Mille livres en tête

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Chroniques


Contrecoup / M. CASSIS & F. ARMONIE

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Je connaissais les autrices avec des plumes séparées et j'étais curieuse de les découvrir réunies. Et c'est tout naturellement que j'ai postulé pour découvrir, en avant-première, leur livre à 4 mains "Contrecoup". Et quelle découverte qui, malgré une ou deux petites choses, est un très joli coup de  dans le genre romance psychologique. Merci Maloria et Flora de m'avoir associée à cette belle aventure qui vous voit prendre votre envol de toute autre manière.


Attention : les auteures l'ont clairement signalé. Ce roman peut choquer les âmes sensibles par des faits qu'il met en scène de manière explicite.


Dernière année de lycée au pensionnat Saint Antoine pour Enora avant de pouvoir tourner la page de 2 ans de mise à l'écart sociale, sans savoir pourquoi. Le responsable ? Léonard, celui avec qui elle a grandi, qui était son meilleur ami, son confident, son tout jusqu'à ce qu'il ne lui parle plus, sans explication. Et qu'il fasse de sa vie, celle d'une paria dans son lycée.

 

« Parce que lui et moi n’avons jamais vraiment eu besoin de mots pour nous comprendre. Chacun captait l’humeur de l’aute par un simple regard. Comme s’il existait une sorte de connexion entre nous. Je ne le déteste que davantage de réussir à m’attendrir sans être là, rien que par des réminiscences du passé »


Jusqu'à l'arrivée d'un nouveau lycéen, Jaimie, qui va passer outre l'interdiction d'approcher Enora et qui va décider qu'elle sera, au contraire, sa meilleure amie. Et qui va s'accrocher fermement. Bien entendu, tout ne va pas être simple et va faire réagir Léonard de manière bien étrange.


Que cache Léonard derrière un comportement aussi incompréhensible pour Enora ?
Grâce à Jaimie, sera-t-il possible qu'Enora retrouve le sourire et un semblant de vie ?


Alors autant dire que Maloria et Flora ont frappé fort pour cet écrit à 4 mains. On oublie les histoires de mecs sexy bodybuildés ou les macarons à la pistache de Maloria et les mignons animaux de Flore. Car là, elles ont choisi un sujet osé et délicat pour un résultat parfaitement abouti nous emmenant entre dark romance et romance psychologique.

Au premier abord, l'histoire peut sembler étrange ; surtout avec Léonard qui, par son comportement, tire les ficelles de la vie d'Enora. J'avoue que j'ai eu beaucoup de mal à le cerner, à le comprendre et à le trouver, un tant soit peu, attrayant ; surtout au tout début.


Enora et Leonard ont grandi ensemble dans un univers plutôt aisé – école privé, voiture avec chauffeur, uniforme, etc… - ; leurs parents étant proches. Tellement fusionnels qu'on pourrait presque dire qu'entre eux c'était "à la vie, à la mort". Mais quelque chose s'est brisé et c'est Enora qui en a fait les frais.

 

« Nous sommes passés d’une amitié forte , ou bizarre pour certains tant nous étions liés, au néant »


Maloria et Flora ont construit une histoire complexe mais tellement addictive. Celle d'une belle amitié enfantine où l'un des deux est un vrai pilier pour l'autre. Ce qu'on sait d'eux c'est que le pilier, c'était Léonard. Il a toujours répondu présent, de jour comme de nuit, dans les moments particulièrement difficiles notamment lors des cauchemars récurrents qu'Enora fait depuis son plus jeune âge et que ses parents semblent minimiser. Seul Léonard, malgré son impuissance, faisait tout pour l'aider. Mais ça c'était avant.


"La respiration coupée et le coeur battant à toute allure. Inutile de jeter un oeil au réveil. Comme toutes les nuits, il est 3 h 37"


Qu'est-ce qu'une écriture commune a apporté à cette histoire ? Aucune idée car impossible de savoir qui a eu l'idée de quoi. En tout cas, elle m'a apporté une belle palette émotionnelle. La jeunesse des personnages, leur complexité, leur vécu déjà si intense et poignant m'ont balloter entre compassion, tristesse, horreur voire dégoût mais aussi gaieté et espoir.


