Mille livres en tête

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Promesse tenue - T.2 / Sur la route - Erika BOYER

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Pour Danny, le bilan est un peu amer et sans appel : un an après le départ de Sandy et malgré une promesse de retour, il n'est pas revenu et elle n'a plus de nouvelles de lui hormis celles que Clément lui donne parfois. Mais les sentiments de la jeune femme sont intacts malgré les embûches dont a été semé le chemin de leur histoire passée et la séparation dont elle est responsable. Les trahissons subies sont toujours bien présentes, la rancœur commence à s'installer et l'espoir semble s'amenuiser.


"Je suis une femme qui se respecte, je considère que je n'ai pas à lui courir après alors qu'il a promis de revenir. Pour une fois dans sa vie, il doit tenir ses foutues promesses"


A 3 jours de la date anniversaire, il se pourrait donc qu'il soit temps de prendre, elle aussi, la route pour retrouver ce que la vie voudra bien lui donner : une réponse sur son passé et sa famille et/ou pourquoi pas, Sandy. Et surtout pour couper ces liens qui, tels des chaînes, la retiennent prisonnière. Peu importe ce qui l'attend : elle doit s'éloigner de Lège-Cap-Ferret. Sa vie doit continuer mais sur les routes de France. Avec ou sans Sandy, elle accomplira cette quête.


"Je suis en train de mourir ici, et moi,je ne veux pas crever. J'ai bien trop de choses à voir, bien trop de choses à vivre"

 

Danny aura-t-elle la force d’aller au bout de cette quête de ses origines ?

Est-ce qu’une année de séparation aura mis un terme à son histoire en pause ou consolidera-t-elle ce qui pourrait être tout simplement une évidence ?  


Dans ce second tome de "Promesse tenue", c'est l'histoire de Danny qui s'ouvre à nous. Son passé proche, il y a à peine un peu plus d'un an, c'est dans l'histoire de Sandy que nous l'avons découvert. Mais de son passé plus lointain, celui qui a laissé la place à de douloureuses plaies émotionnelles, on ne sait rien ; et elle non plus. On connaît ses peurs, ses doutes,  ses espoirs déçus, sa crainte d'être rejetée à nouveau et ce besoin de vérité qui l'anime. Rien de plus.


Elle se dévoile en toute simplicité et en toute sincérité ; sans faux-semblants qui pourraient entacher cette histoire qui s'annonce d'intensité égale à celle de Sandy, si ce n’est plus. Alors Erika a vraiment mis l'accent sur une description plus soutenue du pré-roadtrip. Ça peut apporter une certaine lenteur, au début, qui, je n'ai pas peur de le dire, m'a un peu effrayée. Comme l'impression de ne pas retrouver la même dynamique que le tome précédent. Mais c'est une histoire plus complexe sur laquelle le voile doit être levé et, au final  certaines étapes ne peuvent être survolées donc je pense qu'il ne peut en être autrement.

 

« Je préfère me dire que je pars en vacances plutôt qu’en quête de mes origines. Mieux vaut éviter la déception »


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Alors l'auteure ne nous malmène pas en faisant durer un suspens insoutenable sur la réapparition de Sandy ou non. Elle a apporté une continuité au premier tome, telle que je l'espérais. Une suite logique qui permet, d'une manière ou une autre, de les retrouver ensemble avec bonheur. Du temps a passé mais le temps a fait son oeuvre. Et on se rend compte que ce choix de l'auteure est bénéfique à ce tome. La maturité des personnages en sort renforcée malgré quelques contradictions qui persistent dans l'esprit de Danny. Elle qui a souffert, ça c'est clair en retombant, pendant un temps, dans ses travers mais qui a choisi de se relever et d'avancer. Elle boit et fume toujours mais à côté de ça, elle est plus en adéquation avec ses 27 ans. Malgré un passé, sans cesse ressassé, elle semble, tout simplement,  prête à accepter son histoire ; quelle qu'en soit l'issue.

 

« Il faut au moins deux verres pour oublier ma tristesse, un de plus pour le manque que je vais ressentir et deux supplémentaires pour trouver le courage de ne surtout pas faire marche arrière. En fait, je crois que j’ai besoin d’une bouteille »


Dans ce road-trip à deux-roues sur les routes de France, l'auteure n'a pas oublié la belle bande d'ami(e)s lyonnais, trop brièvement côtoyée dans le 1er tome. A celle-ci ajoutée une mamie pas comme les autres au doux nom de Violette. Retrouver Clément a été un vrai bonheur ; toujours égal à lui-même mais avec une double dose d’émotion. Et c'est une belle équipe qui va se révéler être un vrai soutien pour Danny. Mais qui va apporter aussi son lot de sourires, d'émotions, de tristesse, d'espoir, de tensions et de mots parfois cruels. Un personnage du passé se rappellera tendrement à notre souvenir et j'ai vraiment aimé qu'Erika le fasse vivre au-delà du 1er tome. Et surtout, on a quelques explication sur la manière dont chacun a vécu "l'année test".

 

« Je veux lui confier combien je l’aime. On ne se dit pas assez ce genre de choses. On pense avoir le temps et puis, un jour, l’être aimé disparaît et nous laisse débordant de regrets. Je ne veux pas perdre un être cher sans avoir pu lui dire tout mon amour »


Contrairement au 1er tome qui, finalement, n'avait que pour quasi seul décor Lège-Cap-Ferret, c'est bien sur un circuit, à la quête du passé, que nous partons : du Rhône à l'Alsace puis la Corrèze et le Tarn pour finir dans les vignobles du Médoc. C'est une vraie invitation au voyage qui m'inspire une certaine poésie et une certaine légèreté. Dans le sens où, quand on sait sur quelle base se fait cette quête, il y a une certaine émotion qui ressort de tout ça. On est bien d'accord que je ne vous parle pas de tourisme là ! Mais bien de la base de l'histoire de Danny que vous découvrirez en lisant ce roman.


Tout au long de l'histoire, c'est avec honnêteté que Danny fera face à ses sentiments, à ses peurs, à ses attentes et à sa capacité ou non à rendre les armes pour que les démons du passé disparaissent. Ça ne sera pas toujours facile, il y aura bien quelques moments de faiblesse ou de doute au fur et à mesure que le puzzle de son passé prendra forme.

 

« Faire constamment semblant, ce n’est pas vivre vraiment et c’est surtout s’empêcher de ressentir pleinement, sans pour autant en souffrir moins »


Cette histoire est totalement différente de celle de Sandy ; leurs histoires de base étant vraiment différentes. Je serais même plus tentée de dire que l'histoire de Danny m'a encore plus emportée. Le cheminement est vraiment bien imaginé, les bases sont solides,  certains événements inattendus qui m'ont surprise et l'auteure envoie un message fort : les liens du sang ne font pas les liens du cœur. L'ouverture d'esprit et la bienveillance sont toujours là mais avec un an de maturité en plus et des thèmes forts et poignants sont abordés avec, tout de même, une certaine retenue pour ne pas alourdir l’ensemble. Même si j'ai été surprise d'un certain choix de l'auteure, tout est magnifiquement écrit ; Erika BOYER a vraiment une créativité et une plume enchanteresses et touchantes.


J'ai laissé passer quelques jours avant de lire ce 2ème tome. Ai-je bien fait ? Ou aurais-je dû enchaîner tout de suite après le 1er ? Je n'aurais jamais la réponse à ces questions. Mais ce dont je suis sûre c'est que cette histoire était indispensable pour clôturer l'aventure romanesque de Sandy et Danny et pour que ces deux histoires puissent ne faire qu’une. C'est une promesse tenue de l'auteure qui signe là, une belle New Romance.

