Mille livres en tête

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Tempêtes du Sud - Compass #1 / Brittainy C. CHERRY

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Quelle beauté que cette lecture que je termine avec plein d'étoiles dans les yeux et dans le cœur ! Ça fait bien longtemps que je n'ai pas lu Brittainy C. CHERRY et c'est un vrai bonheur que de retrouver cette plume si tendre. Merci infiniment à Hugo New Romance pour leur confiance sur ce Service Presse via Netgalley.


Auteure incontournable en New Romance, il m'était impossible de résister à l'envie de découvrir le 1er tome de cette nouvelle saga "Compass" qui portera sur les 4 points cardinaux. C'est rare que je lise un livre si tôt après sa sortie mais là je ne m'explique pas le pourquoi d'un changement dans mes habitudes.

 

Pour le résumé, c'est par ici


Avec cette magnifique histoire, l'auteure coche tous les critères que j'attends pour faire d'une lecture, un coup de cœur.  Même s'il m'a manqué un éclaircissement sur un certain point, je suis clairement sur une découverte coup de foudre, qui ne m'a pas laissée indifférente.


Ce sont sur des bases sûres que repose cette histoire qui nous fait découvrir Jax et Kennedy, deux personnages très émotionnellement impactés et meurtris. Et qui ont du mal à se relever des épreuves passées et présentes. Et avec un tel schéma, l'auteure ne peut qu'avoir toute mon attention.

 

« S’il y a une chose en ce monde qui nous réunit tous, c’est la vie et la mort, le jour et la nuit »


Il est toujours difficile de décrire un ressenti sur un tel livre. Il fait partie de ces ouvrages qui se vivent si intensément que faire la distinction entre fiction et réalité est souvent compliqué. L'investissement psychologique et émotionnel qu'on peut mettre dans une telle lecture est juste hallucinant.


Comme toujours, ce sont des personnages très bien construits que l'auteure nous fait rencontrer. Ils ont des failles certes mais je n'ai pas relevé de défauts qui auraient pu m'agacer venant de l'un ou l'autre. Le fait de connaître assez tôt ce qui explique leurs comportements et leurs réactions est un des points forts de l'histoire. Et permet donc de les comprendre sans être dans le jugement.

 

« C’est drôle comme on peut regretter les démons avec lesquels on a pris l’habitude de jouer, une fois qu’on nous les a retirés »


Mais... parce qu'il y a un mais (positif, toutefois !), tout le talent de l'auteure est dans cette capacité qu'elle a de nous surprendre au fil des chapitres avec des révélations auxquelles on ne peut s'attendre. Et clairement, on ne peut pas dire de ce roman qu'il est sans surprise car jusqu'à la fin je me suis retrouvée prise au piège d'une multitude de sentiments. Et j'avoue que si j'avais pu entrer dans l'histoire pour leur apporter tendresse et réconfort, je l'aurais volontiers fait.


Car il est évident que Kennedy est une jeune femme touchante, qu'on a juste envie de prendre par la main et de serrer dans nos bras. Le début de notre rencontre avec elle est terriblement poignant et impossible de faire autrement que de ressentir de la compassion et de la tendresse. Même si le sujet traité par l'auteure concernant Kennedy n'est pas innovant, il est abordé sans en faire trop comme pour ne pas alourdir l'histoire et se concentrer sur la suite. Du début à la fin, j'ai adoré ce personnage que l'auteure a su faire grandir, sans précipitation, comme nous étions en droit de l'attendre.

 

« Il ne devrait jamais vous rabaisser, surtout lorsque vous êtes au plus bas. Il devrait vous aider à vous relever au lieu de vous enfoncer »


Surtout qu'au contact de Jax, plus l’histoire défile plus tout semble si évident. Bon, on ne va pas se mentir, il ne se présente pas sous son meilleur jour dès le départ. Et j’aime beaucoup ça puisque ça permet de prendre conscience de ce qu’il ressent.

 

« Si on pouvait tuer avec des bougonnements hargneux, je serais déjà morte au moins dix fois. Si la mauvaise humeur était une discipline olympique, il aurait la médaille d’or »

 

Les personnages masculins de cette auteure sont probablement ceux que je préfère découvrir dans ce genre et Jax est une rencontre forcément forte en émotions. Même s’il n’est pas parfait, dès le départ, même s’il refuse le bon pour ne garder que le mauvais, on est sur un profil auquel on s'attache immédiatement ; sans même se poser de questions. Même si la vie ne lui rend pas tout ce qu'il donne aux autres, il sait rester fidèle à ce qu'il est ; à ce qu'il a toujours été. La manière dont j'ai été touchée par son vécu est certes différente que celle pour Kennedy, mais d'intensité égale. Il est impossible de les dissocier.

 

« Je suis le connard de la ville. J’essaie juste de me conformer au rôle qui m’est assigné »


Ce que j'ai particulièrement aimé, c'est qu'il n'y a aucune animosité dans cette histoire qui se tisse lentement comme pour s'assurer de sa solidité. Au contraire, la tendresse a vraiment une belle place et le fait que l'auteure ait inséré des événements passés renforce encore plus ce sentiment de douceur.


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Alors attention, il n'empêche que cette histoe n'est pas sans saveur, qu'il ne se passe rien. Bien au contraire, elle est riche de tellement de choses que l'auteure n'aurait pas pu la faire plus complète.


Dans ce roman, Brittainy C. CHERRY aborde des thèmes forts qui matchent à coup sûr dans ce genre littéraire. La famille et l'amitié y sont développés avec beaucoup de talent et représentent de vrais piliers sur lesquels repose la force de l'histoire.


Les personnages secondaires représentent, chacun à leur niveau, des éléments essentiels pour l'évolution de l'histoire. Et celui qu'on pourrait presque considérer comme un 3ème personnage principal est évidemment Connor. Si jeune et pourtant faisant preuve d'une belle maturité. Sa relation avec Jax et leurs échanges apportent régulièrement un peu de légèreté. Et j'ai plus qu'adoré cet aspect-là du roman ainsi que la relation de Kennedy avec sa sœur Yoana.

 

« Nous étions le parfait couple désaccordé. C’était comme si Grincheux avait monté une affaire de plomberie avec Joyeux »


Brittainy C. CHERRY fait, sans nul doute possible, partie des auteures confirmées grandement présentes dans ma bibliothèque. Son écriture est percutante tant par le contenu que par les émotions qu'elle véhicule. Et se plonger dans un de ses romans, est toujours un vrai beau moment de lecture. Et cette fois-ci, ça se confirme à nouveau.


Alors si vous aimez cette auteure et sa plume unique, je ne peux que vous conseiller de vous plonger, sans attendre, dans ce 1er tome qui promet une très belle série dont j'ai hâte de découvrir les tomes suivants. Très belle lecture !


03/04/2022
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Tout ce que je veux pour Noël, c'est toi / Phoenix B. ASHER

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C'est certainement une des romances de Noël les plus attendues de cette fin d'année 2021. Une auteure valeur sûre qui revient chez Hugo New Romance pour une histoire comme je les aime particulièrement : "Tout ce que je veux pour Noël, c'est toi" de Phoenix B. ASHER. Et je remercie vivement Célia pour l'envoi de ce titre, dans le cadre du partenariat Fyctia, qui ne peut qu'être un coup de cœur en ce qui me concerne.

Pour le résumé, c'est par ici


Alors qu'il est impliqué dans une fâcheuse et délicate affaire de sextape, Axel WALKER, jeune texan de 30 ans, à la réputation sulfureuse depuis que sa fiancée l'a planté devant l'autel et employé dans l'affaire familiale Walker Oil Corp. doit se mettre "au vert".


"Elle déconne ? Je ne vais quand même pas mettre ma vie entre parenthèses pour une merde pareille. Il faut juste que je me calme sur les petites sauteries, que j'arrête de picoler comme un trou et ça passera tout seul"


C'est dans le Wisconsin, dans la maison de son grand-père qu'il va passer quelques mois dans une solitude totale, n'ayant pour seul but que de rénover le chalet de son aïeul.


Alors qu'au bout de 8 mois il se décide enfin à sortir et à se rendre en ville, le passé va se rappeler à lui sous les traits de Rome, jeune femme de 29 ans, revenue il y a peu de temps dans sa ville natale avec Eli, son fils de 8 ans, souffrant du syndrome d'Asperger. Rome, dont le mari a disparu en mission en Afghanistan, doit faire face à de graves difficultés pour subvenir à ses besoins et à ceux de son fils qui nécessite des soins particuliers et onéreux.

 

« Dans la vie, on fait souvent ce qu’on peut avec ce qu’on a, et ce n’est déjà pas si mal »


Axel qui n'a rien oublié de son amour d'adolescent va se retrouver confronté à un dilemme, où la raison et le cœur seront une fois encore en total désaccord. Et Rome pourrait bien être tiraillée entre son grand amour disparu et les fantômes du passé qui ne la laissent pas indifférente.

 

« Nous ne nous sommes peut-être pas vus depuis treize ans, mais nous ne pourrons jamais être des étrangers l’un pour l’autre »


Il n'est jamais décision facile à prendre lorsqu'il est question de sentiments. Alors, souvent, il faut juste écouter son cœur !

 

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Décembre 2019 : très joli coup de cœur pour la première romance de Noël publiée chez Hugo Poche  : Unexpected Christmas sous la plume de Phoenix B. ASHER que je découvrais donc à cette occasion.

Décembre 2021 : ce n'est pas seulement avec un très joli coup de cœur que je ressors de ma lecture de cette romance mais avec bien plus que ça. Je ne sais même pas si je vais pouvoir trouver les mots adéquats à ce que j'ai ressenti au fil de ma lecture.


Il m'a fallu à peine quelques heures pour succomber totalement à cette romance qui est d'une telle douceur... C'est incroyable comme j'ai aimé tous les sentiments qu'elle a fait naître en moi et avec une telle intensité.


C'est vraiment sous cette forme là que j'aime lire les romances de Noël qui ne sont pas mon style littéraire favori. Et encore, je ne trouve pas que l'histoire soit tant axée que ça sur la notion de Noël même s'il y a quelques références régulièrement amenées. Je la classerais plus en "romance hivernale" mais c'est un détail qui ne change rien à mon avis final.


J'ai particulièrement aimé la manière dont l'auteure a abordé cette histoire qui débute par un prologue court mais efficace, qui ne se perd pas en contenu inutile ; comme tout le reste du livre d'ailleurs.


Nous sommes face à des personnages qui ont un passé commun et qui se retrouvent 13 ans plus tard, alors qu'aucun des deux ne s'y attendait. Et j'aime beaucoup ce schéma qui ajoute toujours, pour moi, un petit quelque chose en plus dans les sentiments qui renaissent et qui évoluent comme si le temps écoulé n'était qu'une simple pause dans leur histoire.

