mégas coups de cœur, les beaux coups de cœur et les jolis coups de cœur.


Alors parce que les deux plumes associées, de Maloria et Flora, donnent une belle unité à cette histoire et qu'elles méritent d'être lues autant ensemble que séparément, je ne peux que recommander ce livre qui fait partie de ceux à avoir dans sa bibliothèque.

Depuis que le monde est monde, il y a des partisans et des détracteurs : la littérature ne fait pas exception. De manière sûre et certaine, je fais partie de la Team Enora & Leonard.


27/07/2020
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The Cupidon Brothers - T.1 : Eros / Estelle EVERY

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Lorsqu’Estelle EVERY a annoncé la sortie du 1er tome de sa nouvelle saga « The Cupidon Brothers », autant dire que la couverture et le résumé ont fait leur petit effet. Bravo pour ces choix car j’ai craqué tout de suite (et je n’ai pas dû être la seule). C’est dans un tout autre genre que celui dans lequel j’ai connu Estelle, que j’ai eu plaisir à la retrouver au détour de ce Service Presse de dernière minute. Merci Estelle pour ta confiance.

 

Cupidon est à la mythologie romaine ce qu’Eros est à la mythologie grecque : le Dieu de l’amour. C’est sur cette idée originale que l’auteure a posé son histoire pour faire évoluer, en 7 tomes de type « novellas », le parcours des 7 frères CUPIDON.

 

Et c’est à Los Angeles qu’elle pose le décor de ce 1er tome qui nous fait rencontrer Eros ANGEL - de son vrai nom Eros CUPIDON -, ange déchu mais acteur principal dans une télénovellas, à succès, « à l’eau de rose », « Les brasiers de la passion ». Devant la caméra tout semble idéal ; dans les coulisses, c’est une autre histoire. Pour recentrer tout ce beau monde, la production fait appel à Daphné LAKE, coordinatrice en intimité – vous ne connaissiez pas ? Moi non plus -. On ne peut pas dire que son arrivée se fasse avec le meilleur accueil notamment venant d’Eros. Sauf que Daphné n’est pas une conquête éphémère qui se pâme devant lui dans un battement de cil ; loin de là. Et il pourrait bien être obligé de lâcher un peu de sa superbe.

 

Dans cette délicate mission, Daphné saura-t-elle se montrer à la hauteur et garder son sang-froid ?

Pour Eros, ne sera-t-elle qu’une énième conquête à épingler sur son tableau de chasse ?

 

Bien loin du style qui a lancé Estelle, dans le monde de l’écriture, « The Cupidon Brothers » se démarque par son originalité d’allier un peu de « fantastique » à cette romance. Ça n’est en rien une fantasy ou romance surnaturelle car le degré de surnaturel est vraiment très léger. Personnellement, ça m’a parfaitement convenu puisque je ne suis pas lectrice d’univers hors norme qui mettent mon attention et cerveau à rude épreuve.

 

Eros est un ange à l’apparence humaine angélique – attention, nous ne parlons pas des chérubins qui habituellement caractérisent les anges -, bel et bien composé de chair mais pas vraiment de sentiments humains (ou il les cache bien). Séducteur accompli, un poil prétentieux et imbu de sa personne, les femmes ne sont que des passades dans son lit et dans sa vie. S’attacher à l’une d’elle ne fait pas partie de ses plans de vie sur Terre. Côté relations, c’est compliqué : homme têtu, seul son avis et son point de vue comptent. Il dégage un petit quelque chose d’attirant ; et pourtant son comportement ne l’est pas du tout. Surtout lorsqu’une étrangère débarque et éveille en lui des sensations inconnues qu’il n’arrive pas à identifier, ça sème un peu la zizanie dans son esprit et dans son cœur. Et surtout, ça lui fait considérer sa vie sur Terre, d’une toute autre manière.

