Mille livres en tête

Mille livres en tête

Roulez Jeunesse ! / C. MILLES

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Annoncé comme le livre Feel-good de l'été chez Fyctia, je ne pouvais faire autrement que de me plonger dans cette histoire au début de mes vacances. Et rien que le titre et le début annoncent la couleur !

 

Merci à Fyctia/La Condamine pour ce réel moment Feel Good !


Tout juste licenciée d'un travail qu'elle aimait, Aline qui vit avec sa mère, sa grand-mère et sa fillette de 6 ans, décide de quitter sa Haute-Marne natale pour partir vivre au grand air dans le Sud de la France.


Veuve depuis 2 ans, elle ne supporte plus une vie faite d'élucubrations et fantaisies en tous genres de la part de ses aînées et tout ce qui lui rappelle son mari trop tôt disparu. Elle veut changer d'air pour un nouveau départ. Et surtout seule avec sa fille. Tout au long de l’histoire, elle va se révéler rigolote, spontanée, touchante et émouvante. L’écriture de l’auteure fait que j’ai parfaitement compris Aline et ressenti ses émotions, ses peurs, ses doutes et son vécu.

 

« Moi qui voulais absolument qu’on passe des romances, et lui qui insistait pour des films d’action. Nous n’avons jamais pu nous entendre sur ce point, mais cela nous était égal. Le simple fait d’être ensemble et de pouvoir partager les goûts de l’autre nous suffisait. C’est fou ce qu’il me manque. Même après deux ans »


Pour elle qui n'a pas spécialement confiance en elle - mais qui a quand même un sacré franc-parler et franc-penser -,  c'est un sacré challenge qui s'annonce. Faudrait-il encore que les choses se passent comme elle l'entend. Avec une mère et une grand-mère qui n'ont pas dit leur dernier mot et qui ne sont pas à court d'idées, le changement de vie s'annonce haut en couleurs ! Quand le gang des génitrices comploteuses s'en mêle, ça promet une lecture déjantée. Bienvenue dans cette famille hors-normes où hilarité va rimer avec nudité le temps d’un été (ou plus si affinités !) Sourire

 

Comment, le temps d’un été, un destin peut-il basculer du côté de ce que l’on s’obstine à refuser ?

 

Si seulement je m’étais attendue à ça ! Effectivement, c’est THE lecture 100% détente qui sent bon les vacances. Je n’ai même pas eu le temps de préparer une publication « Lecture en cours » sur les réseaux sociaux que ce petit bijou a déjà été dévoré et me voilà en train de partager mon avis. Bon ok, il est court mais ça se lit aussi vite que de boire un mojito sans s’en apercevoir : d’une traite.

 

Concentré de bonne humeur à frôler l’overdose de bien-être et de décompression totale, ce roman est une très belle surprise. Mais comment est-il possible d’écrire près de 200 pages avec un rythme soutenu, alternant avec brio situations burlesques et scènes poignantes d’authenticité et de vérité ? Je dis chapeau !

 

Dès le premier chapitre présentant les personnages qui évoluent tout au long de cette histoire, je me suis demandée si le terme « Feel Good » allait être suffisant pour la classifier. Parce que là, ça envoie du lourd (si je peux me permettre l’expression un peu familière) !

 

« Après tout, c’est bien connu, les orgasmes sont anti-déprésseurs. L’avantage dans tout cela, c’est que cette solution est naturelle »

 

Entre une mère péroxydée en pleine crise de la cinquantaine qui court après tout ce qui s’avère être de la gente masculine et une grand-mère septuagénaire et loufoque qui n’a pas froid aux yeux, un peu style « mamie 400 coups et j’emmène tout le monde dans mon sillage », le ton est donné pour imaginer ce qu’est le quotidien d’Aline. Entre crises de nombrilisme et crises d’adolescence à retardement, leurs personnages n’ont rien d’engageant au premier coup d’œil. Et sincèrement, j’ai compris tout de suite pourquoi elle voulait prendre ses jambes à son cou et fuir, très loin, avec sa fille sous le bras.

