Mille livres en tête

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T'as qu'à maigrir - T.1 / Mo GADARR

"Que vous pesiez 50, 60 ou 120 kilos, ne vous est-il pas arrivé de détester ce que vous découvriez dans le miroir le matin ? Sommes-nous toujours sympas avec notre corps ?"

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Lorsque Mo GADARR a dévoilé ce qui se préparait pour son nouveau roman à paraître en auto-édition, quelque chose me disait que cette histoire allait forcément résonner en moi. Et lorsqu’elle a proposé un SP sur ce titre, j’ai foncé. Merci à toi de me faire confiance dans cette aventure !

 

Challenge n°1- (Se) Changer Slim a une vie qui pourrait paraître idyllique : un boulot qu'elle aime, une petite fille adorable, un mec beau comme un dieu ainsi qu’une amie à la personnalité de dingue qui est toujours là pour elle. Seulement, Slim a aussi un appétit redoutable, le tour de taille qui va avec, une maladresse systématique et un terrible manque de confiance en elle. Quand son compagnon la quitte du jour au lendemain, elle est déterminée à le reconquérir, quitte à remettre en question ce qu’elle est : une femme ronde. Quitte aussi à supporter et accepter l'aide de son coach, Ulrich, un véritable connard de première. Entre son challenge et les épreuves que la vie lui réserve, Slim pourra-t-elle tout encaisser sans se perdre elle-même ? Doit-on maigrir pour être heureuse ?

 

C'est sur une description peu flatteuse qu'elle fait d'elle même, que j'ai rencontré Slima dite Slim, à l'accueil d'un collège de Mérignac dans lequel elle travaille. 1m75, 121 kgs ; elle nous immerge immédiatement dans ce qu'est son quotidien de personne rangée dans la catégorie "obèse" qui a tenté de rentrer dans "les normes esthétiques" sans jamais y parvenir  car addicte aux grignotages. Rien dans son physique ne trouve grâce à ses yeux avec de trop de ci, pas assez de ça, en totale dévalorisation et ses pensées sont trop souvent renvoyées vers la nourriture qu'elle aime comme toute bonne vivante.

 

"Mes kilos en trop ? Je m'en fous même si je ne peux ignorer la douleur vive qui me broie le coeur quand on me renvoie dans les filets de ma grosseur"


Grande fan de romances, elle ne peut pas s'identifier aux héroïnes mais elle s'estime heureuse d'être en couple depuis 5 ans avec Grégory et d'avoir une adorable fillette de 4 ans, Lila. Et d’avoir, dans sa vie, Nawel, sa meilleure amie, ronde comme elle et toujours franche car en vraie amie, elle s'inquiète avant tout pour sa santé.


"Un homme qui m'aime et une petite folle adorable : n'est-ce pas ça le bonheur ?"


Mais lorsque l'être aimé fait ses valises, après des mots très durs échangés, la culpabilité de l'échec sentimental pointe son nez. Se retrouvant seule avec sa fillette, elle va se lancer dans un défi de taille : tenter de perdre ce poids qu'elle tient pour responsable de ses malheurs, avec l'aide d'Ulrich, coach en remise en forme et minceur qui n'a jamais connu l'échec – d’un genre un peu particulier et pas très avenant au premier contact, soyons claires -.


"L'heure est grave. Je dois maigrir quitte à supporter un tueur en série s'il le faut"

 

Prendre la décision de maigrir est quelque chose de difficile car demandant de l’investissement et de la patience. Et ce dernier trait de caractère n’est pas en première place parmi ceux de Slim ; ce qui pourrait bien lui occasionner certaines déconvenues dans son parcours. Ajouté à cela le comportement déconcertant de son coach, la rencontre avec Stanley, bellâtre se pâmant rapidement d’amour pour elle et son ex qui lui réserve des surprises inimaginables, Slim risque bien de regretter ses kilos en trop et son travail d’agent d’accueil pour ne même pas être sûre de ce qui l’attend à l’arrivée.

 

Bienvenue dans un monde où la minceur est reine et où les apparences peuvent être souvent trompeuses !


Sous ce caractère jovial et indifférent à la réalité, que cache Slim  ?
Saura-t-elle garder le sens de la réalité et des priorités lors de sa rencontre commando avec Ulrich ?