Espoir car il faut forcément en avoir dans un tel contexte. Car les auteures se gardent bien de tout nous offrir sur un plateau ; elles nous laissent mijoter le temps de mettre le puzzle en ordre. Et pas un petit puzzle, c'est clair !


La jeunesse des personnages fait que l'on pourrait émettre une certaine réserve sur leurs réactions et leurs choix. Je pense notamment à Enora qui soulèvera certainement des avis mitigés quant à la passivité dont elle semble faire preuve parfois (ou le romantisme un peu trop fleur bleue). Un mot ou un geste de Léonard et hop elle serait prête à tout oublier. Mais n'oublions pas qu'elle est déstabilisée par la rupture brutale de son amitié, par les cauchemars qui reviennent chaque nuit selon un rythme parfaitement réglé et par des messages qu'elle reçoit d'un parfait inconnu, Stalker et qui lui permettent de penser que, finalement, il y a quelqu'un quelque part qui n'a rien à lui reprocher. Et elle a le droit d'y croire encore tant que rien n'est définitivement perdu.

 

« Pourquoi ne puis-je pas rester insensible ? A croire que mon cœur et mon corps n’ont pas reçu l’information en provenance de mon cerveau indiquant que nous détestons Léonard ELLORI »


Lorsqu'il s'agit d'évoquer Léonard, l'exercice est plus difficile. Image même de celui qui souffle le chaud et le froid (voire glacial). Doit-on l'aimer, doit-on le détester ? Difficile à dire vu l'évolution de son personnage au fil des pages. Heureusement les auteures ont su le rendre abordable dans le sens où certains chapitres reviennent sur son jeune passé - entre 13 et 15 ans - et quel passé ! Il m'en faut beaucoup pour être choquée mais là on était limite, notamment lorsqu'il a 15 ans. Sa façon de parler et de se comporter m'a "interpellée". J'ai compris le pourquoi de ce style mais tout de même... Bien qu'il a 18 ans, il reste un enfant qui a encore besoin de repères familiaux ; de ce côté-là, il n'a pas été gâté, soyons lucides. Il a grandi beaucoup trop vite avec une maturité malgré tout défaillante.

 

« Vu la richesse de ma famille, il est fort probable qu’un jour une femme tente de me piéger. Ainsi, je prends toutes le mesures de précautions nécessaires »


Dans ce roman, le personnage de Jaimie est mon personnage coup de cœur. Il est gentil, ouvert, attachant, généreux, persévérant, n'a pas froid aux yeux quand il s'agit de voler au secours d'Enora. C'est un peu le chevalier en armure blanche des temps modernes. Il porte vraiment l'histoire, d'un bout à l'autre, cimentant tous les événements et personnages entre eux. J'ai tout aimé de lui : sa façon d'être, sa façon de parler, cette nonchalance parfois qui allège le côté sombre que peut amener l'histoire.

 

« Ben, je n’avais pas froid et j’ai le chauffage donc cette fille ne m’était d’aucune utilité »


Ce côté sombre est entretenu aussi par des familles qui feront toujours passer leurs intérêts sociaux avant leurs proches, même dans les moments les plus vils. J'avoue que là, les familles ont été correctement travaillées par les auteures et ça renforce forcément l'intrigue de base pour l'entretenir.

 

« Arrête tes gamineries maintenant. Tu es une grande fille, tu dois apprendre à surmonter tes peurs. Cesse de te laisser impressionner par ton imagination et grandis ! »

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Ce roman comporte, bien entendu, des zones d'ombres sinon ça n'aurait aucun intérêt. Malheureusement, j'ai assez vite compris certaines choses notamment l'identité de Stalker et une partie de l'intrigue que j'ai vu venir assez tôt. Par contre, la grosse zone d'ombre concernant Jaimie m'a laissée frustrée sur la fin. J'avais déjà tout prévu dans mon esprit et hop, rien ne nous est vraiment dévoilé. Donc, il faut s'attendre à ce que les auteures aient agi volontairement pour mieux revenir bientôt.