 

« Parfois, j’aimerais que tu ne sois pas ma mère ! Oui je t’assure… Parce que figure-toi que Gaspard voulait savoir si la fille avait le même goût que la mère ! »

 

Quand on se rend compte de quoi « les mamies à la folie douce » sont capables, tout s’explique. Leur folie n’ayant pas de limites, toute l’histoire et les situations cocasses (pour ne pas dire gênantes) mais tellement hilarantes vont s’enchaîner et porter le tout avec de vrais bons moments de fous rire. Et au final, je les adore !

 

« Pas de pantalon, pas de short…. Pas même une feuille de vigne pour cacher leurs attributs sexuels ! Les paquets sont à l’air libre et, somme toute, heureux de l’être ! »

 

Ajoutée à cela, une belle brochette de beaux mecs sexys en diable qui, malgré un physique d’Adonis, font mentir à eux seuls l’expression « Tout dans le physique, rien de le cerveau ». Est-ce que je vous ai parlé d’Antoine ? Bah non ! Si je vous dis Kitesurf, vous imaginez bien le personnage ? Si je vous dis qu’en plus ce n’est pas un amateur dans cette discipline, je vois déjà votre imagination ne faire qu’un tour. En mode blagueur et agaçant mais « je cache bien mon jeu », il se pose là. C’est THE personnage masculin par excellence, qui vous fera craquer à coup sûr : prévenant, attachant et prêt à tout ; il est parfait.

 

« Pour faire la guerre, il faudrait que j’ai un adversaire à la hauteur. Or, à part faire la roue comme un paon en chaleur devant des dindes en vadrouille, tu ne me sembles pas avoir ce qu’il faut là où il faut »

 

La base de cette histoire étant quand même de faire rire et se sentir bien (sinon ce n’est plus du Feel Good), l’auteure a pris le parti de traiter, en parallèle, un sujet touchant et poignant : le deuil de l’être aimé et l’acceptation d’un retour impossible. Au-delà de la légèreté de base, ce sujet est vraiment bien amené et traité. Il n’est pas pesant mais il est criant de vérité pour qui a malheureusement traversé ce genre d’épreuve. Et, malgré son évocation tout au long de la lecture et grâce aux mots que sauront poser les personnages qui gravitent autour d’Aline, il représente une belle porte ouverte sur un message d’espoir possible.

 

« Je suis seule avec cette tristesse que personne ne peut comprendre. Celle qui me ramène à toi, peu importe où je vais »

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Au-delà des belles rencontres qui vont jalonner la vie d’Aline le temps d’un été, c’est un vrai travail sur elle-même qu’elle va être amenée à faire pour atténuer la peur de l’oubli par un lâcher prise qu’elle se refuse. Comment sur une envie subite de changer de vie et sur un simple pari perdu, tout peut être remis en question ? C’est tout ce cheminement qu’à subtilement développé C. MILLES dans cet ouvrage tout en sachant conserver un ton frais et léger.

 

De répliques à se tordre de rires en scènes improbables, sur fond de paysage idyllique où le soleil et la mer ont la part belle ; c’est quelques heures de dépaysement et d’évasion livresque qui attendent celle/celui qui se laissera tenter par l’aventure.

 

« Je me demande combien de boules en tout sont présentes sur le terrain… Si mes calculs sont bons, nous en avons cinq par personnes, dont trois en fer et deux en chair et en sperme »


Alors si vous voulez savoir ce qu’est « une vie de pastèque », un poisson alcoolique ou un sourire banane et que vous voulez passer plus qu’un bon moment, foncez et plongez-vous, tête la première, dans cette histoire qui vous fera oublier, à coup sûr, votre quotidien ; surtout, si pour vous l’heure de la reprise a déjà sonné !

 

« Si je n’ai pas des gambettes de crevette bodybuildée, je lâche définitivement le sport »

 



22/08/2019
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