 

« L’amour, c’est la façon dont mes doigts glissent sur la peau chaude de Danny, la manière dont mes lèvres caressent l’intérieur de ses cuisses et comment mon cœur s’emballe à chacun de ses souffles, de ses tremblements, de ses gémissements. L’amour, c’est de ne plus entendre que sa voix, ne plus voir qu’elle, n’avoir ni faim, ni soif, ni sommeil, juste envie d’elle. L’amour, c’est tout ça et bien plus encore, et je comprends enfin pourquoi tant d’artistes aiment le chanter, l’écrire, le peindre…. »

 

 

 



07/04/2020
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Promesse tenue - T.1 / En chemin - Erika BOYER

Promesse tenue Montage chronique.jpgComme je fonctionne beaucoup au feeling visuel, ce n'est pas la notoriété de l'auteure, que je ne connais absolument pas, qui m'a attiré vers ce titre ; mais bien sa couverture. Etonnant, non ! Sourire


C'est dans un lieu qui n'a rien de joyeux, qu'on rencontre Sandy qui assiste à la crémation de celui qui a été, pour lui, plus un géniteur qu'un père. Dès le 1er chapitre, on sent la confusion émotionnelle qu'il y a en lui, qui oscille entre colère et désarroi.


"Inconvenant. Irrespectueux. Puéril. Je veux bien être tout ça une dernière fois et j’aime l'idée d'imaginer son âme hurler et souffrir de ne pouvoir lever la main sur moi comme il l'a fait si souvent levée sur ma mère"


Heureusement, de près ou de loin, il trouve du soutien auprès de ses amis bikers ou artistes tels que Lara, Luigi, Cookie, Clément, Riley.... et de sa grand-mère Gran. Lorsque celle-ci lui apprend que sa mère a besoin d'une greffe de rein urgente, c'est le monde de Sandy qui s'effrite. Et lorsque Alison, la sœur de Sandy, de 15 ans son aînée, s'avère être la seule personne susceptible d'être compatible,  c'est une inconnue de taille qui va s'ajouter aux sentiments déjà malmenés. Celle-ci a déserté le domicile familial, il y a longtemps et nul ne sait où elle se trouve réellement. Un seul indice : Lège-Cap-Ferret. Par amour pour sa mère et bien que cela ne le fasse pas bondir de joie, Sandy va partir à la recherche de cette sœur dont il a vécu le départ comme un abandon.


"Tous différents, pourtant, tous les mêmes dans notre passion. Nos différences nous rapprochent peut-être autant que nos points communs"


Voilà comment démarre ce périple, sur les routes de France, entre Lyon et le Cap-Ferret, à la recherche d'un passé pour panser les blessures du présent et préserver ce qu'il reste de plus cher à Sandy. Alors attention : ce n'est pas un guide touristique !!!! RigolantRigolantRigolant


Au bout d'une semaine, un mois ou un été, les réponses seront-elles au bout de cette quête ?

Quels enseignements pourra retirer Sandy, de ce qui pourrait être une expérience à double tranchant ?


Sandy est un jeune homme meurtri par un passé difficile. Il ne trouve l'apaisement que lorsqu'il chevauche Haley, sa Harley Davidson, lorsque sa peau est bichonnée par ses ami(e) tatoueurs ou lorsqu'il tente d'oublier la dérive de sa vie dans des addictions éphémères (drogues, alcool, sexe, vitesse). Il ne fait pas partie de ces personnages qu'on a l'habitude de croiser. Erika BOYER a créé, de toutes pièces, un personnage unique. On pourrait le croire bad boy et macho ; il n'en est rien.

 

« Je ne pense pas mériter le pardon ou l’affection des gens qui me sont chers. Je veux souffrir encore et encore. C’est la seule façon pour moi de purger ma peine »


C'est justement lorsqu'il va rencontrer Daniela, surnommée Danny, qu'on peut se rendre compte qu'il aime les femmes et les respecte. Celle qui va devenir son essentielle est une jeune femme parfaitement libérée, bien dans son temps, dans ses boots. Par certains côtés, elle est un peu Sandy au féminin : barmaid/danseuse le soir et serveuse le jour, tatouée, fumant, buvant et ayant beaucoup d'amis autour d'elle qui représentent ses seules attaches affectives. Pas de famille et pas de passé. La déception des années passées a endurci son cœur, l'a comme emprisonné dans une cage qui n'a rien de dorée.

 

« Je ne suis pas comme eux, Sandy. Il n’y a plus rien à briser chez moi »

 
Sandy et Danny ont beaucoup de points communs qui donnent à réfléchir, tout au long de la lecture. Ils vont vivre une histoire d’amour emplie de beauté, tellement évidente ; deux âmes sœurs qui se seraient trouvées, tout simplement une évidence. En amour, rien n’est forcément simple, aussi belle que puisse être l’histoire. Mais là, on ne peut que s’attacher à ce qu’ils vont s’apporter mutuellement, de manière naturelle. C'est une belle leçon de tolérance qu'ils nous donnent, au-delà de leurs souffrances. Ils sont tous les deux entourés par ce qui est une valeur essentielle dans la vie de certaines âmes brisées : l'amitié. Ce sujet est traité de telle manière, qu'il nous accompagne d'un bout à l'autre de l'histoire en mettant une belle claque à certains préjugés : l'amitié ne connaît pas de barrières, quelles qu'elles soient.

 

« C’est ça la vie, et je veux te voir vivre vraiment. Je veux que tu arrêtes de t’empêcher de ressentir les choses en te noyant dans l’alcool ou en te défonçant au cannabis »

 

Erika offre un très beau roman atypique, de ceux qu'on peut classer en romance bien que la romance ne soit pas ce qui domine au fond ; mais qui enferme en son cœur une aventure humaine riche en belles émotions. Il est un peu sombre, de par le personnage de Sandy, prêt à pactiser avec le diable s’il le faut, mais avec cette touche de lumière qu'apportent toutes les personnes qui l'entourent et les messages qu'il véhicule.


Il ressort de ce qui, au départ, ne semble être qu'une histoire de recherche, quelque chose de plus profond avec des impacts collatéraux. Plus qu'une quête de vérité,  c'est un vrai travail intérieur que pourrait bien faire Sandy. C’est une vraie réflexion sur son passé et sur l’importance d’un tout petit mot : « Promis », trop facilement prononcé. Toute l’histoire tient bien dans ce titre judicieusement choisi : « Promesse tenue » et qui donne matière à réfléchir sur les conséquences de nos paroles : une promesse est une promesse, un engagement. Tient-on toujours ses promesses ? Ou n’est-ce qu’une parole en l’air, qu’on prononce de manière automatique, comme on dirait « bonjour » ?

 

"Elle ne se méprend plus à mon sujet : je ne tiens jamais mes promesses"

 

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Erika cassent certains codes avec une narration 100% masculine et en donnant à ses personnages des prénoms mixtes ; puisque Sandy est plus couramment féminin, de même que Danny est habituellement masculin. Dans ce livre, elle se démarque donc parfaitement en mettant à mal certains à-priori, en abordant sans gêne aucune et de manière simple le thème de l’orientation sexuelle avec des personnages attachants et touchants ou des sujets tabous voire dérangeants (ai-je le droit de parler de l’épineux sujet des « pains au chocolat » ou « chocolatines » ? Clin d'œil).