 

« Je l’attendais ce message. Avant chaque entraînement et avant et après chaque match, mon messager de l’ombre m’envoie un petit mot. J’ai eu peur que cette routine s’arrêtre. J’ai peu d’amis, mais peu importe la forme qu’ils prennent, ils me sont essentiels. Mon Stalker également »


Comme je dis souvent lorsqu'on critique mes coups de cœur, ce n'est pas parce qu'il y a quelques faiblesses dans une histoire que ça lui enlève le droit à être classée en coup de cœur malgré tout. Il y a les mégas coups de cœur, les beaux coups de cœur et les jolis coups de cœur.


Alors parce que les deux plumes associées, de Maloria et Flora, donnent une belle unité à cette histoire et qu'elles méritent d'être lues autant ensemble que séparément, je ne peux que recommander ce livre qui fait partie de ceux à avoir dans sa bibliothèque.

Depuis que le monde est monde, il y a des partisans et des détracteurs : la littérature ne fait pas exception. De manière sûre et certaine, je fais partie de la Team Enora & Leonard.


27/07/2020
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T'as qu'à maigrir - T.1 / Mo GADARR

"Que vous pesiez 50, 60 ou 120 kilos, ne vous est-il pas arrivé de détester ce que vous découvriez dans le miroir le matin ? Sommes-nous toujours sympas avec notre corps ?"

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Lorsque Mo GADARR a dévoilé ce qui se préparait pour son nouveau roman à paraître en auto-édition, quelque chose me disait que cette histoire allait forcément résonner en moi. Et lorsqu’elle a proposé un SP sur ce titre, j’ai foncé. Merci à toi de me faire confiance dans cette aventure !

 

Challenge n°1- (Se) Changer Slim a une vie qui pourrait paraître idyllique : un boulot qu'elle aime, une petite fille adorable, un mec beau comme un dieu ainsi qu’une amie à la personnalité de dingue qui est toujours là pour elle. Seulement, Slim a aussi un appétit redoutable, le tour de taille qui va avec, une maladresse systématique et un terrible manque de confiance en elle. Quand son compagnon la quitte du jour au lendemain, elle est déterminée à le reconquérir, quitte à remettre en question ce qu’elle est : une femme ronde. Quitte aussi à supporter et accepter l'aide de son coach, Ulrich, un véritable connard de première. Entre son challenge et les épreuves que la vie lui réserve, Slim pourra-t-elle tout encaisser sans se perdre elle-même ? Doit-on maigrir pour être heureuse ?

 

C'est sur une description peu flatteuse qu'elle fait d'elle même, que j'ai rencontré Slima dite Slim, à l'accueil d'un collège de Mérignac dans lequel elle travaille. 1m75, 121 kgs ; elle nous immerge immédiatement dans ce qu'est son quotidien de personne rangée dans la catégorie "obèse" qui a tenté de rentrer dans "les normes esthétiques" sans jamais y parvenir  car addicte aux grignotages. Rien dans son physique ne trouve grâce à ses yeux avec de trop de ci, pas assez de ça, en totale dévalorisation et ses pensées sont trop souvent renvoyées vers la nourriture qu'elle aime comme toute bonne vivante.

 

"Mes kilos en trop ? Je m'en fous même si je ne peux ignorer la douleur vive qui me broie le coeur quand on me renvoie dans les filets de ma grosseur"


Grande fan de romances, elle ne peut pas s'identifier aux héroïnes mais elle s'estime heureuse d'être en couple depuis 5 ans avec Grégory et d'avoir une adorable fillette de 4 ans, Lila. Et d’avoir, dans sa vie, Nawel, sa meilleure amie, ronde comme elle et toujours franche car en vraie amie, elle s'inquiète avant tout pour sa santé.


"Un homme qui m'aime et une petite folle adorable : n'est-ce pas ça le bonheur ?"


Mais lorsque l'être aimé fait ses valises, après des mots très durs échangés, la culpabilité de l'échec sentimental pointe son nez. Se retrouvant seule avec sa fillette, elle va se lancer dans un défi de taille : tenter de perdre ce poids qu'elle tient pour responsable de ses malheurs, avec l'aide d'Ulrich, coach en remise en forme et minceur qui n'a jamais connu l'échec – d’un genre un peu particulier et pas très avenant au premier contact, soyons claires -.


