Mille livres en tête

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Campus Drivers - T.1 : Supermad / C.S QUILL

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Quand on a l'habitude de suivre un(e) auteur(e), peu importe le genre littéraire, la sortie d'un nouveau roman c'est un peu comme attendre Noël : ça n'arrive qu'une fois par an. C'est exactement ce qu'il se passe avec C.S QUILL : chaque année on attend avec la même impatience, que celle d'un enfant qui attend le 25 décembre. Mais heureusement, on n'attend jamais si  longtemps. Et comme on ne sait que rarement longtemps à l'avance les univers des livres à paraître, ça rend d'autant plus intense l'attente jusqu'à la sortie.

 

En cette année universitaire qui débute, ils auraient pu se rencontrer sur le campus de l'Ohio State University mais le destin leur a choisi un autre scénario : la  cage d'escalier de l'immeuble de Lane O'NEILL. Alors que trois étages les séparaient pendant des mois, sans jamais se croiser, Loïs HOGAN, en pleurs après s'être faite larguée par son petit ami Kirk, va être secourue par celui que toutes les étudiantes aimeraient mettre dans leur lit. Campus Driver à ses heures, il vit seul et personne ne doit venir perturber sa tranquillité.

 

Donc pour Lane tout est clair : ok il veut bien l’héberger sur son canapé mais que pour une nuit, le temps de trouver un autre hébergement. Pour Loïs, une expérience sans précédent, s’annonce avec la bande des Campus Drivers : Lane, Lewis, Donovan et Adam. Et quelle expérience pour elle, pour eux et pour nous !

 

Lane restera-t-il sur sa première position : ne jamais s'attacher à une fille ?

Loïs parviendra-t-elle au but, un peu dingue, qu'elle s'est fixée ?

 

Je vais entrer dans le vif du sujet en vous disant que c’est un Supra Méga Coup de que ce 1er tome – SUPERMAD – de la saga Campus Drivers qui annonce le retour de C.S QUILL ; retour qui ne peut passer inaperçu et qui est très attendu en cette rentrée 2020. Et pourtant, comme beaucoup de personnes, je peux avoir des à-priori sur l’univers jeunes universitaires et me dire que je n’ai plus l’âge pour ce type d’histoire. Mais quelle erreur car finalement tout est dans l’écriture ; juste l’écriture et le style employé par l’auteure.

 

J’ai eu le grand bonheur de recevoir la version papier de ce 1er tome, avant sa sortie, - merci pour cette adorable attention - et c’est donc sous ce format là que j’ai découvert cette histoire. Lectrice principalement sur numérique, j’avais perdu un peu l’habitude – le goût aussi - d’une lecture de manière classique et je ne sais pas si je peux parler de révélation mais de réconciliation, c’est indéniable.

 

Je me suis immergée dans cette histoire avec une facilité déconcertante tant le style est propice à nous mettre à l’aise tout de suite. Je me suis régalée dès le 1er chapitre et ce sentiment ne m’a pas quitté une seule fois – et pourtant … ! -. Dans ce type de lecture, on passe habituellement par tout un tas de sentiments ; là, rien ! Parce que j’ai vécu l’histoire, ni plus, ni moins. Et ça fait un bien fou de se trouver face une lecture sereine, sans prise de tête, sans vouloir traverser le livre pour leur remettre les « pendules à l’heure », sans détester un personnage qui viendra semer la zizanie, etc... Bref, une lecture qui fait du bien. Et pourtant, ce n’est pas forcément évident vu l’histoire et ses personnages.

 

Lorsqu’on rencontre Lane – étudiant en écriture audiovisuelle - et son ami Carter – qui n’est pas un Campus Driver -, on se dit « Ouahhhh, si c’est comme ça tout le long ça promet ». C’est évident, ce sont des personnages auxquels on ne peut que s’attacher ; ils sont normaux. L’auteure leur a attribué un comportement et un langage en parfaite adéquation avec leurs âges et avec leurs caractères. Et quand on découvre le reste de la bande dopée à la testostérone, la première impression est confirmée. Je ne vais pas tous vous les détailler car ce serait long et pas forcément productif mais la rencontre mérite qu’on tourne les pages jusqu’à la fin.

 

« La trouver là en me levant rend toute cette histoire encore un peu plus exaspérante. Je vis seul depuis deux ans, pour une raison bien précise, et cette nana perturbe le sentiment de calme que j’ai bataillé à trouver »

 

En ce qui concerne Loïs, jeune étudiante de 18 ans, en 1ère année en kinésithérapie du sport, son personnage est plus complexe ; certains ne sauront pas trop s’il faut la plaindre et l’aimer ou la secouer pour lui dire « Eh, la vie continue, arrête de pleurnicher ! ».

 

« Kirk me manque… Je ne sais pas qui je suis sans lui. J’ai grandi auprès de lui, j’ai tout construit en fonction de nous et, aujourd’hui, je n’ai plus de repères. Je veux retrouver ma vie… »

 

Elle est un des personnages clé de cette histoire. Logique. ! Et elle est celle qui va se montrer la plus évolutive au fil du récit même si à première vue rien n’est gagné pour elle. Elle est malchanceuse au possible et pas sûre que de croiser la route des Campus Drivers améliore sa situation. Elle n’a aucune idée de qui elle à affaire ! Heureusement, elle a quand même un beau sens de la répartie.

 

« Je te jure que si tu le répètes une fois de plus, j’arrache mon tee-shirt et je colle ta tronche de cake entre mes nichons ! »

 

Parce que cette bande de potes, qui m’a fait passer des moments inoubliables, n’est pas livrée avec l’option filtres et ils ont une franchise sans limite et un langage coloré et fleuri sans gêne aucune. Ils sont un peu moqueurs et farceurs mais ils sont vraiment soudés et à leurs yeux, l’amitié a une valeur inestimable. Dès lors que quelqu’un est accepté parmi eux, c’est une grande marque de confiance et de sincérité.

 

Ce roman est vraiment axé sur cette notion d’amitié qui est une base solide où l’humour a une bonne place aussi. Des scènes cocasses, des répliques ou joutes verbales qui ne peuvent pas laissé indifférent(e), des personnages attachants de 18 à 90 ans, ce sont les ingrédients gagnants de ce 1er tome.

 

« C’est vrai qu’Aaron est un véritable tortionnaire. S’il ne contrait pas ma sécheresse vaginale, j’aurais abandonné depuis fort longtemps »

 

Alors bien sûr, classé en New Romance, il y a la romance ; et quelle route pour y arriver ! Sincèrement, qu’elle soit rapide ou lente, ma priorité n’est jamais vraiment là ; je ne m’arrête pas à ce détail. Ce qui m’importe c’est la qualité d’écriture pour y arriver et la qualité de la relation qui en ressortira. En New Romance, il n’y a pas de recette précise pour parvenir à une romance de qualité.

 

Ce point-là de l’histoire, la relation entre Loïs et Lane, je l’ai particulièrement apprécié tel que l’auteure a choisi de le traiter. C’est justement ce choix qui apporte toute la force à cette relation dont on ne sait pas où elle nous mènera. Mais on l’apprécie, tout simplement. Lorsque l’expression « Qui aime bien, châtie bien » est si bien représentée, quelques pages ou chapitres supplémentaires auraient été les bienvenus ; en tout cas pour moi, car j’ai adoré lire et voir évoluer cette relation parfaitement mise en valeur par l’auteure.  

 

« Je n’ose pas lui avouer que, s’il me laissait le choix, je resterais ici avec lui »

 

Dans cette histoire, j’ai tout aimé ; tellement aimé que, pour la 1ère fois, je n’avais pas envie de finir ce livre. Habituellement, je lis assez vite pour connaître la fin mais là, je ne pouvais pas, ne le voulais pas. Peu importe la fin qui m’attendait, j’étais bien dans cette bulle livresque ; je ne voulais pas la quitter. C’est super compliqué à expliquer mais j’ai trouvé un style d’écriture, une ambiance, des personnages avec lesquels je me sentais bien ; tout simplement.

 

Je ne pense pas que ce livre s’adresse à une tranche d’âge particulière de lectrices car là où l’exercice est parfaitement réussi c’est l’écriture. L’auteure a mis son livre à la portée de n’importe quel lectorat. Sachant que mes 20 ans, même les 30 sont déjà loin derrière moi et que j’ai des exigences bien précises en tant que lectrice, le changement d’univers est réussi avec brio.

 

Je n’ai pas non plus été choquée et dérangée par le vocabulaire qui s’imposait (et où la vulgarité n'a pas sa place) ; il en faut beaucoup plus pour me mettre mal à l’aise ou me perdre en cours de route. Ce n’est pas un point négatif car il est adapté à l’histoire et à ses protagonistes. Un autre langage aurait été décalé. Non, l’auteure a fait le bon choix et à maîtriser cet aspect essentiel qui, soyons honnête, apporte un pep’s non négligeable et très agréable à l’ensemble.  

 

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On pourrait dire que c'est du déjà vu ces jeunes adultes avec des préoccupations bien de leur âge. Que le thème université américaine, étudiants c'est du vu, revu et pas corrigé car répétitif. On pourrait effectivement, ce serait légitime tant le sujet a déjà été étudié, en long, en large et en travers.

 

Mais le concept Campus Drivers est tellement innovant et créatif qu'on ne peut que le saluer. Et même si c'est une belle base pour cette saga, l'auteure n'a pas commis l'erreur de focaliser son histoire sur ça ; comme elle n'a pas forcé sur la vie à l'intérieur de l'université. Ce qui aurait pu engendrer lourdeurs et lassitude et toucher un lectorat moins diversifié.

 

Ce n'est pas une histoire où tout est édulcoré et de pure fiction, dans tous les sens du mot. Elle leur fait vivre des situations plausibles, traverser des épreuves nécessaires à leur évolution et à leur acquisition de maturité et leur accordera certaines erreurs pour  que la prise de conscience s’amorce au bon moment ; elle leur réserve un avenir comme il se doit. Et à nous lectrices, elle nous réserve des moments d’émotions, de tendresse, de rire, de sourire, de belles ou touchantes révélations et des détails aussi surprenants qu’inattendus qu’on raffole découvrir au fil des pages.