 

"Les gens passent trop de temps à juger sur les apparences"

 

Tout en subtilité et avec une vision bienveillante, elle apporte un petit quelque chose de nouveau ; en tout cas pour moi. Et la touche importante c’est cette énigme addictive qui nous tient jusqu’au bout et que je n’ai, personnellement, pas vu venir. Des révélations qui m’ont laissé « bête », et pourtant, j’avais fait des suppositions (totalement erronées donc on ne m’appellera pas Miss Marple !). Ce type de roman qui fait que, quand vous arrivez à la fin, plein de petits détails ressurgissent et vous vous dites « Mais oui, c’était évident ; comment n’y ai-je pas pensé ?

 

Cette histoire est finement et subtilement menée de la première lettre au dernier point. C’est un réel coup de cœur pour le contenu, la trame narrative, la fluidité de la plume et l’attachement à tous les personnages que l’auteure est parvenue à faire naître en moi. C’est une lecture qui n’est pas anodine - pendant laquelle j'ai souri, j'ai pleuré un peu, j'ai été émue - qui soulève des questions et fait réfléchir ; en résumé, elle ne laisse pas insensible. Le roman est court, se lit de manière simple donc raison de plus pour le découvrir impérativement.

 

« C’est une promesse, et celle-là, je la tiendrai. Si je ne dois en tenir qu’une dans ma vie, ce sera celle-là »


28/03/2020
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Pour me sauver / Kalypso CALDIN

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J'avais repéré ce titre dès sa sortie annoncée. Alors lorsqu'il a été proposé en Service Presse, autant dire que j'ai "sauté" dessus. Merci à Célia et aux Editions Hugo de m'avoir permis de découvrir cette histoire authentique en émotions.

Sous une couverture qui accroche tout de suite le regard, la découverte de cette auteure s'est faite pour moi au travers de cette belle histoire. N'étant pas lectrice du genre de ses précédents romans, je suis partie à sa rencontre dans un univers qui me correspond vraiment. Concernant la couverture, attention : ce n’est, en aucun cas, une histoire avec des bikers.


Sidney, jeune femme de 19 ans, malmenée par la vie, durant son adolescence, a comme une revanche sur celle-ci à prendre. Elle enchaîne les paris - dont la finalité m'a quelque peu surprise - avec les garçons jusqu'à ce qu'elle croise le regard de Nojan, 20 ans, étudiant dans la même université qu'elle. Elle apparaît un peu comme décalée par rapport à ce qu’on peut croiser habituellement comme personnage féminin. Si je peux me permettre l’expression « elle n’est pas toute seule dans sa tête », ce serait un peu ça. Et ça n’a bien sûr rien de péjoratif, bien au contraire.

 

« J’avais besoin que la douleur me ramène à la réalité. Ce qui m’empêchait de sombrer, c’était de jouer avec les émotions des autres pour forcer les miennes à s’extirper de l’obscurité »


Décidée à ne rien lâcher, Sidney va tout mettre en œuvre pour percer à jour, l'énigmatisme qui entoure celui qui semble déterminé à lui résister. Et pour l'attirer dans ses filets. Force est de constater qu'elle va employer tous les moyens possibles.


Ce roman fait partie de ces histoires dans lesquelles l'immersion se fait de suite. Poignante et touchante, il ne pouvait en être autrement pour moi. Les personnages ont chacun un vécu indéniablement fort : chacun à sa façon, même si leur parcours est différent, ne pouvait que me toucher.


Sydney et Nojan expriment leurs émotions de manière bien différente. Ils ont en commun de ne pas s'épancher sur leur passé mais leurs manières de faire le deuil de leurs souffrances sont totalement opposées.


Sydney cache les fêlures, qui l'ont atteinte où plus profond d'elle, derrière une apparence de personnage fort et désinvolte où l'humour est sa meilleure arme de défense – quoi qu’un peu particulier parfois -. En opposition à ce comportement léger, elle est en recherche d'une souffrance comme un remède illusoire pour se maintenir en vie.

 

« Tiens, tu t’achèteras le sens de l’humour que j’ai vu en promo à la boutique du coin de la rue, dis-je en tendant à Nojan l’argent promis. »

 

« Je me tâte à te laisser la thune pour que tu puisses t’offrir un cerveau »


Quant à Nojan, le drame qui a réduit à néant son équilibre émotionnel a érigé, petit à petit, une carapace qui l'enferme dans une solitude de laquelle j'aurais aimé pouvoir l'aider à en sortir, à se sentir moins faible. Le pire lui est arrivé, sa vie s’est arrêtée et la phase de deuil est interminable pour lui. Lorsque les remords et la culpabilité sont si présents et que s'autoriser à aimer n'est plus envisageable, une reconstruction semble inconcevable. Nojan va tout faire pour tenir éloignée celle qui s’accroche

 

Pour peu qu’il le veuille vraiment, jusqu’à quel point Nojan saura résister ?

Et ne serait-ce pas l'ultime pari pour Sydney ?


J'avoue, et ça je l'ai dit à l'auteure lors du FNR 2019 à Lille, que l'histoire de Nojan a eu un écho plus important en moi que celle de Sydney. Mes sentiments, pour l'un est l'autre, n'ont pas été de même intensité. Généralement, je m'attache à un couple, sans vraiment arriver à les dissocier ; mais là, il m'a manqué quelque chose pour que mon attachement à Sydney soit équivalent à celui pour Nojan.


Mais attention, qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit. J'ai adoré cette histoire mais un petit quelque chose m'a manqué (ou m'a échappé) concernant l'histoire de Sydney.


L'auteure par son écriture sans fioritures, a su offrir des personnages avec des histoires qui ne sont pas du tout invraisemblables. Elle a su mettre des mots sur leurs maux sans tomber dans le larmoyant. Ajoutés à cela d'autres personnages de qualité sur lesquels peuvent s'appuyer ces personnages en détresse émotionnelle. Si je devais n'en citer qu'un, ce serait Hugo. Ce personnage qui a eu aussi son lot de souffrances mais qui a choisi de les combattre et d'aider, coûte que coûte, son petit-fils. Très beau personnage, merci Kalypso.

 

"Lorsque tu penses ne pas pouvoir avoir plus mal ..... la douleur te prouve le contraire"

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Au fil des pages et des chapitres, c’est un peu comme au jeu du chat et de la souris. Sydney et Nojan se cherchent pour mieux s’apprivoiser voire s’entraider. Ils évoluent au même rythme à force de patience et de compréhension. Mais rien ne se fait dans la précipitation ; et ça, j’apprécie vraiment.

 

J’ai trouvé intéressant le surnom  que donne Nojan à Sydney qui a une connotation tendre à mes yeux et qui montre qu’il n’y a pas que de l’indifférence dans l’histoire. Donc, lorsque la lumière cherche à percer les ténèbres, ce jeu pourrait bien se révéler salvateur pour l’un comme pour l’autre. Et cette fuite qui les anime tous les deux pourrait bien les rapprocher ou les éloigner à jamais.

 

« Je me souvenais n’être qu’un gamin qui avait tout perdu, et cela me tuait. Le témoin d’une infinie solitude »

 

Ce moment de lecture a été très intense émotionnellement mais avec de beaux moments de sourire. L’auteure a su capter mon attention d’un bout à l’autre, avec un subtil mélange de force et de légèreté. Je ne peux, donc, que vous conseiller de découvrir, à votre tour, cette très belle histoire qui est un joli coup de cœur pour moi.