"L'heure est grave. Je dois maigrir quitte à supporter un tueur en série s'il le faut"

 

Prendre la décision de maigrir est quelque chose de difficile car demandant de l’investissement et de la patience. Et ce dernier trait de caractère n’est pas en première place parmi ceux de Slim ; ce qui pourrait bien lui occasionner certaines déconvenues dans son parcours. Ajouté à cela le comportement déconcertant de son coach, la rencontre avec Stanley, bellâtre se pâmant rapidement d’amour pour elle et son ex qui lui réserve des surprises inimaginables, Slim risque bien de regretter ses kilos en trop et son travail d’agent d’accueil pour ne même pas être sûre de ce qui l’attend à l’arrivée.

 

Bienvenue dans un monde où la minceur est reine et où les apparences peuvent être souvent trompeuses !


Sous ce caractère jovial et indifférent à la réalité, que cache Slim  ?
Saura-t-elle garder le sens de la réalité et des priorités lors de sa rencontre commando avec Ulrich ?

 

D’entrée de jeu, l’auteure ne cache pas qu’il y a beaucoup d’elle dans ce roman, de son vécu et sûrement de son ressenti par rapport à un fait de société pas tabou mais dérangeant : l’obésité ou le surpoids chez les femmes. Et sincèrement, j’ai aimé le fait qu’elle ne s’en cache pas ; ce sujet-là étant particulièrement difficile à évoquer par les femmes qui sont concernées. L’étant de près – de manière moins importante mais quand même… -, ce roman a forcément éveillé en moi tout un tas de choses et une multitude de sentiments.


Mo GADARR revient en force avec ce feel good romantique tellement authentique de par tout ce qu'il contient de vérités sur le comportement ou de fausses excuses trop souvent rencontrées chez les personnes en surpoids et mal dans leur peau (chez moi la première !). Je n'avais pas lu 10 pages que j'avais l'impression de me prendre en pleine face un pan de ma vie dont je ne suis pas forcément fière.

 

C’est avec une justesse très fine que Mo GADARR développe le sujet choisi d’un bout à l’autre de ce livre. Elle évoque de manière parfaite toutes les embûches qui peuvent être rencontrées, tous les comportements qui peuvent découler d’un tel processus et le regard que l’on a sur soi mais aussi le regard des autres du début à la fin.

 

Au travers du personnage de Slim, l’auteure arrive à nous faire prendre conscience de ce qu’est la vie d’une personne en surpoids, ce qu’elle ressent physiquement et émotionnellement et le regard qu’une société trop exigeante pose sur elle. Et je peux vous dire que lorsqu’on connaît le sujet, ça interpelle sérieusement !

 
Sous sa jovialité communicative et sa touchante maladresse à répétition, Slim est une jeune femme que beaucoup aiment comme une amie mais sentimentalement parlant, ça ne s’est pas bousculé autour d’elle. Oui, elle a un compagnon, une adorable fillette mais on se rend compte qu’elle se repose sur ses acquis sans jamais imaginer que tout peut s’arrêter – ce que beaucoup d’entre nous font, n’est-ce pas ? - Elle a conscience de son problème de poids mais ne fait rien pour soigner son addiction au grignotage. Son homme l’aime, alors où est le problème ? Mais on ne sait jamais de quoi demain est fait !  

 

Lorsque Greg va la quitter et que sous la pression familiale Slim va décider de prouver à tout le monde qu’elle est capable de maigrir, c’est à l’évolution d’une Slim qu’on va assister au fil des pages. Je ne vais pas vous spoiler l’histoire mais l’auteure a parfaitement su retranscrire ce parcours pas toujours rose, où toute décision a son importance et où toute rencontre peut être décisive. Dans ce roman, tous les personnages ont leur importance et reflètent bien une réalité parfois dure avec des textes percutants et attristants.

 

J’avoue que je n’ai pas su en vouloir à Slim pour son comportement laxiste et insouciant en matière de poids; je ne vaux pas mieux qu’elle malheureusement, la volonté m’ayant quitté il y a 3 ans. Professionnellement, elle est parfaite dans son travail et en tant que maman, elle est sans nul doute possible, totalement accomplie et aimante envers sa fillette – qui notons-le, n’a pas sa langue dans sa poche comme tout enfant de cet âge -.

 

"T'as qu'à maigrir et papa va r'venir..."

