Mille livres en tête

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Chroniques


Les oubliés de Noël / Manon KALJAR

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C'est vraiment un coup de cœur visuel qui m'est tombé dessus lorsque j'ai découvert le roman de Manon KALJAR. La couverture est vraiment en adéquation avec le thème et l'histoire y colle parfaitement aussi. C'est un pari risqué mais bel et bien un pari gagnant.

 

Merci à Hugo Roman et Célia pour l’envoi de cette belle découverte !

 

C'est dans le Londres du côté des démunis que j'ai fait la rencontre d'Eliott, trentenaire dévoué à cette cause qui lui tient à cœur et dans laquelle il est plus qu'à l'aise : il aime les gens et ils le lui rendent bien.

 

Habitué à côtoyer la pauvreté, c'est une rencontre surprenante qu'il va faire au détour d'une maraude : celle de Cassiopée qui n'a rien du profil des personnes qu'il côtoie habituellement. Et pour cause, c'est une star que lui seul ne connaît pas apparemment. Même David, son meilleur ami et Olivia, sa jeune nièce savent qui elle est. Et ça ne va pas être sans conséquences sur leurs vies. Quand la misère des rues croise un monde de strass, de paillettes et de faux-semblants, ça donne une très jolie romance de Noël comme je les aime.

 

Bénévole pour l’aide alimentaire aux sans-abri de Londres, Elliott a déjà été confronté à beaucoup de situations inattendues, mais c’est la première fois qu’il se retrouve nez à nez avec une star en fuite. Malgré lui, il décide de prendre l’inconnue sous son aile et l’invite à découvrir un monde à l’opposé du sien, loin de l’hypocrisie et des paillettes.

 

Cet univers de faux-semblants, Cassiopée espère le quitter pour enfin passer un Noël sous le signe de la bienveillance et au sein d’une famille. Alors en dépit des réticences d’Elliott, qui fuit comme la peste ce milieu de faste et de paparazzis, la jeune femme saisit cette occasion unique d’aider et de faire le bien au côté des volontaires de l’association. Après tout, leurs univers ne sont peut-être pas si éloignés que ça…

 

Quand l’ombre des rues rencontre la lumière des projecteurs, tous les espoirs sont permis. Même celui de fêter Noël au chaud !

 

Les démons du passé sauront-ils rester là d'où Eliott ne souhaite pas les voir ressurgir ?

Cassiopée saura-t-elle ramener à la vie et à l'esprit de Noël, celui qui ne cesse de la tenir écartée de son existence ?

 

Ce roman, classé en romance de Noël, est assez surprenant de par son contenu et de la manière dont l'histoire se déroule. Et c’est une agréable surprise qui coupe avec ce qu’on trouve habituellement dans le genre. Le thème de Noël est traité dans sa globalité avec une belle part pour les sous-thèmes de la famille, de l’amitié, de l’esprit de Noël et de l’aide à ceux qui sont dans le besoin : Les oubliés de Noël à côté de qui on passe, en ne se demandant même pas ce que eux feront le soir du réveillon ou le jour de Noël. Et la romance, quant à elle, est plus légèrement traitée comme pour ne pas voler la vedette au premier thème. Mais aucune crainte : elle est bien présente même si développée différemment de ce qu’on a l’habitude de lire.

 

L’auteure a choisi de poser le décor de son histoire à Londres et ses alentours. Quoi de mieux que de choisir ce pays qui a vu naître, en son temps, Lady Di celle qui fut surnommée "La princesse du peuple", celle qui a changé le regard du monde sur les plus démunis. Impossible pour moi, compte tenu du statut social d'Eliott, qui est comte, de ne pas penser à elle. J'approuve totalement le choix de l'auteure d'avoir choisi, de mettre en lumière, cette cause qui peut sembler tabou mais qu'on ne peut ignorer, d'autant plus en cette période qui devrait être festive pour tout le monde.

 

De plus, elle a choisi des personnages de grande qualité pour lesquels il serait facile d’avoir des à-priori quant à leur statut social : lui est comte, il dirige une entreprise d’import/export et il est président de l’association « Food for life » ; elle est une célèbre star de cinéma qui n’est pas dans le besoin non plus. Leurs mondes sont en totale opposition avec celui des Oubliés de Noël et la manière dont l’auteure les a fait se rencontrer et se côtoyer est intéressante, originale et appréciable.

 

« La tristesse qui voile son regard me prend de court. J’ai déjà vu ces mêmes doutes dans les yeux de ceux qui ne croient plus en rien, qui sont prêts à tout pour s’éloigner de ce qui les blesse. Sa fuite était un appel au secours »

 

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Eliott, trentenaire qui ne vit que pour son travail, pour sa nièce Olivia dont il est le seul tuteur et pour l’association créée par ses parents, qu’il a à cœur de maintenir en activité. C’est un comte certes mais il n’a rien de commun avec l’idée qu’on pourrait s’en faire. Il vit simplement, il n’est pas prétentieux, il est animé d’une forte empathie et surtout il a un grand sens des responsabilités surtout lorsqu’il s’agit d’Olivia et de Food for life. Mais, parce qu’il y a un mais, il y a quelque chose qui semble lui manquer ou qui le maintient dans une retenue qui le coupe de beaucoup de choses. Et lorsque le passé s’invite dans certains passages, ce quelque chose qui tient à une intrigue se dévoile peu à peu même si elle est, en partie seulement, prévisible. Nous ne sommes pas dans un roman à suspense donc ça n’a aucune incidence.

 

« Parce que c’est difficile. Elle était la personne qui comptait le plus pour moi et je n’ai pas su la protéger. Evoquer son souvenir me rappelle sans cesse mes erreurs »

 

Lorsque Cassiopée croise sa route, ce pourrait être juste une rencontre d’un soir, sans importance. Après tout, elle représente tout ce qu’Eliott déteste et veut éviter à tout prix. Le personnage de la star de cinéma, c’est « ou ça passe ou ça casse ». Là, l’auteure a su éviter le piège de la starlette sans cervelle, qui ne voit pas plus loin que le bout de ses escarpins. Elle a fait de Cassiopée un très beau personnage, qui est loin d’être envahissant car elle ne s’approprie pas l’histoire à elle seule. D’ailleurs, pour mettre l’accent sur la belle cause ici présentée, l’auteure a opté pour une narration à une voix seulement : celle d’Eliott. Ce n’est pas ce que je préfère mais ça n’a aucune incidence sur la facilité à lire et à appréhender cette histoire, tel qu’il se doit.

 

« Tu dois avancer, Eliott, et laisser le passé là où il est ! Tu dois vivre, et arrêter de survivre »

 

Pour parfaitement coordonner l’ensemble, l’auteure a entouré Eliott et Cassiopée de personnages secondaires touchants et attachants. Ils sont plus nombreux du côté d’Eliott et c’est un très bon choix pour bien mettre la lumière sur ces personnes de l’ombre. On s’attache forcément à Margaret et son franc-parler et à Olivia à la fraîcheur et l’innocence de sa jeunesse ; touchantes et attachantes, deux personnages essentiels à cette histoire. On rêverait de boire une bonne tasse de thé avec l’adorable et fidèle Maggie ou de passer un bon moment avec Daniel. Et j’ai obligatoirement une pensée émue pour Hector et Lola pour lesquels l’auteure m’a bluffé par tant d’imagination ; je crois bien n’avoir jamais vu ça dans une histoire.

 

Même si on sait très tôt qu’Eliott déteste cette période de l’année, j’ai aimé croisé, quand même, l’ambiance des préparatifs de Noël et des marchés de Noël, les messages que l’auteure fait passer au fil des pages et le côté humain qu’elle fait ressortir parfaitement sans tomber dans le dramatique. Elle ne donne pas raison à son personnage, qui lutte face à des sentiments parfois contradictoires, en le forçant à faire face à cette réalité : la vie continue malgré tout et les moments heureux ne doivent pas être relégués au passé. Ils peuvent laisser la place à d’autres encore plus heureux et intenses.

 

« Je devrais pourtant savoir depuis le temps qu’aimer n’est pas pour moi. Aimer, c’est perdre, et perdre, c’est souffrir… »

 

Il peut arriver que je me trompe sur des choix de livres mais là, mon intuition m’a donné raison. Et c’est bel et bien la baguette de la fée « magie de Noël » qui s’est posée avec douceur sur ce premier roman de Manon KALJAR. Associée à elle, une plume toute en tendresse et en simplicité, c’est assurément la romance de Noël à glisser dans la botte au pied du sapin de ce Noël 2020.


29/10/2020
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Campus Drivers - T.2 : Book Boyfriend / C.S QUILL

Campus Drivers T.2.jpgMerci C.S QUILL, Hugo Roman et Célia pour l'envoi de ce roman

 

C'est dans la parfaite continuité du 1er tome que j'ai retrouvé avec plaisir cette bande des Campus Drivers. L'histoire de Loïs et Lane s'était achevée sur un cliffangher de toute beauté et enfin la réponse est là. Je ne m'y attendais pas et l'idée est très bien pensée pour faire la transition avec l'histoire de Donovan - capitaine de l'équipe universitaire de basket - qui débute.

 

Moralement fragilisé par une situation familiale délicate et complexe, l'heure de la dernière rentrée universitaire sonne comme une échappatoire pour lui qui va retrouver ses amis.

 

"Nickel, elle est là depuis dix minutes, et c'est déjà la merde !"

 

Mais spectateur du bonheur de Lois et Lane & Carter et Becca, en couples, sa situation sentimentale devient pesante ; surtout lorsqu'il se rend compte qu'il ne coche aucun des critères du boyfriend idéal. Pour mettre toutes les chances de son côté, il va s'adresser à la spécialiste féminine en romance du Campus : Carrie, étudiante comme lui mais en 3ème année, pour qu'elle le coache afin de devenir le petit ami parfait.

 

"Dis-moi ce que je dois faire pour être un bon petit ami"

 

Sauf qu'ils n'ont pas grand-chose en commun et Donovan, surtout, n'a rien à voir avec les héros de ses lectures. Donc l'affaire s'annonce plus que compliquée et comme ... rafraîchissante pour la lectrice que je suis.

 

De la théorie à la pratique, Donovan et Carrie sauront-ils respecter le juste rythme ?

Et le petit ami parfait n'existe-t-il pas seulement dans nos romances ?

 

Alors, comment dire ? J'avais eu un supra méga coup de cœur pour le T.1 de cette saga qui détonne et dépote mais là... il n'y a pas de qualificatif assez fort pour dire combien j'ai aimé ce 2nd tome, au-delà du concevable et combien j’ai passé un vrai bon moment de lecture. Et je ne m'attendais pas du tout à ça !

 

C'est avec une trame d'écriture totalement différente que l'auteure a construit et développé cette histoire à dominance humoristique. Avec un personnage comme Donovan, il fallait vraiment créer une histoire sur-mesure qui serait capable de nous faire voir en ce mec un peu "lourd", le romantique qui pourrait sommeiller en lui. Et même si c'est un travail de longue haleine, sous la plume de C.S QUILL rien n'est jamais impossible.