01/12/2019
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Permets-moi d'oublier / C. HANDON

Lorsque j'ai vu passer les titres proposés en Service Presse, le roman de C. HANDON m'a tout de suite attirée. La manière dont il était présenté avec son résumé très énigmatique et la couverture magnifique m'ont convaincue d'un possible coup de cœur pour cette histoire.

 

Merci à Fyctia de m'avoir confié cette magnifique histoire.

 

En premier lieu, j'ai rencontré au détour d'un shooting photo, Maximilian, 27 ans, photographe globe-trotter reconnu qui n'a aucune attache sentimentale malgré un certain succès auprès des femmes. Lorsque son ami d'enfance, Johan lui demande son aide pour le lancement de sa collection de lingerie, il accepte et retourne en Allemagne, son pays d'origine.

 

Très sûr de lui et de son charme indéniable et infaillible, la sexytude de son personnage, malgré un aplomb agaçant, a un petit côté attrayant.

 

"Ferme ta bouche. Je sais que je fais souvent cet effet la première fois, mais tu n'es pas discrète..."

 

Sauf qu'à son arrivée, il va faire la connaissance un peu fraîche de Sascha, amie de Johan et de son chien, Teddy Bear. Et autant dire que le beau gosse ne l'impressionne pas forcément plus que ça, à moins que la cohabitation ne réserve son lot de surprises tant Max ne va pas cacher son attirance  pour la jeune femme.

 

Sascha est une jeune femme, encore sous l'emprise mentale d'un passé récent douloureux, qui n'est pas prête à revivre d'histoire tant sa vie n'est qu'un tas de décombres. Une partie d'elle s'est éteinte un an auparavant. Malgré tout, elle sait ce qu'elle veut et a du mal à comprendre le comportement de son meilleur ami Johan vis-à-vis d'elle.

 

"Je n'ai pas besoin de tes conseils. A un moment donné, il va falloir que tu acceptes que je fasse mes propres choix"

 

Emprisonnée dans des souvenirs bien ancrés dans sa mémoire et dans sa peau, il lui est impossible de se livrer à qui que ce soit.

 

"Il n'aurait pas dû prendre possession de moi comme il l'a fait. Il a laissé des stigmates de son passage en profondeur"

 

Consciente des signes que lui envoie son corps, elle ne sait pas ce que lui réserve la présence de Max sous son toit, provoquant une confusion grandissante, dans son esprit. Pour lui, habituellement perspicace,  elle va se révéler être une véritable énigme à résoudre

 

"Je n'arrive.... Je n'arrive pas à oublier"

 

Johan, l'ami commun, va être le spectateur de choses qu'il ne voit pas d'un bon œil. Il est très protecteur voire surprotecteur envers Sascha. Dès le départ, il est évident que quelque chose de très fort les unis, sans tout savoir bien entendu. C'est un personnage qu'il est impossible de blâmer (ou pas selon les personnes) ; il est évident qu'il ne veut que le bien, en toute amitié, de Sascha même s'il est tentant de penser que quelque chose d'autre de plus profond anime son comportement. Il se pourrait bien que son personnage créer la surprise à laquelle personne ne pourrait s'attendre ; un sacré revirement de situation.

 

Un nouveau départ pour une nouvelle vie sera-t-il possible pour Sascha ?

Combien de douloureuses vérités lui faudra-t-il entendre pour réagir ?

 

Ce type de roman est typiquement le genre où l'auteure a choisi de malmener psychologiquement - en douceur tout de même - ses lecteurs/lectrices. Dès le 2ème chapitre, elle s'est sentie obligée de faire apparaître un mystérieux prénom associé à quelques détails narrés au passé ; et donc, j'ai su que mon impatience serait mise à l'épreuve. Et que je ne serais pas au bout de sentiments contradictoires. Et ce n'est pas peu dire.

 

En effet, l'histoire alterne deux périodes : le présent plus sombre que le passé qui semblait s’annonçait plein de promesses pour Sascha, 5 ans en arrière. A moins que l’auteure ait décidé que ce serait trop simple, trop classique et choisisse, au fil des pages, de créer la confusion en soulevant des secrets qui remettrait toute l’histoire passée dans un autre contexte.

 

Entre curiosité et éveil des sens tout en sensualité, au fil d’un voyage dans lequel C. HANDON les emmène de Hamburg au Costa Rica, les personnages de Max et Sascha vont se découvrir et s'apprivoiser en toute simplicité, dans une très belle relation.

 

"Je suis capable de voir plus loin que mon envie de toi et de la mettre de côté pour t'écouter si c'est ce dont tu as besoin"

Chacun va prendre sur lui et puiser tout ce qu'il a pour tenter d'atténuer les affres du passé. Max va se montrer tendre, patient mais obstiné pour parvenir à deviner ce qui se cache derrière les silences de Sascha, courageuse, forte et pleine d'espoir face à ce souffle qui pourrait annoncer un renouveau dans sa vie.

 

"Etre à tes côtés ne signifie pas devoir te porter à bout de bras"

 

L'auteure a parfaitement su comment montrer les conséquences du passé sur Sascha. Elle n'est pas tombée dans le piège de la lourdeur psychologique qui peut être pesante dans une lecture. Elle en a fait un personnage touchant pour lequel j'aurais aimé trouver les mots justes et la serrer dans mes bras pour l'apaiser. Mais je ne suis pas Max ?

 

Et surtout elle a amené, petit à petit et avec brio, dans cette histoire à deux voix, en parallèle d’une belle romance, toute l'intrigue du roman. Très addictif, la part mystérieuse de l'histoire sous couvert de détails anodins, m'a porté d'un bout à l'autre ; même si j'avoue que j'aurais aimé qu'elle soit abordée autrement ; certaines choses m’ayant manqué.

 

Des personnages touchants et attachants, des lieux insolites qui changent un peu des Etats-Unis ou de la France, une jolie plume en toute simplicité mais très addictive, des scènes parfaitement pensées et écrites ;  tous les éléments sont réunis pour en faire, pour ma part, un joli coup de cœur.

 


18/05/2019
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Paris by Night / Robyne Max CHAVALAN

Leurs nuits blanches sont leurs jours,

et leurs jours sombres leurs nuits !

 

Lorsque j’ai découvert ce titre, l’univers de ce  monde fait de lumières et de paillettes en contraste avec la noirceur de la nuit dans laquelle il évolue m’a tout de suite attirée. Et je remercie Célia de chez Fyctia de m’avoir fait entrer par la grande porte de ce cabaret ô combien mystérieux et envoûtant.

 

Lorsqu'un mystérieux inconnu assiste, chaque soir depuis un mois, au show du Night Birds, ça intrigue, voire même plus, ça excite les sens de ces belles-de-nuit. Et une en particulier : Mystic Circée alias Paris.

 

« IL est encore là ! C’est pas vrai, j’y crois pas »

 

Comme un papillon attiré par la lumière,  Paris doit faire face à une attraction, pour LUI, qu'elle ne s'explique pas. Et quand je parle d'attraction, ce n'est pas qu'un peu ; c'est carrément la combustion interne et externe. Qu'il soit présent ou non, c'est une véritable obsession. Et lorsqu'il va lui proposer de jouer au jeu des 5 sens, aucune hésitation ne s'emparera d'elle.