 

Il faut dire que côté familial, Slim n’est pas vraiment aidée avec une mère obsédée par la perfection, une sœur dont la silhouette se rapproche plus de celle des mannequins fièrement exhibés sur les pages glacées des magazines ; donc, une famille qui ne l'a jamais comprise et a enchaîné brimades sur brimades. Ce côté familial de l’histoire peut être parfois poignant à lire surtout lorsqu’il s’agit du comportement et des paroles d’une mère envers son enfant. Malheureusement, c’est un passage obligé car il ne faut pas se voiler la face : ça doit bien exister !

 

« Je commence à espérer que d’ici quelques mois tu puisses un jour devenir superbe ! Alors surtout, ce soir, ne t’empiffre pas comme tu as l’habitude de le faire quand tu sors, hein ? »

 

Que dire de Greg ? Le moins possible puisqu’il est à l’origine du bouleversement de la vie de Slim. Il l’a quitté mais il est présent tout au long de l’histoire, compte tenu qu’il est le père de son enfant. Parti mais toujours bien présent !

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Et le fameux coach Ulrich, voulez-vous que je vous en parle ? Parce que là, c’est un sacré personnage avec certaines zones d’ombre sur lesquelles on a qu’une envie c’est de lever le voile dessus. Je pourrais dire que Mo GADARR l’a parfaitement chouchouté tant il m’a fait passer par des sentiments tellement différents. C’est en partie grâce à lui qu’on a cette notion de feel good car il est à l’origine – avec Slim - de joutes verbales détonantes, de situations cocasses, d’échanges piquants. Je l’ai détesté, je l’ai adoré, il m’a fait fondre. Imprévisible, versatile, Mi-ange, mi démon, il m’a fait craqué sous toutes ses facettes.

 

"Ici, celui qui l'ouvre est celui dont j'ai recueilli la sueur de ses efforts et surtout tous ses kilos en trop ! Toi, vu ton poids, je te garantis qu'on ne t'entendra pas de sitôt "

 

Enfin, il y a Nawael, la meilleure amie qui tout du long est là pour soutenir son amie de ce chamboulement. Aussi Stanley, pour lequel un mystère plane jusqu’au bout et qui m’a laissé dubitative car je ne suis pas arrivée à m’attacher à lui à cause de son comportement. Oui, il m’a agacé sérieusement ! Et Gunter, le père d’Ulrich, que j’ai aimé petit à petit. Très beau personnage, très juste. Oserais-je dire un peu plus humain que son fils ?

 

La réussite d'un amaigrissement ne passe pas seulement par la volonté de le faire pour soi ou pour quelque raison esthétique que ce soit. Ça passe aussi par le parler positif dans lequel on saura trouver la force nécessaire pour parvenir au bout d'un parcours de longue haleine. Mais aussi par l’aide extérieure qui nous pousse vers le haut et non pas vers le bas. Et ce roman est l’illustration parfaite que des paroles toutes faites, que les paroles vont plus vite que la pensée, que des mots durs et blessants peuvent être prononcés ; rendant finalement, la personne en surpoids, seule responsable de sa situation et de ses malheurs. Mais la beauté est-elle la seule chose qui compte ? Ne dit-on pas que la beauté intérieure est plus importante que la beauté extérieure ?

 

"T'es la meilleure peu importe le poids que tu fais. Il te suffit de prendre confiance en toi et tu peux réussir n'importe quoi"


Cette histoire parlera, sans aucun doute, de manière forte, à toutes ces femmes qui souffrent de leur apparence, du regard de la société et des codes esthétiques qu'elle impose. Personnellement, j’ai fait le deuil de cette caractéristique physique ; un peu résignée à l’image que Slim a d’elle-même. Je n’ai jamais cru qu’il fallait s’affamer pour espérer mincir, comme nous le promettent des publicités que je trouve mensongères et vendant de la poudre aux yeux, et je préfère garder mes rondeurs qu’elles soient gênantes ou non avec toutes les contraintes que cela m’occasionne.