 

« Le présent et l’avenir, c’est là-dessus qu’il faut se concentrer »


Unis par des sentiments forts lorsqu'ils avaient 16 et 17 ans, Axel et Rome ont mûri et ont évolué de manière totalement opposée. Rome est veuve de guerre et maman d'un garçonnet de 8 ans souffrant de handicap. C'est une donnée qui pourrait effrayer plus d'un.


Axel a par deux fois été échaudé en amour et vit en solitaire avec Shadow, chien-loup recueilli, qui l'accompagne comme n'importe quel animal domestique. En attendant de savoir s'il va ou non retourner au Texas, c'est un talentueux artiste du bois. Et comment ne pas craquer...


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Ce sont des personnages avec des défauts et des qualités certes mais qui sont tellement touchants et attachants. Il n'y a pas un moment où j'ai levé les yeux au ciel d'agacement, pas une fois où je n'ai été en désaccord avec eux, rien...


Comment ne pas être émue par Rome et son histoire ? Cette facette-là de la jeune femme est quelque chose qui m'a vraiment touchée. Et elle est vraiment très bien décrite et écrite par l'auteure qui nous permet de prendre conscience de la souffrance endurée par cette jeune femme qui reste forte face à l'adversité et à la dureté de sa situation de maman solo. Et surtout, on peut comprendre le pourquoi de ses choix et de ses réactions.


Face à elle, Axel se présente vraiment comme l'homme parfait - ou presque -, auquel je ne m'attendais pas forcément lorsque j'ai lu le prologue. On sent la profondeur de ses sentiments et la douceur qui en découle lorsqu'il retrouve celle qu'il aimait alors qu'il n'était qu'un adolescent.


Grâce à de nombreux petits détails, à des attentions toutes simples et à des situations qui ne tombent jamais dans le cliché, tout ce qu'il fait ou ce qu'il dit est simplement beau. Il dégage de lui une beauté intérieure qui va bien au-delà du physique et il est tellement respectueux, encore plus lorsqu'il s'agit de Rome. L'homme parfait n'existe pas mais on s'en approche dangereusement avec un tel personnage. Et malgré un schéma Slow Burn, il apporte souvent une touche de sensualité qui ne laisse pas indifférente.

 

« Il fait passer le bonheur des autres avant le sien. Je ne suis pas certaine que j’aurais aimé le voir fonder une famille avec une autre »


Au-delà de la romance, ce que j'ai vraiment aimé c'est sa relation avec Eli ; sa manière d'appréhender ce thème si touchant qu'est le handicap, tout en douceur et en simplicité. Pour ce thème, l'auteure a su ne pas trop en faire, en apportant juste ce qu'il faut pour que la lecture reste fluide et qu'on ne bute pas sur certains détails liés au handicap.

Car même si le personnage d'Eli intervient de manière différente, il est aussi important que tous les autres puisque la vie de Rome lui est dévouée. Et l'auteure m'a vraiment conquise dans sa manière d'intégrer et de faire évoluer ce petit homme comme un fil conducteur de l'histoire. Et mon cœur a fondu lors des passages évoquant sa relation avec Shadow. C'était tellement beau !


Alors oui, l'auteure aborde des thèmes forts et percutants comme le deuil ou le handicap qu'est l'autisme, elle intègre des épreuves cohérentes pour apporter encore plus de réalisme à l'histoire, mais ça ne rend pas l'histoire triste ou dure pour autant. Touchante, oui... En tout cas, je ne l'ai pas ressentie comme pesante et j'ai adoré chaque moment passé avec eux.


Une nouvelle fois, Phoenix B.ASHER a su me combler du début à la fin avec cette histoire de Noël où douceur et sincérité des sentiments sont des constantes infaillibles pour surmonter les maux et les épreuves. Et c'est bien avec ça que naissent les plus belles romances. Très belle lecture ! 


31/12/2021
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The one I want / Fanny MYJANY

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Quelle merveilleuse et superbe histoire que "The one I want" de Fanny MYJANY parue en version numérique chez Harper Collins France dans la collection &h. Merci à Netgalley France et collection&h pour cette sublime découverte.

 

C'est sur la base d'un thème fort, poignant et malheureusement régulièrement d'actualité, que l'auteure a réussi avec beaucoup de talent et de sensibilité à créer cette histoire pleine d'émotions et de douceur.

 

C'est Joram, à peine 20 ans, que l'on rencontre alors qu'il cherche à fuir sa terre natale, la Syrie. Accompagné du seul membre de sa famille qui lui reste, sa sœur Aya 7 ans, il se prépare à vivre un exil long et éprouvant, sans savoir ce qui l'attend au bout du chemin et s'il parviendra à son but.

 

« Ma vie n’est qu’un vaste chaos. Le présent est décousu et l’avenir certain »

 

Après des milliers de kilomètres parcourus et plusieurs pays traversés la peur au ventre, c'est à Paris qu'il parvient enfin. Ses pas fatigués l'amènent à la porte d'une association où il est accueilli par Louise qui termine sa journée. L'heure tardive ne permettant pas de trouver un refuge pour sa sœur et lui, Louise, poussée par un sentiment inconnu, les emmène passer la nuit à la colocation qu'elle partage avec Rafa, Stan et Noodle.

 

« Hier j’ai su qu’il bouleverserait ma vie, quand je l’ai vu. C’a été instantané. Trop brusque même. Mon instinct m’a dicté de leur tendre la main alors que je n’ai jamais fait ce genre de chose »

 

Ce qui ne doit être qu'une nuit d’accueil va se révéler être le début d’un sentiment profond oscillant entre attirance et sentiment amoureux mais qui pourrait bien être malmené et compromis par la réalité d’une vie qui ne peut être ignorée.

 

Mais les lendemains incertains qui rythment la vie de Joram, lui permettront-ils de se reconstruire comme il l’espère ?

Et quel avenir peut être possible pour deux âmes blessées par des destins brisés sur lesquelles une épée de Damoclès plane ?

 

Au travers de ces parcours de vies chaotiques, Fanny MYJANY signe là une histoire pleine de réalités même si elles ne sont pas toutes roses. Le thème qu’elle a choisi d’aborder dans cette romance est tellement fort que le risque aurait été de lui donner une importance alourdissante.

 

Mais grâce à la plume toute en simplicité de l’auteure, il n’en n’est rien heureusement. Avec des mots simples, parfaitement adaptés aux situations et aux sentiments rencontrés au fil de la lecture, l’auteure maîtrise parfaitement le mélange fait de société/romance et permet ainsi de bien faire ressentir tous les sentiments qui traversent les protagonistes.

 

Joram est un très beau personnage que l’on sent vrai et sincère dès le 1er chapitre. La vie ne l’a pas épargné et c’est au cœur de cette vie en Syrie que l’auteure nous plonge d’entrée pour prendre toute la mesure de ce qu’il a vécu et de ce qu’il va vivre encore. J’ai vraiment aimé le fait que l’auteure débute cette romance par l’exil de Joram et sa sœur Aya qui veulent fuir l’enfer de la vie en Syrie qui leur a arraché leurs parents. Il n’y a aucune lourdeur dans ce choix d’écriture et j’ai vraiment apprécié toute l’humanité et la solidarité qui transparaît dans ces moments d’échanges. En mémoire de leur père, c’est à Paris qu’il espère se reconstruire après avoir tout perdu.

 

« C’est drôle comme on a besoin de se raccrocher à des choses aussi insignifiantes. Un mur, un ourson en peluche… Le plus petit élément encore debout après d’horribles moments semble nous rapprocher un peu plus du bout du tunnel et on se le dit tous : l’espoir est permis »

 

C’est justement à Paris que vit Louise, jeune femme solitaire mais pleine d’énergie pour qui a besoin d’elle. Un an ! Un an qu’elle s’est sentie trahie et qu’elle a choisi de tout quitter pour prendre un envol difficile mais nécessaire loin d’un environnement dont on découvre l’étendue au fil des pages. Tatouée et piercée, celle qui apparaît comme une jeune femme indomptée et indocile, au caractère bien trempé et à la répartie haute, est pleine de bienveillance et d’empathie envers ceux qui sont dans le besoin. Notamment dans l’engagement bénévole auprès d’une association venant en aide aux réfugiés. 

 

« J’ai envie de me barrer loin, de tout plaquer et de poser mes valises dans une vie où je pourrais tout reconstruire. Pour faire ce que j’aime, sans concessions »

 

La trame de cette histoire est très bien construite et structurée. L’auteure a parfaitement maîtrisé l’écriture de ce qui s’avère être une histoire pleine d’humanité dans laquelle la force des personnages est un vrai point fort. Fanny ne s’est pas risquée à ajouter de la noirceur dans un sujet déjà si sensible et j’apprécie quand l’écriture va à l’essentiel.

 

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Joram n’a plus rien, si ce n’est sa sœur, est pourtant il a une force mentale qui le porte pour s’en sortir : pour lui, pour elle. Il fait preuve d’une maturité qui lui a été imposée par des circonstances douloureuses et ça fait de lui un personnage magnifique qui tout au long du roman va faire de belles rencontres notamment avec des personnages secondaires tellement beaux.

A chaque chapitre, l’auteure est parvenue à me faire ressentir leurs peurs, leurs doutes, leur détresse face à un avenir plus qu’incertain mais surtout l’espoir qui anime le jeune homme et qui le maintient dans sa démarche.

 

« Il faut toujours tenter d’autres chemins. C’est la seule façon de ne pas se perdre »

 

Sa relation avec Louise sonne comme une évidence. Qu’est-ce qu’elle est belle et tant de douceur s’en dégage ! Même si leur parcours est semé d’embûches ou de contretemps, ils vont s’accorder le droit de vivre ce que la vie leur offre mais sans savoir quelle fin leur sera accordée. Tout est beau dans leurs gestes, leurs échanges, leurs paroles, leurs confidences ; tout ! C’est vrai que tout au long de cette histoire suspendue à de longues attentes, à des décisions incertaines et à des fantômes du passé qui ressurgissent, je me suis demandée s’il était possible qu’une fin comme je l’espérais pouvait avoir sa place. Ca je ne vais pas vous le dire bien sûr !

 

« J’ai l’impression de goûter l’interdit, de me tenir au bord d’une falaise et de flirter avec le danger. Et c’est plus fort que moi, je savoure la sensation de son souffle sur ma peau »

 

Fanny MYJANY a choisi un style que j’apprécie toujours et encore : la narration interne à double voix. Et là, selon moi il n’aurait pas pu en être autrement pour s’approprier l’histoire et tout ce qui la compose. Il aurait été impossible d’appréhender les passés respectifs de Joram et Louise et de comprendre leurs choix et leurs réactions. Ainsi, rien n’a été oublié et l’histoire est complète.

 

Sous des sujets délicats – surtout en romance -, l’auteure a su apporter de la légèreté avec les personnages secondaires des colocs de Louise. De très beaux moments de partage, avec une pointe d’humour parfois, jalonnent l’histoire et c’est une réussite. Mais aussi beaucoup de tendresse avec Aya, la petite sœur de Joram. Quelle beauté que ces passages où elle apparaît et intervient ! Quand il y a des enfants, ça matche toujours avec moi mais là mon cœur s’est parfois serré tellement c’était beau et tout en émotion.