 

« Les chiottes sont si près que je pourrais y pisser sans bouger du matelas. Un panier à trois points, les doigts dans le nez »

 

Car Donovan, ben c'est Donovan tout simplement. Le type lourdingue à souhait qui ne voit rien d'autre, en les femmes, que le plaisir qu'elles peuvent lui apporter. Un peu sans filtre, sans tact et surtout avec une mémoire défaillante au possible. Ce qui donne des scènes cocasses et drôlement agréables à lire. Sourires, rires et bonne humeur agrémentent cette lecture dès les premières pages.

 

"Mais qui est cette fille ? Je vais contacter mon médecin, mes neurones ont besoin d'un traitement de cheval"

 

Surtout que, face à lui, il y a Carrie qui n'est pas en reste. Qu'on ne s'y trompe pas ! Sous la lectrice romantique, plus que tout attachée à ses livres, il y a une jeune femme à la répartie haute et verbalement colorée. Côté livres, beaucoup d’entre nous se retrouveront certainement dans certaines scènes.

 

"Il attrape mon précieux et le retourne pour prendre connaissance du résumé. Je me mords la joue en pensant à ses doigts possiblement gras ou sales. Est-ce que j'ai l'air d'une louve protégeant son petit ? Totalement"

 

L'idée de base de cette histoire est originale et bien imaginée. Elle permet aux lectrices de s'imprégner pleinement de l'atmosphère littéraire dans laquelle évolue Carrie. D'autant plus que, dans cet univers, Donovan va se révéler plus que surprenant en occupant une place étonnante. J'ai adoré cet aspect de l'histoire où l'auteure n'hésite pas à faire lâcher un peu de lest à la masculinité de ce personnage chargé en testostérone. Ne dit-on pas qu'en chaque homme se cache une part de féminité ? !

 

J'ai adoré Donovan même si, à première vue, je ne le choisirais pas comme boyfriend idéal (surtout dans le T.1). Mais ce qu'il est, c'est justement ce qui fait son charme. Le romantisme est un concept qui lui est totalement étranger mais quel humour, quelle spontanéité et quelle détermination ! Il est prêt à faire des choses totalement décalées et un peu loufoques ; et ça fonctionne drôlement bien pour la cohérence et l'évolution de l'histoire.

 

- J'ai bientôt 22 ans, il est temps que je me range. J'ai le niveau d'un gosse d'élémentaire, un retour aux bases est nécessaire.

- De la baise à la base il n'y a qu'un pas, ironise-t-elle

 

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L'auteure a su éviter d'enfoncer son personnage dans une image négative et pesante pour en faire ressortir le meilleur, le faire gagner en maturité émotionnelle et le faire se révéler à nous tel que n'importe quelle romantique en rêve. Alors oui, parfois c'est cash, direct mais ça fonctionne très bien dans ce contexte. 

 

Lui avoir associé un personnage tel que Carrie permet d'aboutir à un duo de choc et de charme qui apporte une fraîcheur non négligeable. Carrie est une jeune femme qui peut induire en erreur ; pour laquelle on serait tenté de donner la part belle aux aprioris de la vierge effarouchée ou de celle qui rougit dès qu’un homme s’adresse à elle. Mais non, elle est vraiment le point fort de cette histoire car elle offre des fous rires de qualité dès lors qu'elle est au contact de Donovan. Elle n'hésite pas à le malmener et avec elle, on est loin de l'image de la jeune femme romantique en attente de l'homme idéal. Quel personnage !

 

"Pas du tout. J'aime faire du vélo autour du campus à 8h20 du matin, respirer les pots d'échappement et manquer de me faire écraser... Qui préfère rester dans son lit ? Qui ?"

 

Si je dois parler de la romance, je suis totalement fan de la manière dont elle a été amenée et développée par l'auteur. Alors peut-être que c'est une piste de base déjà explorée, je ne sais pas trop (en Young Adult peut-être). Mais c'est un cheminement romanesque qui sied à merveille à cet apprentissage inédit, auquel s'initie Donovan sous le professorat de Carrie. Le fait que ce soit l'homme qui demande de l'aide à la jeune femme, c'est assez peu commun et c'est ça qui différencie cette histoire et la fait sortir d’un schéma littéraire répétitif.

 

Et le rythme choisi par l'auteure pour installer cette romance aura peut-être ses détracteurs. Alors forcément, ce style ne plaira peut-être pas à tout le monde ; moi j'adore. Car on a d'entrée les tenants et aboutissants et ça ne prête pas à confusion. On profite ainsi pleinement du déroulé de l'histoire, des points forts, des points faibles, des histoires qui se dévoilent en parallèle et de tout ce qui fait qu'on ne s'ennuie pas un seul instant.

 

Le fait qu'il y ait de l'humour d'un bout à l'autre pourrait être perçu comme un point négatif dès lors que l'histoire est classée en romance. De mon point de vue, ce n'est pas incompatible ; bien au contraire. Les plus belles comédies romantiques respectent ce schéma tout en n'oubliant pas certains codes essentiels.

 

« Je prends une grande décision : je vais abandonner la romance et me mettre au thriller. Parce que je viens de lire une histoire entière avec la tronche de Wolinski en guise de personnage principal. Et ça, c’est inadmissible »

 

Il est important de souligner que ce roman n'est pas seulement caractérisé par des rencontres sexys ou des joutes verbales croustillantes. L'auteure n'a pas oublié de voir plus loin dans ses personnages pour nous faire partager leurs histoires au-delà de la romance naissante. Comme toute bonne New Romance, ce n'est pas juste une romance, précisons-le bien.

 

Portée par l'écriture rythmée et de qualité toujours grandissante de l'auteure, j'ai dévoré ce roman en quelques heures à peine. J'ai tellement aimé retrouver tous les personnages du 1er tome, ce qu'ils m'avaient apporté et les voir évoluer encore tous ensemble sur fond de cette solide amitié qui perdure.

 

Ce roman est à l'image même de celle qui se cache sous la plume qui la brillamment imaginé et mis en mots : pétillant, plein de positivité et de bonne humeur. Une vraie bulle de bonheur livresque.

 

Je ne sais pas ce que va nous réserver l'histoire de Lewis, dans le 3ème et dernier tome mais l'histoire et les personnages de Donovan et Carrie sont, pour moi, en tête de ce tiercé gagnant de cette année 2020 dans la catégorie saga new romance. A voir, si Lewis saura les détrôner.

 

Extrait bonne humeur !

 

« J’attrape son livre – le mien ! – et le rouvre au milieu.

Ne l’étrangle pas, Carrie. Pas maintenant. Il y aurait des témoins.

 

-          Tu as surligné des passages ? je rugis.

-          Ouais, j’ai utilisé un code couleur : jaune quand c’est drôle, rose quand c’est chaud, bleu quand…

 

-          Mais on ne fait pas ça ! Un code couleur, il se fout de moi…

Je vois surtout du rose. Il n’a remarqué que les scènes de sexe ! Pas étonnant qu’il ait lu toute la nuit !

 

-         - Il a corné des coins pour marquer les pages, je remarque tout à coup à voix haute. Le respect, tu connais ? je crache en essayant de le frapper avec mon livre.

 

Il est foutu, de toute façon, autant le sacrifier pleinement pour amocher ce con »


28/10/2020
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Stairway to heaven / Delinda DANE

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Craquant en bad boy tatoué !

Irrésistible en papa modèle !


Annoncé comme une des sorties phares de cet automne chez Hugo New Romance, je ne pouvais pas passer à côté du dernier roman de Delinda DANE qui propose, sous une couverture sublissime, une thématique que j'affectionne et qui me parle vraiment beaucoup : dès qu'il y a un enfant dans l'histoire,  je fonds. Et un résumé parfait pour aiguiser ma curiosité quant à cette auteure dont je ne connaissais pas la plume avant de découvrir cet écrit.

 

Tel un écrin, la couverture de ce roman abrite un véritable bijou : le contenu étant largement à la hauteur de son contenant. Un véritable coup de  pour moi qui l'ai savouré sans précipitation, tellement je me sentais bien dans cette histoire. Merci Delinda !

 

"Il y a quelques années seulement, Tristan était un autre homme. Désabusé, indifférent au succès immense qu'il rencontrait en tant que tatoueur et curieux de toutes les addictions : drogues, alcool... femmes.

Mais c'est justement une femme qui a bouleversé sa vie. Enfin, une version miniature : Briar Rose, un mois, fruit d'une nuit furtive avec une inconnue, a été dé posée un matin sur le pas de sa porte, abandonnée par sa mère. Depuis, plus rien n'a jamais été pareil.

 

Aujourd'hui, Tristan ne vit et ne respire que pour sa fille, une adorable blondinette de quatre ans. Et s'il y a un sujet qu'il traite avec beaucoup de sérieux, c'est le choix de la personne qui prendra soin de son trésor lorsqu'il travaille au salon de tatouage.

 

Quand il reçoit Heaven Harper pour un entretien, il sait d'office qu'elle ne sera pas retenue pour le poste de baby-sitter.

Elle est désordonnée, maladroite et, il faut bien l'admettre, beaucoup trop attirante. Très loin, donc, de l'image qu'il se faisait de sa future Mary Poppins !

 

Pourtant il doit bien prendre en compte l'attachement immédiat de Briar Rose pour cette étonnante jeune femme.

Alors, Tristan cède. Pour sa fille, il saura mettre de côté ses réticences... et son trouble."

 

Stairway to Heaven fait partie de ces romans pour lesquels je sais, d'un simple regard mais sans pouvoir l'expliquer vraiment, que ça va être une histoire de coup de foudre entre nous.

 

La rencontre avec Tristan, à une certaine époque de sa vie, n'est pas faite pour donner une image reluisante de lui mais elle est nécessaire pour poser l'histoire et tout ce qui va suivre. Heureusement, l'auteure ne s'est pas attardée dessus pour nous permettre d'entrer vraiment au cœur de l'histoire et d’assister à ce qu'est sa vie 4 ans et 7 mois après et, à sa rencontre avec Heaven, nounou en devenir, qui va bouleverser son quotidien et celui de sa fille. Mais pas que... car Delinda a aussi bouleversé ma manière de lire en me plongeant au fin fond de cette histoire qui est à l'image des comédies romantiques que j'adore mais pour lesquelles je suis assez exigeante en général.

 

Quelles conséquences aura ce bouleversement sur la vie de Tristan ?

Heaven saura-t-elle conquérir le cœur de Briar Rose pour lui apporter l'amour dont toute petite fille a besoin ?

 

Sur la base d'un sujet poignant, l'abandon d'un enfant par sa mère, Delinda a construit une histoire forte en émotions mais attention qui n'est pas larmoyante. Pour moi, ce sujet est juste le déclencheur pour une belle occasion, pour Tristan, de changer de vie ; rien d'autre.

 

Tristan est un homme qui, par le passé, a brûlé sa vie par tous les bouts ; n'arrivant pas à la gérer autrement qu'à l'aide d'addictions dévastatrices. Meurtri par une  enfance  que l'on imagine, sans mal, difficile, c'était vraiment le bad boy au sens propre du terme et il n'aurait jamais pu dire que sa vie pourrait en être autrement. Jusqu'à ce que son regard croise celui d'un bout'chou d'1 mois à peine, son bout'chou Briar Rose.

 

"Deux solutions, une décision qui scellera notre sort, à l'enfant et à moi. Dans mon esprit tourbillonne une seule phrase... Après le pire vient le meilleur"

 

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Ce passé avec Briar Rose, Delinda ne l'évoque heureusement, que brièvement au travers d'un flashback parfaitement écrit et résumant cette époque, en quelques lignes, mieux que 20 chapitres qui n'auraient servis à rien.