 

« Je ne suis pas du genre à douter et à me questionner. Je suis Eros, un ange, et je suis supérieur aux humains. Je n’ai donc rien à remettre en question »

 

Car Daphné n’a vraiment rien de commun avec les autres femmes : déjà de par son métier. Animée d’une belle empathie, elle a du caractère en n’ayant pas peur de dire les choses telles qu’elles sont – même à Eros -. Elle est là pour accomplir une mission professionnelle et elle compte bien la mener à bien sans se laisser déstabiliser. Même si Eros n’y met pas vraiment du sien, lui rendant la tâche plus délicate que prévue. Elle va devoir faire preuve de patience et de sang-froid pour prouver qu’elle a bien sa place dans cette équipe et pour dompter cet ange rebelle qui ne la laisse pas insensible.

 

« Mon corps m’envoie un message d’alerte qui me met sur le qui-vive. Il ne faut pas baisser ma garde, surtout quand il s’agit de lui. Jamais ! »

 

Estelle EVERY signe là un format original de lecture sur un thème que je n’avais jamais rencontré personnellement - attention, je ne dis pas que ça n'existe pas -. Elle met en scène des personnages qui sont aux antipodes l’un de l’autre et qui nous plongent donc dans une lecture très addictive. La seule chose qu’ils ont en commun c’est la famille mais avec une notion assez différente. Daphné a une sœur jumelle Penny, de laquelle elle est très proche ; Eros a 6 frères dont il n’est pas plus proche que ça. Et pourtant, Daphné et eux pourraient bien être la solution à ses « problèmes ».

 

Le format étant vraiment très court – 175 pages -, il est toujours délicat de se lancer sans avoir quelques appréhensions : la crainte première pouvant être la peur de la frustration. Et j’avoue que je suis agréablement surprise qu’en une histoire si condensée, Estelle soit arrivée à créer quelque chose de fluide et de cohérent. Elle ne s’est pas embarrassée de détails inutiles ; elle est allée droit au but.

 

Elle nous dévoile pas à pas, l’histoire d’Eros pour nous amener doucement vers le pourquoi de son comportement et de sa différence d’avec ses frères. Ce qui s’apparente fortement à de la souffrance émotionnelle soigneusement cachée pourrait bien se transformer en quelque chose de plus fort et de plus positif apportant la clé pour ouvrir ce cœur fermé à double tour.

 

« Il n’est pas humain. Ses ailes se déploient dans son dos et il flotte dans les airs. Je détourne les yeux de cette vision qui me fait mal »

 

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Elle ne nous met pas face à une romance qui démarre au quart de tour, comme par enchantement ; c’est bien plus subtil que ça et amené à un rythme parfaitement adapté. Avec des dialogues savoureux, des échanges piquants et provocateurs, nos deux protagonistes s’attirent et se repoussent en même temps ; l’un et l’autre n’arrivant pas à se cerner vraiment. On ne sait pas qui des deux sera le plus fort pour faire céder l’autre. On ajoute à cela la petite touche qu’apporte les nombreux personnages secondaires - notamment 4 des frères Cupidon que l’on découvre –, les rivalités attrayantes qui apportent le côté rebondissements et la qualité des répliques ou joutes verbales ; et l’histoire est parfaitement attractive.

 

« Mes pensées se tournent vers une petite brindille qui est entrée dans ma vie de manière plutôt abrupte. Daphné est différente des autres humaines parce qu’elle me résiste. Et ce n’est pas seulement le fait qu’elle refuse mes avances qui me perturbe »

 

Ce tome est une belle approche de ce qui nous attend par la suite avec les prochains frères ; un peu comme une délicieuse mise en bouche. La « fantasy touch » est parfaitement adaptée à un lectorat novice dans le genre car elle concerne seulement les frères Cupidon qui évolue dans notre monde bien réel. Et j’avoue que j’ai bien aimé tous les aspects de cette partie « fantasy » même s’il y en a un qui a un peu semé le doute dans mon esprit comme dans celui d’Eros. Et cette touche de poésie qui ressort de ce contexte si particulier, révélant comme une touchante douceur.

 

Avec ce nouvel écrit, Estelle EVERY prouve qu'elle est une auteure "multi-univers", qui sait brillamment mettre en scène et en mots, toutes les histoires qui fourmillent dans son esprit - sachant qu'un simple rouleau de papier toilette peut l'inspirer ! -.