 

Je ne connaissais pas cette auteure et je suis plus qu’heureuse d’avoir pu la découvrir au travers de cette histoire pleine de véracité à tous points de vue. Même si je ne trouve pas la couverture et le résumé spécialement adaptés à ce qui attend la lectrice, c’est un très beau coup de cœur que je ne peux qu’attribuer à ce roman qui m’a conquise tant par son contenu que par la plume sûre et maîtrisée de l’auteure. Et je vous souhaite de vous laisser porter de la même façon par cette histoire. Très belle lecture !


26/08/2021
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Try baby / Lou MARCEAU

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Toute histoire avec une partie « musique » ne peut que m’attirer et pour celle de « Try baby » de Lou MARCEAU parue chez Hugo New Romance, j’ai cédé à la tentation plus tôt que prévu. La couverture et le synopsis m’attiraient beaucoup trop pour que je résiste longtemps. Et j’ai donc fais une petite entorse à mon planning lecture. Et bien m’en a pris car c’est un énorme coup de cœur que j’ai eu pour ce roman.

 

Pour le résumé, c’est par ici :  Try baby - Synopsis

 

Comme tous les gros coups de cœur que j’ai pu avoir, dès le 1er chapitre j’ai su que ce roman allait être dévoré en peu de temps. Et effectivement, il ne m’a fallu que quelques heures d’intense plaisir pour qu’il soit achevé.

 

Ce qui m’a attirée d’entrée, c’est le caractère atypique de l’histoire notamment concernant le personnage féminin, Svetlana LUKIC. C’est une jeune femme qui a bien réussi sa vie professionnelle, puisqu’elle est une brillante chirurgienne dirigeant un service de chirurgie cardiaque à New-York,  mais qui sentimentalement parlant est plus adepte du sexe sans attache avec la gente féminine que masculine. Les hommes, elle n’en a pas besoin et elle a toujours su faire sans eux.

 

« Même moi, je peux y être insensible. Un homme reste un homme, même s’il appartient aux KA-9. Soit un être humain auquel il manque un vagin et une paire de seins, pour pouvoir me plaire »

 

Sauf que lorsqu’elle doit pratiquer une opération sur le grand-père de Tadzio STEADMAN, célèbre pop star adulé par des milliers de femmes, on peut s’attendre, dès le départ, à ce que la situation soit cocasse pour ne pas dire compliquée. Celui qui ne voit en elle qu’une « interne décorative » va se montrer assez imbu de sa personne, un peu envahissant et surtout très déterminé. 

 

Quand on met en présence une jeune femme qui n’aime pas les hommes avec un homme pour qui elle va représenter comme un défi, ça donne une lecture 100% plaisir. Tout à fait ce que j’aime ! Merci Lou pour cet excellent moment de détente livresque.

 

Comment une simple opération chirurgicale pourrait-elle amener un véritable chamboulement dans la vie de Svetlana et la faire sortir de tout ce qu’elle tenait pour acquis ?

Jusqu’où sera prêt à aller Tadzio pour prouver à la jeune femme qu’il ne faut jamais dire jamais et pour lui faire voir plus loin que les apparences médiatiques ?

 

Ce roman rassemble vraiment tout ce que j’aime lire. Un peu comme ces films romantiques dans lequel on rêverait de piquer la place de l’héroïne. Pour écrire une telle histoire, je soupçonne l'auteure d'être une vraie romantique.

 

Et quand ça démarre aussi fort, le plaisir est encore plus grand. Une plongée dans une histoire assez peu commune et peu conventionnelle, sur fond d’ambiance musicale parfaitement dosée par la plume de l’auteure que j’ai adoré retrouver après « So What ».

 

"C'est le nom qui va vous obséder jour et nuit à peine aurai-je franchi la porte de votre bureau"

 

Dans cette histoire, il n’y a rien que je n’ai pas aimé. L’écriture de Lou est vraiment accrocheuse et elle a ce petit truc qui fait que ses livres se lisent avec une facilité déconcertante. Elle a cette faculté de créer des personnages auxquels il est difficile de ne pas adhérer et c’est exactement ce qu’il se passe avec ceux de ce roman – en tout cas pour moi -.

 

"Papi semble décidé à faire confiance à une fille qui ressemble à un mélange improbable entre ma copine Gigi Hadid et deux de mes fantasmes d'adolescent - Eva Herzigova et Charlize Theron - mais qui prétend être chirurgienne"

 

Svetlana fait partie de ces personnages qui, de par ses origines étrangères - puisqu'elle est serbe - et sa condition de femme évoluant dans un monde masculin assez fermé, a dû se battre pour en arriver là où elle est aujourd’hui. Elle peut être fière de son parcours et d’avoir su s’imposer en tant qu’égale à ses confrères masculins. Elle a du caractère et de la répartie et elle assume pleinement son orientation sexuelle mais ne cherche pas de relations sérieuses. Elle devait être loin de s’imaginer croiser la route de l’insupportable bassiste du groupe pop rock qu’elle-même écoute.

 

Insupportable est un mot un peu faible lorsqu’on rencontre Tadzio STEADMAN en même que Svetlana. C’est le grand-père qui doit être opéré mais c’est le petit-fils qui met son grain de sel partout ; grain de sel assez piquant peut-on dire. Déjà là, le ton est donné et ça promet quelque chose d’assez rythmé et explosif.

 

Mais sous ses airs un peu prétentieux et ses reparties assez caustiques, on sent qu'il aime son grand-père plus que tout et que sous une impression de surjoué, se cache quelque chose de plus profond. Et forcément, on ne peut pas lui en vouloir un seul instant. Et s'il veut en profiter pour titiller notre belle chirurgienne, on cautionne totalement son côté joueur et sexy en diable qui plus est.

 

"J'ai l'impression d'être avec un gamin sous amphétamines auquel personne n'aurait jamais expliqué la signification des limites et du mot NON. Je suis obligée de lui demander de jouer de la guitare ailleurs que dans ma salle d'attente. Ou d'éviter de se déplacer avec son skate dans les couloirs du service. Un skate. Sérieusement"

 

Sur un rythme soutenu, qui ne s’essoufle jamais, c'est une histoire qui se constr2.pnguit sans précipitation pour notre plus grand plaisir. L'imagination de l'auteure est telle que le contenu dense, intense et de qualité, associé à des joutes verbales mordantes, nous empêche de lâcher le livre sous peine de grande frustration. Car ce qui a la base devait être une simple rencontre professionnelle va finir en association pour une belle cause. Et plus pourquoi pas...


Dans ce roman, ce sont deux mondes opposés qui se percutent de plein fouet. Chacun a ses points forts et ses points faibles et les savoureuses réparties les rendent terriblement attachants. On adore le côté provocateur exaspérant parfaitement assumé et soigneusement entretenu de Tadzio face à Svetlana qui tombe droit dans le panneau alors qu'elle est persuadée qu'elle ne se laissera pas avoir.

 

"Ne vous en déplaise, aussi délicates soient-elles, vos épaules ne m'excitent pas. Vos fesses et votre cambrure de pole dance, si"

 

L'alternance des points de vues choisie par l'auteure – et que j’adore forcément - est un bel atout dans cette histoire où on aime avoir accès aux pensées de chacun. Surtout lorsqu'une belle part d'humour y est associée, c'est encore plus léger. L'écriture de Lou MARCEAU donne une incroyable vie à cette histoire ; à tel point qu'on n'a vraiment pas l'impression de seulement lire un livre. C'est bien plus que ça !

 

" De toute façon, même muselé et attaché, ce type est une hormone sur pattes. Il exsude tellement le sexe et les orgasmes que je m'étonne qu'aucune femme ne soit tombée enceinte à la clinique"

 

Dans cette histoire 100% romantique - avec une scène toute simple qui m'a fait fondre -, qui prend vraiment tout son temps et qui est semée de quelques déconvenues obligatoires pour pimenter le tout pour notre plus grand plaisir, les deux mondes choisis par l'auteure sont évoqués juste ce qu'il faut. Pas de détails pesants ; seulement la bonne dose de scènes et références, pour situer le contexte et apprécier le déroulement. Le risque aurait été de surcharger l'histoire et d'apporter un sentiment de pesanteur ; il n'en est rien. Le côté musical et l’évocation du film « A star is born » m'ont fait définitivement craquer.

 

« Je ne serai plus ton défi, pas plus que je ne deviendrai ton jouet »

 

Cette histoire ne serait pas complète sans la présence, d'un côté ou de l'autre, d'une bande d'amis aussi soudés que les doigts d'une main. Et bien que n'ayant pas lu tous les écrits de l'auteure, certains personnages font référence, il me semble, à deux romans de Lou : Romy & Lily. Le fait de ne pas les connaître ne m'a pas empêchée de les apprécier ; mon petit coup de cœur allant pour Charlotte. L’amitié est vraiment partie prenante dans cette histoire, que ce soit pour Svetlana ou Tadzio et cet aspect-là est aussi attractif que le côté romance tant espéré.

 

"Charlotte est comme le Q au Scrabble, elle compte triple"

 

Le problème lorsqu’on a un coup de cœur sur une histoire, c’est qu’on aimerait en parler pendant des heures tellement il y a à dire dessus. Et autant dire que sur les 470 pages que comporte ce roman, j’aimerais vous en dire encore plus mais… J’ai mis de nombreux post-its pour ne pas oublier certaines répliques qui m’ont bien fait sourire, certains passages qui m’ont touchée et toutes ces petites choses dont j’ai envie de me souvenir jusqu’à une prochaine relecture de ce qui est un petit bijou pour moi.

 

« Vous savez : l’avantage avec un sex toy, c’est qu’en général, il est nettement plus avantageux qu’un pénis réel. Et au moins, lui, il la boucle »

 

Oh que oui, c’est un livre que je lirai à nouveau car il correspond tout à fait à la lectrice que je suis. Comprendre ou non un coup de cœur, la question ne devrait même pas se poser. Personnellement, je respecte les goûts de chaque lectrice mais si vous aimez ce style d’histoire qui vous fera passer du sourire à l’émotion et surtout qui vous assurera un vrai bon moment de détente, alors foncez la découvrir ! En tout cas, pour moi, c’est un formidable coup de  !


01/08/2021
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T'as qu'à maigrir - T.3 / Mo GADARR

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Ayant eu le grand bonheur de découvrir les 2 premiers tomes de cette trilogie en partenariat avec l'auteure, je ne pouvais faire autrement que de vouloir connaître la fin de l'histoire de Slima et Ulrich. Merci à Mo Gadarr pour m'avoir associé, une fois encore, à ses partenaires pour ce titre paru en auto-édition.

 

C'est dans une situation délicate et dans un environnement peu enviable que j'ai retrouvée Slima. A la fin du T2, je l'avais quittée en me disant "Non, mais ce n'est pas possible..." et en commençant ce 3ème et dernier tome, une agréable sensation m'a envahie : le bonheur de retrouver cette histoire pour en connaitre enfin la fin.