 

"Tu sais mon ange, j'ai conscience que tu mérites mieux qu'un père bousillé dans mon genre, mais si tu me laisses une chance, je te jure que tu ne le regretteras pas. Je ne t'abandonnerai pas, tu m'entends, ma puce ? Je ne laisserai personne nous séparer... Jamais. Je t'en fais la promesse"

 

J'avoue que j'ai tout de suite accroché au personnage de Tristan tatoué à souhait, et encore plus lorsqu'il rencontre Heaven. Leur premier échange donne un ton très léger et ça j'aime vraiment : l'histoire démarre bien.

 

Il faut dire qu'Heaven, à l'opposé de certains personnages féminins un peu mièvres, n'a pas son pareil pour ajouter une touche de fraîcheur et de pétillance : ses pensées et ses paroles sont parfois sans filtres et j'adore tout simplement. Et ses actes peuvent donner lieu à de belles situations cocasses.

 

"En fait, je sentais votre parfum : c'est Essence d'enfoiré, non ?"

 

On sent l'amour qu'elle porte aux enfants et c'est vraiment une des clés de cette histoire que j'espérais voir mise en avant et évoluer. Elle est dévouée à son job même si son patron est loin de la laisser insensible.

 

Mais ombre au tableau, Heaven est en couple et c'est là où il y a comme une donnée à éliminer pour que l'histoire soit complètement aboutie et soit classée en romance. La manière dont Delinda a traité ce point correspond parfaitement à ce qu'on peut attendre de ce roman. Simple parenthèse : Il y a quelque chose qui m'a frappé concernant Royce, le prétendant en question. Il m'a fait penser au personnage, que je n'aime pas du tout, d'un film que je peux regarder encore et encore. Pourquoi je ne sais pas.

 

Classé en New Romance, ce roman coche tous les codes du genre. Il développe une histoire et une romance au rythme qui s'y rapporte pour rester dans la notion de romantisme. Je ne vais pas employer le terme qui fleurit partout ces derniers temps ; je dirais juste que Delinda a maîtrisée son histoire et l'a construite telle que ses lectrices étaient en droit de la lire et de l'attendre. Et purée, qu'est-ce que j'ai aimé ça ! Le livre refermé, j'ai encore du mal à réaliser combien j'ai aimé cette histoire.

 

"Son sourire lumineux me donne la sensation de voler trop près du soleil. Si je dois m'y brûler les ailes, alors ainsi soit-il"

 

L'auteure n'a pas fait l'erreur de faire devenir Tristan, un père de famille parfait et irréprochable. Alors oui, il est totalement différent qu’il soit en mode tatoueur ou en mode papa et j’ai aimé voir ses différentes facettes ; et la facilité avec laquelle il se met dans la peau de l’un ou l’autre. Il aime profondément sa fille et impossible de ne pas le ressentir ; elle passe avant tout. Mais il reste un homme, qui en présence de ses acolytes peut employer quelques termes qui détonnent avec la notion de romance. Personnellement, j'ai apprécié qu'elle lui est conservé cet aspect bad boy en lui ajoutant l'option "romantique". Ça amplifie ce côté sexy qu'il dégage et qui lui va à merveille. Les personnages trop lisses je trouve ça tellement fade ; je crois que j'ai passé le cap des romances trop "à l'eau de rose".

 

"La vie est ainsi faite, elle offre le pire, promet le meilleur. Il suffit de se rappeler qu'après le pire vient le meilleur"

 

Tristan évoluant dans le monde du tatouage, art que j'apprécie vraiment, il y avait un risque que l'auteure force son écriture sur ce sujet. Elle a su éviter ce qui aurait pu alourdir l'ensemble, en ne se servant de cet univers que comme simple fond à l'histoire. Très bon point pour ce style de romance.

 

Elle a su ajouter le petit grain de sable qui pourrait enrayer la machine romantique ; tout en n'en faisant pas trop, en ne se focalisant pas dessus plus qu'il ne se devait. Mais qui est nécessaire et appréciable pour que l'histoire évolue vers ce qu'on attend.

 

Et le petit plus indispensable, elle a apporté une belle touche d'humour avec les personnages 100% sans filtre, d'Ollis, ami et collègue de Tristan, et Randall, la meilleure amie, type gothique, d'Heaven. A eux deux, c'est un duo bonne humeur qui peaufine cette lecture parfaite.

 

Sur la base de personnages qui vivent leur rencontre et leur histoire, telles qu'ils l'entendent, à leur rythme, Delinda signe là une histoire d'une simplicité belle de pureté et tellement pleine d'amour. Apprivoisement et douceur sont les mots-clés de cette romance dans toute sa beauté.

 

"Ce putain de bonheur auquel tout le monde aspire ne tient qu'à un fil. Et ce fil, c'est Heaven"

 

C'est assez rare de lire une romance dans laquelle les personnages s'attirent mais ne se repoussent pas pour d'obscures raisons. Ici, pas de côté psychologique pesant, pas de personnages qui hésitent, qui s'en vont ou se déchirent à coup de mots blessants. Juste Tristan et Heaven qui se donnent toutes les chances de vivre la plus romantique des histoires pour que Tristan et Briar Rose connaissent les joies d'une vie à 3.

 

A mes yeux, ce roman est plus que parfait : l'histoire est bien pensée, bien développée, bien écrite sous une plume expérimentée et de très belle qualité. Et elle rend accro, au point de rêver, pourquoi pas, à un bonus sur Ollis et Randall pour prolonger ce moment unique de lecture.

 

Mon premier sentiment était le bon et c'est une histoire que je relirais volontiers. Et ce serait totalement absurde de ne pas vous conseiller de foncer découvrir ce que je n'hésite pas à classer comme joyau de le New Romance. Bravo Delinda pour ce couple qui a su faire fondre mon cœur. Et au plaisir d'une prochaine lecture.


18/10/2020
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Je chanterai sur tes lèvres / Anna BRIAC

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Lorsque j'ai vu passer la promotion faite par Anne Briac pour son dernier titre dans la série "Au coeur de Skye", j'ai trouvé cette couverture tellement belle – qui me fait penser au style de certains romans de N. SPARKS - et le résumé si attrayant que je me suis laissée tenter par une découverte sous Service Presse pour ce roman en auto-édition.Un immense merci pour cette confiance accordée !

 

S'agissant d'une seconde histoire dans une série, je savais qu'elle pouvait se lire indépendamment de la précédente. Et je m'y suis plongée avec tellement de plaisir. Je me suis retrouvée aux premières loges de ce qui sonne comme les adieux d'un musicien à son groupe pour rejoindre une vie bien plus réelle, loin des strass et des paillettes. Mais une vie où les douleurs du passé décideront de refaire surface.

 

"Catriona adore sa vie : co-gérante d'un pub le jour, elle sillonne la nuit les routes écossaises à moto, à tombeau ouvert. Une existence idéale, à deux exceptions près. La première est trop lourde pour qu’elle ait seulement envie d’y penser. La seconde s’appelle Logan Hunter.

 

Logan, le charismatique chanteur de Bloody Kelpie, ne vit que pour la musique. Jamais il ne se sent aussi vivant que lorsque ses chansons sont reprises par des milliers de fans. Pourtant, depuis quelques mois, même le succès ne parvient plus à remplir le vide qui grandit en lui.

 

Quand une urgence familiale ramène Logan à Skye, Cat explose. Car rien de bon ne peut renaître des cendres d’un si grand amour dévasté... N’est-ce pas ?"

 

Roman écrit à la 3ème personne, j'avais un peu peur mais pas du tout. J'ai tellement aimé le début de l'histoire, la manière dont l'auteure l'a amenée, que je n'ai ressenti aucune gêne.

 

C'est dans un pays que j'affectionne, l’Ecosse, qu’Anna BRIAC a posé son décor. Ce pays qui voit le retour d’un de ses enfants qui, à la suite d’une tragédie affective, a perdu le goût à l’aventure qu’il partageait avec ses amis : partager sa musique au plus haut niveau. Cet enfant, devenu un homme, c’est Logan, à présent trentenaire pour qui, on le comprend tout de suite, la musique est toute sa vie. Mais ayant perdu l’inspiration, il ne souhaite plus l’exercer de la même façon, en revenant sur les terres de son enfance pour mettre son art à la portée des autres, de manière plus humble.

 

Mais il sait que ce retour risque de rencontrer certains obstacles si le passé décide de jouer les troubles-fêtes. Car le passé, c’est Catriona, celle qui faisait battre son cœur lorsqu’il avait 16 ans, qui n’a jamais quitté son île et qui y a parfaitement réussi sa vie malgré leur rupture déchirante. Et sur une petite île comme Skye tout se sait très vite.

 

Lorsque Catriona va apprendre la nouvelle, ses sentiments profondément enfouis vont ressurgir et il est hors de question, pour elle, que Logan revienne dans sa vie, de quelque manière que ce soit. Le passé doit rester dans le passé et les erreurs commises ne doivent pas se répéter. Mais tout le monde sait que, dans la vie rien ne se passe jamais comme on le souhaiterait !

 

Quoi que souhaite Catriona, a-t-elle vraiment tournée la page de cette histoire si forte et si belle qui l’unissait à Logan ?

Lorsque le passé refait surface, Logan obtiendra-t-il les réponses qui apaiseront les blessures laissées par son amour perdu ?

 

Je ne connaissais pas Anna BRIAC et je découvre donc la qualité de sa plume à la lecture de cette très belle histoire où passé et présent vont s’affronter sur fond de romance. Et où l’authenticité des personnages et de l’environnement dans lequel ils évoluent, est indéniable. Malgré tout, ça restera juste une très belle lecture pour moi, que je ne regrette absolument pas d’avoir découverte.

 

Dès le début de l’histoire, je me suis fortement attachée à Logan. Peut-être de par la perte qu’il a subit et les conséquences que ça a eut sur sa décision de revenir à de vraies valeurs. Hormis le fait qu’il est beau et musicien, j’ai aimé son caractère et cette force tranquille qui émane de lui. Il est animé par un projet qui lui tient vraiment à cœur ; certainement plus en adéquation avec ce qu’il est vraiment intérieurement.

 

« Il commença à chanter et se noya dans la musique, les yeux fermés. Il jouait en collant presque son oreille sur le bois doux et tiède, dans sa bulle. Il n’y avait plus que cette sensation unique, celle de ne faire qu’un avec l’univers »

 

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Contrairement à lui, j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à Catriona qui est pourtant un très beau personnage, ça c’est incontestable. Mais il y a un détail que je ne saurais expliquer, qui fait que j’ai eu plus de mal avec ses interventions, ses paroles et ses actes. Elle a souffert par le passé – l’histoire avec Logan n’est qu’une partie visible de son vécu – et je crois que malgré tout, j’ai eu du mal à comprendre le pourquoi de son comportement. Il y a quelque chose qui est allé trop vite à mon goût ; là où je me serai attendue à ce qu’elle riposte plus. Je suis la première à le regretter mais je n’ai pas été à l’aise avec l’approche de son personnage. Elle est forte malgré ses failles et ses faiblesses et elle a le cœur sur la main ; seul point commun que j’ai su lui trouvé avec Logan. Je me demande si finalement il n’aurait pas été plus judicieux, pour moi, de lire la première histoire avant de découvrir celle-ci.