 

« Lane O’Neill aurait-il un petit cœur tendre caché derrière ce mur de glace ? »

 

C’est une histoire complète dans ses points plus que positifs et qui a été soigneusement travaillée pour aboutir à un tel résultat. Je pourrais vous dire que c’est le meilleur de C.S QUILL et flatter l’auteure encore et encore. Mais, quand on la connaît, qu'on connaît son humilité  et qu’on sait qu’elle ne se ferme aucune porte en matière de genre littéraire ou d’univers à explorer, c’est tout simplement C.S QUILL telle que je l’ai toujours connue. Cette auteure qui sait adapter son style et sa plume aux univers dans lesquels elle veut embarquer ses lectrices, pour les surprendre toujours et encore.

 

Avec SUPERMAD, 1er tome des Campus Drivers, elle a su me surprendre et m’emmener dans cet univers que j’avais déserté depuis longtemps. Elle est arrivée à me faire modifier ma façon de lire, ma façon d’appréhender une histoire et de me l’approprier pour qu’il n’en ressorte que l’envie de vite découvrir les autres personnages dans leur propre histoire : Donovan pour le 2nd tome et Lewis pour le 3ème.

 

Les Campus Drivers m’ont conquise, je ne peux pas vous dire mieux ; à vous de foncer les rencontrer. Vous me direz si ce bout de chemin avec eux vous a convaincu et que comme moi, ils restent une rencontre marquée à l’encre indélébile. Très belle lecture !


28/08/2020
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Ce coin de paradis / Ludivine DELEAUNE

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C'est en flânant sur Simplement Pro, que ma route a croisé celle de cette histoire de Ludivine DELEAUNE. Je ne connaissais pas l'auteure mais le titre et le résumé m'intriguaient. Merci Ludivine pour ta confiance sur ce Service Presse.

 

Tout le monde aimerait avoir un petit coin de paradis dans le Marais Poitevin ou ailleurs peu importe. Un endroit tel que « Le Lilas Blanc », havre familial de paix et d'amour.

 

En 2005, elles étaient au lycée, avaient des rêves et des idéaux plein la tête et savaient comment elles voyaient leur avenir. Elles ce sont Elisa, Colombe, Renée, Kendra et Manon et l'histoire d'une amitié qu'elles pensaient inébranlable. Jusqu'à l'année du bac, dernier été d'insouciance, de rire et de partage. Dernier été "au Lilas Blanc" avant que la vie décide que leurs chemins se sépareraient.

 

En 2020, le destin frappe pour leur donner une chance de faire un retour dans le passé et de tester la force de cette amitié au fil des années.

 

Leur amitié aura-t-elle résisté aux silences et au temps qui passe ?

Peut-on réellement reprendre, sans conséquence, une histoire là où elle s’était arrêtée ?

 

"Ce coin de paradis" c'est l'histoire de 5 jeunes femmes à qui la vie donne une seconde chance pour insuffler un nouvel oxygène à leur amitié passée. C'est Elisa qui nous narre leur présent et leur passé.

 

Elisa est une jeune femme qui donne l'impression d'un grand manque de confiance et le stress est un ressenti courant chez elle. Mariée, maman de 3 enfants, sa vie n'a rien d'extraordinaire mais elle est heureuse. Lorsqu'elle est sur le point de retrouver sa bande d'amies qu'elle n'a pas vu depuis 15 ans, sa première crainte est "est-ce qu'elles vont m'en vouloir et serais-je de trop ?"

 

Dans ce roman, sous le regard de l'une d'elle, l'auteure nous fait découvrir le parcours de vie de ces femmes qui étaient, en plusieurs points, différentes mais tellement soudées.Elle le fait avec beaucoup de tendresse, d'humour parfois et de justesse car ma crainte de départ, parfaitement assumée, était que ce soit une histoire où reproches et règlements de comptes ce seraient invités. Mais il n'en est rien ; bien au contraire. C'est une histoire pleine de positivité et de bonne humeur.

 

L'alternance entre passé et présent est bien menée même si pour moi, une difficulté s'est installée dès le début et qui a perturbé ma lecture. M'obligeant à revenir parfois en arrière, ce qui personnellement, est assez inconfortable.

 

L'auteure nous fait partager de très beaux moments avec ses personnages d'une si belle simplicité. Même Colombe qui est issue d'une famille aisée est un personnage humble. Et Renée avec ses répliques souvent colorées, c'est un sacré numéro.

 

Dans cette histoire, j'ai forcément eu un vrai coup de cœur pour Claude, la grand-mère de Colombe. Quel personnage ! Elle accompagne cette bande d'amies dans les deux époques et j'avoue que dans le présent j'ai eu peur de ce qui m'attendait la concernant.

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C'est dans un univers idyllique qu'une bonne partie de l'histoire se déroule et là, Ludivine m'a transportée "au Lilas blanc" et m'a fait rêver de manière incroyable. Le choix de ce décor accompagne vraiment bien l'histoire et clairement, lui donne une force supplémentaire pour la consolider dans les thèmes de l'amitié et de la famille.

 

"Ce coin de paradis" est vraiment une jolie lecture mais malheureusement je ne peux pas le classer en coup de coeur. Et pourtant, il avait toutes ses chances si ma lecture s'était déroulée dans d'autres conditions. C'est là où j'en viens aux points négatifs qui sont légers mais malheureusement présents; ce qui ne m'a pas empêché de mener ma lecture à terme, bien entendu.

 

J'avoue que j'ai eu quelques déboires avec le format de ce roman ; l'auteure, même si c'est elle qui me l'a envoyé, n'est certainement pas fautive.Je n'y connais rien ; je ne peux expliquer ce problème. Et ça se ressentira peut-être sur mon avis.

 

Premier point  : Ma liseuse a décidé de me mener la vie dure et le fichier buggait régulièrement. J'étais obligée de la redémarrer, je perdais mes marque-pages et par la même occasion, je perdais le fil de l'histoire. Donc, ce livre a été lu de manière morcelée. Et j'avoue que j'ai beaucoup de mal à lire dans ces conditions. Car je ne vis pas et ne ressent pas une lecture de la même manière.

 

Deuxième point : et c'est là où j'ai vraiment eu du mal comme je le mentionnais plus haut. Sur le fichier que j'ai reçu il n'y avait pas d'indication de chaque époque : 2005 ou 2020. Et ça a vraiment perturbé ma lecture me forçant a beaucoup trop de réflexion et de retours en arrière. Et pour ce type d'histoire, ça ne devrait pas arriver. En feuilletant le livre sur Amazon, les années sont clairement indiquées, la disposition du texte est parfaite ; moi, je n'avais que des dessins pour séparation. Et j'ai cherché longtemps s'ils avaient une signification qui m'aiguillerait. En vain.

 

Troisième et dernier point qui semblera futile, pour beaucoup de personnes. mais qui me trotte encore dans la tête : deux fois dans le livre, un mot est employé. Et ma première réflexion a été "mais ce n'est pas le bon mot". Il aurait fallu mettre "....". Peut-être que cela a été rectifié dans la version "commerciale" mais ça m'a vraiment perturbé. Mais je ne suis pas bêta ou correctrice, bien entendu.

 

La couverture était prometteuse et le résumé l'était encore plus. Malgré une petite déception que je suis la 1ère à regretter, beaucoup de promesses ont été tenues dans l'écriture de Ludivine, la simplicité de l'histoire et de ses personnages, l'univers dans lequel ils évoluent et la belle histoire de vie dont on ne peut tirer que des enseignements. Et cette fin !!!!

 

A chacune de se faire son idée, bien entendu !


24/08/2020
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Celles qui restent / Samuelle BARBIER

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La douleur est là pour ne pas oublier l'autre car ne plus ressentir c'est prendre le risque de l'oublier et qu'il sorte de nos pensées et de notre vie. Prendre le risque que les sentiments s'étiolent jusqu'à s'éteindre totalement.

 

Lorsque j'ai vu passer la présentation du dernier roman de Samuelle BARBIER, ce n'est pas la couverture qui m'a interpellée mais le titre. Sincèrement, la couverture n'a eu aucun effet sur moi qui ne suis pas amatrice de ce style. Mais elle ne reflète pas le contenu et le résumé a fini de me convaincre qu'il me faudrait découvrir cette histoire qui sort le 3 septembre 2020.

 

Merci à Celia et Hugo Roman Editions de m'avoir permis de lire cette histoire en avant-première.

 

Résumé de l'auteure :

Clara est l'aînée, la sage, l'exemple à suivre. Celle qui fait tout comme il se doit, quitte à grincer des dents en se forçant à sourire.

 

Constance est la cadette. Si discrète, qu'on en oublie qu'elle existe... jusqu'à ce qu'elle décide de cesser d'exister en se jetant du haut d'un pont.

 

Lucy est la benjamine. Celle qui rit trop fort, parle trop fort, vit trop fort. Parce qu'elle a peur qu'on l'oublie.

 

Mais il y a aussi Marielle, qui elle, n'a ni sœur, ni frère, ni enfant, tout juste un vieux chien obèse. Celle qui a consacré sa vie aux autres pensait arriver au bout de son chemin dans l'indifférence, jusqu'à ce qu'un ange vêtu d'un manteau rouge se jette d'un pont, juste devant elle, et remette tout en question.

 

Comment un drame peut remettre, directement ou indirectement,  des vies en cause ?

Comment vivre plutôt que survivre lorsque l'autre n'est plus là ?

 

Cette lecture est un vrai coup de  car avec une telle approche du résumé, je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Dès lors qu'il s'agit de deuil, le ressenti est différent selon le choix d'écriture de l'auteure. Et j'ai été conquise d'un bout à l'autre de ma lecture.

 

"Celles qui restent", c'est l'histoire de deux femmes, deux sœurs, Clara et Lucy, en totale opposition de caractère, que la vie va mettre à l'épreuve et à qui elle va donner une chance de rattraper certains rendez-vous manqués pour revenir à de vraies valeurs et pour se racheter ne pas avoir été celle qu'elle aurait dû être. L'élément déclencheur : le décès, par suicide, de leur sœur Constance.

 

« Ce matin semble se dérouler comme tous les autres matins. Mais quelque chose, au fond de moi, sait qu’il n’en est rien »

 

Chacune a l'impression d'être passée à côté d'une étape qui aurait pu éviter le drame et c'est un véritable travail qui s'amorce comme pour se dire qu'il ne faut plus passer à côté de sa vie. Le temps des décisions suivies d'actes peut commencer. Mais cette quête de réponse ne se fera pas sans sentiment de culpabilité, sans rancœur, sans douleur atroce et sans phases essentielles.