 

Je me surprends à chaque lecture sortant de ma zone habituelle de confort et même si je regrette que ce 1er opus ne soit pas plus long – la fin m’ayant laissé sur ma faim -, Estelle est arrivée à m’emmener dans cet univers avec une facilité déconcertante pour moi. Elle ne m’a pas perdue en route et de la Terre au Paradis il n’a pas manqué grand-chose. J'atteindrais peut-être cette destination à la fin des 7 tomes

 

Maintenant, je n’ai qu’une hâte : découvrir la prochaine histoire, celle de Caleb dont on découvre quelques pages à la fin de ce 1er tome. Et je ne peux que vous conseiller de succomber, à votre tour, au charme déroutant d’Eros.

 

« J’ai compris que les hommes ne sont pas prêts à affronter certaines vérités. J’aimerai être celui qui ferait voler en éclats leurs certitudes mais j’ai conscience que je n’en ai pas le pouvoir »


19/07/2020
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C'est juste un collègue / Margherita GABBIANI

www.kizoa.plcollage_2020-06-06_14-44-57.jpgAlerte coup de coeur ! D'un simple clic sur une suggestion Instagram, j'ai découvert Margherita GABBIANI, auteure issue de Stories by Fyctia . En regardant son feed, je suis tombée amoureuse de la couverture canonissime de son premier roman "C'est juste un collègue". Le résumé a fini de me convaincre qu'il fallait que je découvre cette histoire. Et l'auteure me l'a gentiment envoyée.

 

Merci Margherita de m’avoir fait confiance pour tes débuts !


C'est dans la très belle ville de Lyon que Margaux, une jeune femme séduisante et brillante de 27 ans, a bien réussi sa vie. Des projets de mariage avec celui qui semble être une évidence, son fiancé Jean dévoué à son métier et bientôt un nouveau travail dans une start-up de webmarketing en pleine évolution, Kreatio, qui vient de la recruter. Seul bémol à ce tableau idyllique : son couple s'est installé dans une vie routinière qui n'est pas en adéquation avec l'idée que Margaux pourrait se faire de la vie d'une couple de trentenaire. Alors, lorsque la moyenne d'âge de Kreatio ne dépasse pas 30 ans et que l'ambiance est plus que détendue, la vie de la jeune femme esseulée, qui pourtant fait de gros efforts, pourrait bien prendre une toute autre direction. Mais attention à ne pas se brûler le cœur au jeu d'une passion fulgurante !

 

« Les couples qui existent avant Kreatio ne durent pas. Même si tu ne l’es pas en arrivant, tu finis inévitablement célibataire à un moment donné. C’est arrivé aux meilleurs d’entre nous »

 
Entre tentation et raison, qui emportera la bataille ?

Margaux sera-t-elle assez forte pour vendre son âme au diable sans risquer de tout perdre et de se perdre elle-même ?


Avec ce premier roman sur un thème osé et risqué, l'auteure fait une entrée détonante dans le monde de la romance sensuelle. Et quelle entrée ! Elle ne s'attaque pas à une douce romance à l'eau de rose, pleine de bons sentiments ; mais bien à un thème plus sombre d'où certains personnages pourraient ne pas ressortir indemnes : l'infidélité. Et lorsque l’infidélité revient au personnage féminin, c’est encore moins commun et peut-être moins pardonnable.


Infidélité et romance sont deux points totalement opposés de par tout ce que l'infidélité implique de sombre, de négatif. Et normalement, une romance doit faire rêver et non pas finir en dépression. Et malgré la connotation de triangle amoureux malsain qui se dégage de l'histoire, l'auteure est arrivée à me faire rêver avec le personnage masculin pour lequel je veux bien me mettre au café matin, midi et soir (et collation pourquoi pas !). Pour une fois, je ne vais pas révéler son identité ; ce serait gâcher l'histoire. Je vais juste l'appeler LUI Car il n'est pas celui auquel j'avais pensé au départ ; j'étais partie sur une méprise de taille mais ça, ça m’est vraiment propre.