Dans l'Avant-Propos, les mots de l'auteure m'ont interpellée car je ne suis pas du genre à chercher à imaginer ce que pourrait contenir cette suite et fin. En général, je me laisse porter ; l'imagination n'étant pas une de mes qualités. Et ces quelques mots m'ont encore plus donné envie de me plonger dans cette lecture. Comme quoi, chaque partie d'un livre à son importance.


De manière logique, je ne vais pas vous révéler la suite de l'histoire de Slima et Ulrich car au bout de 3 tomes, le spoiler serait inévitable. Vous n’aurez que mon ressenti, bien entendu ! Et qui, pour une fois, sera court car ce n'est pas un one-shot donc...


Il m'a fallu un certain temps d'adaptation pour me replonger dans cette histoire, surtout pour re-situer les personnages. Mais une chose est sûre : j'ai été touchée de retrouver Slim qui semble avoir perdu tout contrôle sur sa vie. L'insouciance a laissé place aux obligations ;  la résignation a remplacé cette jovialité qui la caractérisait. Elle va contre sa nature.


Ce tome permet de voir certains personnages autrement, de les voir avoir évolué depuis les 2 précédents  notamment la mère de Slim qu’on se surprendrait même à finalement apprécier. Ouf, il était temps !

 
Lire cette suite et fin, c'est un peu comme essayé de trouver une réponse à l'éternelle question : après une rupture, l'amitié homme/femme peut-elle exister ?

                       
Ce dernier volet est encore plus travaillé dans la profondeur de l'histoire, des personnages et de leurs sentiments. Et en parallèle, l'auteure a su ne pas retirer cette belle part d'humour propre à Slim, au travers de certaines réflexions ou certains événements. Même s’il y a toujours des moments poignants la concernant et qui la rendent si touchante.

 

« Je ne peux m’empêcher de rougir en me rendant compte que je suis en culotte et soutif en coton blanc Petit Bateau. Pour un mannequin, je suis aussi sexy qu’un fer à repasser »


Ulrich, ah Ulrich, ou Rick pour les intimes ! Il apparaît sous un angle différent : son côté protecteur est agréablement mis en avant surtout en ce qui concerne son meilleur ami Ethan mais aussi poursuivant sur sa lancée avec Slim. Reste à savoir si on a vraiment envie de croire à  la finalité sous-entendue. Surtout avec le personnage de Liz qui s'est invité dans l'équation et qui perturbe notre réflexion. C'est un autre pan du passé d'Ulrich qui se dévoile, passé commun avec Stan ; non moins douloureux que celui précédemment découvert. Mais qui éclaircit certaines zones sur lesquelles nous étions restés. Et malgré certains travers, ça le rend vraiment humain. Une chose que j’ai adoré (pour les personnes qui ont lu les 2 premiers volets), c’est une précision qui est apportée sur le tatouage de Ulrich et par conséquent, sur les titres des chapitres. Bravo l’auteure car là, je n’aurais jamais imaginé ça !

 

« Ma vie, c’est un peu comme ce miroir. Je sais que tout peut être clair, seulement il y a cette putain de buée qui déforme tout et qui masque tout… »


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Ce 3ème tome est plein de ces vérités en lesquelles, toute personne en surpoids, peut se reconnaître comme un reflet dans un miroir. L'auteure a su éviter l’écueil des clichés. Dans la fidèle continuité des précédents tomes, elle a suivi une direction qui m'a, cette fois, un peu effrayée et laissée sur ma faim un bon nombre de pages en maintenant ses héros sur le fil d'une tension hautement palpable. Autant dire qu’elle sait mener son écriture de telle façon qu’on ne peut pas décrocher.

 

Mo Gadarr fait partie de ces auteures dont je suis sûre qu’elle m’embarquera dans chacune de ses histoires. La qualité de ses écrits ne faiblit pas et sa plume est assurée et soignée. Rien n’avait jamais perturbé la lecture de ses romans mais ce 3ème tome m’a laissé un peu songeuse quant à certaines choses que j’ai pu relever et qui soyons honnête, ont un peu gêné ce moment dès lors que ça me sautait trop aux yeux.. Eh oui ! Certaines sont dérangées par tout un tas de chose ; moi, ce sont les petits détails liés à l’orthographe. Je ne me referais pas et clairement, oui ça peut me perturber lorsque je lis. Il doit y avoir une raison logique à cela mais ma sincérité fait que j’arrive difficilement à passer outre ce genre de coquille.

 

Hormis cette dernière déconvenue, il faut reconnaître que Mo GADARR signe une fin, pour cette saga, telle qu’on était en droit de l’attendre. Elle a su parfaitement doser les évènements, les émotions et toutes ces petites choses qui finalisent cette histoire prenante et touchante. A sujet fort, émotions fortes !  Et c’est bien pour ça que cette trilogie doit être lue. Alors, c’est à vous !


22/03/2021
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The Reason I Smile / Elle SEVENO

La vraie vie ne se vit pas sur Internet .jpgSynopsis : Une Rencontre sur un toit. Un sourire. Une évidence...

 

Cheveux tressés, bonnet, écharpe et gros manteau, Lili pourrait être quelqu’un de transparent si elle n’était pas si lumineuse. Gentille, optimiste, présente pour ses proches, elle ne demande rien et n’attend rien en retour. Si elle s’oublie ? Non, parce que c’est grâce aux sourires de ses proches qu’elle se sent vivante.

 

Connu et reconnu, Lilian est un globe-trotteur aux millions de vues sur internet. Autrefois impulsif et colérique, il profite désormais de la vie sachant que tout peut s'arrêter trop vite. Très peu d’amis - parce qu’il n’a pas le temps - il cache pourtant un cœur tendre, qui aurait besoin d’attention autre qu'intéressée.

 

Ce qu'il lui faut : un peu de repos auprès d’un groupe d'amis qui n’attend rien de plus de lui que de faire sourire leur meilleure amie. Lili.

 

Mais quand obligations professionnelles et célébrité se rappellent à lui, Lilian sera-t-il capable de ne pas faire souffrir Lili ?

 

Mon avis :

 

Dire que j'ai lu cette histoire simplement est un euphémisme. Je l'ai dévorée ! 240 pages de douceur, parfaitement illustrée par la couverture, qui font du bien. Merci Elle SEVENO de m'avoir permis ce si beau moment de lecture, à quelques jours de sa sortie, le 02/02/2021.

 

C'est sur une idée originale (et ô combien romantique à mes yeux) que se fait la rencontre entre nos deux personnages principaux, Lili et Lilian : sur le toit d’une boîte de nuit.

 

Lili est une jeune dessinatrice de BD de 21 ans qui a une particularité dont je ne vous dirais rien même si on la découvre dès le début de l'histoire. Elle est talentueuse et son univers tourne autour de ses fidèles ami(e)s d'enfance, Soline, Tony, Kevin et Lucas qui représentent vraiment l'amitié indestructible.

 

Lorsqu'elle rencontre, dans une soirée, Lilian, célèbre jeune YouTubeur globe-trotteur, aux millions de followers sur Instagram, ce sont vraiment deux mondes qui vont s'ouvrir l'un à l'autre. Mais comme dans toute romance addictive, le passé tortueux et torturé de Lilian ne va pas faciliter les choses.

 

Devant composer avec son passé et sa célébrité, Lilian saura-t-il tout mettre en oeuvre pour que l'évidence se concrétise tout en protégeant Lili ?

Et elle, sera-t-elle en mesure de le rassurer et de l'apaiser pour les mener vers un bonheur bien mérité ?

 

Comme je l'ai dit plus haut, j'ai adoré l'idée de base de cette histoire et la manière dont l'auteure l'a rendue si romantique et pleine de douceur. Comme une belle illustration, qu'en amour, l'évidence existe.

 

Ce sont des personnages tout en simplicité et en naturel qu'on accompagne au fil des pages. Il n’empêche que l’auteure les a soigneusement bien travaillés et réussis. Et autant dire que je les ai aimés de suite.

 

Lili, d'une nature calme, d’une apparente discrétion et d’un caractère affirmé, dégage une touchante douceur et quelque chose d'apaisant. Tout dans sa façon d'être, sa façon de s'exprimer, de penser, d'aimer la vie et ceux qui l'entourent, donne envie de l'avoir dans sa vie. Gourmande de la vie autant que des douceurs chocolatées, elle apporte une certaine chaleur et quiétude pendant la lecture.

 

« Le genre de fille qui te fait rester sur un toit à te les cailler alors que tes potes sont au rez-de-chaussée à t’attendre, un tas de gonzesses prêtes à tout faisant la queue »

 

Et son tempérament contrebalance avec celui de Lilian, qu'on suppose impétueux. Mais attention aux apparences qui peuvent être trompeuses.

 

« Si je lui donne un aperçu de ce qu’est ma vie, elle va plonger direct dans ma réalité. Aimera-t-elle ? »

 

Lilian est un personnage que j'ai adoré immédiatement tant dans ce qu'il dégage que dans l'approche qu'il utilise avec Lili et sa particularité. Il a un passé difficile qui le poursuit, une relation compliquée avec son père, un passif sentimental chaotique  et malgré un succès certain, il donne l'impression qu'il ne peut pas avancer dans une partie de sa vie. Hormis deux acolytes professionnels, assez peu présents dans l’histoire, il n'a pas d'amis. Et cette totale opposition avec Lili m'a vraiment touchée tout au long de ma lecture. Et qui apporte de la force à cette histoire.

 

« Est-ce que quelques minutes suffisent à savoir ce qu’on veut faire de sa vie ? Pour le boulot j’ai su, mais pour les filles… Jamais, encore. Enfin, je le croyais… »

 

« Tu es mon point d’ancrage. Je le sais Lili. Où que j’aille je reviendrai toujours là où tu es ».jpg
Pour ce jeune homme qui ne connaît que les relations intéressées dues à sa notoriété, Lili s’apparente à une bouffée de fraîcheur, de franchise, de patience et de spontanéité qui va le faire s’interroger sur ce qu’il ressent, sur ce qu’il veut et qui va lui donner l’occasion d’être lui-même. Très loin du bad boy qu’on pourrait imaginer, il cache en lui une part de tendresse qui va s’exprimer au contact de Lili et de sa bande d’ami(e)s. J’ai vraiment aimé cet aspect que l’auteure a choisi de développer avec ce personnage qui est celui qui va faire un sacré travail sur lui-même au fil des chapitres.

 

« J’ai toujours eu des potes plutôt que de véritables amis et je me suis fait une raison : je n’en aurai jamais vraiment »

 

Sous couvert de la romance naissante et en évolution, l’auteure évoque les méfaits des réseaux sociaux et les répercussions qu’ils peuvent avoir sur chacun d’entre nous. En l’occurrence, ici, c’est de la vie publique et privée de Lilian qu'il s'agit. Même si ce n’est pas ce qui compose le plus gros de l’histoire, c’est un sujet qui cimente le tout et qui va impacter les choix de Lilian. C’est intéressant de voir que le choix de l’auteure fait naître en son personnage des traits de caractères que lui-même n’aurait probablement soupçonnés. Et qui fait qu’on s’attache encore plus à lui lorsqu’il se révèle attentionné et protecteur.