 

« Très bien Connie, tu voulais nous laisser. Tu voulais nous quitter. C’est ton choix. Je vais te laisser tranquille, maintenant. Puisque c’est ce que tu voulais. Je ne vais pas chercher à savoir, à comprendre, à creuser… Tu nous as abandonnées, à nous de faire de même »

 

Clara, l'aîné est vraiment la tête pensante de ce qu'il reste de sa famille : elle ne laisse pas de place à l'imprévu. D'esprit très cartésien, chaque acte, chaque événement a son explication. Elle est le pilier qui n'a jamais plié mais au suicide de Constance il n'y a pas d'explication. Et ce constat va faire vaciller son monde jusqu'à la faire se vider de tous sentiments. Sauf la souffrance qu'elle entretient, comme détachée de tout pour ne pas accepter l'inacceptable. Seule une réponse à ce geste pourrait peut-être la sauver du mutisme, du sarcasme et du désintérêt dans lesquels elle s’enferme peu à peu.

 

« Moi, je ne marchanderai pas pour sa vie. Elle a choisi de mourir, de nous abandonner, d’être lâche. Et toi, tu veux qu’elle revienne ? Mais moi, je ne veux pas qu’elle revienne. Elle va rester là où elle est, là où elle a choisi d’être. Si elle y est mieux qu’avec nous… »

 

Lucy est la cadette ; celle qui s'est toujours reposée sur ses aînées. Elle va prendre conscience de ses erreurs passées et réaliser qu'elle n'est pas seule à souffrir. Ses sœurs ont toujours été là ; à présent, c'est à elle d'être là pour Clara. Sa souffrance est grande mais au fil de l’histoire, sa façon d’appréhender cette perte va se révéler très mature et surtout courageuse.

 

Le passé va se rappeler à elles en faisant remonter des souvenirs si bien enfouis qu'elles pensaient les avoir oubliés et en faisant réapparaître un personnage que nulle n'aurait pensé revoir. Des souvenirs et ce protagoniste qui seront essentiels dans ce processus de reconstruction. Ces moments de retours en arrière, aussi infimes soient-ils dans une histoire, sont toujours bénéfiques à sa solidité. Ils évitent de laisser des blancs qui engendreraient des questions de la part du lecteur voire sa frustration. L’auteure les a parfaitement utilisés comme il le fallait.

 

Mais dans cette histoire, il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas que Clara et Lucy qui sont marquées par ce drame. Il y a ce personnage que je vais qualifier « de l’ombre » qu’est Marielle. Elle est celle qui assiste impuissante au suicide de Constance : trop loin, ne sachant pas nager ; elle ne peut qu’assister à l’inévitable et alerter les secours. Concernant Marielle, je suis restée un peu dubitative sur l’exploitation de son personnage. Je ne vais rien dire sur elle car trop risqué mais j’aurais aimé une autre évolution, une autre liaison avec l’histoire et ça n’a pas été le cas. La qualité initiale de son personnage aurait mérité, selon moi, qu’une autre place lui soit réservée dans l’histoire. Mais ce n’est que mon avis, bien sûr ! Sympa, le petit clin d'oeil de la fin Clin d'œil

 

« Mes yeux se perdent dans le lointain, en direction du pont que je ne peux pas voir, et j’adresse une prière silencieuse pour mon ange blond »

 

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Et ce serait une erreur que de ne pas parler de Constance qui est quand même le personnage central par qui tout arrive mais dont on ne connaît les raisons exactes à son geste. Tout au long de l’histoire, elle est plus que régulièrement évoquée ; elle est même un personnage à part entière. Et j’ai eu beaucoup d’affection et d’admiration pour elle, une fois la colère et la tristesse passées. La colère qu'elle n'ait pas su parler à cœur ouvert à ses sœurs ; la tristesse d'avoir ce sentiment qu'elle n'avait pas trouvé sa place entre ses deux sœurs, elle la petite fille effacée. Comme si elle considérait que son absence ne peinerait personne et qu'elle était seul maître de son destin. Lorsque j'ai réalisé le pourquoi de ce drame, j’ai vu une telle preuve de courage, de force et d’amour, que je n’ai pu faire autrement que l’aimer.

 

Dans ce livre aux thèmes forts, on peut y voir comme un message - ici, peut-être de Constance - que certains drames, douloureux au possible, sont un déclencheur pour ceux/celles qui restent pour vivre enfin en adéquation avec leurs vrais désirs. Et que lorsque la prise de conscience a pris toute sa forme, n'est pas le plus fort celui qui voulait le paraître.

 

Samuelle illustre parfaitement ces étapes du deuil (Le choc / La douleur / Le marchandage / La dépression / La reconstruction / L'acceptation). Celle notamment où on sort de son propre corps pour assister impuissante à cette vie qui s’impose à nous, à cette absence qu’on refuse et le refus de pardonner à l’autre de laisser ceux qui restent avec leur seule douleur et leur chagrin.  

 

« Tu m’as vraiment fait un sale coup, Constance. Je n’étais pas censée être celle qui reste »

 

La tristesse du thème est associée à une légèreté d'écriture qui, bien qu'un certain sarcasme règne parfois, fait que cette histoire se lit de manière sereine et à des extraits de textes magnifiques. Il n'y a pas de pesanteur ou de points dérangeants qui gênent la lecture. J'emploie rarement ce mot, qui pour moi est généralement utilisé à tort et à travers, mais il est bien question de fluidité tant dans l'écriture que dans la lecture de cette leçon de vie que nous donnent Marielle et ces trois sœurs qu'un même événement va marquer à jamais.

 

Des montagnes insurmontables ou de profonds précipices se dresseront sur leurs chemins. Mais en matière de deuil, il n’y a pas de règles précises ; chacun(e) le vit à sa manière, avec une longueur de tunnel plus ou moins grande. Ça c’est un autre débat !

 

Cet ouvrage, bien qu’assez court, au sujet plus que bien analysé et développé et à la narration à plusieurs voix, est vraiment d’une grande qualité d’écriture et de contenu. L’auteure a su, avec beaucoup de justesse, poser des mots sur une histoire poignante pour nous en faire sortir apaisée. Et au final, je me dis que si on veut que la vie nous donne ce qu'elle a de meilleur, il faut la respecter, il faut se respecter soi-même et aux questions sans réponse, il faut respecter l’autre et ses choix. Ça n'empêchera pas les écueils mais il y a de grandes chances pour qu’ils soient appréhendés autrement.

 

« Ça fait mal de perdre quelqu’un qu’on aime. Inutile de chercher à le quantifier, ça fait mal, un point c’est tout »


24/08/2020
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Contrecoup / M. CASSIS & F. ARMONIE

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Je connaissais les autrices avec des plumes séparées et j'étais curieuse de les découvrir réunies. Et c'est tout naturellement que j'ai postulé pour découvrir, en avant-première, leur livre à 4 mains "Contrecoup". Et quelle découverte qui, malgré une ou deux petites choses, est un très joli coup de  dans le genre romance psychologique. Merci Maloria et Flora de m'avoir associée à cette belle aventure qui vous voit prendre votre envol de toute autre manière.


Attention : les auteures l'ont clairement signalé. Ce roman peut choquer les âmes sensibles par des faits qu'il met en scène de manière explicite.


Dernière année de lycée au pensionnat Saint Antoine pour Enora avant de pouvoir tourner la page de 2 ans de mise à l'écart sociale, sans savoir pourquoi. Le responsable ? Léonard, celui avec qui elle a grandi, qui était son meilleur ami, son confident, son tout jusqu'à ce qu'il ne lui parle plus, sans explication. Et qu'il fasse de sa vie, celle d'une paria dans son lycée.

 

« Parce que lui et moi n’avons jamais vraiment eu besoin de mots pour nous comprendre. Chacun captait l’humeur de l’aute par un simple regard. Comme s’il existait une sorte de connexion entre nous. Je ne le déteste que davantage de réussir à m’attendrir sans être là, rien que par des réminiscences du passé »


Jusqu'à l'arrivée d'un nouveau lycéen, Jaimie, qui va passer outre l'interdiction d'approcher Enora et qui va décider qu'elle sera, au contraire, sa meilleure amie. Et qui va s'accrocher fermement. Bien entendu, tout ne va pas être simple et va faire réagir Léonard de manière bien étrange.


Que cache Léonard derrière un comportement aussi incompréhensible pour Enora ?
Grâce à Jaimie, sera-t-il possible qu'Enora retrouve le sourire et un semblant de vie ?


Alors autant dire que Maloria et Flora ont frappé fort pour cet écrit à 4 mains. On oublie les histoires de mecs sexy bodybuildés ou les macarons à la pistache de Maloria et les mignons animaux de Flore. Car là, elles ont choisi un sujet osé et délicat pour un résultat parfaitement abouti nous emmenant entre dark romance et romance psychologique.

Au premier abord, l'histoire peut sembler étrange ; surtout avec Léonard qui, par son comportement, tire les ficelles de la vie d'Enora. J'avoue que j'ai eu beaucoup de mal à le cerner, à le comprendre et à le trouver, un tant soit peu, attrayant ; surtout au tout début.


Enora et Leonard ont grandi ensemble dans un univers plutôt aisé – école privé, voiture avec chauffeur, uniforme, etc… - ; leurs parents étant proches. Tellement fusionnels qu'on pourrait presque dire qu'entre eux c'était "à la vie, à la mort". Mais quelque chose s'est brisé et c'est Enora qui en a fait les frais.

 

« Nous sommes passés d’une amitié forte , ou bizarre pour certains tant nous étions liés, au néant »


Maloria et Flora ont construit une histoire complexe mais tellement addictive. Celle d'une belle amitié enfantine où l'un des deux est un vrai pilier pour l'autre. Ce qu'on sait d'eux c'est que le pilier, c'était Léonard. Il a toujours répondu présent, de jour comme de nuit, dans les moments particulièrement difficiles notamment lors des cauchemars récurrents qu'Enora fait depuis son plus jeune âge et que ses parents semblent minimiser. Seul Léonard, malgré son impuissance, faisait tout pour l'aider. Mais ça c'était avant.


"La respiration coupée et le coeur battant à toute allure. Inutile de jeter un oeil au réveil. Comme toutes les nuits, il est 3 h 37"


Qu'est-ce qu'une écriture commune a apporté à cette histoire ? Aucune idée car impossible de savoir qui a eu l'idée de quoi. En tout cas, elle m'a apporté une belle palette émotionnelle. La jeunesse des personnages, leur complexité, leur vécu déjà si intense et poignant m'ont balloter entre compassion, tristesse, horreur voire dégoût mais aussi gaieté et espoir.