Alors, petit détail qui a son importance : nous ne sommes pas là pour débattre de la légitimité ou non de ce thème. Je ne pense pas que ce soit le but de l'auteure. Ni de savoir pourquoi l’infidélité chez les hommes est moins décriée que lorsqu’il s’agit d’une femme. Et ce livre s'adresse à un lectorat qui a l'esprit assez ouvert. Pour les lectrices qui ont des idées bien arrêtées, ce livre les fera sûrement sortir, parfois, de leurs gonds. Comme ça a été le cas pour moi a plusieurs reprises. Mais pas avec le personnage de Margaux à qui il serait tentant de jeter la pierre car à l'origine de la situation.

 

« Ce que je fais, c’est mal ! Je joue avec le feu, je le sais. Alors pourquoi ai-je tellement envie de continuer et de voir où tout cela peut me mener ? »


Jeune femme réservée, elle va savoir s'intégrer rapidement dans son nouveau travail et se démarquer. Alors j'avoue que je ne me suis pas attachée plus que ça au côté "professionnel" de l'histoire. Il est important, certes, car c'est de là que tout part mais il est juste bien dosé pour ne pas prendre le pas sur le reste. Pas de passages soporifiques heureusement pour moi.

Sa rencontre avec LUI n'a pas été une évidence, dans le sens romance, puisque l'auteure a brouillé mes neurones avec certaines choses que j'avais tenues pour acquises. Et que je pensais être l'histoire en cours de construction. C'est un peu dommage car je pense que ça peut noircir le personnage de Margaux aux yeux de certaines lectrices.

 

« Mon regard bute contre un torse musclé, parfaitement moulé dans une chemise bleu marine. Ses yeux extraordinairement clairs me dévisagent sans pudeur. Je déglutis avec difficulté. J’aimerais bouger ou dire quelque chose mais je reste complètement figée »

 

Heureusement, Margherita a su se rattraper en donnant à LUI la place qu'il méritait. LUI il est la perfection au masculin. Je l'imagine beau, bien entendu, mais une chose est sûre il est craquant. Doux, attentionné, dès qu'il ouvre la bouche les anges passent et ses sentiments envers Margaux sont tellement beaux et sincères que n'importe quelle romantique aimerait entrer dans l'histoire.

 

« En dehors de son sourire taquin, la première chose que je remarque c’est ses grands yeux verts. Mais aussi sa barbe de trois jours et ses cheveux en bataille, qui lui confèrent un air négligé du style « Je sors juste du lit ». Pourtant sur lui, ça a un certain charme »

 
Ce personnage aux traits s'approchant de ceux d'un ange n'a aucun mal à faire fondre tant la description de Jean, le fiancé ou celle d'un autre protagoniste masculin, se rapproche plus d'un démon voire du diable. Dès le début, j'ai eu un gros doute sur Jean, modèle, à mes yeux, de machisme, d'égocentrisme et d'égoïsme. On peut dire que l'auteure l'a parfaitement soigné mais pas dans le bon sens. Et je n'ai pas su lui trouver une quelconque qualité ou un quelconque charme. Désolée Jean, je n'ai pas adhéré à ce que tu représentes à mes yeux. Il en faut toujours un, tu as été celui-là. Et pourtant ton histoire avec Margaux semblait tellement solide et romantique !

 

« Excuse-moi d’avoir besoin de souffler un peu et de ne pas être empressé de te sauter dessus comme un animal dès que je te vois ! En parlant d’animaux, c’est une vraie porcherie ici. T’aurais pas pu passer l’aspirateur ?  »


Margherita aurait pu se contenter d'écrire son histoire sur un modèle de huis-clos sentimental, ce qui aurait certainement rendu un climat pesant et aurait changé la donne pour le ressenti. Elle n'en a rien fait heureusement. Et même si la facette psychologique est bien présente, elle n'en est pas dérangeante car elle est parfaitement travaillée.