 

« On sait tous en faisant notre boulot que, sur Youtube, Instagram, les réseaux en général, on est confrontés à la connerie humaine. Aux haters qui aiment croire qu’ils te connaissent et peuvent te juger alors qu’ils feraient mieux de la fermer et retourner à leur vie de merde. Parce qu’il faut une vie de merde pour cracher sur les gens hors d’atteinte. En face à face, pas sûr qu’ils auraient le même comportement »

 

Pour capter encore plus l’attention de la lectrice/du lecteur, l’auteure a intégré une légère part sombre à l’histoire même s’il faut reconnaître que l’évènement, au fil de la lecture, est prévisible sans grand mystère. Mais il apporte un plus qui agrémente l’histoire.

 

Avec ce roman à double narration, où on ne lève pas les yeux aux ciels, où on ne s’agace pas,  Elle SEVENO, signe une histoire aboutie où l’amitié à une place primordiale. Sujet qu’elle traite avec beaucoup de tendresse et de sincérité. J’ai vraiment aimé le paradoxe à ce sujet entre Lili et Lilian. Lui n’a pas d’amis ; elle, en a 4 et ce depuis l’âge de 5 ans. La puissance de cette amitié qui les unit est un peu comme un fil conducteur essentiel, tout au long de l’histoire. Ce thème revient souvent dans les romans mais là, j’ai trouvé qu’il était vraiment bien amené et développé. On s’attache autant aux amis de Lili qu’à elle et Lilian. Ils sont vraiment les piliers affectifs de cette héroïne qui le leur rend bien, du début à la fin.

 

« Tu as le droit de l’approcher, de la toucher et de bouleverser sa vie complètement… mais ne la blesse jamais »

 

Je ne connais pas tous les écrits de l’auteure, puisque certains univers dans lesquels elle a été éditée me sont étrangers, mais en New Romance, de par la douceur qu’il dégage et la qualité de l'écriture, ce livre arrive en tête du Top 5 de ceux que j’ai pu lire (Restart With Song, T’atteindre, 6 ans et Make me bad). Comme quoi l’aventure de l’auto-édition apporte son lot de belles découvertes littéraires. Et cette auteure ne déroge pas à ce constat. Je ne peux que vous conseiller de vous plonger, dès sa sortie, dans cette belle et authentique histoire.


31/01/2021
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T'as qu'à maigrir - T.2 / Mo GADARR

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Comment poser mon ressenti dans une chronique qui se montrerait à sa hauteur et à la hauteur de ce 2nd tome de la nouvelle saga de Mo Gadarr. Aucune idée ! Étant donné que je viens juste de refermer ce nouveau chapitre de l'histoire de Slim et Ulrich, je me lance à chaud. En n'omettant pas de remercier Mo Gadarr pour cette confiance qu'elle m'a accordée une nouvelle fois et qui me ravie à chaque fois.

 

Pour les personnes qui ont lu le 1er tome, et qui suivent l'auteure,  elles savent que ce 2nd tome est du point de vue d'Ulrich, le coach sexy. Et la méprise inévitable serait de se dire "ça ne m'intéresse pas ; c'est une redite du T1 au masculin". Mais ne jugeons pas quelque chose dont on ignore tout. Car c'est effectivement un des sujets - bien qu'il n'y ait pas que celui-là - de ce 2nd tome : juger sans savoir. Et un sujet entretenu par notre société qui, dès lors qu'il y a une différence, pense avoir la science infuse et la réponse à tout, concernant tout le monde.

 

Alors c'est vrai que l'auteure s'est servie de la base de son 1er tome, que des scènes sont forcément relues mais elle a vraiment développée une histoire bien distincte puisqu'elle nous emmène à la découverte émotionnelle d'Ulrich, qui était assez secret lors de la 1ère rencontre. Et je suis prête à parier que très peu de lectrices pourraient devenir son contenu. Et pourtant, j'en ai fait des hypothèses ; je n'ai rien vu venir.

 

Etant donné que c'est un 2nd tome, je ne vais rien vous dévoiler de l'histoire pour ne pas risquer de spoiler le T1, ni celui-ci ; juste partager le résumé de l'auteure.

 

"Challenge n°2 - (Se) dépasser

Ulrich a toujours tout fait pour ne pas laisser ses souffrances passées perturber son équilibre. C'est la raison pour laquelle il est à la fois nutritionniste et coach sportif. L'obésité, c'est comme le désordre : il l'a en horreur. Il s'est promis de toujours tout faire pour l'éviter et s'en tenir éloigné.

 

Mais voilà que se ramène cette femme à la grande gueule, au caractère bien trempé, mais qui surtout ne ressemble en rien à ses conquêtes habituelles. Elle représente vraiment tout ce qu'il ne supporte pas, tout ce qui le terrifie car sa simple présence le replonge dans ce qu'il y a eu de plus noir dans son existence. Pourtant cette Slim l'attire, même si ça, il n'est pas question qu'elle le sache !

 

Que peut-il bien se passer dans la tête de l'énigmatique Ulrich Kotits ?

Est-il l'être sans cœur que tout le monde s'imagine ?"

 

Tout a commencé par le titre du 1er chapitre : Without fat 8594. Et ce n'était qu'un début car chaque titre de chapitre a fait carburer mes méninges pour connaître la signification des chiffres qui allaient en grandissant. Et ça a duré un bout de temps. Mais bien avant d’en connaître la signification, l’auteure m’a vraiment transportée dans cet univers narré par le beau coach de chez Commando Gunter.

 

J’ai revécu l’histoire précédemment lue mais d’une toute autre manière. Dire que c’est la même chose c’est abuser. Je pars du principe que dès lors que l’auteure me fait voir l’histoire sous un autre angle et avec d’autres données jusqu’alors non dévoilées, c’est une nouvelle histoire qui s’ouvre à moi. Et quel plaisir de relire et revivre certaines scènes. J’aimerais qu’on m’explique la différence entre ce choix qu’a fait l’auteur et celui d’une lectrice qui va relire 3 ou 4 fois un même livre ; je ne vois pas ce qu’il y aurait de critiquable dans l’un ou l’autre cas.

 

La différence c’est que dans une relecture, rien ne change. Vous aurez beau relire ; pas un mot, pas une virgule ne seront différents. Alors que dans « T’as qu’à maigrir 2 », l’histoire de base est conservée mais la trame est totalement différente.

 

On ne savait pas grand-chose d’Ulrich mais là c’est vraiment une plongée que l’on fait au cœur de son histoire, de ses pensées, de ses ressentis, de ses blessures, de ses tocs et rituels et de ses démons. Et je trouve que, malgré quelques petites longueurs d’usage et quelques petites fautes qui m’ont laissée songeuse, la découverte est plus que réussie.

 

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Du fait que l’on a seulement le point de vue d’Ulrich et que ça change forcément la donne, l’auteure a su donner un souffle différent en incluant de manière plus importante des personnages qui étaient très secondaires dans le T1 et en faisant disparaître certains autres, en insérant des scènes totalement inédites que l’on a plaisir à découvrir et à inclure à l’histoire précédente, en nous faisant rencontrer des personnages nouveaux et de très belle qualité parfois et en soulevant des sujets qui découlent de tout cet ensemble parfaitement construit et écrit.

 

« S’il t’arrivait quelque chose, Slim, jamais je ne me le pardonnerais car… »

 

Ce qu’il est important de souligner, c’est le changement de ton dans ce roman. Du fait qu’Ulrich soit entouré d’une sacrée part de mystère, habité par des démons qu’on n’arrive pas à nommer et que la présence de Slim est différemment perçue, je trouve que nous ne sommes plus dans cette notion de feel good que j’avais pu ressentir  dans le 1er tome. Du fait d’un climat plus sensible, je n’ai pas vraiment retrouvé de situations cocasses ou de joutes verbales piquantes et attrayantes qui m’avaient fait rire et sourire. C’est vraiment un tome de transition vers le 3ème tome, pour avoir tous les tenants et les aboutissants des histoires de nos deux protagonistes.  

 

C’est Ulrich, l’homme torturé et Ulrich, le petit garçon si attachant, que nous accompagnons au fil des pages. On redécouvre celui qu’on a pu détester dans le 1er tome pour le voir évoluer vers l’homme qui a peur que l’histoire du petit garçon, qu’il a été, se répète et qui n’a de cesse que de vouloir se protéger et protéger celle qui représente tout ce qu’il fuit. Mais pour laquelle des sentiments confus vont naître, se développer et faire disparaître toutes les bonnes résolutions qu’il avait pu prendre et respecter jusqu’à ce qu’elle entre dans sa vie. Et donc perturber son équilibre émotionnel déjà mis à mal.

 

« Les moqueries, j’en dis beaucoup mais j’ai pourtant du mal à en entendre chez les autres »

 

C’est dans un cheminement long et parfois douloureux – voire très douloureux – que la lecture évolue comme pour nous envoyer des messages forts et tellement nécessaires sur des sujets réels et oh combien sérieux. Alors oui, il y a beaucoup d’hésitation, de pas en avant puis de pas en arrière, de résignation à laquelle on a envie de réagir bien entendu mais il y a des moments tellement touchants, sincères et tendres qu’on pourrait en oublier le reste. Il ne faut pas retenir que les aspects négatifs que certain(e) détestent ; il faut voir l’histoire dans sa globalité car c’est que je fais toujours.

 

« Dis-toi que cette femme entre dans les critères que ton cœur a choisis pour toi, il y a déjà longtemps. Les choses changent et les gens encore plus. Peut-être que tu as changé »

 

Dans ce tome, l’auteure a bien développé le sujet de base qu’est l’obésité. Alors attention, une nouvelle fois : elle ne pose pas en donneuse de leçon ou en coach minceur. Elle développe ce sujet qui est, ne l’oublions pas, le cœur du métier d’Ulrich. Et qui est aussi la clé à beaucoup de questions restées sans réponse dans le 1er tome. Il est traité de manière totalement différente et c’est ce qui apporte encore plus d’intérêt et de force à notre perception en la matière. Ca permet de poser un regard différent sur nos comportements, nos paroles, notre vision sur beaucoup du sujets qui souvent méritent juste qu’on reste à notre place, tout simplement. Seulement se dire : « et si ça m’arrivait à moi aussi ! ».

 

« L’obésité, il faut éviter qu’elle arrive sinon c’est un combat sans relâche pour la vie »

 

Au final de cette lecture, il en ressort que la dureté parfois ressentie du 1er tome laisse la place à la sensibilité du 2nd. Que la qualité du texte est toujours bien présente – malgré quelques petites coquilles -  mais d’intensité différente. Et que contrairement à ce que dit l’adage, « la première impression n’est pas forcément toujours la bonne ».