Espoir car il faut forcément en avoir dans un tel contexte. Car les auteures se gardent bien de tout nous offrir sur un plateau ; elles nous laissent mijoter le temps de mettre le puzzle en ordre. Et pas un petit puzzle, c'est clair !


La jeunesse des personnages fait que l'on pourrait émettre une certaine réserve sur leurs réactions et leurs choix. Je pense notamment à Enora qui soulèvera certainement des avis mitigés quant à la passivité dont elle semble faire preuve parfois (ou le romantisme un peu trop fleur bleue). Un mot ou un geste de Léonard et hop elle serait prête à tout oublier. Mais n'oublions pas qu'elle est déstabilisée par la rupture brutale de son amitié, par les cauchemars qui reviennent chaque nuit selon un rythme parfaitement réglé et par des messages qu'elle reçoit d'un parfait inconnu, Stalker et qui lui permettent de penser que, finalement, il y a quelqu'un quelque part qui n'a rien à lui reprocher. Et elle a le droit d'y croire encore tant que rien n'est définitivement perdu.

 

« Pourquoi ne puis-je pas rester insensible ? A croire que mon cœur et mon corps n’ont pas reçu l’information en provenance de mon cerveau indiquant que nous détestons Léonard ELLORI »


Lorsqu'il s'agit d'évoquer Léonard, l'exercice est plus difficile. Image même de celui qui souffle le chaud et le froid (voire glacial). Doit-on l'aimer, doit-on le détester ? Difficile à dire vu l'évolution de son personnage au fil des pages. Heureusement les auteures ont su le rendre abordable dans le sens où certains chapitres reviennent sur son jeune passé - entre 13 et 15 ans - et quel passé ! Il m'en faut beaucoup pour être choquée mais là on était limite, notamment lorsqu'il a 15 ans. Sa façon de parler et de se comporter m'a "interpellée". J'ai compris le pourquoi de ce style mais tout de même... Bien qu'il a 18 ans, il reste un enfant qui a encore besoin de repères familiaux ; de ce côté-là, il n'a pas été gâté, soyons lucides. Il a grandi beaucoup trop vite avec une maturité malgré tout défaillante.

 

« Vu la richesse de ma famille, il est fort probable qu’un jour une femme tente de me piéger. Ainsi, je prends toutes le mesures de précautions nécessaires »


Dans ce roman, le personnage de Jaimie est mon personnage coup de cœur. Il est gentil, ouvert, attachant, généreux, persévérant, n'a pas froid aux yeux quand il s'agit de voler au secours d'Enora. C'est un peu le chevalier en armure blanche des temps modernes. Il porte vraiment l'histoire, d'un bout à l'autre, cimentant tous les événements et personnages entre eux. J'ai tout aimé de lui : sa façon d'être, sa façon de parler, cette nonchalance parfois qui allège le côté sombre que peut amener l'histoire.

 

« Ben, je n’avais pas froid et j’ai le chauffage donc cette fille ne m’était d’aucune utilité »


Ce côté sombre est entretenu aussi par des familles qui feront toujours passer leurs intérêts sociaux avant leurs proches, même dans les moments les plus vils. J'avoue que là, les familles ont été correctement travaillées par les auteures et ça renforce forcément l'intrigue de base pour l'entretenir.

 

« Arrête tes gamineries maintenant. Tu es une grande fille, tu dois apprendre à surmonter tes peurs. Cesse de te laisser impressionner par ton imagination et grandis ! »

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Ce roman comporte, bien entendu, des zones d'ombres sinon ça n'aurait aucun intérêt. Malheureusement, j'ai assez vite compris certaines choses notamment l'identité de Stalker et une partie de l'intrigue que j'ai vu venir assez tôt. Par contre, la grosse zone d'ombre concernant Jaimie m'a laissée frustrée sur la fin. J'avais déjà tout prévu dans mon esprit et hop, rien ne nous est vraiment dévoilé. Donc, il faut s'attendre à ce que les auteures aient agi volontairement pour mieux revenir bientôt.

 

« Je l’attendais ce message. Avant chaque entraînement et avant et après chaque match, mon messager de l’ombre m’envoie un petit mot. J’ai eu peur que cette routine s’arrêtre. J’ai peu d’amis, mais peu importe la forme qu’ils prennent, ils me sont essentiels. Mon Stalker également »


Comme je dis souvent lorsqu'on critique mes coups de cœur, ce n'est pas parce qu'il y a quelques faiblesses dans une histoire que ça lui enlève le droit à être classée en coup de cœur malgré tout. Il y a les mégas coups de cœur, les beaux coups de cœur et les jolis coups de cœur.


Alors parce que les deux plumes associées, de Maloria et Flora, donnent une belle unité à cette histoire et qu'elles méritent d'être lues autant ensemble que séparément, je ne peux que recommander ce livre qui fait partie de ceux à avoir dans sa bibliothèque.

Depuis que le monde est monde, il y a des partisans et des détracteurs : la littérature ne fait pas exception. De manière sûre et certaine, je fais partie de la Team Enora & Leonard.


27/07/2020
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The Cupidon Brothers - T.1 : Eros / Estelle EVERY

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Lorsqu’Estelle EVERY a annoncé la sortie du 1er tome de sa nouvelle saga « The Cupidon Brothers », autant dire que la couverture et le résumé ont fait leur petit effet. Bravo pour ces choix car j’ai craqué tout de suite (et je n’ai pas dû être la seule). C’est dans un tout autre genre que celui dans lequel j’ai connu Estelle, que j’ai eu plaisir à la retrouver au détour de ce Service Presse de dernière minute. Merci Estelle pour ta confiance.

 

Cupidon est à la mythologie romaine ce qu’Eros est à la mythologie grecque : le Dieu de l’amour. C’est sur cette idée originale que l’auteure a posé son histoire pour faire évoluer, en 7 tomes de type « novellas », le parcours des 7 frères CUPIDON.

 

Et c’est à Los Angeles qu’elle pose le décor de ce 1er tome qui nous fait rencontrer Eros ANGEL - de son vrai nom Eros CUPIDON -, ange déchu mais acteur principal dans une télénovellas, à succès, « à l’eau de rose », « Les brasiers de la passion ». Devant la caméra tout semble idéal ; dans les coulisses, c’est une autre histoire. Pour recentrer tout ce beau monde, la production fait appel à Daphné LAKE, coordinatrice en intimité – vous ne connaissiez pas ? Moi non plus -. On ne peut pas dire que son arrivée se fasse avec le meilleur accueil notamment venant d’Eros. Sauf que Daphné n’est pas une conquête éphémère qui se pâme devant lui dans un battement de cil ; loin de là. Et il pourrait bien être obligé de lâcher un peu de sa superbe.

 

Dans cette délicate mission, Daphné saura-t-elle se montrer à la hauteur et garder son sang-froid ?

Pour Eros, ne sera-t-elle qu’une énième conquête à épingler sur son tableau de chasse ?

 

Bien loin du style qui a lancé Estelle, dans le monde de l’écriture, « The Cupidon Brothers » se démarque par son originalité d’allier un peu de « fantastique » à cette romance. Ça n’est en rien une fantasy ou romance surnaturelle car le degré de surnaturel est vraiment très léger. Personnellement, ça m’a parfaitement convenu puisque je ne suis pas lectrice d’univers hors norme qui mettent mon attention et cerveau à rude épreuve.

 

Eros est un ange à l’apparence humaine angélique – attention, nous ne parlons pas des chérubins qui habituellement caractérisent les anges -, bel et bien composé de chair mais pas vraiment de sentiments humains (ou il les cache bien). Séducteur accompli, un poil prétentieux et imbu de sa personne, les femmes ne sont que des passades dans son lit et dans sa vie. S’attacher à l’une d’elle ne fait pas partie de ses plans de vie sur Terre. Côté relations, c’est compliqué : homme têtu, seul son avis et son point de vue comptent. Il dégage un petit quelque chose d’attirant ; et pourtant son comportement ne l’est pas du tout. Surtout lorsqu’une étrangère débarque et éveille en lui des sensations inconnues qu’il n’arrive pas à identifier, ça sème un peu la zizanie dans son esprit et dans son cœur. Et surtout, ça lui fait considérer sa vie sur Terre, d’une toute autre manière.

 

« Je ne suis pas du genre à douter et à me questionner. Je suis Eros, un ange, et je suis supérieur aux humains. Je n’ai donc rien à remettre en question »

 

Car Daphné n’a vraiment rien de commun avec les autres femmes : déjà de par son métier. Animée d’une belle empathie, elle a du caractère en n’ayant pas peur de dire les choses telles qu’elles sont – même à Eros -. Elle est là pour accomplir une mission professionnelle et elle compte bien la mener à bien sans se laisser déstabiliser. Même si Eros n’y met pas vraiment du sien, lui rendant la tâche plus délicate que prévue. Elle va devoir faire preuve de patience et de sang-froid pour prouver qu’elle a bien sa place dans cette équipe et pour dompter cet ange rebelle qui ne la laisse pas insensible.

 

« Mon corps m’envoie un message d’alerte qui me met sur le qui-vive. Il ne faut pas baisser ma garde, surtout quand il s’agit de lui. Jamais ! »

 

Estelle EVERY signe là un format original de lecture sur un thème que je n’avais jamais rencontré personnellement - attention, je ne dis pas que ça n'existe pas -. Elle met en scène des personnages qui sont aux antipodes l’un de l’autre et qui nous plongent donc dans une lecture très addictive. La seule chose qu’ils ont en commun c’est la famille mais avec une notion assez différente. Daphné a une sœur jumelle Penny, de laquelle elle est très proche ; Eros a 6 frères dont il n’est pas plus proche que ça. Et pourtant, Daphné et eux pourraient bien être la solution à ses « problèmes ».

 

Le format étant vraiment très court – 175 pages -, il est toujours délicat de se lancer sans avoir quelques appréhensions : la crainte première pouvant être la peur de la frustration. Et j’avoue que je suis agréablement surprise qu’en une histoire si condensée, Estelle soit arrivée à créer quelque chose de fluide et de cohérent. Elle ne s’est pas embarrassée de détails inutiles ; elle est allée droit au but.