 

« IL hante mon sommeil et peuple mes songes. L’Homme. »

 

Car Paris est une femme de caractère qui manie très bien l'art de la séduction. Image même du fantasme et du désir, elle est belle, désirable et sensuelle sous son identité nocturne déguisée. Avec un vécu de poids et une certaine obscurité en elle, elle a ce côté perspicace qui fait qu'elle peut difficilement être "menée en bateau" ou abusée. Elle accepte le jeu d'Adam tout en voulant aussi mener la danse et poser ses conditions. Elle va osciller entre excitation, trouble et attirance incontrôlable. Tous ces ressentis permettent de voir éclore de très belles scènes toutes en sensualité et en beauté d'expressions corporelles. Je ne parlerai pas d'érotisme pur mais d’érotisme doux puisque tout est fait pour ne jamais tomber dans des scènes franchissant la limite.

 

« Elle vient de me mettre à genoux et je ne l’en admire que plus »

 

Face à elle, il y a Adam : L'Homme, Lui, Il ou quel que soit son nom (mais si bien sûr il a un nom ?) est déstabilisant. Énigmatique, arrogant, sûr de lui, il sait pourtant se montrer gentleman mais aussi un peu connard parfois. Véritable Maître des Sens aux activités peu communes – il est ingénieur mais pas que…), il souffre d’hyperesthésie. Paris est son obsession et il l’a choisie pour jouer à un jeu qu'on pourrait qualifier de malsain voire machiavélique tant qu'on n'en connait pas les tenants et les aboutissants. Très calculateur, il a tout bien préparé mais..... vous n'en saurez pas plus. Sauf qu'il a un allié de taille : David, son médecin et ami qui le connaît mieux que personne et dont on évalue progressivement toute l'importance dans sa vie passée et présente. Et c'est à ce moment-là de ma chronique que je me dis "comment ne pas spoiler" ? Bah je vais faire au mieux ?

 

« J’ai tout imaginé avec elle. Le plus sage comme le plus osé. Et surtout l’interdit »

 

Alors, réellement cinq nuits, ni plus ni moins ?

Et cette relation aura-t-elle réellement une date de péremption ?

 

Cette lecture a été une belle découverte et un bon moment pour moi. Immergée dans ce monde qui fascine autant qu’il peut effrayer, je me suis vraiment « régalée ». De temps en temps, ce type de lecture fait du bien ; il sort un peu des codes habituels avec une romance qui dénote par rapport aux standards classiques de l’homme riche à qui tout réussi et qui jette son dévolu sur la jeune fille peu expérimentée, romantique au possible et naïve.

 

L'univers choisi pour cette histoire et son déroulement sont très judicieux. Sur le thème des 5 sens et d'une prise de revanche, il permet à l'auteure de mener, avec brio, tout son petit monde entre nuit et jour, dans un climat latent de luxure et de passion. Et de développer ainsi une certaine tension psychologique et émotionnelle qui révèlent des facettes tour à tour sombres, touchantes, mystérieuses et tellement complexes. Traité tout en sensualité, on ne peut être indifférent(e) car ça nous permet de nous positionner sur les limites, en amour, à ne pas dépasser. Au risque qu’il n’y ait aucun retour possible en arrière, avec des séquelles irréversibles. La vie n’est pas une partie de poker, aucun bluff n’est possible !

 

Cette histoire nous propose peu de personnages mais quels personnages ! Ils nous portent tous d'un bout à l'autre de cette intrigue qui est difficile à classer. Ce que j’ai particulièrement apprécié c’est qu’aucun d’eux ne semble hésiter ; seule Paris se pose parfois des questions mais je n’ai pas eu le sentiment que son personnage était, comme souvent, une « girouette émotionnelle ». Qui agace parfois ! Et qu’au jeu de qui croyait prendre, il ne faudrait pas grand-chose pour frôler le retournement de situation. Surtout lorsque arrive le dernier sens, la vue, là on se dit c'est quitte ou double. Jeu risqué et très dangereux pour faire tomber les masques. Entre les regrets du passé et les espoirs pour l'avenir, il n'y a pas de place pour le présent. Au risque de s'en mordre les doigts ou de se rendre à l’évidence.

 

« J’aurais dû me douter que Paris bouleverserait tous mes plans si soigneusement organisés »

 

Contrairement à ma façon de lire habituelle, arrivée à un certain stade, je me suis surprise à me dire « Mais je n’ai rien ressenti pour les personnages ». C’est un sentiment bizarre car en général, je m’attache de suite (ou non) aux personnages en ressentant un petit quelque chose pour eux. Et bien là, rien. Alors, qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit. C’est juste que j’étais tellement prise dans le processus de l’histoire, que je n’ai pas ressenti quoi que ce soit, jusqu’à un moment précis. Mais à ce moment-là, effectivement, mes sentiments ont enfin éclos. Lorsque les zones d’ombre se sont estompées et que la pleine lumière a été faite sur le passé de chacun, là il s’est passé quelque chose ; comme une évidence. Surtout lorsque je pensais avoir tout découvert et que l’auteure décide de me faire prendre conscience que j’ai été leurrée jusqu’au bout. Sacrée imagination, dirais-je mais ô combien touchante. Bravo !

 

Dans cette histoire écrite à deux voix, ce que j’aime particulièrement, il m’a manqué un petit quelque chose qui lui aurait donné encore plus de profondeur. Et qui m’aurait certainement permis de mieux m’approprier les personnages et leurs personnalités, ce sont des flash-backs que j’aurais aimé pour évoquer leur passé respectif. Il n’en aurait pas fallu beaucoup mais ça aurait été un petit plus non négligeable. Bien sûr, ça ce n’est qu’un avis purement personnel. Car l’auteure ne nous cache rien de l’histoire d’Adam et de Paris, que ce sont des personnages malmenés par une vie passée qui a laissé des traces ; on en sait suffisamment et assez tôt pour que ça ne gêne en rien la lecture et pour ne pas avoir à parler de frustration.

 

Pour ce roman qui est parfaitement bien écrit grâce à un travail précis de recherches poussées sur les thèmes particuliers abordés, le coup de cœur est là et bien là, même si honnêtement, il est plus petit que la normale à cause d’un petit quelque chose qui m’a fait défaut. Il m’a tout de même permis de changer d’univers, de sortir de ma zone de confort avec des thèmes vrais et forts. Et de découvrir la plume de l’auteure au travers des magnifiques poèmes d’Adam. Alors rien que pour ça, merci à Robyne Max Chavalan !

 

« C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière »

Edmond ROSTAND

 


23/02/2019
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Pseudo Chrystal / F.T GALNAUX

Que dire de cette auteure nouvellement intégrée à la très belle liste des Editions Lips&Roll ? C'est une personne qui aime les gens et ça se ressent dès la première page de son second titre paru en Septembre 2017. J’avais découvert cette auteure il y a quelques années avec Promesse en auto-édition et j’avais adoré son style d’écriture. Donc, tout logiquement je me suis invitée dans le cercle assez fermé des escort-girls de luxe. Bien que je n’ai pas accroché à la couverture que j’aurais préférée plus sensuelle, plus travaillée.  

Dès le prologue, nous faisons connaissance avec de nombreux personnages. Tous membres d'une même famille, ils sont le symbole d'une unité entourée par la douceur et l'attention d'une mère qui avec son mari viennent de fêter leur retraite.

 

Puis on fait un saut dans le passé pour découvrir un récit qui pourrait s'apparenter à une banale succession de "parties de jambes en l'air". Mais que nenni. C'est mal connaître F.T GALNAUX !

 

On entre donc dans le quotidien de Marie, 28 ans qui élève seule sa jeune soeur Lola, depuis le décès de leurs parents. Pour lui offrir une vie sans souci et un avenir serein, Marie a mis sa propre vie entre parenthèses. Et elle exerce le métier d'escorte de luxe, sous le pseudo "Crystal" pour une maquerelle peu recommandable, Louise que l’auteure a vraiment poussé à l’extrême en matière de personnage peu fréquentable et détestable.