 

D’entrée de jeu, l’auteure ne cache pas qu’il y a beaucoup d’elle dans ce roman, de son vécu et sûrement de son ressenti par rapport à un fait de société pas tabou mais dérangeant : l’obésité ou le surpoids chez les femmes. Et sincèrement, j’ai aimé le fait qu’elle ne s’en cache pas ; ce sujet-là étant particulièrement difficile à évoquer par les femmes qui sont concernées. L’étant de près – de manière moins importante mais quand même… -, ce roman a forcément éveillé en moi tout un tas de choses et une multitude de sentiments.


Mo GADARR revient en force avec ce feel good romantique tellement authentique de par tout ce qu'il contient de vérités sur le comportement ou de fausses excuses trop souvent rencontrées chez les personnes en surpoids et mal dans leur peau (chez moi la première !). Je n'avais pas lu 10 pages que j'avais l'impression de me prendre en pleine face un pan de ma vie dont je ne suis pas forcément fière.

 

C’est avec une justesse très fine que Mo GADARR développe le sujet choisi d’un bout à l’autre de ce livre. Elle évoque de manière parfaite toutes les embûches qui peuvent être rencontrées, tous les comportements qui peuvent découler d’un tel processus et le regard que l’on a sur soi mais aussi le regard des autres du début à la fin.

 

Au travers du personnage de Slim, l’auteure arrive à nous faire prendre conscience de ce qu’est la vie d’une personne en surpoids, ce qu’elle ressent physiquement et émotionnellement et le regard qu’une société trop exigeante pose sur elle. Et je peux vous dire que lorsqu’on connaît le sujet, ça interpelle sérieusement !

 
Sous sa jovialité communicative et sa touchante maladresse à répétition, Slim est une jeune femme que beaucoup aiment comme une amie mais sentimentalement parlant, ça ne s’est pas bousculé autour d’elle. Oui, elle a un compagnon, une adorable fillette mais on se rend compte qu’elle se repose sur ses acquis sans jamais imaginer que tout peut s’arrêter – ce que beaucoup d’entre nous font, n’est-ce pas ? - Elle a conscience de son problème de poids mais ne fait rien pour soigner son addiction au grignotage. Son homme l’aime, alors où est le problème ? Mais on ne sait jamais de quoi demain est fait !  

 

Lorsque Greg va la quitter et que sous la pression familiale Slim va décider de prouver à tout le monde qu’elle est capable de maigrir, c’est à l’évolution d’une Slim qu’on va assister au fil des pages. Je ne vais pas vous spoiler l’histoire mais l’auteure a parfaitement su retranscrire ce parcours pas toujours rose, où toute décision a son importance et où toute rencontre peut être décisive. Dans ce roman, tous les personnages ont leur importance et reflètent bien une réalité parfois dure avec des textes percutants et attristants.

 

J’avoue que je n’ai pas su en vouloir à Slim pour son comportement laxiste et insouciant en matière de poids; je ne vaux pas mieux qu’elle malheureusement, la volonté m’ayant quitté il y a 3 ans. Professionnellement, elle est parfaite dans son travail et en tant que maman, elle est sans nul doute possible, totalement accomplie et aimante envers sa fillette – qui notons-le, n’a pas sa langue dans sa poche comme tout enfant de cet âge -.

 

"T'as qu'à maigrir et papa va r'venir..."

 

Il faut dire que côté familial, Slim n’est pas vraiment aidée avec une mère obsédée par la perfection, une sœur dont la silhouette se rapproche plus de celle des mannequins fièrement exhibés sur les pages glacées des magazines ; donc, une famille qui ne l'a jamais comprise et a enchaîné brimades sur brimades. Ce côté familial de l’histoire peut être parfois poignant à lire surtout lorsqu’il s’agit du comportement et des paroles d’une mère envers son enfant. Malheureusement, c’est un passage obligé car il ne faut pas se voiler la face : ça doit bien exister !

 

« Je commence à espérer que d’ici quelques mois tu puisses un jour devenir superbe ! Alors surtout, ce soir, ne t’empiffre pas comme tu as l’habitude de le faire quand tu sors, hein ? »

 

Que dire de Greg ? Le moins possible puisqu’il est à l’origine du bouleversement de la vie de Slim. Il l’a quitté mais il est présent tout au long de l’histoire, compte tenu qu’il est le père de son enfant. Parti mais toujours bien présent !