 

C’est sur un nouveau beau coup de  que j’ai terminé cette lecture qui m’a plus qu’agréablement surprise. Je serais même tentée de dire que je l’ai encore plus aimé que le 1er car il est plus profond en sentiments, plus touchant dès lors que le thème de l’enfance et de la famille est abordé d'une certaine manière, qu’il permet de se faire une idée de l’histoire globale en toute objectivité et qu’il m’a permis de voir Ulrich d’un autre œil, plus indulgent et plus attendri. Juste un petit regret : un personnage appartenant au passé est évoqué mais aucune explication n’est développée. Peut-être que la lumière sera faite dans le tome final ? Je l’espère.

 

J’ai vraiment hâte d’assister aux retrouvailles d’Ulrich et Slim dans le 3ème et dernier tome qui paraîtra d’ici à la fin de l’année et qui nous offre déjà une couverture encore plus belle que les précédentes. Si son contenu évolue dans le même sens, ça nous promet un final de haute qualité et fort en émotions. Alors je serai au rendez-vous bien entendu car, sans nul doute possible, « JeSuisUlrich » !


22/09/2020
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T'atteindre / Elle SEVENO

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Un résumé entouré d'une impression de mystère et une couverture sublime n'ont pas mis longtemps à me convaincre que je devais découvrir cette histoire. Pourtant, l'univers de la danse n'est pas ce qui m'attire vraiment mais l'originalité de ce début d'histoire m'a fait passer au-delà de mes à-pŕiori.

 

Lorsque Aidan, 12 ans, voit évoluer sur son écran un ange blond, c'est le chaos au fond de lui ;  jusqu'à devenir obsession. Cet ange, c'est Maya, 12 ans également. Et pour l'approcher, il doit faire de la danse sa priorité pour pouvoir intégrer la School of Manhattan Center Ballet.

 

"Je le sens dans mes tripes. Il faut que je la voie encore. C'est plus fort que moi"

 

Lorsqu'il va parvenir à  son but, les désillusions pourraient être au rendez-vous et ce qui était une obsession restera une obsession endormie au fond de lui. Jusqu'au jour où... !

 

Qu’est-ce que 5mn dans une vie, surtout dans celle d’Aïdan ?

Sous ses airs d’enfant froide et hautaine, que cache réellement Maya, danseuse prodige ?

 

J'avoue que je suis la première surprise à dire que le dernier roman d'Elle SEVENO est un très beau coup de . Il a quelques imperfections, selon moi, mais 3 fois rien, rien qui ne puisse empêcher que cette histoire m’ait fait vibrer.

 

J'ai tout de suite accroché à l'idée de l'enfant de 12 ans qui voit sa vie bouleversée en à peine 5mn et à cause d'une vidéo de danse classique. C'est assez peu commun et le concept est accrocheur. Après, dans ce type de thème atypique, tout dépend comment l'auteure s'en sort pour que ça fonctionne jusqu'au bout. Je reconnais que l'approche utilisée ici est intéressante.

 

Ce roman est scindé en 3 parties ; ce qui est assez peu commun. La 1ère partie concerne Aïdan, la 2nde partie concerne Maya et la 3ème partie est celle de leur réunion. Et pour chaque chapitre de chaque partie, un titre de chanson lui est attribué. Nous offrant ainsi une belle playlist musicale telle que j’aime à trouver dans les livres. Et là, elle se dévoile au fil de la lecture et non pas comme habituellement en fin de livre ; donc très bon point qui apporte ce petit plus qui va donner une autre saveur à la lecture.

 

On évolue au travers de l’histoire en alternant présent et passé ce qui nous permet de voir grandir les personnages que l’on rencontre assez jeunes vers 11/12  ans pour les voir évoluer jusqu’à l’âge adulte. J’ai tout de suite accroché au personnage d’Aïdan qui s’avère être un personnage plus expressif que Maya, enfant star de la danse que j’ai trouvé froide et très dure, dans ses propos et son comportement envers les autres mais aussi envers elle-même.

 

"Je ne suis pas jalouse. Je n'espère rien et ce n'est pas ce pincement dans mon cœur qui prendra le pouvoir sur le reste. Pétasse au cœur de glace. Combien de fois me suis-je répété cette insulte pour tenir le coup ? Est-ce qu'un cœur de glace peut autant aimer danser ?"

 

Aïdan est un jeune garçon puis un jeune homme forcément attachant au caractère assez fort. Tant de détermination à aller au bout de ce qu’il s’est fixé, c’est incroyable. En général, on pense que ce que les enfants choisissent vers 10/11 ans ne verra que rarement  le jour ; mais là, c’est vraiment tout le contraire. Il va se lancer dans une discipline exigeante, blessante et impitoyable. Et la danse va devenir aussi vitale à Aidan, pour se sentir vivant, que l'air pour respirer.

 

Blessée, ça fait déjà bien longtemps que Maya l’est. Mais pour la passionnée de danse qu’elle est, montrer ses émotions n’est pas du tout envisageable, ce serait une manière de laisser les autres venir à elle et risquer de percer à jour ses fêlures ; donc elle garde la face sous un comportement que j’espérais juste de composition. Car sincèrement, de premier abord, je n’aurais pas été vers elle. Jusqu’à…. Ça je ne vous le dirais pas !

 

"J'ai beaucoup de mal à interpréter les sentiments des gens. Peut-être parce que les miens ont été court-circuités lorsque j'étais petite et que je suis devenue une solitaire qui a peur de dévoiler ses failles. Comment parvenir à comprendre les autres alors que je ne me comprends pas toujours ?"

 

Le choix d’écriture de l’auteure est vraiment approprié à ce type d’histoire ; il nous permet de prendre le temps d’apprécier les personnages séparément, de s’approprier leurs défauts et leurs qualités ; pour ressentir pleinement, dans la dernière partie, le plaisir de vivre cette histoire intense qui les réunit.

 

Dans cette histoire, la plume d’Elle SEVENO a réussi avec beaucoup de talent, à m’emmener dans un univers qui ne me correspond pas forcément et à m’y maintenir captive d’un bout à l’autre. J’avais peur que ce roman soit trop axé sur la danse classique qui est la base tout de même ; il n’en n’a rien été, bien au contraire. J’ai découvert d’autres univers que comporte cet art et je me suis laissée  prendre au jeu en étant pleinement spectatrice de cette passion qui unit Aïdan et Maya ; qui nous fait vibrer entre poésie et sensualité électrique. Je n’ai ressenti aucune longueur, ni lourdeur dans cette découverte ; bien au contraire.

 

"Ses pointes donnent l'impression qu'elle vole. Ses mouvements s'accordent parfaitement au rythme de la musique, comme si la danse avait été créée pour elle. Comme si elles ne pouvaient pas exister l'une sans l'autre "

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Ce que j’ai vraiment apprécié c’est le contraste entre les deux personnages principaux ; tant dans leur comportement que dans leur environnement. Ne dit-on pas que les opposés s’attirent ? C’est exactement ça. Et ça apporte une douce tension qui entretient le rythme de l’histoire et la fait évoluer  juste comme il se doit. Ce n’est pas une histoire à l’eau de rose ; c’est quelque chose de juste incroyable tant l’intensité qui se dégage de cette passion nous maintient à la limite de l’apnée.

 

"C'est comme si mon avenir se jouait en une fraction de seconde. Pour une fille que je veux contempler tous les jours. À qui je veux parler. Que je veux toucher. Caresser. Embrasser. Mes désirs ne ressemblent plus à ceux du gamin rêveur de 12 ans, ni à ceux de l'ado un peu flambeur qui cherchait à se faire remarquer. Je ne veux plus juste danser avec elle, je refuse qu'un autre le fasse..."

 

Au-delà de l’aspect « danse », il y a une vraie histoire : celle d’un jeune homme, un peu bagarreur, qui a eu la chance de naître dans la bonne famille et de faire les bonnes rencontres pour grandir et devenir un homme et un danseur d’exception ; face à une jeune fille, danseuse d’exception depuis toute jeune, qui est enfermée dans un climat malsain, méprisant et d’exigence, entretenu par une mère égoïste et égocentrique qui la tient sous sa coupe pour vivre, en quelque sorte, une gloire par procuration.

 

« J’aimerais bien sourire comme eux… Je les envie. Non, à ce moment-là je les déteste. Ils ont ce que je n’aurai jamais. Mais moi je serai la meilleure. Je me sermonne en éloignant la tristesse. On me verra partout… »

 

Tout dans le cheminement de l’histoire est vraiment bien structuré ; même les séparations et les affrontements corporels ou verbaux sont une évidente nécessité à la force de ce roman et à la cohérence de l’ensemble. Le monde d’Aïdan, qui offre des personnages secondaires  - mention spéciale à Marco - de belle qualité morale et émotionnelle, entre en collision avec celui de Maya qui n’est caractérisé que par les brimades et la solitude. C’est un des points forts de ce roman qui arrive à mettre en lumière une passion torturée sur des chemins tortueux et à qui toutes les chances d’aboutir sont offertes. Et qui peut retourner une situation et un ressenti en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

 

"Je me souviens de son prénom, de son caractère, de sa première audition, de son message. Et de ces deux fois-là, entre ses bras. De son corps puissant contre le mien, des battements affolés de mon cœur, de l'impression d'invincibilité que j'ai ressentie. Comment aurais-je pu oublier ?"

 

Au travers de « T’atteindre », je découvre une autre facette de la plume d’Elle SEVENO qui est plus en adéquation avec mes attentes : plus touchante, plus captivante et plus mature. Elle a su aborder un thème innovant en y associant tous les codes de la New Romance tels qu’ils se doivent.  Et s’il y a bien un livre, sur ce thème, à découvrir, c’est celui-là ; car il se démarque de par son originalité, sa qualité d’écriture, sa profondeur et son contenu qui fait passer par une palette tellement variée d’émotions qu’on aime ressentir et dont on redemande, bien entendu. Alors, où dois-je signer pour le prochain roman d’Elle SEVENO ?

 

« Si tout le monde ne voit en moi que la danseuse, c’est parce que la personne en dessous n’est pas intéressante »


17/09/2020
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T'as qu'à maigrir - T.1 / Mo GADARR

"Que vous pesiez 50, 60 ou 120 kilos, ne vous est-il pas arrivé de détester ce que vous découvriez dans le miroir le matin ? Sommes-nous toujours sympas avec notre corps ?"

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Lorsque Mo GADARR a dévoilé ce qui se préparait pour son nouveau roman à paraître en auto-édition, quelque chose me disait que cette histoire allait forcément résonner en moi. Et lorsqu’elle a proposé un SP sur ce titre, j’ai foncé. Merci à toi de me faire confiance dans cette aventure !