Margaux ne veut blesser personne dans l'histoire ; ses sentiments sont sincères surtout envers Jean pour lequel on comprend assez tôt qu'un fossé les sépare quant à la suite de leur relation. Là où les torts sont partagés, il est impossible de blâmer l'un plus que l'autre. Même pas trentenaires, leur histoire a comme un goût amer de manque de passion et de pep's. Et à trop vouloir un bonheur qui se présente à portée de cœur, les prises de décisions seront parfois à double tranchant entrainant manque de discernement, doutes, culpabilité et dommages collatéraux. Ajoutés à cela des situations délicates, des animosités légitimes et une belle sensualité dans les règles de l’art, il m’a été impossible de ne pas comprendre Margaux dans ses peurs et ses espoirs, ses décisions impulsives et ses moments d’hésitation.

 

« Il faut que j’assume mes sentiments et que je finisse par être de nouveau en paix avec moi-même. Je ne peux plus vivre comme ça. Et advienne que pourra »


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Dans ce roman, l'auteure a su montrer que la passion et la raison ne peuvent pas faire bon ménage. La première volant la vedette à la seconde. Elle soulève le questionnement "Quelle est la meilleure façon d'agir lorsqu'une passion dévorante chasse une passion éteinte ?" Et est-ce que fidélité rime vraiment avec exclusivité quel qu'en soit le prix à payer ?

 

« Les rumeurs ça se répand vite, et ton petit monde parfait pourrait rapidement voler en éclats »


Sur ce vaste thème de "l'amour et la fidélité" qui traverse les temps sans prendre une ride, il ne faut jamais dire jamais. Bien sûr, je ne suis pas concernée puisque j’ai eu le grand bonheur que l’amour ait été présent jusqu’aux tout dernier instant de notre histoire. Et surtout ne pas rester sur des acquis confortables et sécurisants. On se promet fidélité au début des sentiments amoureux. Tant que la passion consolide une relation, il n'y a pas grand risque effectivement. Mais lorsque la passion meurt pour renaître sous d'autres traits, nul ne peut assurer rester de marbre et résister. Homme ou femme, nous restons des humains faits de sentiments avant tout. Nul n’est à l’abri de franchir la ligne rouge. Et nul n’a le droit de juger qui a fauté.

 

« Le corps et l’esprit sont deux choses qui peuvent être totalement déconnectées »

 

J’ai adoré cette lecture qui bouscule certains codes et certaines certitudes en posant des mots justes sur des vérités dérangeantes et pour laquelle les ressentis ne pourront qu’être divers et variés ; tant en positif qu’en négatif. C’est le prix à payer pour un thème qui existe depuis au moins Marivaux – si ce n’est bien avant, depuis que l’amour existe - et qui évolue en même temps que nous, nous évoluons. J’ai adoré la belle et douce sensualité qui se dégage de scènes très bien écrites, j’ai adoré l’écriture simple et directe de l’auteure que j’espère pouvoir découvrir à nouveau très vite et cette fin qui sonne comme un renouveau, aux parfums de seconde chance sur des bases neutres.

 

« Je reconnais dans ses iris embrasés la même folie qui nous anime, et nous y succombons ensemble dans un dernier assaut qui me fait chavirer »

 

Même si certaines choses m’ont choqué à un point inimaginable, ça fait partie du deal dans ce genre d’histoire. Et c’est bien pour ça que j’ai tout aimé ; certaines imperfections pouvant être un atout. Et j’attends, avec une certaine impatience, mon exemplaire broché dédicacé qui aura toute sa place dans ma bibliothèque. Et pour lequel je ne saurais que trop vous conseiller de lui en trouver une dans la vôtre.


06/06/2020
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Cooper Training - T.3 : Harry / Maloria CASSIS

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C'est à l'occasion du 1er tome de la série COOPER TRAINING, sous partenariat Fyctia/Hugo Poche que j'avais découvert Maloria CASSIS. S'en était, logiquement, suivi le 2nd  Et les 2 tomes avaient été des mégas coups de . Et avec le 3ème et dernier tome, c'est un tiercé gagnant !


2013 : le temps d'un été sous le soleil californien de San Diego, une jeune française de 16 ans, Madelyn vient passer ses vacances chez son père,  un homme d'affaires très occupé. Trop occupé, ce qui lui a valu le départ de sa femme et de sa fille, il y a quelques années, pour la France. Ces vacances, qu'elle vient passer, à contrecœur, vont être le décor d'un amour qui ne va pas rimer avec toujours. Sa rencontre avec Harry Cooper sonne pourtant comme une évidence mais il se pourrait que ce ne soit finalement qu'une amourette de vacances. Il suffira d’une nuit pour que l’histoire se termine en amour déçu, avec un mauvais choix précipité et un retour prématuré en France à la clé. Pour ne probablement plus jamais revenir. Et pour rester marquée à jamais. 