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Et le fameux coach Ulrich, voulez-vous que je vous en parle ? Parce que là, c’est un sacré personnage avec certaines zones d’ombre sur lesquelles on a qu’une envie c’est de lever le voile dessus. Je pourrais dire que Mo GADARR l’a parfaitement chouchouté tant il m’a fait passer par des sentiments tellement différents. C’est en partie grâce à lui qu’on a cette notion de feel good car il est à l’origine – avec Slim - de joutes verbales détonantes, de situations cocasses, d’échanges piquants. Je l’ai détesté, je l’ai adoré, il m’a fait fondre. Imprévisible, versatile, Mi-ange, mi démon, il m’a fait craqué sous toutes ses facettes.

 

"Ici, celui qui l'ouvre est celui dont j'ai recueilli la sueur de ses efforts et surtout tous ses kilos en trop ! Toi, vu ton poids, je te garantis qu'on ne t'entendra pas de sitôt "

 

Enfin, il y a Nawael, la meilleure amie qui tout du long est là pour soutenir son amie de ce chamboulement. Aussi Stanley, pour lequel un mystère plane jusqu’au bout et qui m’a laissé dubitative car je ne suis pas arrivée à m’attacher à lui à cause de son comportement. Oui, il m’a agacé sérieusement ! Et Gunter, le père d’Ulrich, que j’ai aimé petit à petit. Très beau personnage, très juste. Oserais-je dire un peu plus humain que son fils ?

 

La réussite d'un amaigrissement ne passe pas seulement par la volonté de le faire pour soi ou pour quelque raison esthétique que ce soit. Ça passe aussi par le parler positif dans lequel on saura trouver la force nécessaire pour parvenir au bout d'un parcours de longue haleine. Mais aussi par l’aide extérieure qui nous pousse vers le haut et non pas vers le bas. Et ce roman est l’illustration parfaite que des paroles toutes faites, que les paroles vont plus vite que la pensée, que des mots durs et blessants peuvent être prononcés ; rendant finalement, la personne en surpoids, seule responsable de sa situation et de ses malheurs. Mais la beauté est-elle la seule chose qui compte ? Ne dit-on pas que la beauté intérieure est plus importante que la beauté extérieure ?

 

"T'es la meilleure peu importe le poids que tu fais. Il te suffit de prendre confiance en toi et tu peux réussir n'importe quoi"


Cette histoire parlera, sans aucun doute, de manière forte, à toutes ces femmes qui souffrent de leur apparence, du regard de la société et des codes esthétiques qu'elle impose. Personnellement, j’ai fait le deuil de cette caractéristique physique ; un peu résignée à l’image que Slim a d’elle-même. Je n’ai jamais cru qu’il fallait s’affamer pour espérer mincir, comme nous le promettent des publicités que je trouve mensongères et vendant de la poudre aux yeux, et je préfère garder mes rondeurs qu’elles soient gênantes ou non avec toutes les contraintes que cela m’occasionne.


Mo GADARR ne se pose pas en donneuse de leçons ; elle point juste du doigt des réalités douloureuses où pour être intéressante, pour espérer s’habiller de manière attrayante ou tout simplement être aimée, il faut entrer dans une grille de mensurations parfaites. Mais comme elle le dit si bien,

 

"L'amour n'est pas une question de kilos"

 

C’est bel et bien une romance feel good de haute qualité, que nous offre sur un plateau Mo GADARR. C’est un sacré retour qui m’a ravi et c’est en quelques heures à peine que j’ai dévoré cette gourmandise, car oui, moi aussi, je suis une gourmande mais pas que de nourriture : de la vie et d’excellentes histoires aussi. Et là, ma gourmandise a été en partie comblée car c’est quoi cette fin ? Forcément, nous sommes sur un T1 donc il y a une suite que j’ai hâte de découvrir. Car impossible que je reste sur ma faim trop longtemps !

 

Vous aimez cette auteure, vous aimez les romances feel good et vous voulez une belle lecture ! T’as qu’à maigrir – T.1 fait partie de ces belles surprises de l’été. Alors, n’hésitez plus ! C’est un beau coup de  pour moi !

 


26/07/2020
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Top to Bottom / Emilie COLLINS

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Emilie COLLINS est une valeur sûre dans l'univers de la romance française. Je la suis depuis ses débuts et je suis au rendez-vous de toutes ses sorties (hormis une qu'il me reste à lire). Je l'apprécie autant en tant qu'écrivain qu'en tant que la femme douce et généreuse qu'elle est.

 

Merci aux Éditions BMR et Netgalley de m'avoir permis de découvrir Top to bottom sous Service Presse.