 

« Nos rêves coïncident et on peut les rendre plus beaux en s’entraidant »

 

Malgré ce point négatif qui n’engage que moi, l’auteure a vraiment une facilité à nous emmener dans son histoire et dans l’univers de ses personnages, chargé en émotions et sur fond musical qui apporte son petit plus. L’alternance passé/présent apporte énormément à l’histoire ; permettant de s’imprégner pleinement de ce qui fut par le passé et de ce qui est dans le présent.

 

Son style d’écriture est vraiment de qualité, on voit qu’elle maîtrise bien cet art.  Les évènements s’enchaînent de manière cohérente et malgré une fin qui m’a laissé sur ma faim,  j’ai adoré l’authenticité des lieux et des personnages principaux et secondaires qui symbolisent parfaitement les notions de famille et d’amitié.

 

Son histoire offre des moments inattendus et des révélations qui, forcément, ne peuvent que nous toucher. Des beaux moments de sourire ou de rire avec les amies de Catriona, Elsie et Mina surtout.

 

« Deux ans ! Tu appelles ça une amourette ? Purée, moi quand je tiens plus de dix jours, j’ai l’impression qu’on a dépassé les noces de diamant ! »

 

L’écrit est dans son ensemble parfaitement abouti ; si ce n’est ce problème que j’ai eu avec Catriona, qui je le précise à nouveau, n’est propre qu’à moi. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.

 

Malgré le fait que cette histoire ne sera pas un coup de cœur pour moi, je vous conseille de la découvrir – surtout si vous connaissez déjà Anna BRIAC - et de vous faire votre propre idée sur Logan et Catriona. Qui sait, vous n’aurez peut-être plus envie de repartir de l’île de Skye ! Très belle lecture !


11/10/2020
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Instant / Ludivine DELEAUNE

"On nous apprend à compter les secondes, les minutes, les heures, les jours, les années... Mais personne ne nous explique la valeur d'un instant"

 

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A quel instant est-ce que cette histoire a conquis mon cœur ? Certainement dès que mon regard a croisé cette couverture magnifique. Comme une évidence. Une chose est sûre c'est que c'est un très beau coup de pour ce dernier roman de Ludivine DELEAUNE aux Editions BMR qui m’a fait passer un inoubliable instant de lecture. Merci à l'auteure pour sa confiance.

 

 

 

"L’amour est un condensé d’instants inoubliables

 

La vie est faite d’instants imprévisibles qui marquent à jamais.

ll y a cet instant qui a changé leur vie…

 

Celui où Julia a décidé de voler de ses propres ailes…

Où Paul a perdu la femme qu’il aimait…

Où Marguerite a retrouvé son Joseph après la guerre…

Où Jade a enfin eu ce qu’elle voulait…

Où Jessica s’est réconciliée avec son corps…

Cet instant qui a révélé à Grégoire qui il était vraiment et celui où Rose a chassé les démons du passé.

                                                                                                  

Et le seul qu’il n’est jamais trop tard pour vivre : l’instant présent.

 

Avant de vous laisser emporter par le quotidien de Julia et de ses proches, faits de petits bonheurs, de doutes et de sentiments, soyez prévenus : rien ne sera plus comme avant cet instant."

 

Lorsque j'ai postulé pour ce Service Presse, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre ; j'étais intriguée tout simplement. Et quand j'ai commencé à découvrir l'histoire, je n'arrivais pas à voir où m'emmenait l'auteure. Mais ça n'a pas duré bien longtemps.

 

En effet, Ludivine a fait le choix de scinder cette histoire en plusieurs parties. Ce qui est assez judicieux dans ce style d'univers pour alterner passé et présent sur plusieurs décennies et pour nous emmener de la France jusqu'au sommet de l'Everest.

 

"Les instants perdus ne se rachètent pas, mais ceux à venir n'en seront

que plus appréciés"

 

Au travers d'instants en tous genres, c'est dans la vie et les destins de plusieurs personnes, qu'elle nous emmène. Ces vies et ces destins qui ont été bouleversés par un seul instant qui a changé leur cours.

 

La première partie nous présente ces hommes et ces femmes, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs peines et leurs bonheurs, leurs rêves et leurs désillusions. C'est un peu la base, parfaitement construite, qui va nous mener au cœur du roman et de ses autres parties.

 

Il y a une femme, cette jeune femme, Julia, qui voit son avenir et sa vie changer de direction, une nuit de juin, au bord d'une falaise d'Etretat le jour où elle a choisi de reprendre sa vie en main. Et celui qui va en être un des acteurs c'est Paul et sa passion pour les sports extrêmes qui lui permettent de provoquer la vie en défiant la mort pour se sentir vivant. Chacun vit avec ses secrets, avec ses blessures dans une vie parfaitement imparfaite qui leur permettra de commencer une nouvelle histoire même s'ils n'ont aucun pouvoir sur ce que le destin leur réserve.

 

"Nous ne pouvons pas refaire notre passé, mais nous pouvons créer notre avenir. Et il se joue à chaque instant"

 

Dans cette histoire, il y a tous ces autres personnages que l'on se plaît à croire parfaits comme Marguerite, à la vie riche mais dont chaque instant est suspendu à un bout de ficelle en attendant de retrouver son grand amour. Attachante et toujours pleine de sagesse dans la voix, elle est un des éléments forts de ce roman, pour laquelle seuls les mots tendresse et admiration me viennent à l’esprit.

 

"Chacun a sa propre manière de chérir son autre. Le plus difficile est sûrement de le laisser nous trouver et d'être suffisamment prêt pour le vivre... Et pour y survivre..."

 

Il y a ceux vraiment imparfaits et tellement superficiels, qui ne font rien pour qu'on ait envie de les aimer dont l'égocentrisme et la prétention ont été poussé à leur maximum par l'auteure qui a exploré là une des facettes détestable de l'être humain. Mais rien ne dit qu'à un instant précis on ne change pas d'avis (ou pas). Jade et Grégoire représentent tout ce que je déteste et forcément ma rencontre avec eux n'a pas été des plus tendres. Mais sans eux, l'histoire n'aurait probablement pas eu le même impact.

 

"Ma mère aurait dû m'apprendre à apprécier la valeur des gens, la valeur d'un instant passé avec eux. J'aurais peut-être su avant qu'il n'existait pas que la valeur financière"

 

Il y a ces personnages, comme Annabelle et Rose, qui sont vraiment le symbole de la vie qui bascule en un instant : un geste et un regard aussi rapide qu'un instant et leur vie n'aura plus été la même. A travers elles, l'auteure aborde des sujets difficiles (surtout Rose) et elle les a traité avec beaucoup de justesse et sans surenchère émotionnelle même si Annabelle n'est pas une personne vers qui j'irai spontanément de par la froideur et la dureté qu'elle montre. Et Rose, est celle pour qui je n'ai pu avoir que de la tendresse au fil de nos rencontres successives. Très beau personnage !

 

"Prisonnière de la folie des hommes. À jamais. Tout cela ne sera qu'un éternel recommencement"

 

Et il y a Jessica, cousine de Julia et Jade, à laquelle on s'attache forcément, celle que personne ne voit autrement que par son surpoids mais que la vie ne va malgré tout pas oublier et lui faire prendre conscience qu'elle peut être aimée pour ce qu'elle est. C'est un personnage que je pourrais qualifier de joviale, apportant son lot d'humour à cette histoire. Un des personnages auquel n'importe qui pourrait s'identifier.

 

"Ce corps est bosselé, cabossé. Un peu comme mon esprit, en fait... mon visage est la seule chose que j'aime chez moi"

 

L'auteure nous fait prendre conscience que finalement, la vie n'est qu'une succession d'instants fugaces et éphémères, à côté desquels on passe souvent sans s'arrêter, que l'on ne peut jamais rattraper un fois perdus et qu'elle nous présente telle une palette mêlant nuances sombres et coloris lumineux.

 

Même s'il est question d'amour dans cette magnifique histoire, ce roman va au-delà de la romance. C'est une leçon de vie authentique qui met en lumière certaines futilités qui nous font passer à côté de l’essentiel.

 

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C’est un roman qui n’a pas pour vocation de nous faire croire à un monde tout beau, tout rose ; c’est dans la vraie vie, vue sous différents regards et différentes sensibilités, qu’on entre. Et au fil des pages, j’ai ressenti beaucoup de sentiments mais  jamais aucune lassitude. Je me suis laissée porter par les vents qu’aiment tant Julia et Paul, tout simplement. Et même si ce n’est pas un livre triste – c'est avant tout une romance contemporaine -, l’auteure est arrivée à me faire pleurer par un simple passage qui résonne tellement en moi (et qui pourra toucher d’autres personnes aussi).

 

« Parce que la mort a son propre bruit. C’est la voix que l’on n’entend plus, les pas qui ne résonnent plus sur le sol, le rire qui ne s’élève plus dans l’air. La mort a une senteur aussi, celle de l’odeur de la peau qu’on ne sent plus »

 

Si on lit entre les lignes et si on voit au-delà des mots, cette histoire cache de nombreux sujets sensibles mais tellement vrais. Et sous la plume de Ludivine, s’en est encore plus qu’agréable à lire et à découvrir. Ses mots associés aux thèmes résonnent un peu comme une poésie ou une douce musique. C’est apaisant. La seule tristesse que je peux retirer en écrivant mon ressenti, c’est que je ne pourrais jamais partager la multitude d’extraits que j’ai relevé au fil de ma lecture ; si nombreux et si beaux.

 

Parce que la vie ne tient pas à un fil mais à un instant, ce livre est vraiment celui qu’il faut découvrir pour en sortir changé et grandit avec un autre regard sur ce qu’on ne voit pas mais qui a toute son importance malgré tout. Si vous voulez une histoire totalement différente, qui vous fera vous sentir bien une fois la dernière page tournée, je ne peux que vous conseiller « Instant ». Et pour ma part, j’espère vraiment que le format papier pourra rejoindre un jour ma bibliothèque comme un de ses romans qui aura laissé une trace indélébile dans ma vie de lectrice et de femme.

 

"Bouffe la vie avant que ce soit elle qui te dévore, qui avale tes belles années, tes rêves et tes sourires"


26/09/2020
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T'as qu'à maigrir - T.2 / Mo GADARR

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Comment poser mon ressenti dans une chronique qui se montrerait à sa hauteur et à la hauteur de ce 2nd tome de la nouvelle saga de Mo Gadarr. Aucune idée ! Étant donné que je viens juste de refermer ce nouveau chapitre de l'histoire de Slim et Ulrich, je me lance à chaud. En n'omettant pas de remercier Mo Gadarr pour cette confiance qu'elle m'a accordée une nouvelle fois et qui me ravie à chaque fois.

 

Pour les personnes qui ont lu le 1er tome, et qui suivent l'auteure,  elles savent que ce 2nd tome est du point de vue d'Ulrich, le coach sexy. Et la méprise inévitable serait de se dire "ça ne m'intéresse pas ; c'est une redite du T1 au masculin". Mais ne jugeons pas quelque chose dont on ignore tout. Car c'est effectivement un des sujets - bien qu'il n'y ait pas que celui-là - de ce 2nd tome : juger sans savoir. Et un sujet entretenu par notre société qui, dès lors qu'il y a une différence, pense avoir la science infuse et la réponse à tout, concernant tout le monde.