 

Elle nous dévoile pas à pas, l’histoire d’Eros pour nous amener doucement vers le pourquoi de son comportement et de sa différence d’avec ses frères. Ce qui s’apparente fortement à de la souffrance émotionnelle soigneusement cachée pourrait bien se transformer en quelque chose de plus fort et de plus positif apportant la clé pour ouvrir ce cœur fermé à double tour.

 

« Il n’est pas humain. Ses ailes se déploient dans son dos et il flotte dans les airs. Je détourne les yeux de cette vision qui me fait mal »

 

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Elle ne nous met pas face à une romance qui démarre au quart de tour, comme par enchantement ; c’est bien plus subtil que ça et amené à un rythme parfaitement adapté. Avec des dialogues savoureux, des échanges piquants et provocateurs, nos deux protagonistes s’attirent et se repoussent en même temps ; l’un et l’autre n’arrivant pas à se cerner vraiment. On ne sait pas qui des deux sera le plus fort pour faire céder l’autre. On ajoute à cela la petite touche qu’apporte les nombreux personnages secondaires - notamment 4 des frères Cupidon que l’on découvre –, les rivalités attrayantes qui apportent le côté rebondissements et la qualité des répliques ou joutes verbales ; et l’histoire est parfaitement attractive.

 

« Mes pensées se tournent vers une petite brindille qui est entrée dans ma vie de manière plutôt abrupte. Daphné est différente des autres humaines parce qu’elle me résiste. Et ce n’est pas seulement le fait qu’elle refuse mes avances qui me perturbe »

 

Ce tome est une belle approche de ce qui nous attend par la suite avec les prochains frères ; un peu comme une délicieuse mise en bouche. La « fantasy touch » est parfaitement adaptée à un lectorat novice dans le genre car elle concerne seulement les frères Cupidon qui évolue dans notre monde bien réel. Et j’avoue que j’ai bien aimé tous les aspects de cette partie « fantasy » même s’il y en a un qui a un peu semé le doute dans mon esprit comme dans celui d’Eros. Et cette touche de poésie qui ressort de ce contexte si particulier, révélant comme une touchante douceur.

 

Avec ce nouvel écrit, Estelle EVERY prouve qu'elle est une auteure "multi-univers", qui sait brillamment mettre en scène et en mots, toutes les histoires qui fourmillent dans son esprit - sachant qu'un simple rouleau de papier toilette peut l'inspirer ! -.

 

Je me surprends à chaque lecture sortant de ma zone habituelle de confort et même si je regrette que ce 1er opus ne soit pas plus long – la fin m’ayant laissé sur ma faim -, Estelle est arrivée à m’emmener dans cet univers avec une facilité déconcertante pour moi. Elle ne m’a pas perdue en route et de la Terre au Paradis il n’a pas manqué grand-chose. J'atteindrais peut-être cette destination à la fin des 7 tomes

 

Maintenant, je n’ai qu’une hâte : découvrir la prochaine histoire, celle de Caleb dont on découvre quelques pages à la fin de ce 1er tome. Et je ne peux que vous conseiller de succomber, à votre tour, au charme déroutant d’Eros.

 

« J’ai compris que les hommes ne sont pas prêts à affronter certaines vérités. J’aimerai être celui qui ferait voler en éclats leurs certitudes mais j’ai conscience que je n’en ai pas le pouvoir »


19/07/2020
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C'est juste un collègue / Margherita GABBIANI

www.kizoa.plcollage_2020-06-06_14-44-57.jpgAlerte coup de coeur ! D'un simple clic sur une suggestion Instagram, j'ai découvert Margherita GABBIANI, auteure issue de Stories by Fyctia . En regardant son feed, je suis tombée amoureuse de la couverture canonissime de son premier roman "C'est juste un collègue". Le résumé a fini de me convaincre qu'il fallait que je découvre cette histoire. Et l'auteure me l'a gentiment envoyée.

 

Merci Margherita de m’avoir fait confiance pour tes débuts !


C'est dans la très belle ville de Lyon que Margaux, une jeune femme séduisante et brillante de 27 ans, a bien réussi sa vie. Des projets de mariage avec celui qui semble être une évidence, son fiancé Jean dévoué à son métier et bientôt un nouveau travail dans une start-up de webmarketing en pleine évolution, Kreatio, qui vient de la recruter. Seul bémol à ce tableau idyllique : son couple s'est installé dans une vie routinière qui n'est pas en adéquation avec l'idée que Margaux pourrait se faire de la vie d'une couple de trentenaire. Alors, lorsque la moyenne d'âge de Kreatio ne dépasse pas 30 ans et que l'ambiance est plus que détendue, la vie de la jeune femme esseulée, qui pourtant fait de gros efforts, pourrait bien prendre une toute autre direction. Mais attention à ne pas se brûler le cœur au jeu d'une passion fulgurante !

 

« Les couples qui existent avant Kreatio ne durent pas. Même si tu ne l’es pas en arrivant, tu finis inévitablement célibataire à un moment donné. C’est arrivé aux meilleurs d’entre nous »

 
Entre tentation et raison, qui emportera la bataille ?

Margaux sera-t-elle assez forte pour vendre son âme au diable sans risquer de tout perdre et de se perdre elle-même ?


Avec ce premier roman sur un thème osé et risqué, l'auteure fait une entrée détonante dans le monde de la romance sensuelle. Et quelle entrée ! Elle ne s'attaque pas à une douce romance à l'eau de rose, pleine de bons sentiments ; mais bien à un thème plus sombre d'où certains personnages pourraient ne pas ressortir indemnes : l'infidélité. Et lorsque l’infidélité revient au personnage féminin, c’est encore moins commun et peut-être moins pardonnable.


Infidélité et romance sont deux points totalement opposés de par tout ce que l'infidélité implique de sombre, de négatif. Et normalement, une romance doit faire rêver et non pas finir en dépression. Et malgré la connotation de triangle amoureux malsain qui se dégage de l'histoire, l'auteure est arrivée à me faire rêver avec le personnage masculin pour lequel je veux bien me mettre au café matin, midi et soir (et collation pourquoi pas !). Pour une fois, je ne vais pas révéler son identité ; ce serait gâcher l'histoire. Je vais juste l'appeler LUI Car il n'est pas celui auquel j'avais pensé au départ ; j'étais partie sur une méprise de taille mais ça, ça m’est vraiment propre.


Alors, petit détail qui a son importance : nous ne sommes pas là pour débattre de la légitimité ou non de ce thème. Je ne pense pas que ce soit le but de l'auteure. Ni de savoir pourquoi l’infidélité chez les hommes est moins décriée que lorsqu’il s’agit d’une femme. Et ce livre s'adresse à un lectorat qui a l'esprit assez ouvert. Pour les lectrices qui ont des idées bien arrêtées, ce livre les fera sûrement sortir, parfois, de leurs gonds. Comme ça a été le cas pour moi a plusieurs reprises. Mais pas avec le personnage de Margaux à qui il serait tentant de jeter la pierre car à l'origine de la situation.

 

« Ce que je fais, c’est mal ! Je joue avec le feu, je le sais. Alors pourquoi ai-je tellement envie de continuer et de voir où tout cela peut me mener ? »


Jeune femme réservée, elle va savoir s'intégrer rapidement dans son nouveau travail et se démarquer. Alors j'avoue que je ne me suis pas attachée plus que ça au côté "professionnel" de l'histoire. Il est important, certes, car c'est de là que tout part mais il est juste bien dosé pour ne pas prendre le pas sur le reste. Pas de passages soporifiques heureusement pour moi.

Sa rencontre avec LUI n'a pas été une évidence, dans le sens romance, puisque l'auteure a brouillé mes neurones avec certaines choses que j'avais tenues pour acquises. Et que je pensais être l'histoire en cours de construction. C'est un peu dommage car je pense que ça peut noircir le personnage de Margaux aux yeux de certaines lectrices.

 

« Mon regard bute contre un torse musclé, parfaitement moulé dans une chemise bleu marine. Ses yeux extraordinairement clairs me dévisagent sans pudeur. Je déglutis avec difficulté. J’aimerais bouger ou dire quelque chose mais je reste complètement figée »

 

Heureusement, Margherita a su se rattraper en donnant à LUI la place qu'il méritait. LUI il est la perfection au masculin. Je l'imagine beau, bien entendu, mais une chose est sûre il est craquant. Doux, attentionné, dès qu'il ouvre la bouche les anges passent et ses sentiments envers Margaux sont tellement beaux et sincères que n'importe quelle romantique aimerait entrer dans l'histoire.

 

« En dehors de son sourire taquin, la première chose que je remarque c’est ses grands yeux verts. Mais aussi sa barbe de trois jours et ses cheveux en bataille, qui lui confèrent un air négligé du style « Je sors juste du lit ». Pourtant sur lui, ça a un certain charme »

 
Ce personnage aux traits s'approchant de ceux d'un ange n'a aucun mal à faire fondre tant la description de Jean, le fiancé ou celle d'un autre protagoniste masculin, se rapproche plus d'un démon voire du diable. Dès le début, j'ai eu un gros doute sur Jean, modèle, à mes yeux, de machisme, d'égocentrisme et d'égoïsme. On peut dire que l'auteure l'a parfaitement soigné mais pas dans le bon sens. Et je n'ai pas su lui trouver une quelconque qualité ou un quelconque charme. Désolée Jean, je n'ai pas adhéré à ce que tu représentes à mes yeux. Il en faut toujours un, tu as été celui-là. Et pourtant ton histoire avec Margaux semblait tellement solide et romantique !

 

« Excuse-moi d’avoir besoin de souffler un peu et de ne pas être empressé de te sauter dessus comme un animal dès que je te vois ! En parlant d’animaux, c’est une vraie porcherie ici. T’aurais pas pu passer l’aspirateur ?  »


Margherita aurait pu se contenter d'écrire son histoire sur un modèle de huis-clos sentimental, ce qui aurait certainement rendu un climat pesant et aurait changé la donne pour le ressenti. Elle n'en a rien fait heureusement. Et même si la facette psychologique est bien présente, elle n'en est pas dérangeante car elle est parfaitement travaillée.