 

C'est avec une joie certaine que j'ai retrouvée Alexia, dite Lex même si elle n'est pas dans une très bonne période. Styliste talentueuse, travaillant dans la boutique de sa mère, Lex a perdu l'inspiration créative. Pourquoi dis-je « retrouvée » ? Car pour les lectrices qui suivent Emilie, Lex n'est pas une inconnue puisqu'elle est la sœur de Romy dans Cœur à corps - celle qui crée des bijoux et qui est en couple avec Erik le photographe -.

 

Cette panne créative pèse sur le moral de Lex et sur ses relations. Notamment celle avec Sadie, jeune graffeur talentueux et meilleur ami d'Erik, qui l'insupporte un peu, beaucoup. Lorsque Lex décide de prendre du recul en partant à l'aventure, ses pas et sa quête d'inspiration pourraient bien lui apporter bien plus que ce qu'elle cherchait au départ. Et Sandie pourrait bien se révéler sous une autre facette.

 

Sandie saura-t-il sauver Lex des souvenirs douloureux du passé ?

Lex aura-t-elle la force d’affronter et d’accepter les tourments qui animent Sandie ?  

 

Je l'ai peut-être déjà dis mais je le dis encore ici : Emilie COLLINS est une poétesse et une magicienne des mots et des émotions. A chaque nouveau roman, elle m'embarque avec elle, avec une facilité déconcertante. Un univers différent à chaque fois mais ça matche à tous les coups entre ses personnages, leurs univers et moi. Quel bonheur de la retrouver !

 

C'est à force de poésie qu'Emilie nous emmène à chaque fois dans le monde de l'art sous toutes ses formes : un thème qui semble lui tenir à cœur et qu'elle maîtrise avec subtilité, tendresse et douceur. Du pur Emilie Collins comme j'aime.

 

Cœur à corps mettait en scène le personnage de Romane - Romy -, créatrice de bijoux. Top to Bottom nous permet de découvrir, de manière plus intime, Alexia la sœur aînée. Mais aussi de retrouver plein de personnages découverts dans les précédents romans de cette talentueuse auteure (Les délices d'Eve, Cœur à corps, Notre part de magie).

 

Cette très belle histoire nous immerge, en alternance de point de vue, dans la vie de deux artistes que tout semble opposer. Lex crée de sublimes vêtements et à un caractère posé et discret ; Sadie réalise de magnifiques fresques avec cet art tantôt décrié, tantôt reconnu et souvent considéré comme répréhensible, qu'est le Street Art comme moyen d'exprimer une certaine révolte qui l'habite.

 

"C'est assez étrange de pouvoir explorer une semi-ruine parce qu'on a le droit d'être là"

 

Car révolté il a des raisons de l’être : à la loterie de la vie il n’a pas vraiment gagné le meilleur lot. Il a grandi sans père, sans l’amour de sa mère présente seulement pour le brimer continuellement, le considérant comme un fardeau ; et avec un secret qui le ronge de l’intérieur petit à petit et face auquel il assiste impuissant à une issue irréversible. Seule sa passion et son talent pour le Street Art comble ce vide émotionnel auprès de cette famille de cœur que composent tous les graffeurs qu’il côtoie dans cet univers où chacun vient et accepte l’autre avec ses différences mais avec le même amour du Street Art. Les liens du sang n’ayant aucune signification pour lui, des liens du cœur l’unissent aussi de manière très forte à Erik qu’il considère comme son frère de cœur. Et quel plaisir de découvrir leur histoire de manière plus approfondie !

 

« C’est pas du griffonage, Lex, c’est un cri de révolte. Pour avoir le droit de demander autre chose que ce que l’on veut nous imposer comme unique voie. Je veux avoir de la place pour exprimer et vivre ce que je choisis »

 

Contrairement à lui, pour Lex les liens du sang ont une signification puissante puisque sa famille est son pilier. Lorsque Lex est vraiment dans une détresse profonde et que le bonheur semble avoir oublié de s'arrêter dans sa vie, contrairement à toutes les femmes qui l'entourent, cette notion familiale est plus forte que jamais. Elle n’est pas confortée dans sa chute mais bien tirée vers le haut de manière efficace, reconnaissons-le. L'écriture d'Émilie nous décrit ses ressentis et son évolution de manière tellement réaliste que la peine que l’on peut ressentir se transforme au fil de la lecture.