 

Valeur sûre de l'agence, elle a sa clientèle régulière. Jusqu'au jour où le beau Grégory va croiser sa route professionnelle. Il va s'avérer qu'il n'a rien de commun. Et, bien malgré elle,  il va devenir perturbant pour sa vie bien réglée.

 

« Un type comme lui n’existe pas dans la vraie vie. Enfin pas dans la mienne ».

 

Entre espoir et désillusion, sentiment de trahison qui met à mal sa fierté et peur de perdre le contrôle,

Marie saura-t-elle prendre les bonnes décisions ?

 

Dans ce roman, j’ai retrouvé la légèreté de l'écriture et le ton tout en simplicité qui sont une marque de fabrique chez F.T GALNAUX  mais aussi une bonne dose d’humour et de dérision. J'ai adoré les moments de rêverie de Marie suivis d'un retour à la réalité un peu brutal.

 

« Mon cerveau est en défaut. Fais vite un reset Marie, sinon tu vas te gaufrer »

 

Le personnage de Marie fait partie de ces héroïnes pétillante, intelligente, au fort caractère, un peu têtue et qui sait ce qu’elle veut mais surtout ce qu’elle ne veut pas. Le sexe sans sentiments est son quotidien professionnel mais on se rend compte qu’elle reste malgré tout une romantique. A travers ce personnage, l’attachement à la famille est un thème vraiment bien illustré par l’amour que porte Marie à sa sœur. Tout ce qu’elle fait c’est pour elle, pour son bonheur et son bien-être. Leur relation est vraiment belle.

 

« On peut être une pute de luxe et espérer vivre une romance sentimentale en technicolor ! »

 

Bon, à première vue, ce n’est pas Grégory qui pourrait correspondre à l’homme idéal. Beau certes mais incroyablement énigmatique voir froid et distant. Il n’est pas de ses clients habituels ; il a un petit quelque chose en plus. Il a ce petit côté gentleman qu’on aime toutes ;  bon, un peu poussé, soyons honnêtes,  donc un peu agaçant, surtout pour Marie que ce comportement déstabilise un peu. Et au fil des chapitres, tout ce comportement va prendre son sens et au-delà d’une romance, on se retrouve plongée au cœur d’une intrigue particulièrement intéressante.

 

L’auteure aurait pu se contenter d’une romance classique sur fond de sexe à tout va – vu le contexte, ça aurait pu être une facilité pour elle -. Mais c’est justement cette intrigue qui nous porte d’un bout à l’autre sans qu’on s’en rende compte. On veut connaître le fin mot de l’histoire. Et le sexe n’est finalement pas tant présent que ça. Les quelques scènes sont bien écrites, sont bien amenées et pas vulgaires du tout. Certaines de ces scènes avec ses clients sont même attrayantes car avec des petits détails humoristiques et des personnages tellement éclectiques. J’ai beaucoup souri durant cette lecture.

 

Petite parenthèse : Il y a un personnage que j’ai adoré : Jackie, la voisine de Marie mais aussi sa confidente. Ah, quel personnage ! Comment ne pas l’aimer. Je ne vous en dis pas plus ; il faut la découvrir par soi-même.

 

Dans ce roman, l’auteure nous permet de découvrir un univers quelque peu impitoyable et finalement pas très glamour mais qui est abordé de manière un peu plus légère que la réalité. Ajouté à cela un soupçon de suspense, d’humour, d’émotion et de sensualité. Voilà là, une histoire qui se lit en toute facilité pour passer un excellent moment. Fan de la plume de cette auteure en pleine ascension, il faut absolument la découvrir !  

 


30/07/2018
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Prude à frange T.2 - C.S QUILL

Quand on est restée sur une fin telle que celle du 1er tome de "Prude à frange " et qu'on a maudit l'auteure de n'avoir pas écrit un "pavé" afin de nous éviter la frustration, il est évident que dès que le 2nd round est lancé, on se jette à fond dedans, tête baissée, quitte à prendre des coups au cœur et au moral. Même pas peur ; je me suis lancée dans ce combat qui n'a rien de sportif.

 

Ce 2ème tome donne une toute autre dimension à cette histoire ; on l'aborde d'une toute autre manière. J'avoue que j'en aurais presque oublié, au fil de ma lecture, le contexte de base : le Round et ses activités.

 

 « Cette fille est un électron libre qui a des effets chimiques indescriptibles »

 

L'ambiance est différente mais l'atmosphère est toute aussi chaude et électrique ; et ça ne diminue pas d'intensité jusqu'à la fin, bien au contraire. Et on ajoute, à cela, une dose feutrée grâce à des scènes érotiques suggérées et pas forcément consommées, toutes en tendresse pour, on le comprend bien, ne pas franchir le cap de l’interdit.

 

Du professionnel à l’intime et de l’éphémère à l’éternel, les barrières sont minces.

Quand les mondes de deux âmes si différentes et pourtant si complémentaires se confrontent, le choc peut-il être sans conséquences ?

 

Comme toujours, l'auteure a soigneusement travaillé ses personnages et malgré le contexte de l'histoire, j'oserai dire qu'ils frôlent la perfection - eh ben oui, personne n'est parfait, même pas eux - psychologiquement et humainement parlant.

 

On les découvre autrement - surtout Mas - et on s'immisce au plus profond de leurs pensées et sentiments. Ils se dévoilent l’un à l’autre, tour à tour, de manière touchante, énervante ou déroutante. J'ai eu le sentiment d'avoir, en face de moi, des personnages à double facette. Bien loin du monde de la nuit et des aventures d'un soir. Et j'avoue que ça m'a plu de pouvoir les connaître plus intimement dans un environnement plus "classique" qui n’était pas tant présent dans le premier tome.

 

« Seigneur, je ne pensais pas qu’on puisse à ce point se ressembler »

 

Au fil des pages, leurs histoires se dessinent et tel un puzzle de la vie elles s'emboitent parfaitement les unes aux autres. Mais la fragilité universelle de ce fil, qui tient à bien peu de choses, est indéniable. Rien ne leur est épargné et on se trouve pris dans une spirale sans fin. Mais est-ce qu'ils ont seulement idée que nous, au-delà des lignes, on en prend autant qu'eux ?

 

Le rythme est plus soutenu et les événements s'enchaînent. Les répliques sont toujours cocasses pour certaines, percutantes pour d’autres et on évolue entre différents sentiments tous soigneusement amenés par l’auteure. Des personnages, touchants au possible, s’invitent pour approfondir et renforcer le côté moins dark de l’histoire et nous faire sortir d’un monde qui nous semble si irréel. Il y a ces personnages coup de cœur qui nous attendrissent. Il y a ces personnages pas tant présents et qui parviennent tout de même à nous surprendre tant leur rôle est important si ce n’est qu’il est une clé qui déverrouille cette histoire.

 

« Dans la famille ego surdimensionné, je demande le frère »

 

Le personnage de Cadence, quand à lui, n’a toujours pas de filtre (heureusement !) mais fait un virage à 180°C. Prête à tout pour parvenir à son but, tant de détermination relève de l’admiration pour nous avec une petite dose d’inconscience (ou de folie) pour elle. La manière dont son personnage grandit, s’endurcit et affronte les épreuves sans broncher permet d’éviter le côté mièvre de la jeune vierge effarouchée. Effarouchée non mais heureusement elle a quand même conscience qu’elle s’est lancée dans quelque chose de pas commun. C’est le cas de le dire !