Margaux ne veut blesser personne dans l'histoire ; ses sentiments sont sincères surtout envers Jean pour lequel on comprend assez tôt qu'un fossé les sépare quant à la suite de leur relation. Là où les torts sont partagés, il est impossible de blâmer l'un plus que l'autre. Même pas trentenaires, leur histoire a comme un goût amer de manque de passion et de pep's. Et à trop vouloir un bonheur qui se présente à portée de cœur, les prises de décisions seront parfois à double tranchant entrainant manque de discernement, doutes, culpabilité et dommages collatéraux. Ajoutés à cela des situations délicates, des animosités légitimes et une belle sensualité dans les règles de l’art, il m’a été impossible de ne pas comprendre Margaux dans ses peurs et ses espoirs, ses décisions impulsives et ses moments d’hésitation.

 

« Il faut que j’assume mes sentiments et que je finisse par être de nouveau en paix avec moi-même. Je ne peux plus vivre comme ça. Et advienne que pourra »


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Dans ce roman, l'auteure a su montrer que la passion et la raison ne peuvent pas faire bon ménage. La première volant la vedette à la seconde. Elle soulève le questionnement "Quelle est la meilleure façon d'agir lorsqu'une passion dévorante chasse une passion éteinte ?" Et est-ce que fidélité rime vraiment avec exclusivité quel qu'en soit le prix à payer ?

 

« Les rumeurs ça se répand vite, et ton petit monde parfait pourrait rapidement voler en éclats »


Sur ce vaste thème de "l'amour et la fidélité" qui traverse les temps sans prendre une ride, il ne faut jamais dire jamais. Bien sûr, je ne suis pas concernée puisque j’ai eu le grand bonheur que l’amour ait été présent jusqu’aux tout dernier instant de notre histoire. Et surtout ne pas rester sur des acquis confortables et sécurisants. On se promet fidélité au début des sentiments amoureux. Tant que la passion consolide une relation, il n'y a pas grand risque effectivement. Mais lorsque la passion meurt pour renaître sous d'autres traits, nul ne peut assurer rester de marbre et résister. Homme ou femme, nous restons des humains faits de sentiments avant tout. Nul n’est à l’abri de franchir la ligne rouge. Et nul n’a le droit de juger qui a fauté.

 

« Le corps et l’esprit sont deux choses qui peuvent être totalement déconnectées »

 

J’ai adoré cette lecture qui bouscule certains codes et certaines certitudes en posant des mots justes sur des vérités dérangeantes et pour laquelle les ressentis ne pourront qu’être divers et variés ; tant en positif qu’en négatif. C’est le prix à payer pour un thème qui existe depuis au moins Marivaux – si ce n’est bien avant, depuis que l’amour existe - et qui évolue en même temps que nous, nous évoluons. J’ai adoré la belle et douce sensualité qui se dégage de scènes très bien écrites, j’ai adoré l’écriture simple et directe de l’auteure que j’espère pouvoir découvrir à nouveau très vite et cette fin qui sonne comme un renouveau, aux parfums de seconde chance sur des bases neutres.

 

« Je reconnais dans ses iris embrasés la même folie qui nous anime, et nous y succombons ensemble dans un dernier assaut qui me fait chavirer »

 

Même si certaines choses m’ont choqué à un point inimaginable, ça fait partie du deal dans ce genre d’histoire. Et c’est bien pour ça que j’ai tout aimé ; certaines imperfections pouvant être un atout. Et j’attends, avec une certaine impatience, mon exemplaire broché dédicacé qui aura toute sa place dans ma bibliothèque. Et pour lequel je ne saurais que trop vous conseiller de lui en trouver une dans la vôtre.


06/06/2020
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Cooper Training - T.3 : Harry / Maloria CASSIS

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C'est à l'occasion du 1er tome de la série COOPER TRAINING, sous partenariat Fyctia/Hugo Poche que j'avais découvert Maloria CASSIS. S'en était, logiquement, suivi le 2nd  Et les 2 tomes avaient été des mégas coups de . Et avec le 3ème et dernier tome, c'est un tiercé gagnant !


2013 : le temps d'un été sous le soleil californien de San Diego, une jeune française de 16 ans, Madelyn vient passer ses vacances chez son père,  un homme d'affaires très occupé. Trop occupé, ce qui lui a valu le départ de sa femme et de sa fille, il y a quelques années, pour la France. Ces vacances, qu'elle vient passer, à contrecœur, vont être le décor d'un amour qui ne va pas rimer avec toujours. Sa rencontre avec Harry Cooper sonne pourtant comme une évidence mais il se pourrait que ce ne soit finalement qu'une amourette de vacances. Il suffira d’une nuit pour que l’histoire se termine en amour déçu, avec un mauvais choix précipité et un retour prématuré en France à la clé. Pour ne probablement plus jamais revenir. Et pour rester marquée à jamais. 

 

2019 : C'est pourtant à nouveau aux Etats-Unis,  à San Diego, que je retrouve Madelyn, installée définitivement, depuis un an, notamment pour son activité professionnelle de tatoueuse pour femmes. Jeune femme épanouie, entourée de ses nouvelles amies Erin, Amy, Thelma et bien d’autres que la vie a mis, de manière un peu particulière, sur son chemin. Seule ombre à son équilibre : trouver l’amour et celui qui dure pour que le chaos de sa vie sentimentale disparaisse enfin. C’est lors d’une soirée chez Erin et Calvin (le 2ème des frères Cooper) que son regard va à nouveau croiser celui de Harry. Et ce qu’elle croyait bien enfoui dans le passé, pourrait faire ressurgir les émotions et douleurs du passé.

 

"Je voulais que tu marques ma vie à jamais. Mais tu as refusé. Tu as sali notre histoire. Et ça m'a vraiment détruite"

 

A noter que Maddie est un personnage qu’Erin rencontre dans le T2/Calvin.

 

Pour le cadet des frères COOPER, qui malgré ses 24 ans, gère, au côté de ses frères, l'affaire familiale de COOPER TRAINING comme un vrai chef d'entreprise, ce sont les affaires avant tout. La fratrie voit son activité, de salles de sport, très prospère et en voie d'extension. Ils en veulent toujours plus.

 

Le souvenir que j'avais de lui c'était l'image d'un coureur de jupons. Ses deux aînés étant beaux comme des dieux, il y avait de grandes chances qu'il vienne compléter ce trio de séduisants mâles tout en muscles. Julian et Calvin ayant trouvé baskets à leurs pieds, il n'y a plus que lui dont le cœur est à prendre. A moins que ce ne soit déjà fait et depuis longtemps ; depuis au moins 6 ans.

 

Mais que s’est-il passé il y a 6 ans ?

Est-ce que les regrets sauront s’effacer pour laisser la place à une nouvelle histoire ?

 

C’est une belle surprise que ce 3ème et dernier tome qui finit cette saga en beauté. Une voie différente dans la construction de l’histoire pour des émotions encore plus intenses. Mais une finalité commune aux autres tomes : des sujets percutants que Maloria traite, encore une fois, avec beaucoup de finesse et de justesse. Elle met en lumière des thèmes poignants qui peuvent interpeller n’importe quelle femme (pourquoi pas les hommes aussi !).

 

Dans la 1ère moitié de l’histoire, l’auteure met en parallèle deux époques avec les mêmes protagonistes : Madelyn & Harry. Même si la narration reste à une voix – celle de Maddie -, elle a choisi l’alternance de deux chapitres de leurs vies, pour que l’on puisse bien cerner les tenants et les aboutissants de ce qui fut et de ce qui pourrait être.

 

2013 : on assiste à la construction d’une belle histoire d’amour d’été, entre deux jeunes – pas tout à fait adultes mais néanmoins plus tout à fait adolescents - avec son lot de tendresse, d’espoirs, d’appréhensions et de déceptions. 2019 : l’heure des retrouvailles a sonné et aucun des deux ne peut nier qu’il est insensible même après autant de temps. Mais,  peut-être bien, est arrivé le moment de mettre à jour certaines vérités.

 

C’est sous une plume toujours belle de simplicité que l’auteure nous révèle cette histoire d’échec passé où la possibilité d’une 2ème chance n’est pas à exclure. Faut-il, bien sûr, que les protagonistes acceptent de jouer carte sur table.

 

Le personnage de Madelyn est vraiment touchant car si jeune, elle a déjà vécu tant de souffrances qui ont certainement forgé son caractère et ce qu’elle est. De son passé, il ne reste que des regrets ; en son futur, elle met tous ses espoirs malgré un secret qu’elle porte seule ; et qui est lourd à porter. J’avoue que le thème de ce « secret » m’était totalement inconnu jusque-là. Encore un bel hommage aux mystères de la féminité, que l’auteure a choisi d’aborder tout en gardant une certaine pudeur d’écriture.

 

La vie passée ne lui a rien épargné et pourtant, dans son présent, Maddie met tout l’amour et l’énergie qu’elle a dans l’aide à autrui. Elle a de belles valeurs et d’incroyables ambitions altruistes et bienveillantes. Et au travers de la cause de la lutte contre le cancer du sein, l’auteure fait passer de très beaux messages grâce à ce personnage de grande qualité humaine. Tout ce qui tourne autour de Maddie, est tellement bien pensé et écrit ; c’est plus qu’agréable à lire et ça touche forcément.

 

Malheureusement, face à elle, il y a Harry, son ancien amour d’été devenu chef d’entreprise qui ne semble vivre que pour faire grandir l’affaire COOPER. Il vit H24 pour le business, son portable greffé ; ce qui n’est pas sans rappeler un autre personnage de cette histoire. Les similitudes entre les deux sont vraiment bien travaillées pour ne pas faire autrement que de comprendre les sentiments de Maddie face à un tel comportement.

 

« Il me laisse seule, avec mon désir comme unique compagnon. Pendant deux secondes, je me dis que c’est une blague de mauvais goût. Mais une blague tout de même. Ce n’est pas possible qu’il me plante comme ça ? A priori, si…. »

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Cet aspect « négatif » d’Harry pourrait jouer en sa défaveur quant à ce qu’on peut ressentir pour lui. Eh bien, dans mon cas, même pas. Alors bien sûr, je ne cautionne pas certains de ses agissements mais tout au long de cette lecture, lentement mais sûrement, il évolue. Et il saura montrer une facette de lui qui n’est pas évidente de premier abord. J’ai aimé sa sincérité qui est indéniable et qui fait fondre, soyons honnêtes. Sous ses airs d’homme sûr de lui, pourrait bien se cacher une certaine sensibilité.