 

"Je sais qu'elles sont là, elles sont toujours là. Je ne sais pas depuis quand je ne vais pas bien, ni pourquoi. Je ne savais pas que j'avais besoin d'aide"

 

Même si elle n'est pas habituée aux imprévus,  Lex a une certaine fierté qui va la pousser à se montrer réactive en acceptant un défi de taille. Et quelque part, ça rassure même si l'inconnu total nous attend comme elle. Dans ce roman, l'inconnu n'est pas forcément de celui qui fait peur. Comme toujours, Émilie insuffle de la positivité et de la couleur à des situations délicates et à ses personnages. Là où tout semble les séparer, leurs chemins vont trouver un croisement qui leur offre la possibilité de se découvrir enfin tels qu'ils sont réellement ; avec leurs forces et leurs faiblesses respectives. Et d’envisager une reconstruction ensemble même si le chemin sera semé d’embûches. Mais qui a dit que tout est facile dans la vie ?

 

"Tu fais ta valise, tu files à l'aéroport avec ton passeport, et tu montes dans le premier avion qui décolle"

 

Entre Lex et Sadie, on ne va pas se mentir : rien n’est gagné d’avance. Leur relation se résume, dans un premier temps, à de belles joutes verbales qui illustrent bien l'expression "Qui aime bien châtie bien", à des surnoms surprenants et à des échanges piquants qui frôlent la provocation. Mais au fil des chapitres, c'est bien plus que ça qui prend naissance et grandit sous nos yeux de manière tellement touchante. Plus les pages se tournent, plus le ton change,  plus les vérités émergent et plus on se dit que sous le ton humoristique parfois, se cache quelque chose de plus douloureux et profond.

 

« J’ai passé une partie de l’après-midi à t’imaginer nue et enduite d’huile. Je pourrais te dire que j’ai envie de voir à quoi ressemble ton corps et connaître la douceur de ta peau. Et te dire que j’ai envie de dénouer tes cheveux et découvrir chacune de tes courbes du bout des lèvres. Arrête-moi Lex »

 

Car sous couvert d'une belle romance, ponctuée d’éclats de rire, de complicité et d’une belle connexion entre eux, l'auteur traite de sujets forts qui touchent Lex et Sadie. Les douleurs du passé impactent leur présent et pour certaines, elles sont de taille. Et on ne peut qu'être touchés. Surtout dès lors que ça interfère avec leurs sentiments, leurs décisions et donc dans leur relation.

 

« Quand détruire est ce qui permet d’envisager de reconstruire »

 

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Mais heureusement, ce ne sont pas des personnages éteints et ils sont plein de qualités. Surtout Sadie qui est doux, patient, attentionné avec un humour bien agréable à lire. Et ils sont bien entourés par des personnages secondaires éclectiques, de qualité, qui redonnent de l’espoir et un peu de légèreté supplémentaire à l’histoire. Histoire qui est une belle ode à la femme et à la féminité ; ces femmes qui, majoritairement, portent ce roman d’un bout à l’autre au fil des rencontres qu’elles illuminent. Et c’est à ce point qu’on reconnaît le style d’Emilie COLLINS qui fait se croiser tant de personnages d’horizons différents mais avec un même point commun : l’amour de l’autre. Ses personnages sont toujours bienveillants avec une belle part d’empathie ; rares sont ceux qui ont un mauvais fond et du négatif en eux.  

 

Ce qui caractérise aussi cette auteure, c’est sa capacité à nous faire voyager à des milliers de kilomètres sans avoir à craindre une phobie de l’avion. J’avais eu un réel coup de cœur pour son tout premier roman, « L’autre chemin » qui m’avait transporté au Sri Lanka. Et là, c’est une nouvelle invitation au voyage qu’elle propose en découvrant, en autre, la belle ville d’Istanbul, avec ses monuments dépaysants, ses habitants accueillants, ses couleurs chatoyantes et ses odeurs odorantes. Il y a juste à suivre le guide.

 

« Puisqu’on ne peut pas changer le passé, construisons le présent et l’avenir autrement »

 

Enfin, Emilie donne à cet art assez méconnu et incompris qu’est le Street Art, toutes ses « lettres de noblesse » et la place légitime qui est en train de lui revenir. N’est pas graffeur, qui le veut seulement par improvisation  - Sadie ayant quand même fait les Beaux-Arts, s’il vous plaît -. C’est un art de vivre et une mentalité particulière ; et ça requiert beaucoup de talent. Dans ce roman, le sujet est parfaitement traité pour se rendre compte de sa dimension et on sent bien qu’Emilie a profondément travaillé sur le sujet en s’entourant de spécialistes hautement talentueux pour en parler avec tant de passion. Et forcément, ça donne envie d’en découvrir plus au-delà de l’histoire de Lex et Sadie.