 

Alors c'est vrai que l'auteure s'est servie de la base de son 1er tome, que des scènes sont forcément relues mais elle a vraiment développée une histoire bien distincte puisqu'elle nous emmène à la découverte émotionnelle d'Ulrich, qui était assez secret lors de la 1ère rencontre. Et je suis prête à parier que très peu de lectrices pourraient devenir son contenu. Et pourtant, j'en ai fait des hypothèses ; je n'ai rien vu venir.

 

Etant donné que c'est un 2nd tome, je ne vais rien vous dévoiler de l'histoire pour ne pas risquer de spoiler le T1, ni celui-ci ; juste partager le résumé de l'auteure.

 

"Challenge n°2 - (Se) dépasser

Ulrich a toujours tout fait pour ne pas laisser ses souffrances passées perturber son équilibre. C'est la raison pour laquelle il est à la fois nutritionniste et coach sportif. L'obésité, c'est comme le désordre : il l'a en horreur. Il s'est promis de toujours tout faire pour l'éviter et s'en tenir éloigné.

 

Mais voilà que se ramène cette femme à la grande gueule, au caractère bien trempé, mais qui surtout ne ressemble en rien à ses conquêtes habituelles. Elle représente vraiment tout ce qu'il ne supporte pas, tout ce qui le terrifie car sa simple présence le replonge dans ce qu'il y a eu de plus noir dans son existence. Pourtant cette Slim l'attire, même si ça, il n'est pas question qu'elle le sache !

 

Que peut-il bien se passer dans la tête de l'énigmatique Ulrich Kotits ?

Est-il l'être sans cœur que tout le monde s'imagine ?"

 

Tout a commencé par le titre du 1er chapitre : Without fat 8594. Et ce n'était qu'un début car chaque titre de chapitre a fait carburer mes méninges pour connaître la signification des chiffres qui allaient en grandissant. Et ça a duré un bout de temps. Mais bien avant d’en connaître la signification, l’auteure m’a vraiment transportée dans cet univers narré par le beau coach de chez Commando Gunter.

 

J’ai revécu l’histoire précédemment lue mais d’une toute autre manière. Dire que c’est la même chose c’est abuser. Je pars du principe que dès lors que l’auteure me fait voir l’histoire sous un autre angle et avec d’autres données jusqu’alors non dévoilées, c’est une nouvelle histoire qui s’ouvre à moi. Et quel plaisir de relire et revivre certaines scènes. J’aimerais qu’on m’explique la différence entre ce choix qu’a fait l’auteur et celui d’une lectrice qui va relire 3 ou 4 fois un même livre ; je ne vois pas ce qu’il y aurait de critiquable dans l’un ou l’autre cas.

 

La différence c’est que dans une relecture, rien ne change. Vous aurez beau relire ; pas un mot, pas une virgule ne seront différents. Alors que dans « T’as qu’à maigrir 2 », l’histoire de base est conservée mais la trame est totalement différente.

 

On ne savait pas grand-chose d’Ulrich mais là c’est vraiment une plongée que l’on fait au cœur de son histoire, de ses pensées, de ses ressentis, de ses blessures, de ses tocs et rituels et de ses démons. Et je trouve que, malgré quelques petites longueurs d’usage et quelques petites fautes qui m’ont laissée songeuse, la découverte est plus que réussie.

 

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Du fait que l’on a seulement le point de vue d’Ulrich et que ça change forcément la donne, l’auteure a su donner un souffle différent en incluant de manière plus importante des personnages qui étaient très secondaires dans le T1 et en faisant disparaître certains autres, en insérant des scènes totalement inédites que l’on a plaisir à découvrir et à inclure à l’histoire précédente, en nous faisant rencontrer des personnages nouveaux et de très belle qualité parfois et en soulevant des sujets qui découlent de tout cet ensemble parfaitement construit et écrit.

 

« S’il t’arrivait quelque chose, Slim, jamais je ne me le pardonnerais car… »

 

Ce qu’il est important de souligner, c’est le changement de ton dans ce roman. Du fait qu’Ulrich soit entouré d’une sacrée part de mystère, habité par des démons qu’on n’arrive pas à nommer et que la présence de Slim est différemment perçue, je trouve que nous ne sommes plus dans cette notion de feel good que j’avais pu ressentir  dans le 1er tome. Du fait d’un climat plus sensible, je n’ai pas vraiment retrouvé de situations cocasses ou de joutes verbales piquantes et attrayantes qui m’avaient fait rire et sourire. C’est vraiment un tome de transition vers le 3ème tome, pour avoir tous les tenants et les aboutissants des histoires de nos deux protagonistes.  

 

C’est Ulrich, l’homme torturé et Ulrich, le petit garçon si attachant, que nous accompagnons au fil des pages. On redécouvre celui qu’on a pu détester dans le 1er tome pour le voir évoluer vers l’homme qui a peur que l’histoire du petit garçon, qu’il a été, se répète et qui n’a de cesse que de vouloir se protéger et protéger celle qui représente tout ce qu’il fuit. Mais pour laquelle des sentiments confus vont naître, se développer et faire disparaître toutes les bonnes résolutions qu’il avait pu prendre et respecter jusqu’à ce qu’elle entre dans sa vie. Et donc perturber son équilibre émotionnel déjà mis à mal.

 

« Les moqueries, j’en dis beaucoup mais j’ai pourtant du mal à en entendre chez les autres »

 

C’est dans un cheminement long et parfois douloureux – voire très douloureux – que la lecture évolue comme pour nous envoyer des messages forts et tellement nécessaires sur des sujets réels et oh combien sérieux. Alors oui, il y a beaucoup d’hésitation, de pas en avant puis de pas en arrière, de résignation à laquelle on a envie de réagir bien entendu mais il y a des moments tellement touchants, sincères et tendres qu’on pourrait en oublier le reste. Il ne faut pas retenir que les aspects négatifs que certain(e) détestent ; il faut voir l’histoire dans sa globalité car c’est que je fais toujours.

 

« Dis-toi que cette femme entre dans les critères que ton cœur a choisis pour toi, il y a déjà longtemps. Les choses changent et les gens encore plus. Peut-être que tu as changé »

 

Dans ce tome, l’auteure a bien développé le sujet de base qu’est l’obésité. Alors attention, une nouvelle fois : elle ne pose pas en donneuse de leçon ou en coach minceur. Elle développe ce sujet qui est, ne l’oublions pas, le cœur du métier d’Ulrich. Et qui est aussi la clé à beaucoup de questions restées sans réponse dans le 1er tome. Il est traité de manière totalement différente et c’est ce qui apporte encore plus d’intérêt et de force à notre perception en la matière. Ca permet de poser un regard différent sur nos comportements, nos paroles, notre vision sur beaucoup du sujets qui souvent méritent juste qu’on reste à notre place, tout simplement. Seulement se dire : « et si ça m’arrivait à moi aussi ! ».

 

« L’obésité, il faut éviter qu’elle arrive sinon c’est un combat sans relâche pour la vie »

 

Au final de cette lecture, il en ressort que la dureté parfois ressentie du 1er tome laisse la place à la sensibilité du 2nd. Que la qualité du texte est toujours bien présente – malgré quelques petites coquilles -  mais d’intensité différente. Et que contrairement à ce que dit l’adage, « la première impression n’est pas forcément toujours la bonne ».

 

C’est sur un nouveau beau coup de  que j’ai terminé cette lecture qui m’a plus qu’agréablement surprise. Je serais même tentée de dire que je l’ai encore plus aimé que le 1er car il est plus profond en sentiments, plus touchant dès lors que le thème de l’enfance et de la famille est abordé d'une certaine manière, qu’il permet de se faire une idée de l’histoire globale en toute objectivité et qu’il m’a permis de voir Ulrich d’un autre œil, plus indulgent et plus attendri. Juste un petit regret : un personnage appartenant au passé est évoqué mais aucune explication n’est développée. Peut-être que la lumière sera faite dans le tome final ? Je l’espère.

 

J’ai vraiment hâte d’assister aux retrouvailles d’Ulrich et Slim dans le 3ème et dernier tome qui paraîtra d’ici à la fin de l’année et qui nous offre déjà une couverture encore plus belle que les précédentes. Si son contenu évolue dans le même sens, ça nous promet un final de haute qualité et fort en émotions. Alors je serai au rendez-vous bien entendu car, sans nul doute possible, « JeSuisUlrich » !


22/09/2020
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Obsèques à la carte / Amelia PACIFICO

www.kizoa.plcollage_2020-09-17_16-33-19.jpgLorsque j'ai vu passer le roman d'Amelia PACIFICO, j'ai été surprise par le contraste entre la couverture colorée et le titre qui débute par le mot "Obsèques". Ça à suffit à titiller ma curiosité et bien que cette histoire soit écrite à la 3ème personne, je me suis lancée en répondant à l'appel à chroniques, de l'auteure. Merci Amelia pour ta confiance.

 

Alors là, on n'est pas du tout sur de la romance ou du feel good pur mais on n'est pas très loin de ce dernier style. Pour être honnête, je ne sais pas dans quel style littéraire le classer mais pour l’auteure il s’agit d’un « contemporain réaliste, aux accents feel good ». Ce dont je suis sûre, c'est que le choix de l'environnement sur lequel repose cette histoire est vraiment osé et un peu risqué, n'ayons pas peur de le dire ; le thème pouvant induire en erreur qui lirait le résumé sans chercher à voir au-delà.

 

« Depuis un an, Lila traîne une amertume née des funérailles de son papa, trop tôt parti et dans un grand chambard enterré. La cérémonie organisée par sa mère et les professionnels du métier aurait fait hurler le disparu si ses cordes vocales avaient encore fonctionné.

 

« Le choc de découvrir le corps inerte de la personne qui comptait le plus dans sa vie a été long à apaiser. La rancœur générée par l’organisation épouvantable des obsèques qui avaient suivi a, elle, encore du mal à être canalisée, à défaut d’être éradiquée »

 

Cette épreuve a tant pesé sur la jeune femme qu'au détour d'une conversation avec son psy, l'idée du siècle germe : pouvoir organiser de son vivant des funérailles sur-mesure afin d'ôter le souci des détails aux proches une fois son heure venue.

 

En proposant cet accompagnement original autour d'un sujet aussi tabou que la mort, Lila aurait dû se douter qu'elle croiserait des personnalités hautes en couleur qui lui donneraient du fil à retordre… et des émotions à vivre. C'est également au travers de ces moments forts qui font le sel d'une existence qu'elle trouvera enfin ce qu'elle a si longtemps cherché… »

 

Qu’est-ce qui attend Lila au bout d’un chemin parfois semé d’embûches ?

Saura-t-elle trouver l’apaisement dans sa vie bouleversée ?

 

Que ceux qui pensent d’entrée que la lecture d’« Obsèques à la carte » n’engendrera que tristesse et ennui, je ne vous dirais qu’une chose : oubliez vos idées pré-conçues et vos à priori. Et n’hésitez pas à entrer dans cette histoire atypique de par son sujet. Si on devait se baser sur un résumé, un titre ou une couverture pour découvrir des romans, on ne lirait pas grand-chose.