 

« Oh, les boules pleines sont mes préférées, elle murmure en se penchant, assez fort pour que tous les obsédés à la ronde se mettent à bander.

Moi y compris. Bordel ! »

 

Sous la plume toujours cash et incisive de C.S QUILL, il y a toujours l’intrigue finement amenée avec parcimonie (une bonne dose d’ailleurs, ce qui semble contradictoire !) dans le premier tome. Sans précipitation, toute en douceur, elle se met à jour, progressivement, grâce à une imagination riche et un dénouement bien ficelé. Comme dans toutes les histoires qu’on retient, il n’y a pas de pistes ; pas de fin prévisible. Juste ce qu’il faut pour laisser vagabonder notre imagination encore et encore jusqu’à ce que le mot FIN ne vienne nous sortir de nos pensées.

 

« Mas n’est qu’une porte d’entrée et certainement pas un passage vers quelque chose d’autre »

 

Présenté comme un roman Dark Romance et n’étant pas une experte des genres littéraires, Prude à frange est, selon moi, tout à fait à l’aise dans cette catégorie et à toute sa place dans les livres à découvrir. L’auteure n’est pas tombée dans l’excès d’un genre plus qu’un autre. Le côté Dark est parfaitement amené pour poser l’histoire et son intrigue et le côté Romance vient adoucir l’ensemble. Et le tout se lit de manière fluide et sans prise de tête avec un côté psychologique travaillé de manière à se mettre à la portée de toutes et tous.

 

Lorsque j’ai lu cette histoire sur Fyctia, j’avais eu un coup de cœur pour l’audace de l’auteure, pour sa plume franche et sans fioritures, ni chichis, pour la force de ses personnages et pour la cohérence de cette histoire amenée en toute simplicité mais de manière ferme. Le coup de cœur est toujours là pour les mêmes raisons avec la fin en plus. C.S QUILL ne m’en voudra pas si je ne la classe pas dans les coups de cœur tel qu’un des derniers ouvrages que j’ai chroniqué – et qui a été une réelle révélation pour moi – mais cette auteure, a pour moi, tout d’une grande pour maîtriser un tel niveau d’écriture et d’imagination alors que c’est seulement sa 3ème publication. Tel un bon vin, elle se bonifie au fil de ses écrits et j’ai hâte de découvrir dans quel contexte elle saura nous transporter dans son prochain roman.

 

Vous ne l’avez pas encore lue, alors foncez, jetez-vous sur Burning Dance pour vous initier au monde de la danse et ses dessous, sur Burning Games pour risquer votre vie aux jeux et dévorez Prude à Frange en vous fondant dans les méandres de lieux et de moralité interdit. Pour ma part, l’auteure a gagné sur tous les tableaux ; bravo !

 


07/03/2018
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Prude à frange - C.S QUILL

Certaines lectrices attendent impatiemment les derniers titres des plus grandes auteures américaines comme si leur vie en dépend. Si, si, ça existe vraiment.

 

Puisque je suis un peu comme ça tout en sachant que je prends le risque d’être déçue. Une fois encore, mon instinct ne m’a pas trompé et ma patience a été récompensée. Alors non, l’auteure dont il est question ici n'est pas américaine mais bien française (du moins je crois). On ne la présente plus, cette petite frenchie membre de la French Team New Romance

 

Après avoir signé un de mes gros coups de cœur de l'année 2016 avec Burning Dance et en 2017 avec Burning Games, C.S QUILL revient en force avec sa nouvelle création, tout droit sortie de son imagination bouillonnante : PRUDE A FRANGE.

 

Novice en matière de plateformes de lecture autant que sa nouvelle héroïne l'est en matière de sexe, je m’étais plongée d'une traite, à l’époque, sur Fyctia, dans cette histoire addictive voire plus si affinités.

 

Après un début totalement déstabilisant de par son contexte, la magie avait opéré tant les personnages sont diamétralement opposés. Exit le monde de la danse, pour entrer, ici, dans le monde sombre et sulfureux du marché de la prostitution. Vont être confrontés, deux personnages que tout oppose :

 

Cadence,  jeune femme de 22 ans, vierge certes mais pas celle qui a le don de nous agacer, pas totalement naïve. Une fois n'est pas coutume, la virginité va se révéler être un point fort pour ce personnage et pour l'histoire au cœur de laquelle elle va se trouver plongée, en débarquant par la grande porte. Elle n'est pas forcément sexy mais elle a du caractère. Elle ne manque pas de répartie et d'un certain cran pour être là où elle a choisi de s'aventurer en toute connaissance de cause pour une raison qu'on ignore mais qu'on imagine facilement qu'elle lui tient à cœur. Impossible de ne pas accrocher, immédiatement, à ce personnage à la maladresse exacerbée.  

 

« L’enfilage du string prend une tournure inattendue. En voulant passer mon talon dans le trou, je me tords l’autre cheville, fais une embardée en arrière et finis les fesses – toujours nues bien sûr – empalées sur l’entrejambe de mon affable tuteur ».

 

Et du cran, il va lui en falloir pour affronter et supporter celui que le sort va mettre sur son chemin : Mas. Le bad boy 100% détestable de premier abord, déjà bien ancré dans ce milieu ; qui va devenir son tuteur et formateur Contrairement aux codes habituels, il n'est pas forcément beau mais il a un sex appeal incontestable et, il en impose. Et surtout il cache, lui aussi, un truc qu'on a hâte de découvrir. On l’aime ou pas ; perso, je l’ai adoré de suite ! Alors non, il n’a rien d’un doux agneau (ce serait plutôt le vilain petit canard) et moi j’aime ça.

 

"On ne vend pas uniquement des corps, on façonne des esprits. Bientôt, tu ne sauras pas juste répondre à un besoin, tu seras la réponse au besoin de celui qui paiera le plus pour t’avoir »

 

Elle est douce (ou pas !) mais déterminée ; lui est dur mais quelque peu intérieurement fragilisé il me semble. Quand ces deux mondes se rencontrent et s'affrontent, rien n'est joué d'avance. Bien au contraire.

 

Oubliés les strass et paillettes des romances habituelles ;

bienvenue dans le monde de la haute prostitution.

 

Le roman démarre fort dès la première ligne et pour qui connaît l'auteure, le style unique est posé et la marque d'écriture reconnaissable entre mille. C'est cash et sans fioritures. Et forcément, l'addiction est au rendez-vous. Etonnant et détonant, on se rend très vite compte qu'il n'y a aucune place pour l'ennui.

 

Chaque personnage a sa part de mystère ; ce qui porte l’histoire d’un bout à l’autre. L'auteure nous emmène au fin fond d'un univers sombre et sans pitié pour qui ose y entrer. Sauf pour Cadence qui pourrait bien créer la surprise et bouleverser tout ce petit monde.

 

« Quatre mois, le compte à rebours est désormais lancé. Peut-être moins si j’y arrive. Peut-être plus si je sombre ».

 

Lorsque les certitudes sont fragilisées et qu'une rencontre peut tout remettre en question, nul n'est à l'abri de voir ses projets bouleversés. Mais dans ce monde dirigé par l'argent et le sexe, il n'y a pas de place pour les sentiments.

 

Comment un simple chiffre, fruit du hasard, peut faire dévier des vies d'une trajectoire soigneusement tracée ?

Lequel des deux va se révéler le plus impitoyable si l’amour venait à s’en mêler ?