 

Emilie COLLINS est une auteure inimitable car elle écrit avec beaucoup de sensibilité et de justesse. Et sa plume est comme toujours juste parfaite ; je trouve même que dans Top of Bottom on gagne un petit plus en sensualité. Peut-être que je me trompe Clin d'œil

 

Alors si vous voulez une histoire pleine d’émotion et de sentiments hétéroclites, qui véhicule des messages forts sans enjoliver la réalité et qui vous fait voyager sans sortir votre passeport, alors installez-vous confortablement pour découvrir en quelques heures seulement, ce roman qui, j’en suis certaine, ne sera pas le dernier – puisque Mel n’a pas eu son histoire - avec lequel nous enchantera Emilie.


07/06/2020
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Troubles / Magali INGUIMBERT

« La vie est trop courte pour s’encombrer de regrets »

 

Que de chemin parcouru pour Magali INGUIMBERT avec son dernier roman paru aux Editions Lips & Roll. Un résumé plus que tentant, une auteure que je suis depuis son premier roman, une couverture magnifique. Il ne m’en a pas fallu plus pour attendre impatiemment la sortie de ce livre à contre-courant et qui réserve bien des surprises.

 

Avec Jessie, 17 ans,  je suis partie à Newport Beach. Elevée par sa mère, c’est une jeune fille au look dérangeant, en terrible souffrance qui se cache sous des artifices pour se protéger. Ayant beaucoup changée en deux ans, sa mère l’envoie vivre, à des centaines de kilomètres, chez son oncle et sa tante dans l’espoir que passe ce qui semble n’être qu’une crise d’adolescence.

 

L’intégration dans cette nouvelle vie ne va pas être des plus faciles. Une famille qu’elle n’a pas vue depuis longtemps et au mode de vie opposé au sien, des cousins qui ont bien changés et un nouveau lycée où se faire accepter telle qu’elle est ne sera pas des plus aisé. C’est sans compter sur une rencontre qui va chambouler sa vie : Austin, lycéen lui aussi, qui va s’intéresser à elle de manière soutenue ; ce qui, elle, va l’exaspérer au plus haut point.

 

« Jusqu’à présent, les gens se sont toujours arrêtés à mon apparence, sans jamais chercher plus loin. Lui est l’exception. Il est entré dans ma vie en s’imposant avec perte et fracas et visiblement, il n’a pas l’intention d’en sortir »

 

Jessie, est une jeune fille triste et solitaire mais qui a du caractère malgré tout. On comprend très vite qu’il lui est arrivé quelque chose sans imaginer ce que cela peut être. De la petite fille blonde aux yeux verts, il ne reste rien. Juste une âme brisée sous des cheveux rouges et un look gothique qui lui servent de carapace et des dessins qui expriment son mal-être.

 

« Je veux rester seule. C’est tout ce que je veux. Vivre loin de tout, sans personne à des milles à la ronde »

 

Austin, est un jeune homme bien intégré qui très vite va chercher à percer le mystère de la nouvelle du lycée. Il est perspicace et semble lire comme dans un livre ouvert au plus profond de Jessie. Il va se montrer persévérant, imaginatif et tellement sincère dans tout ce qu’il va faire pour aider une Jessie qui refuse tout contact et toute relation avec qui que ce soit.

 

« Je veux qu’elle comprenne qu’après l’orage vient toujours le soleil, et que je suis son arc-en-ciel »

 

 

Est-ce que toutes ces tentatives et ces moments partagés amèneront la sérénité dans le cœur et dans l’âme de Jessie et la lumière au bout de son impasse émotionnelle ?

 

Pour avoir lu tous les romans de Magali INGUIMBERT, je peux dire que je suis très agréablement surprise par ce dernier qui évoque un sujet bien réel, qui n’est pas anodin mais tellement souvent incompris par ignorance ou par impuissance des personnes qui nous sont chères. 

 

« Mon cœur est brisé comme un vulgaire vase et les éclats de verre entaillent mon âme.

Austin est le feu dont je me suis approchée de trop près et cette brûlure me dévore, me consume jusqu’à me réduire en cendre »

 

Surprise tout d’abord par l’évolution de la plume de l’auteure. D’une écriture débutante qui a évolué au fil de ses romans, elle aboutit à une écriture plus affirmée, plus assurée et encore plus addictive. J’avais eu un gros coup de cœur pour CHRISTMAS HOPE mais là, je suis passée à un niveau supérieur. Je ne pensais pas que ce serait possible. Eh bien si, c’est possible.