 

Challenge n°1- (Se) Changer Slim a une vie qui pourrait paraître idyllique : un boulot qu'elle aime, une petite fille adorable, un mec beau comme un dieu ainsi qu’une amie à la personnalité de dingue qui est toujours là pour elle. Seulement, Slim a aussi un appétit redoutable, le tour de taille qui va avec, une maladresse systématique et un terrible manque de confiance en elle. Quand son compagnon la quitte du jour au lendemain, elle est déterminée à le reconquérir, quitte à remettre en question ce qu’elle est : une femme ronde. Quitte aussi à supporter et accepter l'aide de son coach, Ulrich, un véritable connard de première. Entre son challenge et les épreuves que la vie lui réserve, Slim pourra-t-elle tout encaisser sans se perdre elle-même ? Doit-on maigrir pour être heureuse ?

 

C'est sur une description peu flatteuse qu'elle fait d'elle même, que j'ai rencontré Slima dite Slim, à l'accueil d'un collège de Mérignac dans lequel elle travaille. 1m75, 121 kgs ; elle nous immerge immédiatement dans ce qu'est son quotidien de personne rangée dans la catégorie "obèse" qui a tenté de rentrer dans "les normes esthétiques" sans jamais y parvenir  car addicte aux grignotages. Rien dans son physique ne trouve grâce à ses yeux avec de trop de ci, pas assez de ça, en totale dévalorisation et ses pensées sont trop souvent renvoyées vers la nourriture qu'elle aime comme toute bonne vivante.

 

"Mes kilos en trop ? Je m'en fous même si je ne peux ignorer la douleur vive qui me broie le coeur quand on me renvoie dans les filets de ma grosseur"


Grande fan de romances, elle ne peut pas s'identifier aux héroïnes mais elle s'estime heureuse d'être en couple depuis 5 ans avec Grégory et d'avoir une adorable fillette de 4 ans, Lila. Et d’avoir, dans sa vie, Nawel, sa meilleure amie, ronde comme elle et toujours franche car en vraie amie, elle s'inquiète avant tout pour sa santé.


"Un homme qui m'aime et une petite folle adorable : n'est-ce pas ça le bonheur ?"


Mais lorsque l'être aimé fait ses valises, après des mots très durs échangés, la culpabilité de l'échec sentimental pointe son nez. Se retrouvant seule avec sa fillette, elle va se lancer dans un défi de taille : tenter de perdre ce poids qu'elle tient pour responsable de ses malheurs, avec l'aide d'Ulrich, coach en remise en forme et minceur qui n'a jamais connu l'échec – d’un genre un peu particulier et pas très avenant au premier contact, soyons claires -.


"L'heure est grave. Je dois maigrir quitte à supporter un tueur en série s'il le faut"

 

Prendre la décision de maigrir est quelque chose de difficile car demandant de l’investissement et de la patience. Et ce dernier trait de caractère n’est pas en première place parmi ceux de Slim ; ce qui pourrait bien lui occasionner certaines déconvenues dans son parcours. Ajouté à cela le comportement déconcertant de son coach, la rencontre avec Stanley, bellâtre se pâmant rapidement d’amour pour elle et son ex qui lui réserve des surprises inimaginables, Slim risque bien de regretter ses kilos en trop et son travail d’agent d’accueil pour ne même pas être sûre de ce qui l’attend à l’arrivée.

 

Bienvenue dans un monde où la minceur est reine et où les apparences peuvent être souvent trompeuses !


Sous ce caractère jovial et indifférent à la réalité, que cache Slim  ?
Saura-t-elle garder le sens de la réalité et des priorités lors de sa rencontre commando avec Ulrich ?

 

D’entrée de jeu, l’auteure ne cache pas qu’il y a beaucoup d’elle dans ce roman, de son vécu et sûrement de son ressenti par rapport à un fait de société pas tabou mais dérangeant : l’obésité ou le surpoids chez les femmes. Et sincèrement, j’ai aimé le fait qu’elle ne s’en cache pas ; ce sujet-là étant particulièrement difficile à évoquer par les femmes qui sont concernées. L’étant de près – de manière moins importante mais quand même… -, ce roman a forcément éveillé en moi tout un tas de choses et une multitude de sentiments.


Mo GADARR revient en force avec ce feel good romantique tellement authentique de par tout ce qu'il contient de vérités sur le comportement ou de fausses excuses trop souvent rencontrées chez les personnes en surpoids et mal dans leur peau (chez moi la première !). Je n'avais pas lu 10 pages que j'avais l'impression de me prendre en pleine face un pan de ma vie dont je ne suis pas forcément fière.

 

C’est avec une justesse très fine que Mo GADARR développe le sujet choisi d’un bout à l’autre de ce livre. Elle évoque de manière parfaite toutes les embûches qui peuvent être rencontrées, tous les comportements qui peuvent découler d’un tel processus et le regard que l’on a sur soi mais aussi le regard des autres du début à la fin.

 

Au travers du personnage de Slim, l’auteure arrive à nous faire prendre conscience de ce qu’est la vie d’une personne en surpoids, ce qu’elle ressent physiquement et émotionnellement et le regard qu’une société trop exigeante pose sur elle. Et je peux vous dire que lorsqu’on connaît le sujet, ça interpelle sérieusement !

 
Sous sa jovialité communicative et sa touchante maladresse à répétition, Slim est une jeune femme que beaucoup aiment comme une amie mais sentimentalement parlant, ça ne s’est pas bousculé autour d’elle. Oui, elle a un compagnon, une adorable fillette mais on se rend compte qu’elle se repose sur ses acquis sans jamais imaginer que tout peut s’arrêter – ce que beaucoup d’entre nous font, n’est-ce pas ? - Elle a conscience de son problème de poids mais ne fait rien pour soigner son addiction au grignotage. Son homme l’aime, alors où est le problème ? Mais on ne sait jamais de quoi demain est fait !  

 

Lorsque Greg va la quitter et que sous la pression familiale Slim va décider de prouver à tout le monde qu’elle est capable de maigrir, c’est à l’évolution d’une Slim qu’on va assister au fil des pages. Je ne vais pas vous spoiler l’histoire mais l’auteure a parfaitement su retranscrire ce parcours pas toujours rose, où toute décision a son importance et où toute rencontre peut être décisive. Dans ce roman, tous les personnages ont leur importance et reflètent bien une réalité parfois dure avec des textes percutants et attristants.

 

J’avoue que je n’ai pas su en vouloir à Slim pour son comportement laxiste et insouciant en matière de poids; je ne vaux pas mieux qu’elle malheureusement, la volonté m’ayant quitté il y a 3 ans. Professionnellement, elle est parfaite dans son travail et en tant que maman, elle est sans nul doute possible, totalement accomplie et aimante envers sa fillette – qui notons-le, n’a pas sa langue dans sa poche comme tout enfant de cet âge -.

 

"T'as qu'à maigrir et papa va r'venir..."

 

Il faut dire que côté familial, Slim n’est pas vraiment aidée avec une mère obsédée par la perfection, une sœur dont la silhouette se rapproche plus de celle des mannequins fièrement exhibés sur les pages glacées des magazines ; donc, une famille qui ne l'a jamais comprise et a enchaîné brimades sur brimades. Ce côté familial de l’histoire peut être parfois poignant à lire surtout lorsqu’il s’agit du comportement et des paroles d’une mère envers son enfant. Malheureusement, c’est un passage obligé car il ne faut pas se voiler la face : ça doit bien exister !

 

« Je commence à espérer que d’ici quelques mois tu puisses un jour devenir superbe ! Alors surtout, ce soir, ne t’empiffre pas comme tu as l’habitude de le faire quand tu sors, hein ? »

 

Que dire de Greg ? Le moins possible puisqu’il est à l’origine du bouleversement de la vie de Slim. Il l’a quitté mais il est présent tout au long de l’histoire, compte tenu qu’il est le père de son enfant. Parti mais toujours bien présent !

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Et le fameux coach Ulrich, voulez-vous que je vous en parle ? Parce que là, c’est un sacré personnage avec certaines zones d’ombre sur lesquelles on a qu’une envie c’est de lever le voile dessus. Je pourrais dire que Mo GADARR l’a parfaitement chouchouté tant il m’a fait passer par des sentiments tellement différents. C’est en partie grâce à lui qu’on a cette notion de feel good car il est à l’origine – avec Slim - de joutes verbales détonantes, de situations cocasses, d’échanges piquants. Je l’ai détesté, je l’ai adoré, il m’a fait fondre. Imprévisible, versatile, Mi-ange, mi démon, il m’a fait craqué sous toutes ses facettes.

 

"Ici, celui qui l'ouvre est celui dont j'ai recueilli la sueur de ses efforts et surtout tous ses kilos en trop ! Toi, vu ton poids, je te garantis qu'on ne t'entendra pas de sitôt "

 

Enfin, il y a Nawael, la meilleure amie qui tout du long est là pour soutenir son amie de ce chamboulement. Aussi Stanley, pour lequel un mystère plane jusqu’au bout et qui m’a laissé dubitative car je ne suis pas arrivée à m’attacher à lui à cause de son comportement. Oui, il m’a agacé sérieusement ! Et Gunter, le père d’Ulrich, que j’ai aimé petit à petit. Très beau personnage, très juste. Oserais-je dire un peu plus humain que son fils ?

 

La réussite d'un amaigrissement ne passe pas seulement par la volonté de le faire pour soi ou pour quelque raison esthétique que ce soit. Ça passe aussi par le parler positif dans lequel on saura trouver la force nécessaire pour parvenir au bout d'un parcours de longue haleine. Mais aussi par l’aide extérieure qui nous pousse vers le haut et non pas vers le bas. Et ce roman est l’illustration parfaite que des paroles toutes faites, que les paroles vont plus vite que la pensée, que des mots durs et blessants peuvent être prononcés ; rendant finalement, la personne en surpoids, seule responsable de sa situation et de ses malheurs. Mais la beauté est-elle la seule chose qui compte ? Ne dit-on pas que la beauté intérieure est plus importante que la beauté extérieure ?

 

"T'es la meilleure peu importe le poids que tu fais. Il te suffit de prendre confiance en toi et tu peux réussir n'importe quoi"


Cette histoire parlera, sans aucun doute, de manière forte, à toutes ces femmes qui souffrent de leur apparence, du regard de la société et des codes esthétiques qu'elle impose. Personnellement, j’ai fait le deuil de cette caractéristique physique ; un peu résignée à l’image que Slim a d’elle-même. Je n’ai jamais cru qu’il fallait s’affamer pour espérer mincir, comme nous le promettent des publicités que je trouve mensongères et vendant de la poudre aux yeux, et je préfère garder mes rondeurs qu’elles soient gênantes ou non avec toutes les contraintes que cela m’occasionne.