 

2019 : C'est pourtant à nouveau aux Etats-Unis,  à San Diego, que je retrouve Madelyn, installée définitivement, depuis un an, notamment pour son activité professionnelle de tatoueuse pour femmes. Jeune femme épanouie, entourée de ses nouvelles amies Erin, Amy, Thelma et bien d’autres que la vie a mis, de manière un peu particulière, sur son chemin. Seule ombre à son équilibre : trouver l’amour et celui qui dure pour que le chaos de sa vie sentimentale disparaisse enfin. C’est lors d’une soirée chez Erin et Calvin (le 2ème des frères Cooper) que son regard va à nouveau croiser celui de Harry. Et ce qu’elle croyait bien enfoui dans le passé, pourrait faire ressurgir les émotions et douleurs du passé.

 

"Je voulais que tu marques ma vie à jamais. Mais tu as refusé. Tu as sali notre histoire. Et ça m'a vraiment détruite"

 

A noter que Maddie est un personnage qu’Erin rencontre dans le T2/Calvin.

 

Pour le cadet des frères COOPER, qui malgré ses 24 ans, gère, au côté de ses frères, l'affaire familiale de COOPER TRAINING comme un vrai chef d'entreprise, ce sont les affaires avant tout. La fratrie voit son activité, de salles de sport, très prospère et en voie d'extension. Ils en veulent toujours plus.

 

Le souvenir que j'avais de lui c'était l'image d'un coureur de jupons. Ses deux aînés étant beaux comme des dieux, il y avait de grandes chances qu'il vienne compléter ce trio de séduisants mâles tout en muscles. Julian et Calvin ayant trouvé baskets à leurs pieds, il n'y a plus que lui dont le cœur est à prendre. A moins que ce ne soit déjà fait et depuis longtemps ; depuis au moins 6 ans.

 

Mais que s’est-il passé il y a 6 ans ?

Est-ce que les regrets sauront s’effacer pour laisser la place à une nouvelle histoire ?

 

C’est une belle surprise que ce 3ème et dernier tome qui finit cette saga en beauté. Une voie différente dans la construction de l’histoire pour des émotions encore plus intenses. Mais une finalité commune aux autres tomes : des sujets percutants que Maloria traite, encore une fois, avec beaucoup de finesse et de justesse. Elle met en lumière des thèmes poignants qui peuvent interpeller n’importe quelle femme (pourquoi pas les hommes aussi !).

 

Dans la 1ère moitié de l’histoire, l’auteure met en parallèle deux époques avec les mêmes protagonistes : Madelyn & Harry. Même si la narration reste à une voix – celle de Maddie -, elle a choisi l’alternance de deux chapitres de leurs vies, pour que l’on puisse bien cerner les tenants et les aboutissants de ce qui fut et de ce qui pourrait être.

 

2013 : on assiste à la construction d’une belle histoire d’amour d’été, entre deux jeunes – pas tout à fait adultes mais néanmoins plus tout à fait adolescents - avec son lot de tendresse, d’espoirs, d’appréhensions et de déceptions. 2019 : l’heure des retrouvailles a sonné et aucun des deux ne peut nier qu’il est insensible même après autant de temps. Mais,  peut-être bien, est arrivé le moment de mettre à jour certaines vérités.

 

C’est sous une plume toujours belle de simplicité que l’auteure nous révèle cette histoire d’échec passé où la possibilité d’une 2ème chance n’est pas à exclure. Faut-il, bien sûr, que les protagonistes acceptent de jouer carte sur table.