 

Des joutes verbales à tomber et des répliques qui tombent toujours à point nommé et qui allègent un peu un climat qui pourrait être pesant. Des situations cocasses qui prêtent à sourire ou à rire franchement, un enchaînement cohérent et sans temps morts, des personnages parfois atypiques avec des sentiments contradictoires qui les rendent humains et attachants, des personnages de l’ombre qu’on a hâte (ou qu’on redoute) de découvrir après un suspens bien mené grâce à une écriture fluide et sans tabou. L'escalade des évènements va en s'accroissant de manière à nous retenir prisonnière volontaire et qui pourrait bien réserver des surprises inattendues.

 

« De quel côté se met cette merde ? Il y a autant de tissu devant que derrière, il est à l’endroit, au moins ? »

 

Plus qu'une histoire classique, l'auteure a parfaitement travaillé ses personnages. Elle a apporté beaucoup de soin à leurs personnalités et à l'évolution de leurs sentiments et émotions. Entre interdits et secrets, ce qui ne devrait être que du business, pourrait bien se transformer en un jeu dangereux aux limites si facilement franchissables.

 

Grâce à C.S QUILL, j'ai enrichi mon vocabulaire de mots ou expressions insoupçonnés. Je suis sortie de cette lecture, repue de ces répliques attrayantes dont je ne me lasse jamais. Et conquise par ce premier round qui pourrait déranger  les plus chastes romantiques. L'auteure n'hésite pas à employer les termes appropriés et je vais dire "Heureusement". Une telle histoire avec un langage "Fleur bleue" serait totalement inintéressante. Mais je suis ressortie oh combien frustrée par une fin que je n’ai pas vu venir. Non mais sérieux, je vais être obligée d’attendre début mars 2018 pour connaître la suite !!!!

 

C.S QUILL se pose là où on ne l’attend pas en sortant des sentiers conventionnels traditionnels et c’est exactement ce que j’espérais.

 

Alors si vous n’avez pas peur des mots qui heurtent les yeux et les oreilles, si vous n’avez pas peur d’être choquée, si vous n’êtes pas du genre à crier à l’immoralité, ce livre est pour vous. Foncez et dites-moi ce que vous en pensez même si mon avis n’est pas le vôtre.

 


04/02/2018
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Pas si simple / Lucie CASTEL

Après avoir lu un livre poignant, chroniqueuse en herbe recherche un peu plus de légèreté. Dans cette catégorie, je nomme Lucie CASTEL pour son titre PAS SI SIMPLE paru aux Editions Harlequin. Une auteure inconnue mais une couverture ô combien alléchante et un résumé prometteur ; ouvrez-le et dégustez-le avec gourmandise.

 

Prenez un lieu remplit de personnages hétéroclites, un jour de météo désastreuse. Ajoutez-y une rencontre cocasse entre deux individus de sexe opposé aux caractères bien trempés. Et vous obtenez un subtil mélange d’humour franco-britannique à mourir de rire ; digne d’un excellent vaudeville.

 

« La plupart des hommes ne sont bons qu’à monter des meubles IKEA et, du moment qu’on n’a pas besoin de meubles IKEA, on peut se passer de la plupart des hommes »

 

Rencontre haute en mots un 23 décembre à l’aéroport d’Heathrow avec Scarlett ARCHER et sa sœur Mélie. Une météo désastreuse, un décollage incertain et une rencontre, THE rencontre qui pourrait bien changer des vies (ou pas).

 

« Les gens aiment des êtres qui brillent, même si le revers de la médaille est couvert de suie »

 

Scarlett (comme celle d’Autant en emporte le vent, oui, oui !) et Mélanie, dite Mélie (idem pour la référence cinématographique) – un peu déjantée, n’ayons pas peur de le dire - sont deux sœurs en attente à l’aéroport d’Heathrow pour rejoindre la France et leur mère à l’occasion des fêtes de Noël. Sans leur père décédé 6 mois plus tôt, cette fête sacrée a, cette année, un goût bien particulier.

 

Suite à une méprise de taille, elles vont rencontrer William HILL, séduisant trentenaire britannique (avec un peu de sang français) et veuf depuis quelques années, avec qui elles vont passer un petit bout de temps sans savoir ce que l’avenir leur réserve.

 

« William n’en a pas fini avec le deuil de son épouse et Scarlett n’en a pas non plus fini avec celui de papa.

Deuil contre deuil, ça ne fait jamais un couple »

 

D’un aéroport à un repas en famille avec des personnages un peu déjantés, lorsque les masques tombent, que les secrets menacent d’être dévoilés et que l’amour semble vouloir s’en mêler, voilà qui promet une addiction assurée.

 

Cette romance contemporaine et audacieuse, d’un style nouveau pour moi, est pétillante, attendrissante, très agréable avec ce qu’il faut d’émotion et de piquant. Le style d’écriture est excellent et la plume de l’auteure est plus qu’intéressante. Le ton qu’elle donne à son roman est très plaisant ; de quoi passer un excellent moment de lecture.

 

« L’argent ne fait pas le bonheur, mais comme disait une mondaine très connue,

il est plus facile de pleurer dans une limousine que sur un vieux vélo » 

 

Les personnages sont vrais, vivants, drôles et attachants pour certains plus que d’autres. Telle une pièce de théâtre, ils entrent en scène chacun à leur tour au moment opportun. Leurs gestes, leurs répliques les entraînent dans des situations cocasses voire hilarantes, émouvantes et touchantes et parfois insolites qui s’enchaînent à un rythme fou. Impossible de décrocher d’un bout à l’autre. Mon coup de cœur partagé est pour Lizzie, la grand-mère de William ; un vrai bonheur que ce personnage

 

« Lena provoquerait de la tension chez un mort. C’est dans sa nature »

 

et Mélie, qui n’est équipée d’aucun filtre à paroles, dont la fraîcheur et le naturel m’ont fait mourir de rire tout au long de l’histoire.

 

« Mais pourquoi est-elle montée sur ce fichu arbre, ce jour-là ? »

 

Au cœur de Londres qui nous invite au voyage, l’auteure nous fait partager, dans un laps de temps de quelques jours seulement, la vie de deux familles diamétralement opposées en apparence mais qui vont découvrir qu’elles pourraient avoir des points communs insoupçonnés.

 

Sur un ton léger quand cela est nécessaire ; sur un ton plus sobre quand les situations l’imposent, les thèmes du deuil, du mensonge, du pardon et des préjugés sont parfaitement abordés. Tout ça sur fond de joutes verbales détonantes et tellement plaisantes qui cachent subtilement une pincée de romantisme sensuel très agréable.

 

« L’idée que mon frère joue les amoureux avec vous me contrarie plus que je ne le voudrais »

 

Au fil des pages, le voile se lève sur le titre de ce roman qui prend tout son sens. Pas si simple de faire le deuil de quelqu’un, pas si simple d’accepter l’autre tel qu’il est,  pas si simple d’accepter nos erreurs et celles des autres, pas si simple d’aimer à nouveau et de retrouver le chemin du bonheur, pas si simple…… sur beaucoup de questions existentielles qui régissent nos vies.

 

Entre autodérision et gravité, l’auteure jongle avec les mots et les sentiments sur différents tableaux et joue parfaitement avec nos sentiments, à nous lectrices, qui ne pouvons qu’en redemander tant le sentiment de quiétude et de bien-être est grand lorsque le mot FIN apparaît. Assurément, c’est un roman à découvrir sans modération.

 


27/08/2017
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