 

Amélia PACIFICO a eu l’ingénieuse idée – ou folle idée - d’associer ce sujet tabou qu’est la mort à une écriture légère et pleine de pep’s pour dédramatiser et alléger des situations douloureuses ; pour permettre à Lila d’essayer de trouver elle-même un apaisement qui lui fait défaut.

 

« C’est quoi, la mise en bière, maman ? C’est quand on boit quand quelqu’un meurt ? »

 

Parce qu’avant tout, Lila est une fille, une épouse et une mère qui doit composer avec une vie familiale pas toujours évidente et calme malgré le soutien infaillible de son époux. Parallèlement à ça, elle est courageuse d’aller au bout de ce projet qui lui tient à cœur parce que disons-le clairement, Lila aime les gens et ne veut que leur bien. Surtout dans cette étape si difficile qu’est la perte d’un proche qui peut faire s’écrouler un monde en quelques minutes à peine.

 

« Pour Lila, son activité s’apparente au service d’une wedding planner dans un domaine moins festif »

 

Et des gens, elle va en rencontrer beaucoup : les très bons qui vont marquer sa vie, les bons qui vont lui permettre de tirer certains enseignements et les mauvais qui ne méritent même pas qu’on s’attarde sur eux.

 

C’est là le gros point fort de ce roman : la qualité et la diversité des personnages qui vont croiser la route de Lila comme s’ils étaient une évidence dans l’histoire de sa vie professionnelle mais aussi personnelle. Chacun donne tout son sens à cette histoire et va laisser sa trace indélébile. Amelia les a vraiment travaillés de manière plus que complète.

 

En tête il y a bien sûr Aglaé, la rencontre qui va devenir indispensable à son quotidien, de par tout ce qu’elle va lui apporter et par le mystère qui l’entoure tout au long du roman. Même si c’est un très beau personnage qui amène des moments de douceur, de sourire, de rire et d’émotion, j’avoue que j’ai eu du mal à m’attacher à elle car je n’arrivais pas à la cerner tant il y a beaucoup de zones d’ombres autour d’elle. Comme s’il me manquait quelque chose sur lequel je n’arrive pas à mettre le doigt. Ca n’empêche en rien que j’ai aimé sa présence, ses réparties, ses sautes d’humeur et que j’ai su l’apprécier à sa juste valeur bien qu’un peu tardivement. Et sans elle cette histoire n’aurait eu aucun sens.

 

« Qu’est-ce que vous ne comprenez pas dans ce que vient de dire votre fille ? On tra-vaille, insiste l’ancienne en avançant la tête de manière agressive, pas le moment pour les visites de courtoisie, hé ! Elle a un business à faire tourner, « votre » Lila. Non, mais sérieusement, quel toupet ! »

 

Un autre personnage important est celui de Xavier CITRON qui a aussi sa belle part de mystère mais qui au fil de l’histoire soulève des sujets bien réels sur une notion de vie qui peut prêter à polémique, peut faire lever les yeux au ciel. Je ne vous dirais rien sur ce sujet car ce serait spoiler et sincèrement, je n’ai même pas d’avis sur la situation dans laquelle il se trouve.

 

Et puis il y a tous les autres, Anna, sa fidèle amie, Margaux, sa mère avec qui les relations sont plus que compliquées, Alex JACOB, son psy et Anthony, son mari ; pour ne citer qu’eux. Car ce livre est une succession de rencontres qui auront toutes une incidence directe ou indirecte sur la vie de Lila.

 

« Tu m’as pompée comme un vampire sans jamais un regard en arrière. Et tu vois, là, c’est moi qui ai besoin d’être protégée, maman ! Et pas par toi ! »

 

Ce que j’ai apprécié, au-delà de l’histoire, c’est le travail approfondi qu’à fait l’auteure pour développer un sujet de manière tellement dense en évoquant des pistes qui permettent de voir le sujet du deuil et des obsèques d’une autre manière. Elle propose des alternatives intéressantes à ce qu’on connaît tous et j’ai trouvé ça très enrichissant.

 

« Amocher le tabou de la mort dans l’esprit des gens et créer autour de cette incontournable étape de vie une atmosphère, si ce n’est joviale, a minima apaisée »

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J’avais une petite appréhension sur ce que j’allais trouver dans ce roman puisque j’ai un rapport au deuil assez délicat, le temps n’ayant pas tout à fait son œuvre. Alors oui, certaines scènes, certains textes m’ont parlé plus qu’ils ne l’auraient dû mais je n’ai pas pleuré. Car effectivement, c’est une histoire qui soulève certaines vérités et certaines émotions mais qui n’est pas larmoyante. Elle n’est pas tombée dans le côté négatif et triste du sujet et heureusement !

 

« On m’a volé mes derniers jours avec lui. Tous. De son vivant comme lorsqu’il était mort. Plus de trois mois sans pouvoir me coller contre lui, dans notre lit. Et d’un coup, plus personne »

 

Et ce qu’il me tient à cœur de parler, c’est l’écriture d’Amelia ; quelle écriture ! Je ne sais pas si c’est parce que le style littéraire est différent de ce que je lis habituellement – et qu’il existe peut-être des codes d’écriture différents - mais je suis tombée sous le charme de l’aisance que j’ai eu à lire une histoire à la 3ème personne – vous connaissez mon point de vue à ce sujet – et de l’enchaînement parfait de tous ses mots qui forment des phrases pour aboutir à cette belle histoire qu’est « Obsèques à la carte ». Je pourrais presque me dire « mais c’est drôlement simple d’écrire des histoires, allez go je m’y mets ».

 

Bon, parlons de choses qui peuvent fâcher mais c’est purement personnel : je n’ai pas accroché aux marques de démonstrations entre Lila et son mari. Attention : je ne remets pas en cause le lien qui les unit ! C’est juste que je n’adhère pas du tout aux « Mon chéri, ma chérie » et autres. Ca ce n’est pas nouveau ; je n’ai jamais supporté ça même, et surtout, dans ma vie personnelle. Je ne me referais donc pas là-dessus. Bref, c’est purement personnel donc qu’on ne m’incendie pas pour ça car ça ne change rien à la très belle qualité de ce roman.

 

Sincèrement, je suis agréablement surprise par cette histoire qui est très étoffée, humainement très riche et qui pourrait faire évoluer les mentalités vers quelque chose de moins formaté, de moins ancré dans les us et coutumes en matière de deuil. C’est clair que lorsqu’on voit le rapport au deuil qu’ont certains pays par rapport à la France qui est attachée à certains rituels, ce roman fait réfléchir sur d’autre possibilités qui s’offrent à nous pour voir le deuil comme le commencement d’autre chose tout aussi beau même lorsque l’autre n’est plus, rien qu’en étant apaisé d’avoir respecté ses dernières volontés.

 

« Obsèques à la carte » est vraiment un roman à découvrir pour tout ce qu’il apporte de réflexion, de sentiments divers et variés et pour la qualité de l’écriture de son auteure qui signe là un très beau premier essai littéraire dans ce genre. Je ne peux pas vous dire mieux que pour savoir ce qu’il vous apportera, à vous, c’est de l’ouvrir et de vous y plonger.


17/09/2020
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T'atteindre / Elle SEVENO

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Un résumé entouré d'une impression de mystère et une couverture sublime n'ont pas mis longtemps à me convaincre que je devais découvrir cette histoire. Pourtant, l'univers de la danse n'est pas ce qui m'attire vraiment mais l'originalité de ce début d'histoire m'a fait passer au-delà de mes à-pŕiori.

 

Lorsque Aidan, 12 ans, voit évoluer sur son écran un ange blond, c'est le chaos au fond de lui ;  jusqu'à devenir obsession. Cet ange, c'est Maya, 12 ans également. Et pour l'approcher, il doit faire de la danse sa priorité pour pouvoir intégrer la School of Manhattan Center Ballet.

 

"Je le sens dans mes tripes. Il faut que je la voie encore. C'est plus fort que moi"

 

Lorsqu'il va parvenir à  son but, les désillusions pourraient être au rendez-vous et ce qui était une obsession restera une obsession endormie au fond de lui. Jusqu'au jour où... !

 

Qu’est-ce que 5mn dans une vie, surtout dans celle d’Aïdan ?

Sous ses airs d’enfant froide et hautaine, que cache réellement Maya, danseuse prodige ?

 

J'avoue que je suis la première surprise à dire que le dernier roman d'Elle SEVENO est un très beau coup de . Il a quelques imperfections, selon moi, mais 3 fois rien, rien qui ne puisse empêcher que cette histoire m’ait fait vibrer.

 

J'ai tout de suite accroché à l'idée de l'enfant de 12 ans qui voit sa vie bouleversée en à peine 5mn et à cause d'une vidéo de danse classique. C'est assez peu commun et le concept est accrocheur. Après, dans ce type de thème atypique, tout dépend comment l'auteure s'en sort pour que ça fonctionne jusqu'au bout. Je reconnais que l'approche utilisée ici est intéressante.

 

Ce roman est scindé en 3 parties ; ce qui est assez peu commun. La 1ère partie concerne Aïdan, la 2nde partie concerne Maya et la 3ème partie est celle de leur réunion. Et pour chaque chapitre de chaque partie, un titre de chanson lui est attribué. Nous offrant ainsi une belle playlist musicale telle que j’aime à trouver dans les livres. Et là, elle se dévoile au fil de la lecture et non pas comme habituellement en fin de livre ; donc très bon point qui apporte ce petit plus qui va donner une autre saveur à la lecture.

 

On évolue au travers de l’histoire en alternant présent et passé ce qui nous permet de voir grandir les personnages que l’on rencontre assez jeunes vers 11/12  ans pour les voir évoluer jusqu’à l’âge adulte. J’ai tout de suite accroché au personnage d’Aïdan qui s’avère être un personnage plus expressif que Maya, enfant star de la danse que j’ai trouvé froide et très dure, dans ses propos et son comportement envers les autres mais aussi envers elle-même.

 

"Je ne suis pas jalouse. Je n'espère rien et ce n'est pas ce pincement dans mon cœur qui prendra le pouvoir sur le reste. Pétasse au cœur de glace. Combien de fois me suis-je répété cette insulte pour tenir le coup ? Est-ce qu'un cœur de glace peut autant aimer danser ?"

 

Aïdan est un jeune garçon puis un jeune homme forcément attachant au caractère assez fort. Tant de détermination à aller au bout de ce qu’il s’est fixé, c’est incroyable. En général, on pense que ce que les enfants choisissent vers 10/11 ans ne verra que rarement  le jour ; mais là, c’est vraiment tout le contraire. Il va se lancer dans une discipline exigeante, blessante et impitoyable. Et la danse va devenir aussi vitale à Aidan, pour se sentir vivant, que l'air pour respirer.

 

Blessée, ça fait déjà bien longtemps que Maya l’est. Mais pour la passionnée de danse qu’elle est, montrer ses émotions n’est pas du tout envisageable, ce serait une manière de laisser les autres venir à elle et risquer de percer à jour ses fêlures ; donc elle garde la face sous un comportement que j’espérais juste de composition. Car sincèrement, de premier abord, je n’aurais pas été vers elle. Jusqu’à…. Ça je ne vous le dirais pas !