 

Le personnage de Madelyn est vraiment touchant car si jeune, elle a déjà vécu tant de souffrances qui ont certainement forgé son caractère et ce qu’elle est. De son passé, il ne reste que des regrets ; en son futur, elle met tous ses espoirs malgré un secret qu’elle porte seule ; et qui est lourd à porter. J’avoue que le thème de ce « secret » m’était totalement inconnu jusque-là. Encore un bel hommage aux mystères de la féminité, que l’auteure a choisi d’aborder tout en gardant une certaine pudeur d’écriture.

 

La vie passée ne lui a rien épargné et pourtant, dans son présent, Maddie met tout l’amour et l’énergie qu’elle a dans l’aide à autrui. Elle a de belles valeurs et d’incroyables ambitions altruistes et bienveillantes. Et au travers de la cause de la lutte contre le cancer du sein, l’auteure fait passer de très beaux messages grâce à ce personnage de grande qualité humaine. Tout ce qui tourne autour de Maddie, est tellement bien pensé et écrit ; c’est plus qu’agréable à lire et ça touche forcément.

 

Malheureusement, face à elle, il y a Harry, son ancien amour d’été devenu chef d’entreprise qui ne semble vivre que pour faire grandir l’affaire COOPER. Il vit H24 pour le business, son portable greffé ; ce qui n’est pas sans rappeler un autre personnage de cette histoire. Les similitudes entre les deux sont vraiment bien travaillées pour ne pas faire autrement que de comprendre les sentiments de Maddie face à un tel comportement.

 

« Il me laisse seule, avec mon désir comme unique compagnon. Pendant deux secondes, je me dis que c’est une blague de mauvais goût. Mais une blague tout de même. Ce n’est pas possible qu’il me plante comme ça ? A priori, si…. »

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Cet aspect « négatif » d’Harry pourrait jouer en sa défaveur quant à ce qu’on peut ressentir pour lui. Eh bien, dans mon cas, même pas. Alors bien sûr, je ne cautionne pas certains de ses agissements mais tout au long de cette lecture, lentement mais sûrement, il évolue. Et il saura montrer une facette de lui qui n’est pas évidente de premier abord. J’ai aimé sa sincérité qui est indéniable et qui fait fondre, soyons honnêtes. Sous ses airs d’homme sûr de lui, pourrait bien se cacher une certaine sensibilité.

 

« Chaque petite chose, aussi infime soit-elle, est démultipliée en ta présence. Et ça, je ne l’ai vécu avec personne avant. Tu es la seule à me faire cet effet »

 

Aux côtés de personnages déjà rencontrés précédemment, tels que Julian, Amy, Calvin et Erin, que j’ai retrouvé avec beaucoup de bonheur, l’auteure sait faire évoluer Harry et Maddie vers une belle maturité même si ça ne sera pas sans doutes et sans peur du côté de cette dernière. Car il est quand même important de souligner que c’est bien le personnage de Maddie qui est étudié en profondeur, dans le passé comme le présent. Sacré chemin de vie que le sien ! Une belle place à l’amitié est réservée dans cette histoire avec Erin et Amy, les entremetteuses à l’imagination débordante parfois mais aussi avec Thelma, dont l’histoire et le parcours au fil du livre font monter des émotions marquantes.

 

Une petite chose m’a toutefois manqué, dans ce tome-là : l’avis d’Harry qui aurait pu apporter un petit plus, par moment. Deux époques, deux personnages qui ont un avant/après commun ; j’aurais bien aimé être parfois dans l’esprit d’Harry. Simple petite parenthèse, bien sûr car je conçois que l’exercice d’écriture serait certainement délicat.

 

C’est sur une note d’émotion encore plus forte que s’achève cette saga COOPER TRAINING qui montre bien l’évolution de la plume de l’auteure qui gagne en finesse et qui s’affirme encore plus. Ce que j’aime chez Maloria, ce sont tous les messages qu’elle arrive à faire passer en associant, avec brio, faits d’actualités et romance et l’authenticité qu’elle sait donner à ses personnages. Même dans les moments les plus poignants, elle sait apporter cette douceur qui est nécessaire. Cette saga est un méga coup de cœur pour moi, dans son ensemble ; mais si on me demandait de choisir un seul tome, ce serait bien HARRY ! Petite auteure débutant sur Fyctia est devenue grande Rigolant Merci Maloria !


27/04/2020
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