 

« Il n’y a pas d’amour sans larmes. Pleurer ne signifie pas toujours que tout est fini »

 

Dès les premières lignes, une immense empathie pour Jessie, m’a envahie. Elle est terriblement touchante dans ses actes, ses paroles et sa façon d’être. L’auteure a parfaitement assemblé les mots, pour que ses phrases fassent bien ressentir que ses sentiments sont confus et que c’est très déstabilisant pour elle. Et au fil des pages et des évènements, cette empathie est allée crescendo. J’ai souffert et douté avec elle mais jamais je ne l’ai jugée ; ça m’était impossible. Tout au long de son aventure, j’ai appris à mieux la connaître, j’ai apprécié son évolution – dans les bons comme dans les mauvais moments – et je l’ai comprise dans ses choix et ses souffrances.

 

 

« Ton âme se cache derrière les affres de ton passé, mais ton cœur m’a déjà ouvert les bras »

 

Puis une immense tendresse pour Austin, s’est emparée de moi. Ah Austin ! Bien loin de ce qu’on trouve habituellement dans les histoires mettant en scène des teenagers. Jeune homme de bonne famille certes mais il n’a rien d’un bad boy arrogant et trop sûr de lui. Bien au contraire. Il est simple, tendre, bienveillant, avenant et très très persévérant dans son but pour apprivoiser Jessie. Il n’hésitera pas à s’ouvrir face à elle et il va faire preuve de touchantes attentions et d’une imagination réellement sans limite pour faire éclore une amitié à laquelle j’ai eu vraiment beaucoup de plaisir à assister. Un chapitre est narré de son point de vue ; un seul chapitre mais tellement poignant.

 

« Ma vie a toujours été réglée comme du papier à musique, tout est rangé soigneusement dans des cases. Je n’avais simplement qu’à me laisser porter par le vent, jusqu’à elle »

 

Cette très belle histoire captivante est également portée par les personnages secondaires qui ont tous leur importance et qu’on apprend à connaitre au fil des chapitres. Qu’on les aime ou non, ils ont tous une place légitime dans cette histoire pour en former le ciment. Certains m’ont particulièrement touchés – Abby & Hadley - ; d’autres m’ont fait passer par des sentiments contradictoires : la « haine » puis la tendresse voire la compassion.   

 

Sont également au rendez-vous, tous les petits plus qui pimentent l’histoire et qui m’ont emmené dans un tourbillon d’émotions intenses. Les différents évènements ou situations inattendues m’ont fait osciller entre tristesse, espoir et larmes, au point que mon cœur ne savait plus trop comment continuer à battre. Et les nombreuses références musicales parfaitement choisies et adaptées à l’histoire m’ont ravie encore une fois. Une belle playlist en perspective pour moi (surtout Maroon5). Enfin, la petite touche 100% Magali : un petit clin d’œil à Dirty Dancing.

 

Bien plus qu’un roman, une histoire qui  m’a attrapé par le cœur et l’esprit voire m’a happé pour m’emmener en son cœur à elle. Des personnages avec ce petit quelque chose qui fait la différence. Une écriture cohérente, une trame d’histoire qui m’a tenu en haleine voire m’a coupé le souffle et une auteure qui a su me surprendre à maintes reprises en m’emmenant là où je ne m’y attendais pas. Avec TROUBLES, Magali INGUIMBERT a parfaitement réussi à satisfaire mes attentes littéraires.

 

Auteure qui a tout d’une « grande » - et là, on ne parle pas de sa taille, ni de sa gentillesse – elle se fait, sans conteste, une place dans les auteures françaises à ne pas manquer et surtout à suivre.

 

C’est un vrai coup de cœur livresque !!!!

 

 

« C’est impossible, dit la Fierté,

C’est risqué, dit l’Expérience,

C’est sans issue, dit la Raison,

mais essayons murmure le Cœur »

William Arthur WARD

 


27/08/2017
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The affair - T1 : Séduction & T2 : Attraction / Stacey LYNN

Il suffit de peu pour voir sa vie basculer dans l'interdit. C'est ainsi que je pourrais résumer, un peu facilement, THE AFFAIR, histoire en 2 tomes qui m'a tenue éveillée, tant ce roman m'a passionnée. Un nouveau triangle et comme à chaque fois, telle le personnage, je fais mon choix pour une fin, si possible, romantique qui me correspond. Et pourtant…..