 

"J'ai beaucoup de mal à interpréter les sentiments des gens. Peut-être parce que les miens ont été court-circuités lorsque j'étais petite et que je suis devenue une solitaire qui a peur de dévoiler ses failles. Comment parvenir à comprendre les autres alors que je ne me comprends pas toujours ?"

 

Le choix d’écriture de l’auteure est vraiment approprié à ce type d’histoire ; il nous permet de prendre le temps d’apprécier les personnages séparément, de s’approprier leurs défauts et leurs qualités ; pour ressentir pleinement, dans la dernière partie, le plaisir de vivre cette histoire intense qui les réunit.

 

Dans cette histoire, la plume d’Elle SEVENO a réussi avec beaucoup de talent, à m’emmener dans un univers qui ne me correspond pas forcément et à m’y maintenir captive d’un bout à l’autre. J’avais peur que ce roman soit trop axé sur la danse classique qui est la base tout de même ; il n’en n’a rien été, bien au contraire. J’ai découvert d’autres univers que comporte cet art et je me suis laissée  prendre au jeu en étant pleinement spectatrice de cette passion qui unit Aïdan et Maya ; qui nous fait vibrer entre poésie et sensualité électrique. Je n’ai ressenti aucune longueur, ni lourdeur dans cette découverte ; bien au contraire.

 

"Ses pointes donnent l'impression qu'elle vole. Ses mouvements s'accordent parfaitement au rythme de la musique, comme si la danse avait été créée pour elle. Comme si elles ne pouvaient pas exister l'une sans l'autre "

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Ce que j’ai vraiment apprécié c’est le contraste entre les deux personnages principaux ; tant dans leur comportement que dans leur environnement. Ne dit-on pas que les opposés s’attirent ? C’est exactement ça. Et ça apporte une douce tension qui entretient le rythme de l’histoire et la fait évoluer  juste comme il se doit. Ce n’est pas une histoire à l’eau de rose ; c’est quelque chose de juste incroyable tant l’intensité qui se dégage de cette passion nous maintient à la limite de l’apnée.

 

"C'est comme si mon avenir se jouait en une fraction de seconde. Pour une fille que je veux contempler tous les jours. À qui je veux parler. Que je veux toucher. Caresser. Embrasser. Mes désirs ne ressemblent plus à ceux du gamin rêveur de 12 ans, ni à ceux de l'ado un peu flambeur qui cherchait à se faire remarquer. Je ne veux plus juste danser avec elle, je refuse qu'un autre le fasse..."

 

Au-delà de l’aspect « danse », il y a une vraie histoire : celle d’un jeune homme, un peu bagarreur, qui a eu la chance de naître dans la bonne famille et de faire les bonnes rencontres pour grandir et devenir un homme et un danseur d’exception ; face à une jeune fille, danseuse d’exception depuis toute jeune, qui est enfermée dans un climat malsain, méprisant et d’exigence, entretenu par une mère égoïste et égocentrique qui la tient sous sa coupe pour vivre, en quelque sorte, une gloire par procuration.

 

« J’aimerais bien sourire comme eux… Je les envie. Non, à ce moment-là je les déteste. Ils ont ce que je n’aurai jamais. Mais moi je serai la meilleure. Je me sermonne en éloignant la tristesse. On me verra partout… »

 

Tout dans le cheminement de l’histoire est vraiment bien structuré ; même les séparations et les affrontements corporels ou verbaux sont une évidente nécessité à la force de ce roman et à la cohérence de l’ensemble. Le monde d’Aïdan, qui offre des personnages secondaires  - mention spéciale à Marco - de belle qualité morale et émotionnelle, entre en collision avec celui de Maya qui n’est caractérisé que par les brimades et la solitude. C’est un des points forts de ce roman qui arrive à mettre en lumière une passion torturée sur des chemins tortueux et à qui toutes les chances d’aboutir sont offertes. Et qui peut retourner une situation et un ressenti en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

 

"Je me souviens de son prénom, de son caractère, de sa première audition, de son message. Et de ces deux fois-là, entre ses bras. De son corps puissant contre le mien, des battements affolés de mon cœur, de l'impression d'invincibilité que j'ai ressentie. Comment aurais-je pu oublier ?"

 

Au travers de « T’atteindre », je découvre une autre facette de la plume d’Elle SEVENO qui est plus en adéquation avec mes attentes : plus touchante, plus captivante et plus mature. Elle a su aborder un thème innovant en y associant tous les codes de la New Romance tels qu’ils se doivent.  Et s’il y a bien un livre, sur ce thème, à découvrir, c’est celui-là ; car il se démarque de par son originalité, sa qualité d’écriture, sa profondeur et son contenu qui fait passer par une palette tellement variée d’émotions qu’on aime ressentir et dont on redemande, bien entendu. Alors, où dois-je signer pour le prochain roman d’Elle SEVENO ?

 

« Si tout le monde ne voit en moi que la danseuse, c’est parce que la personne en dessous n’est pas intéressante »


17/09/2020
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Campus Drivers - T.1 : Supermad / C.S QUILL

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Quand on a l'habitude de suivre un(e) auteur(e), peu importe le genre littéraire, la sortie d'un nouveau roman c'est un peu comme attendre Noël : ça n'arrive qu'une fois par an. C'est exactement ce qu'il se passe avec C.S QUILL : chaque année on attend avec la même impatience, que celle d'un enfant qui attend le 25 décembre. Mais heureusement, on n'attend jamais si  longtemps. Et comme on ne sait que rarement longtemps à l'avance les univers des livres à paraître, ça rend d'autant plus intense l'attente jusqu'à la sortie.

 

En cette année universitaire qui débute, ils auraient pu se rencontrer sur le campus de l'Ohio State University mais le destin leur a choisi un autre scénario : la  cage d'escalier de l'immeuble de Lane O'NEILL. Alors que trois étages les séparaient pendant des mois, sans jamais se croiser, Loïs HOGAN, en pleurs après s'être faite larguée par son petit ami Kirk, va être secourue par celui que toutes les étudiantes aimeraient mettre dans leur lit. Campus Driver à ses heures, il vit seul et personne ne doit venir perturber sa tranquillité.

 

Donc pour Lane tout est clair : ok il veut bien l’héberger sur son canapé mais que pour une nuit, le temps de trouver un autre hébergement. Pour Loïs, une expérience sans précédent, s’annonce avec la bande des Campus Drivers : Lane, Lewis, Donovan et Adam. Et quelle expérience pour elle, pour eux et pour nous !

 

Lane restera-t-il sur sa première position : ne jamais s'attacher à une fille ?

Loïs parviendra-t-elle au but, un peu dingue, qu'elle s'est fixée ?

 

Je vais entrer dans le vif du sujet en vous disant que c’est un Supra Méga Coup de que ce 1er tome – SUPERMAD – de la saga Campus Drivers qui annonce le retour de C.S QUILL ; retour qui ne peut passer inaperçu et qui est très attendu en cette rentrée 2020. Et pourtant, comme beaucoup de personnes, je peux avoir des à-priori sur l’univers jeunes universitaires et me dire que je n’ai plus l’âge pour ce type d’histoire. Mais quelle erreur car finalement tout est dans l’écriture ; juste l’écriture et le style employé par l’auteure.

 

J’ai eu le grand bonheur de recevoir la version papier de ce 1er tome, avant sa sortie, - merci pour cette adorable attention - et c’est donc sous ce format là que j’ai découvert cette histoire. Lectrice principalement sur numérique, j’avais perdu un peu l’habitude – le goût aussi - d’une lecture de manière classique et je ne sais pas si je peux parler de révélation mais de réconciliation, c’est indéniable.

 

Je me suis immergée dans cette histoire avec une facilité déconcertante tant le style est propice à nous mettre à l’aise tout de suite. Je me suis régalée dès le 1er chapitre et ce sentiment ne m’a pas quitté une seule fois – et pourtant … ! -. Dans ce type de lecture, on passe habituellement par tout un tas de sentiments ; là, rien ! Parce que j’ai vécu l’histoire, ni plus, ni moins. Et ça fait un bien fou de se trouver face une lecture sereine, sans prise de tête, sans vouloir traverser le livre pour leur remettre les « pendules à l’heure », sans détester un personnage qui viendra semer la zizanie, etc... Bref, une lecture qui fait du bien. Et pourtant, ce n’est pas forcément évident vu l’histoire et ses personnages.

 

Lorsqu’on rencontre Lane – étudiant en écriture audiovisuelle - et son ami Carter – qui n’est pas un Campus Driver -, on se dit « Ouahhhh, si c’est comme ça tout le long ça promet ». C’est évident, ce sont des personnages auxquels on ne peut que s’attacher ; ils sont normaux. L’auteure leur a attribué un comportement et un langage en parfaite adéquation avec leurs âges et avec leurs caractères. Et quand on découvre le reste de la bande dopée à la testostérone, la première impression est confirmée. Je ne vais pas tous vous les détailler car ce serait long et pas forcément productif mais la rencontre mérite qu’on tourne les pages jusqu’à la fin.

 

« La trouver là en me levant rend toute cette histoire encore un peu plus exaspérante. Je vis seul depuis deux ans, pour une raison bien précise, et cette nana perturbe le sentiment de calme que j’ai bataillé à trouver »

 

En ce qui concerne Loïs, jeune étudiante de 18 ans, en 1ère année en kinésithérapie du sport, son personnage est plus complexe ; certains ne sauront pas trop s’il faut la plaindre et l’aimer ou la secouer pour lui dire « Eh, la vie continue, arrête de pleurnicher ! ».

 

« Kirk me manque… Je ne sais pas qui je suis sans lui. J’ai grandi auprès de lui, j’ai tout construit en fonction de nous et, aujourd’hui, je n’ai plus de repères. Je veux retrouver ma vie… »

 

Elle est un des personnages clé de cette histoire. Logique. ! Et elle est celle qui va se montrer la plus évolutive au fil du récit même si à première vue rien n’est gagné pour elle. Elle est malchanceuse au possible et pas sûre que de croiser la route des Campus Drivers améliore sa situation. Elle n’a aucune idée de qui elle à affaire ! Heureusement, elle a quand même un beau sens de la répartie.

 

« Je te jure que si tu le répètes une fois de plus, j’arrache mon tee-shirt et je colle ta tronche de cake entre mes nichons ! »

 

Parce que cette bande de potes, qui m’a fait passer des moments inoubliables, n’est pas livrée avec l’option filtres et ils ont une franchise sans limite et un langage coloré et fleuri sans gêne aucune. Ils sont un peu moqueurs et farceurs mais ils sont vraiment soudés et à leurs yeux, l’amitié a une valeur inestimable. Dès lors que quelqu’un est accepté parmi eux, c’est une grande marque de confiance et de sincérité.

 

Ce roman est vraiment axé sur cette notion d’amitié qui est une base solide où l’humour a une bonne place aussi. Des scènes cocasses, des répliques ou joutes verbales qui ne peuvent pas laissé indifférent(e), des personnages attachants de 18 à 90 ans, ce sont les ingrédients gagnants de ce 1er tome.