Mo GADARR ne se pose pas en donneuse de leçons ; elle point juste du doigt des réalités douloureuses où pour être intéressante, pour espérer s’habiller de manière attrayante ou tout simplement être aimée, il faut entrer dans une grille de mensurations parfaites. Mais comme elle le dit si bien,

 

"L'amour n'est pas une question de kilos"

 

C’est bel et bien une romance feel good de haute qualité, que nous offre sur un plateau Mo GADARR. C’est un sacré retour qui m’a ravi et c’est en quelques heures à peine que j’ai dévoré cette gourmandise, car oui, moi aussi, je suis une gourmande mais pas que de nourriture : de la vie et d’excellentes histoires aussi. Et là, ma gourmandise a été en partie comblée car c’est quoi cette fin ? Forcément, nous sommes sur un T1 donc il y a une suite que j’ai hâte de découvrir. Car impossible que je reste sur ma faim trop longtemps !

 

Vous aimez cette auteure, vous aimez les romances feel good et vous voulez une belle lecture ! T’as qu’à maigrir – T.1 fait partie de ces belles surprises de l’été. Alors, n’hésitez plus ! C’est un beau coup de  pour moi !

 


26/07/2020
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Top to Bottom / Emilie COLLINS

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Emilie COLLINS est une valeur sûre dans l'univers de la romance française. Je la suis depuis ses débuts et je suis au rendez-vous de toutes ses sorties (hormis une qu'il me reste à lire). Je l'apprécie autant en tant qu'écrivain qu'en tant que la femme douce et généreuse qu'elle est.

 

Merci aux Éditions BMR et Netgalley de m'avoir permis de découvrir Top to bottom sous Service Presse.

 

C'est avec une joie certaine que j'ai retrouvée Alexia, dite Lex même si elle n'est pas dans une très bonne période. Styliste talentueuse, travaillant dans la boutique de sa mère, Lex a perdu l'inspiration créative. Pourquoi dis-je « retrouvée » ? Car pour les lectrices qui suivent Emilie, Lex n'est pas une inconnue puisqu'elle est la sœur de Romy dans Cœur à corps - celle qui crée des bijoux et qui est en couple avec Erik le photographe -.

 

Cette panne créative pèse sur le moral de Lex et sur ses relations. Notamment celle avec Sadie, jeune graffeur talentueux et meilleur ami d'Erik, qui l'insupporte un peu, beaucoup. Lorsque Lex décide de prendre du recul en partant à l'aventure, ses pas et sa quête d'inspiration pourraient bien lui apporter bien plus que ce qu'elle cherchait au départ. Et Sandie pourrait bien se révéler sous une autre facette.

 

Sandie saura-t-il sauver Lex des souvenirs douloureux du passé ?

Lex aura-t-elle la force d’affronter et d’accepter les tourments qui animent Sandie ?  

 

Je l'ai peut-être déjà dis mais je le dis encore ici : Emilie COLLINS est une poétesse et une magicienne des mots et des émotions. A chaque nouveau roman, elle m'embarque avec elle, avec une facilité déconcertante. Un univers différent à chaque fois mais ça matche à tous les coups entre ses personnages, leurs univers et moi. Quel bonheur de la retrouver !

 

C'est à force de poésie qu'Emilie nous emmène à chaque fois dans le monde de l'art sous toutes ses formes : un thème qui semble lui tenir à cœur et qu'elle maîtrise avec subtilité, tendresse et douceur. Du pur Emilie Collins comme j'aime.

 

Cœur à corps mettait en scène le personnage de Romane - Romy -, créatrice de bijoux. Top to Bottom nous permet de découvrir, de manière plus intime, Alexia la sœur aînée. Mais aussi de retrouver plein de personnages découverts dans les précédents romans de cette talentueuse auteure (Les délices d'Eve, Cœur à corps, Notre part de magie).

 

Cette très belle histoire nous immerge, en alternance de point de vue, dans la vie de deux artistes que tout semble opposer. Lex crée de sublimes vêtements et à un caractère posé et discret ; Sadie réalise de magnifiques fresques avec cet art tantôt décrié, tantôt reconnu et souvent considéré comme répréhensible, qu'est le Street Art comme moyen d'exprimer une certaine révolte qui l'habite.

 

"C'est assez étrange de pouvoir explorer une semi-ruine parce qu'on a le droit d'être là"

 

Car révolté il a des raisons de l’être : à la loterie de la vie il n’a pas vraiment gagné le meilleur lot. Il a grandi sans père, sans l’amour de sa mère présente seulement pour le brimer continuellement, le considérant comme un fardeau ; et avec un secret qui le ronge de l’intérieur petit à petit et face auquel il assiste impuissant à une issue irréversible. Seule sa passion et son talent pour le Street Art comble ce vide émotionnel auprès de cette famille de cœur que composent tous les graffeurs qu’il côtoie dans cet univers où chacun vient et accepte l’autre avec ses différences mais avec le même amour du Street Art. Les liens du sang n’ayant aucune signification pour lui, des liens du cœur l’unissent aussi de manière très forte à Erik qu’il considère comme son frère de cœur. Et quel plaisir de découvrir leur histoire de manière plus approfondie !

 

« C’est pas du griffonage, Lex, c’est un cri de révolte. Pour avoir le droit de demander autre chose que ce que l’on veut nous imposer comme unique voie. Je veux avoir de la place pour exprimer et vivre ce que je choisis »

 

Contrairement à lui, pour Lex les liens du sang ont une signification puissante puisque sa famille est son pilier. Lorsque Lex est vraiment dans une détresse profonde et que le bonheur semble avoir oublié de s'arrêter dans sa vie, contrairement à toutes les femmes qui l'entourent, cette notion familiale est plus forte que jamais. Elle n’est pas confortée dans sa chute mais bien tirée vers le haut de manière efficace, reconnaissons-le. L'écriture d'Émilie nous décrit ses ressentis et son évolution de manière tellement réaliste que la peine que l’on peut ressentir se transforme au fil de la lecture.

 

"Je sais qu'elles sont là, elles sont toujours là. Je ne sais pas depuis quand je ne vais pas bien, ni pourquoi. Je ne savais pas que j'avais besoin d'aide"

 

Même si elle n'est pas habituée aux imprévus,  Lex a une certaine fierté qui va la pousser à se montrer réactive en acceptant un défi de taille. Et quelque part, ça rassure même si l'inconnu total nous attend comme elle. Dans ce roman, l'inconnu n'est pas forcément de celui qui fait peur. Comme toujours, Émilie insuffle de la positivité et de la couleur à des situations délicates et à ses personnages. Là où tout semble les séparer, leurs chemins vont trouver un croisement qui leur offre la possibilité de se découvrir enfin tels qu'ils sont réellement ; avec leurs forces et leurs faiblesses respectives. Et d’envisager une reconstruction ensemble même si le chemin sera semé d’embûches. Mais qui a dit que tout est facile dans la vie ?

 

"Tu fais ta valise, tu files à l'aéroport avec ton passeport, et tu montes dans le premier avion qui décolle"

 

Entre Lex et Sadie, on ne va pas se mentir : rien n’est gagné d’avance. Leur relation se résume, dans un premier temps, à de belles joutes verbales qui illustrent bien l'expression "Qui aime bien châtie bien", à des surnoms surprenants et à des échanges piquants qui frôlent la provocation. Mais au fil des chapitres, c'est bien plus que ça qui prend naissance et grandit sous nos yeux de manière tellement touchante. Plus les pages se tournent, plus le ton change,  plus les vérités émergent et plus on se dit que sous le ton humoristique parfois, se cache quelque chose de plus douloureux et profond.

 

« J’ai passé une partie de l’après-midi à t’imaginer nue et enduite d’huile. Je pourrais te dire que j’ai envie de voir à quoi ressemble ton corps et connaître la douceur de ta peau. Et te dire que j’ai envie de dénouer tes cheveux et découvrir chacune de tes courbes du bout des lèvres. Arrête-moi Lex »

 

Car sous couvert d'une belle romance, ponctuée d’éclats de rire, de complicité et d’une belle connexion entre eux, l'auteur traite de sujets forts qui touchent Lex et Sadie. Les douleurs du passé impactent leur présent et pour certaines, elles sont de taille. Et on ne peut qu'être touchés. Surtout dès lors que ça interfère avec leurs sentiments, leurs décisions et donc dans leur relation.

 

« Quand détruire est ce qui permet d’envisager de reconstruire »

 

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Mais heureusement, ce ne sont pas des personnages éteints et ils sont plein de qualités. Surtout Sadie qui est doux, patient, attentionné avec un humour bien agréable à lire. Et ils sont bien entourés par des personnages secondaires éclectiques, de qualité, qui redonnent de l’espoir et un peu de légèreté supplémentaire à l’histoire. Histoire qui est une belle ode à la femme et à la féminité ; ces femmes qui, majoritairement, portent ce roman d’un bout à l’autre au fil des rencontres qu’elles illuminent. Et c’est à ce point qu’on reconnaît le style d’Emilie COLLINS qui fait se croiser tant de personnages d’horizons différents mais avec un même point commun : l’amour de l’autre. Ses personnages sont toujours bienveillants avec une belle part d’empathie ; rares sont ceux qui ont un mauvais fond et du négatif en eux.  

 

Ce qui caractérise aussi cette auteure, c’est sa capacité à nous faire voyager à des milliers de kilomètres sans avoir à craindre une phobie de l’avion. J’avais eu un réel coup de cœur pour son tout premier roman, « L’autre chemin » qui m’avait transporté au Sri Lanka. Et là, c’est une nouvelle invitation au voyage qu’elle propose en découvrant, en autre, la belle ville d’Istanbul, avec ses monuments dépaysants, ses habitants accueillants, ses couleurs chatoyantes et ses odeurs odorantes. Il y a juste à suivre le guide.

 

« Puisqu’on ne peut pas changer le passé, construisons le présent et l’avenir autrement »

 

Enfin, Emilie donne à cet art assez méconnu et incompris qu’est le Street Art, toutes ses « lettres de noblesse » et la place légitime qui est en train de lui revenir. N’est pas graffeur, qui le veut seulement par improvisation  - Sadie ayant quand même fait les Beaux-Arts, s’il vous plaît -. C’est un art de vivre et une mentalité particulière ; et ça requiert beaucoup de talent. Dans ce roman, le sujet est parfaitement traité pour se rendre compte de sa dimension et on sent bien qu’Emilie a profondément travaillé sur le sujet en s’entourant de spécialistes hautement talentueux pour en parler avec tant de passion. Et forcément, ça donne envie d’en découvrir plus au-delà de l’histoire de Lex et Sadie.

 

Emilie COLLINS est une auteure inimitable car elle écrit avec beaucoup de sensibilité et de justesse. Et sa plume est comme toujours juste parfaite ; je trouve même que dans Top of Bottom on gagne un petit plus en sensualité. Peut-être que je me trompe Clin d'œil

 

Alors si vous voulez une histoire pleine d’émotion et de sentiments hétéroclites, qui véhicule des messages forts sans enjoliver la réalité et qui vous fait voyager sans sortir votre passeport, alors installez-vous confortablement pour découvrir en quelques heures seulement, ce roman qui, j’en suis certaine, ne sera pas le dernier – puisque Mel n’a pas eu son histoire - avec lequel nous enchantera Emilie.


07/06/2020
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