 

« Chaque petite chose, aussi infime soit-elle, est démultipliée en ta présence. Et ça, je ne l’ai vécu avec personne avant. Tu es la seule à me faire cet effet »

 

Aux côtés de personnages déjà rencontrés précédemment, tels que Julian, Amy, Calvin et Erin, que j’ai retrouvé avec beaucoup de bonheur, l’auteure sait faire évoluer Harry et Maddie vers une belle maturité même si ça ne sera pas sans doutes et sans peur du côté de cette dernière. Car il est quand même important de souligner que c’est bien le personnage de Maddie qui est étudié en profondeur, dans le passé comme le présent. Sacré chemin de vie que le sien ! Une belle place à l’amitié est réservée dans cette histoire avec Erin et Amy, les entremetteuses à l’imagination débordante parfois mais aussi avec Thelma, dont l’histoire et le parcours au fil du livre font monter des émotions marquantes.

 

Une petite chose m’a toutefois manqué, dans ce tome-là : l’avis d’Harry qui aurait pu apporter un petit plus, par moment. Deux époques, deux personnages qui ont un avant/après commun ; j’aurais bien aimé être parfois dans l’esprit d’Harry. Simple petite parenthèse, bien sûr car je conçois que l’exercice d’écriture serait certainement délicat.

 

C’est sur une note d’émotion encore plus forte que s’achève cette saga COOPER TRAINING qui montre bien l’évolution de la plume de l’auteure qui gagne en finesse et qui s’affirme encore plus. Ce que j’aime chez Maloria, ce sont tous les messages qu’elle arrive à faire passer en associant, avec brio, faits d’actualités et romance et l’authenticité qu’elle sait donner à ses personnages. Même dans les moments les plus poignants, elle sait apporter cette douceur qui est nécessaire. Cette saga est un méga coup de cœur pour moi, dans son ensemble ; mais si on me demandait de choisir un seul tome, ce serait bien HARRY ! Petite auteure débutant sur Fyctia est devenue grande Rigolant Merci Maloria !


27/04/2020
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Calder & Eden - T.1 / Mia SHERIDAN

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D'un simple résumé naquit un coup de foudre ! Des coups de cœur, il y en a eu quelques-uns mais là j'avoue que l'histoire de Calder et Eden dépasse ce niveau.

 

Mia Sheridan est une auteure qui n'a rien à prouver en terme d'écriture. Je l'ai aimé dans toutes mes lectures signées de sa plume mais là, elle est vraiment sortie des sentiers battus en posant le décor de cette duologie dans un univers qui n'a rien de romantique, ni de commun en matière de romance. C’est donc tout naturellement, que je me suis lancée dans ce roman qui m’a happé dès les premières lignes.

 

Il y a des rencontres qui bouleversent une vie. Autant dans le bon sens que dans le mauvais. Ce n'est pas la jeune Eden, que l'on rencontre à 18 ans, qui dira le contraire. Le début de ce 1er tome nous plonge directement dans une histoire qui ne s’annonce pas forcément rose. A se demander si on va réellement pouvoir la classer dans une catégorie « Romance ».

 

Passé le prologue, la véritable histoire commence quelques années plus tôt, alors qu’Eden n’est encore qu’une fillette  de 7 ou 8 ans. Et le contexte dans lequel va se dérouler l’histoire m’a un peu surprise car peu commun : une communauté, Acadie,  – qui relève plus d’une secte - dirigée de main de fer par Hector BIAS, véritable gourou qui maintient ses 120 membres, en son sein, à coup de promesses hallucinantes tout en faisant régner une certaine terreur pour quiconque oserait lui tenir tête.

 

« Il y avait quelque chose dans son regard qui vous dévalorisait ; comme si vous ne méritiez pas de contempler trop longuement quelqu’un de si beau »

 

Et justement, parmi tous ses « fidèles », il y a Calder, jeune garçon de 10 ans, simple travailleur agricole « porteur d’eau » pris sous la coupe d’Hector, il y a quelques années. Son histoire est assez complexe et elle se dévoile au fil des pages et des chapitres ; au fil des années qui passent et qui vont transformer ce jeune garçon en un magnifique et déterminé jeune homme.

 

Déterminé, il l’est sans aucun doute. De sa rencontre et de ses relations grandissantes avec Eden, va naître une certitude : elle est l’élue de son cœur. Et la réciprocité s’applique pour Eden : ils sont faits pour vieillir ensemble. Sauf qu’il y a un mais….. : Eden est promise à Hector pour devenir sa femme à sa majorité et avant qu’une terrible prophétie, soi-disant décrétée par les dieux, s’abatte sur Acadie.

 

« Eden siègera à la place d’honneur durant toutes les assemblées du Temple et elle sera traitée avec respect et amour. Merci de l’accueillir avec l’adoration qu’elle mérite »

 

Pour pouvoir vivre cet amour interdit, une course contre le temps commence pour Eden et Calder qui vont braver, à leurs risques et périls, les interdits et les tout-puissants de la communauté.

 

Ils vont devoir affronter des moments durs  - d’une cruauté sans limite parfois - tout en vivant un amour pur à l’abri des regards. Ils n’auront plus qu’un seul but : œuvrer ensemble pour un avenir meilleur.

 

L’amour et le bien seront-ils plus forts que le mal ?

L’intensité de cet amour saura-t-il survivre à une fin qui s’annonce comme inéluctable ?

 

Dans ce premier tome, où l’alternance des interventions est primordiale, l’auteure nous offre une histoire avec des personnages d’une belle simplicité et pleins d’une touchante émotion. Mais comment des âmes aussi pures peuvent vivre dans un tel monde ? D’un côté, il y a la noirceur de ce monde que l’on croit voué à une fin apocalyptique. Et en parallèle, il y a cette bulle de douceur, une magnifique source d’eau, témoin de doux et tendres moments. C’est une belle opposition de deux mondes, pourtant si rapprochés, que l’auteure a su parfaitement mettre en avant pour alléger le climat oppressant qui règne au sein de la communauté. Comme des petits moments pour que les lectrices reprennent leur souffle et se remettent de leurs émotions.

 

Eden peut apparaître comme une petite chose fragile ; elle qui va porter un certain poids sur ses épaules d’enfant. Mais elle est intelligente, observatrice et déterminée. Elle va porter, à bout de cœur et conjointement avec Calder, son histoire comme pour mettre à mal la résignation qu’elle refuse. Calder partage les mêmes qualités qu’elle, prêt à supporter les pires souffrances ; ils étaient donc faits pour se rencontrer.

 

« Pourquoi ? Pourquoi l’avoir rendu si beau à mes yeux si je ne peux jamais l’avoir ? Pourquoi ? Pourquoi ? »

 

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L’auteur a subtilement travaillé tous ses personnages pour que la réalité de ce monde soit parfaitement en adéquation avec ce qu’on peut savoir sur le sujet délicat des sectes ; des adeptes qui vouent une reconnaissance sans faille à leur gourou en qui ils voient leur sauveur et qui croient, dur comme fer, à une fin qui ne peut que les emmener vers un au-delà de paix et d’amour. Plus d’une fois j’ai halluciné en lisant des passages qui, sans nul doute, se révèlent pouvant exister quelque part.  

 

Elle les fait évoluer dans un lieu clos, vivant en totale autarcie où le silence est d’or et où le hasard n’a pas sa place. Tout est planifié ; aucun grain de sable ne doit venir enrailler la machine parfaitement huilée.

 

Mia SHERIDAN aborde des thèmes forts comme la différence en donnant vie au très beau personnage de Maya, débordante d’amour pour son frère. Sa différence est sa force et comment ne pas ressentir la puissance de l’amour qui l’unit à Calder. Mais aussi l’amitié sans faille et sans limite avec le fidèle et sincère ami Xander.

 

« Quand on aime quelqu’un, on supporte tous ses défauts, même les plus bruyants »

 

Et elle traite de manière parfaite le thème de la folie, car oui il est bien question de folie dans ce livre. Je dirais même une folie complètement dingue et surréaliste. Le personnage d’Hector en est l’image même : il est abjecte, dur et comme synonyme de l’ignominie on pourrait citer son nom. Malgré tout, force est de constater que son personnage est un des piliers de l’histoire sans qui toute la trame ne pourrait être solide.

 

Ce roman est un condensé de souffrance, d’espoirs et de désillusions dans une quête de vérité. On peut y découvrir des choses aussi dures que d’autres seront magnifiques ; un contrebalancement parfaitement maîtrisé. Entre bonheur et tristesse, il n’y a qu’un pas. Au fil des pages et des chapitres, les années passent, les personnages grandissent, gagnent en maturité et leurs mentalités évoluent. Des prises de conscience s’installent et l’amitié fait place à un amour aussi pur que ses acteurs.  

 

Mais qui dit duologie, dit une fin de premier tome à rendre dingue la lectrice qui n’aura pas prévu la suite. Et quelle fin !


18/03/2020
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Calder & Eden - T.2 / Mia SHERIDAN

  Attention ! Risque de spoiler si vous n’avez pas lu le 1er tome   

 
www.kizoa.plcollage_2020-03-18_11-55-38.jpgHeureusement, j’avais tout prévu pour me plonger sans attendre dans cette suite oh combien surprenante mais tout aussi addictive que la première partie. Une suite logique subtilement menée dans une digne continuité pleine de surprises. Ici, on évolue dans un tout autre univers avec une plongée dans l’inconnu. Et c’est bien le cas de le dire.

 

Le prologue de ce second tome, commence là où se terminait le prologue du premier tome. Sortie de l’enfer d’Arcadie, Eden a été recueillie par celui qui sera son vrai sauveur, Félix. Celui qui va la ramener à une vie normale. Mais au bout de 3 ans, sans réponse à certaines de ses questions sur le passé, elle vit du mieux possible avec ce poids à la place du cœur et doit affronter une nouvelle épreuve : le décès de Félix. Jusqu’au jour où ….. !

 

La passion d’un amour d’enfance aura-t-elle toujours la même intensité et la même saveur ?

Un amour né à huit-clos peut-il survivre dans notre monde moderne avec ses tentations ?

 

Eden est devenue une jeune forte mais terriblement seule. A son décès, Félix lui fait le plus beau des cadeaux : la possibilité de partir sur les traces d’un passé qui lui est totalement étranger. Comme une lueur d’espoir dans sa quête de vérité et d’identité.

 

Et ce n’est que le début de la suite de l’histoire ! Lorsque l’inattendu survient, on se dit que c’est « La cerise sur le gâteau » !  Mais dans un monde bien ancré dans la réalité, les choses ne s’avèreront peut-être pas aussi faciles qu’on le souhaiterait.