 

Dans le 1er tome - Séduction - , on découvre une histoire, somme toute, très simple de l'adultère d'un mari, JAMES avec sa secrétaire et découvert par sa femme LAURIE qui décide en toute logique de prendre ses distances pour faire le point sur ce qu'elle croyait être le grand amour. L'histoire promet d'être très intéressante avec l'entrée en scène d'un 3ème homme, LIAM, l'inconnu qui va faire perdre la tête à Laurie.

 

- Laurie, qui est pourtant une femme forte et active, va se retrouver du jour au lendemain ébranlée par une succession d'évènements auxquels elle n'aurait jamais pensé devoir faire face dans sa vie bien rangée. Elle va devoir prendre des décisions et les meilleures pour elles, tant qu'à faire. Les deux tomes révèlent toute cette évolution dans laquelle on la sent vraiment, enfin, décisionnaire de sa vie à part entière.

 

 

" Mon séjour en solo pour réfléchir à tout cela n'a fait que soulever davantage de questions et de confusion "

 

- James, le mari, même s'il a le mauvais rôle du mari infidèle, va avoir une place importante dans ce roman, surtout sur le 2ème tome - Attraction -. Par lui, l'histoire commence certes mais il n'aura pas dit son dernier mot et va se battre pour reconquérir sa femme. Sa description nous le révèle fort et sexy mais aussi sensible et chaleureux. Malgré cette regrettable aventure, il sait toujours exprimer ses sentiments à Laurie. Je ne cacherai pas que je n'ai pas du tout accroché à son personnage qui m'a mis mal à l'aise et ne m'a pas attirée dès le départ. Ses regrets ne m'ont pas du tout émue.

 

- Liam, riche et sexy, beau comme un dieu ça c'est très facile à imaginer et un vrai apollon du sexe. Son caractère distant, froid parfois insensible et autoritaire en fait un personnage franc et direct. Avec lui, tout est clair dans une certaine mesure. Son personnage est attachant et j'ai adhéré de suite à lui. Plus les pages se tournaient, plus il se dévoilait, plus je l'aimais. Je suis même arrivée à lui pardonner ce que Laurie, elle trouve impardonnable. Elle va devoir le percer à jour pour y voir un peu plus clair dans sa propre vie. Sans oublier qu'il reste tout de même son patron. De bons moments torrides en perspective entre eux deux.

 

En parallèle de cette histoire romancée, un autre aspect, plus technique, est développé et qui apporte un plus pour éviter une certaine monotonie à un scénario qui aurait pu, très vite, tourner en rond et devenir pesant et lassant.

 

En l'espace de deux tomes et en compagnie d'une femme indécise et de deux hommes que tout oppose, on assiste à une succession de sensations diverses et parfois très fortes. L'écriture fluide et agréable de l'auteure nous fait parfaitement comprendre les difficultés pour Laurie, à faire un choix. Mais elle fait aussi ressortir la sincérité et la profondeur des sentiments des personnages. Ajoutée à ça, une pincée de sensualité et le tour est joué pour passer plusieurs heures avec une histoire déconcertante mais originale dans le genre ; à contre-courant de ce à quoi on peut s'attendre. Loin des schémas classiques.

 

« Je ne peux pas faire ça ; ce n’est pas bien »

 

Entre trahison impardonnables, hésitations certaines et agaçantes parfois, remords incontestés et tentative de reconquête sincère ou non, cette plongée dans un chaos émotionnel poussé à son extrême va permettre la reconstruction d'une femme trahie en une femme forte et sûre d'elle. Ce qui aurait pu être un échec pour elle va se révéler une remise en question totale malgré la dureté de certaines épreuves traversées.

 

Lorsque j'ai découvert ce roman dont les pochettes et l'histoire m'avaient séduite au premier coup d'œil et que j'ai commençais le 1er tome, je pensais sincèrement que ce pourrait être un coup de cœur.

 

Malheureusement, à la fin de cette lecture et plus particulièrement celle du 2ème tome, il me reste seulement un sentiment de frustration et d'incompréhension. L'épilogue n'est pas du tout à la hauteur de mes attentes et je ne l'ai pas vu venir.

 

Ma déception est grande certes : certains éléments m'ont manqué dans le 2ème tome, comme une impression d'avoir loupé quelque chose. Mais je n'ai rien manqué et devrais rester avec une fin qui ne me plaît pas du tout. Sans même l'espoir d'un 3ème tome pour apaiser voire effacer cette si grande déception pour un roman qui mérite tout de même d'être lu et apprécié à sa juste valeur, avec le ressenti et les valeurs propres à chaque personne.

 


27/08/2017
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