 

« C’est vrai qu’Aaron est un véritable tortionnaire. S’il ne contrait pas ma sécheresse vaginale, j’aurais abandonné depuis fort longtemps »

 

Alors bien sûr, classé en New Romance, il y a la romance ; et quelle route pour y arriver ! Sincèrement, qu’elle soit rapide ou lente, ma priorité n’est jamais vraiment là ; je ne m’arrête pas à ce détail. Ce qui m’importe c’est la qualité d’écriture pour y arriver et la qualité de la relation qui en ressortira. En New Romance, il n’y a pas de recette précise pour parvenir à une romance de qualité.

 

Ce point-là de l’histoire, la relation entre Loïs et Lane, je l’ai particulièrement apprécié tel que l’auteure a choisi de le traiter. C’est justement ce choix qui apporte toute la force à cette relation dont on ne sait pas où elle nous mènera. Mais on l’apprécie, tout simplement. Lorsque l’expression « Qui aime bien, châtie bien » est si bien représentée, quelques pages ou chapitres supplémentaires auraient été les bienvenus ; en tout cas pour moi, car j’ai adoré lire et voir évoluer cette relation parfaitement mise en valeur par l’auteure.  

 

« Je n’ose pas lui avouer que, s’il me laissait le choix, je resterais ici avec lui »

 

Dans cette histoire, j’ai tout aimé ; tellement aimé que, pour la 1ère fois, je n’avais pas envie de finir ce livre. Habituellement, je lis assez vite pour connaître la fin mais là, je ne pouvais pas, ne le voulais pas. Peu importe la fin qui m’attendait, j’étais bien dans cette bulle livresque ; je ne voulais pas la quitter. C’est super compliqué à expliquer mais j’ai trouvé un style d’écriture, une ambiance, des personnages avec lesquels je me sentais bien ; tout simplement.

 

Je ne pense pas que ce livre s’adresse à une tranche d’âge particulière de lectrices car là où l’exercice est parfaitement réussi c’est l’écriture. L’auteure a mis son livre à la portée de n’importe quel lectorat. Sachant que mes 20 ans, même les 30 sont déjà loin derrière moi et que j’ai des exigences bien précises en tant que lectrice, le changement d’univers est réussi avec brio.

 

Je n’ai pas non plus été choquée et dérangée par le vocabulaire qui s’imposait (et où la vulgarité n'a pas sa place) ; il en faut beaucoup plus pour me mettre mal à l’aise ou me perdre en cours de route. Ce n’est pas un point négatif car il est adapté à l’histoire et à ses protagonistes. Un autre langage aurait été décalé. Non, l’auteure a fait le bon choix et à maîtriser cet aspect essentiel qui, soyons honnête, apporte un pep’s non négligeable et très agréable à l’ensemble.  

 

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On pourrait dire que c'est du déjà vu ces jeunes adultes avec des préoccupations bien de leur âge. Que le thème université américaine, étudiants c'est du vu, revu et pas corrigé car répétitif. On pourrait effectivement, ce serait légitime tant le sujet a déjà été étudié, en long, en large et en travers.

 

Mais le concept Campus Drivers est tellement innovant et créatif qu'on ne peut que le saluer. Et même si c'est une belle base pour cette saga, l'auteure n'a pas commis l'erreur de focaliser son histoire sur ça ; comme elle n'a pas forcé sur la vie à l'intérieur de l'université. Ce qui aurait pu engendrer lourdeurs et lassitude et toucher un lectorat moins diversifié.

 

Ce n'est pas une histoire où tout est édulcoré et de pure fiction, dans tous les sens du mot. Elle leur fait vivre des situations plausibles, traverser des épreuves nécessaires à leur évolution et à leur acquisition de maturité et leur accordera certaines erreurs pour  que la prise de conscience s’amorce au bon moment ; elle leur réserve un avenir comme il se doit. Et à nous lectrices, elle nous réserve des moments d’émotions, de tendresse, de rire, de sourire, de belles ou touchantes révélations et des détails aussi surprenants qu’inattendus qu’on raffole découvrir au fil des pages.

 

« Lane O’Neill aurait-il un petit cœur tendre caché derrière ce mur de glace ? »

 

C’est une histoire complète dans ses points plus que positifs et qui a été soigneusement travaillée pour aboutir à un tel résultat. Je pourrais vous dire que c’est le meilleur de C.S QUILL et flatter l’auteure encore et encore. Mais, quand on la connaît, qu'on connaît son humilité  et qu’on sait qu’elle ne se ferme aucune porte en matière de genre littéraire ou d’univers à explorer, c’est tout simplement C.S QUILL telle que je l’ai toujours connue. Cette auteure qui sait adapter son style et sa plume aux univers dans lesquels elle veut embarquer ses lectrices, pour les surprendre toujours et encore.

 

Avec SUPERMAD, 1er tome des Campus Drivers, elle a su me surprendre et m’emmener dans cet univers que j’avais déserté depuis longtemps. Elle est arrivée à me faire modifier ma façon de lire, ma façon d’appréhender une histoire et de me l’approprier pour qu’il n’en ressorte que l’envie de vite découvrir les autres personnages dans leur propre histoire : Donovan pour le 2nd tome et Lewis pour le 3ème.

 

Les Campus Drivers m’ont conquise, je ne peux pas vous dire mieux ; à vous de foncer les rencontrer. Vous me direz si ce bout de chemin avec eux vous a convaincu et que comme moi, ils restent une rencontre marquée à l’encre indélébile. Très belle lecture !


28/08/2020
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Ce coin de paradis / Ludivine DELEAUNE

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C'est en flânant sur Simplement Pro, que ma route a croisé celle de cette histoire de Ludivine DELEAUNE. Je ne connaissais pas l'auteure mais le titre et le résumé m'intriguaient. Merci Ludivine pour ta confiance sur ce Service Presse.

 

Tout le monde aimerait avoir un petit coin de paradis dans le Marais Poitevin ou ailleurs peu importe. Un endroit tel que « Le Lilas Blanc », havre familial de paix et d'amour.

 

En 2005, elles étaient au lycée, avaient des rêves et des idéaux plein la tête et savaient comment elles voyaient leur avenir. Elles ce sont Elisa, Colombe, Renée, Kendra et Manon et l'histoire d'une amitié qu'elles pensaient inébranlable. Jusqu'à l'année du bac, dernier été d'insouciance, de rire et de partage. Dernier été "au Lilas Blanc" avant que la vie décide que leurs chemins se sépareraient.

 

En 2020, le destin frappe pour leur donner une chance de faire un retour dans le passé et de tester la force de cette amitié au fil des années.

 

Leur amitié aura-t-elle résisté aux silences et au temps qui passe ?

Peut-on réellement reprendre, sans conséquence, une histoire là où elle s’était arrêtée ?

 

"Ce coin de paradis" c'est l'histoire de 5 jeunes femmes à qui la vie donne une seconde chance pour insuffler un nouvel oxygène à leur amitié passée. C'est Elisa qui nous narre leur présent et leur passé.

 

Elisa est une jeune femme qui donne l'impression d'un grand manque de confiance et le stress est un ressenti courant chez elle. Mariée, maman de 3 enfants, sa vie n'a rien d'extraordinaire mais elle est heureuse. Lorsqu'elle est sur le point de retrouver sa bande d'amies qu'elle n'a pas vu depuis 15 ans, sa première crainte est "est-ce qu'elles vont m'en vouloir et serais-je de trop ?"

 

Dans ce roman, sous le regard de l'une d'elle, l'auteure nous fait découvrir le parcours de vie de ces femmes qui étaient, en plusieurs points, différentes mais tellement soudées.Elle le fait avec beaucoup de tendresse, d'humour parfois et de justesse car ma crainte de départ, parfaitement assumée, était que ce soit une histoire où reproches et règlements de comptes ce seraient invités. Mais il n'en est rien ; bien au contraire. C'est une histoire pleine de positivité et de bonne humeur.

 

L'alternance entre passé et présent est bien menée même si pour moi, une difficulté s'est installée dès le début et qui a perturbé ma lecture. M'obligeant à revenir parfois en arrière, ce qui personnellement, est assez inconfortable.

 

L'auteure nous fait partager de très beaux moments avec ses personnages d'une si belle simplicité. Même Colombe qui est issue d'une famille aisée est un personnage humble. Et Renée avec ses répliques souvent colorées, c'est un sacré numéro.

 

Dans cette histoire, j'ai forcément eu un vrai coup de cœur pour Claude, la grand-mère de Colombe. Quel personnage ! Elle accompagne cette bande d'amies dans les deux époques et j'avoue que dans le présent j'ai eu peur de ce qui m'attendait la concernant.

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C'est dans un univers idyllique qu'une bonne partie de l'histoire se déroule et là, Ludivine m'a transportée "au Lilas blanc" et m'a fait rêver de manière incroyable. Le choix de ce décor accompagne vraiment bien l'histoire et clairement, lui donne une force supplémentaire pour la consolider dans les thèmes de l'amitié et de la famille.

 

"Ce coin de paradis" est vraiment une jolie lecture mais malheureusement je ne peux pas le classer en coup de coeur. Et pourtant, il avait toutes ses chances si ma lecture s'était déroulée dans d'autres conditions. C'est là où j'en viens aux points négatifs qui sont légers mais malheureusement présents; ce qui ne m'a pas empêché de mener ma lecture à terme, bien entendu.

 

J'avoue que j'ai eu quelques déboires avec le format de ce roman ; l'auteure, même si c'est elle qui me l'a envoyé, n'est certainement pas fautive.Je n'y connais rien ; je ne peux expliquer ce problème. Et ça se ressentira peut-être sur mon avis.

 

Premier point  : Ma liseuse a décidé de me mener la vie dure et le fichier buggait régulièrement. J'étais obligée de la redémarrer, je perdais mes marque-pages et par la même occasion, je perdais le fil de l'histoire. Donc, ce livre a été lu de manière morcelée. Et j'avoue que j'ai beaucoup de mal à lire dans ces conditions. Car je ne vis pas et ne ressent pas une lecture de la même manière.

 

Deuxième point : et c'est là où j'ai vraiment eu du mal comme je le mentionnais plus haut. Sur le fichier que j'ai reçu il n'y avait pas d'indication de chaque époque : 2005 ou 2020. Et ça a vraiment perturbé ma lecture me forçant a beaucoup trop de réflexion et de retours en arrière. Et pour ce type d'histoire, ça ne devrait pas arriver. En feuilletant le livre sur Amazon, les années sont clairement indiquées, la disposition du texte est parfaite ; moi, je n'avais que des dessins pour séparation. Et j'ai cherché longtemps s'ils avaient une signification qui m'aiguillerait. En vain.

 

Troisième et dernier point qui semblera futile, pour beaucoup de personnes. mais qui me trotte encore dans la tête : deux fois dans le livre, un mot est employé. Et ma première réflexion a été "mais ce n'est pas le bon mot". Il aurait fallu mettre "....". Peut-être que cela a été rectifié dans la version "commerciale" mais ça m'a vraiment perturbé. Mais je ne suis pas bêta ou correctrice, bien entendu.

 

La couverture était prometteuse et le résumé l'était encore plus. Malgré une petite déception que je suis la 1ère à regretter, beaucoup de promesses ont été tenues dans l'écriture de Ludivine, la simplicité de l'histoire et de ses personnages, l'univers dans lequel ils évoluent et la belle histoire de vie dont on ne peut tirer que des enseignements. Et cette fin !!!!

 

A chacune de se faire son idée, bien entendu !


24/08/2020
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