 

« Ce n’est pas comme ça qu’on aurait aimé que les choses se passent mais on est là et ensemble »

 

Des révélations vont  pimenter cette histoire qui n’a peut-être pas le même « charme » que le 1er tome car il y a vraiment un sacré écart entre les deux mondes. C’est légèrement moins poétique dans un monde brut où de l’insouciance  et l’innocence de l’enfance, il ne reste plus grand-chose. Des personnages vont faire leur apparition alors qu’on aurait qu’une envie c’est qu’ils retournent d’où ils viennent et ceux qu’on aurait pu imaginer sous des traits idylliques alors qu’au final le ressenti n’est pas en adéquation avec l’imagination. A moins que ….. Et puis il y a ceux que l’on retrouve pour des retrouvailles de trop courte durée comme Xander qui à mon goût, n’a pas eu la place qu’il méritait ; pourtant c’était un personnage clé dans le 1er tome.   

 

Quand le hasard fait trop bien les choses et joue avec le destin d’Eden, on passe, en même temps que les personnages, par toute une palette d’émotions fortes : colère, peur, doute, incompréhension, appréhension et espoir. Le rythme soutenu de l’histoire nous porte de la première à la dernière page sur fond de bonheur retrouvé qui sonne comme une deuxième chance possible.

 

« Tu es mon supplice et je suis pourtant l’homme le plus chanceux du monde »

 

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Cette suite complète parfaitement le premier tome dont la fin laisse beaucoup de questions en suspens. Elle comble pas mal de vides mais j’ai trouvé que certaines choses sont allées un peu trop vite à mon goût. Les évènements se succèdent avec trop de facilité, comme par enchantement. C’est dommage car ça enlève un peu de magie à une histoire que j’imaginais avec toujours la même pureté et la même beauté. Les enfants ont laissé place à des adultes dans l’urgence. Et au fil des pages, je n’espère qu’une chose : retrouver ce romantisme qui m’avait fait fondre précédemment. Et que le temps suffisant soit pris pour que les choses se déroulent telles qu’elles le devraient.

 

Des révélations terribles et poignantes vont être mises à jour, certains secrets du passé comme certaines douleurs vont ressurgir et ce personnage prisonnier d’une identité qui n’est peut-être pas la sienne a su me toucher une fois encore. Un sordide puzzle se met doucement en place, pièce par pièce comme un mal nécessaire pour espérer que la sérénité soit enfin au bout de cette route semée d’embûches.

 

« La moitié du temps, je ne sais pas quoi penser »

 

Ce second tome de l’histoire de Calder & Eden réserve son lot de plein de belles choses – comme de moins belles forcément - notamment un bel épilogue comme il se doit. Même si quelques petites choses m’ont manqué et que j’aurais aimé que l’auteure s’attarde un peu plus sur certains points, le coup de cœur aura été au rendez-vous jusqu’au bout.


18/03/2020
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Cooper Training - T.2 : CALVIN / Maloria CASSIS

Une tuerie ! Un nouveau méga coup de cœur (si ce n’est plus) pour ce second roman de Maloria CASSIS ; tant j’ai adoré cette lecture.

 

Merci à Hugo Roman Poche et Fyctia pour ce Service Presse qui m’a littéralement transportée, du début à la fin, dans un sentiment de total bien-être.

 

Il faut dire que je l’attendais avec impatience ! Souvenez-vous ! J’avais eu un méga coup de cœur - eh oui, que de mega - pour l’histoire de Julian. Et c’est en toute logique qu’il ne m’a fallu que quelques heures d’une immersion intense dans l’univers de Calvin COOPER qui, comme son  jeune frère Julian – héro du premier tome de cette série – dirige une salle de sport. Mais ce n’est pas lui que j’ai rencontré en premier.

 

Mais Erin WILKINSON, une jeune femme de 20 ans, enceinte et éplorée après s’être fait mettre à la porte de chez son petit ami, mi-geek, mi-surfeur qui n’assume pas cette future paternité. Elle trouve refuge chez sa sœur Amy, précédemment rencontrée dans le tome 1, puisqu’elle partageait l’histoire de Julian.

 

Et c’est deux ans plus tard, à présent maman d’un adorable Léon, 18 mois, qu’elle m’a fait entrer dans sa nouvelle vie de femme indépendante, avec un nouvel appartement et un travail de vendeuse dans une boutique de vêtements luxueux. Je me suis vite rendue compte qu’Erin, malgré son jeune âge, est une jeune femme responsable et qu’elle a du caractère. Je serais même tentée de dire que la maternité lui a fait du bien, l’a fait grandir et surtout qu’elle lui va bien.

 

Pour subvenir, en toute indépendance, à ses besoins et à ceux de son fils, elle persiste dans un boulot où le moins que je puisse dire, c’est que rien ne lui est épargné. Et dans sa vie personnelle, elle est très patiente lorsqu’elle encaisse remarques et reproches de sa mère. Son seul vrai soutien, à ce stade, est sa sœur Amy.

 

« Elle trouve toujours le moyen de me rabrouer. Ma mère revient régulièrement à la charge pour me rappeler que je fais tout de travers »

 

C’est à l’occasion de son emménagement qu’elle rencontre les deux frères de Julian : CALVIN, le frère aîné et HARRY, le cadet « coureur de jupons » de la fratrie. Et autant dire que tous ses sens vont être en éveil, pour ne pas dire émoustillés, par Calvin, le Mr Muscles de la bande. Et autant dire que ça va démarrer très fort et très rapidement entre eux.

 

« S’il avait pu, il serait allé jusqu’à porter la camionnette de déménagement, j’en suis sûre ! Et moi, comme une gourde, j’ai laissé mon corps réagir à la moindre tension de ses biceps et au merveilleux rebondi de ses fesses moulées dans un petit short en jean »

 

Calvin, lui aussi papa d’une fillette de 5 ans, véritable dieu du sexe, ne cherche pas d’attache sentimentale, juste une sexfriend pour gagner du temps et aller droit à l’essentiel. Arrangement qui va convenir à Erin qui ne semble pas prête à prendre le risque de s’investir dans une relation qui pourrait faire ressurgir les rancœurs et les douleurs du passé. Etant bien entendu qu’il ne faudrait pas que le côté sexfriend se transforme en « plus, si affinités ».

 

« J’ai un agenda serré, alors si tu pouvais arrêter de parler et agir, ça m’arrangerait ! »

 

Ce qui s’annonce comme de simples parenthèses dans un quotidien surchargé, va donner lieu à une suite addictive de situations cocasses, sexy et torrides mais aussi poignantes et rageantes. Je suis allée de bonnes en mauvaises surprises ; certains secrets soigneusement cachés ayant décidé de jouer les entremetteurs pour faire ressurgir des fêlures. Je me suis retrouvée prise dans un ascenseur émotionnel avec l’impression qu’aucun arrêt n’était possible. Et lorsqu’un personnage du passé resurgit, en l’occurrence Nick, le papa de Léon, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Sincèrement, je ne pensais pas du tout à ce qui allait suivre. Autant dire, que j’ai été surprise par le choix de l'auteure.

 

« La peur de perdre l’homme qui me sert de modèle m’a rappelé que j’avais laissé tomber l’enfant pour qui je devais en incarner un »

 

Calvin, insupportablement sexy et drôle, brut de décoffrage dans ses comportements et paroles et très sûr de lui, m’a fait oscillé entre agacement et attendrissement. Mais aussi entre envie de lui mettre quelques claques. A bien y réfléchir, je ne me frotterais pas à lui, ancien boxeur :-D Par contre lorsque c’est le Calvin Papa qui est mis en avant, c’est craquage assuré. C’est connu : un homme seul avec un enfant ça attendrit et fait fondre la gente féminine.

 

« Putain, si, y’en a un, de souci ! J’ai une trique de malade à chaque fois que je pense à toi, et le destin s’acharne à me priver de ton corps »

Face à lui, les barrières d’Erin, nature et sans artifices, pourraient bien s’effondrer. Elle se montre tour à tour, pleine d’espoir ou de confusion, quant à la nature de cette relation et de son évolution. En proie à certains doutes face à certains comportements inattendus et incompréhensibles, elle sait compter sur le soutien d’Amy, sa sœur et de Maddie, une adorable tatoueuse qui va se révéler être la rencontre qu’il aurait été dommage, pour Erin, de passer à côté. J’ai adoré ce personnage qui sort un peu du lot des personnages secondaires classiques.

 

« Pourrait-il y avoir quelque chose de plus entre nous ? Suis-je prête à me remettre en couple et à prendre le risque de tout perdre à nouveau ? »

 

Erin, tout au long de l’histoire, sous des airs de femme fragile, va se révéler être un personnage attachant de par les sentiments qui l’animent et par cette force qui est la sienne malgré son jeune âge. Envers celle qui a mis sa vie entre parenthèse, au point d’oublier d’exister pour elle, je n’ai pu qu’avoir énormément d’empathie et de tendresse.  Au vu de son passé qui est dévoilé par touches ponctuelles et qui la poursuit dans son présent, dans la relation délicate qu’elle entretient avec sa mère. Et lorsque sur le chemin de sa vie, elle pourrait chuter, elle va faire face comme une battante. Touchante dans la relation fusionnelle qui l’unit à son fils, au travers d’adorables scènes, l’auteure lui a réservé une belle maturité en matière d’amour et de protection maternels en y ajoutant un petit grain de folie sympathique.

 

« L’amour que je porte à Léon est encore plus fort que mon envie de me venger »

 

Dans cette histoire à une voix, parfaitement cohérente, semée d’embûches, d’affrontements oraux ou charnels ou de ce qui peut s’apparenter à des sextos, comme je les aime, le rythme est soutenu et ne laisse place à aucune monotonie, ni temps mort.

 

Comme une belle leçon de vie et d'espoir, des thèmes forts comme le dépassement de soi, l’estime de soi, la monoparentalité, la famille, la peur de l’abandon ou de la déception y sont abordés et très bien traités. L’écriture légère et sans fioriture, que j’ai aimé retrouver, est un vrai régal pour les yeux et l’esprit. Des dialogues parfois incisifs mais tellement attrayants m’ont amenés à la dernière page sans que je m’en aperçoive.

 

Et là, je me suis rendue compte que j’avais perdu le match par K.O ; mais quelle belle défaite que j’accepte volontiers. Et je suis d’ores et déjà prête à affronter le 3ème et dernier frère, Harry, mais pour cela il faudra m’armer de patience.

 


20/05/2019
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