Mo GADARR ne se pose pas en donneuse de leçons ; elle point juste du doigt des réalités douloureuses où pour être intéressante, pour espérer s’habiller de manière attrayante ou tout simplement être aimée, il faut entrer dans une grille de mensurations parfaites. Mais comme elle le dit si bien,

 

"L'amour n'est pas une question de kilos"

 

C’est bel et bien une romance feel good de haute qualité, que nous offre sur un plateau Mo GADARR. C’est un sacré retour qui m’a ravi et c’est en quelques heures à peine que j’ai dévoré cette gourmandise, car oui, moi aussi, je suis une gourmande mais pas que de nourriture : de la vie et d’excellentes histoires aussi. Et là, ma gourmandise a été en partie comblée car c’est quoi cette fin ? Forcément, nous sommes sur un T1 donc il y a une suite que j’ai hâte de découvrir. Car impossible que je reste sur ma faim trop longtemps !

 

Vous aimez cette auteure, vous aimez les romances feel good et vous voulez une belle lecture ! T’as qu’à maigrir – T.1 fait partie de ces belles surprises de l’été. Alors, n’hésitez plus ! C’est un beau coup de  pour moi !

 


26/07/2020
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The Cupidon Brothers - T.1 : Eros / Estelle EVERY

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Lorsqu’Estelle EVERY a annoncé la sortie du 1er tome de sa nouvelle saga « The Cupidon Brothers », autant dire que la couverture et le résumé ont fait leur petit effet. Bravo pour ces choix car j’ai craqué tout de suite (et je n’ai pas dû être la seule). C’est dans un tout autre genre que celui dans lequel j’ai connu Estelle, que j’ai eu plaisir à la retrouver au détour de ce Service Presse de dernière minute. Merci Estelle pour ta confiance.

 

Cupidon est à la mythologie romaine ce qu’Eros est à la mythologie grecque : le Dieu de l’amour. C’est sur cette idée originale que l’auteure a posé son histoire pour faire évoluer, en 7 tomes de type « novellas », le parcours des 7 frères CUPIDON.

 

Et c’est à Los Angeles qu’elle pose le décor de ce 1er tome qui nous fait rencontrer Eros ANGEL - de son vrai nom Eros CUPIDON -, ange déchu mais acteur principal dans une télénovellas, à succès, « à l’eau de rose », « Les brasiers de la passion ». Devant la caméra tout semble idéal ; dans les coulisses, c’est une autre histoire. Pour recentrer tout ce beau monde, la production fait appel à Daphné LAKE, coordinatrice en intimité – vous ne connaissiez pas ? Moi non plus -. On ne peut pas dire que son arrivée se fasse avec le meilleur accueil notamment venant d’Eros. Sauf que Daphné n’est pas une conquête éphémère qui se pâme devant lui dans un battement de cil ; loin de là. Et il pourrait bien être obligé de lâcher un peu de sa superbe.

 

Dans cette délicate mission, Daphné saura-t-elle se montrer à la hauteur et garder son sang-froid ?

Pour Eros, ne sera-t-elle qu’une énième conquête à épingler sur son tableau de chasse ?

 

Bien loin du style qui a lancé Estelle, dans le monde de l’écriture, « The Cupidon Brothers » se démarque par son originalité d’allier un peu de « fantastique » à cette romance. Ça n’est en rien une fantasy ou romance surnaturelle car le degré de surnaturel est vraiment très léger. Personnellement, ça m’a parfaitement convenu puisque je ne suis pas lectrice d’univers hors norme qui mettent mon attention et cerveau à rude épreuve.

 

Eros est un ange à l’apparence humaine angélique – attention, nous ne parlons pas des chérubins qui habituellement caractérisent les anges -, bel et bien composé de chair mais pas vraiment de sentiments humains (ou il les cache bien). Séducteur accompli, un poil prétentieux et imbu de sa personne, les femmes ne sont que des passades dans son lit et dans sa vie. S’attacher à l’une d’elle ne fait pas partie de ses plans de vie sur Terre. Côté relations, c’est compliqué : homme têtu, seul son avis et son point de vue comptent. Il dégage un petit quelque chose d’attirant ; et pourtant son comportement ne l’est pas du tout. Surtout lorsqu’une étrangère débarque et éveille en lui des sensations inconnues qu’il n’arrive pas à identifier, ça sème un peu la zizanie dans son esprit et dans son cœur. Et surtout, ça lui fait considérer sa vie sur Terre, d’une toute autre manière.

 

« Je ne suis pas du genre à douter et à me questionner. Je suis Eros, un ange, et je suis supérieur aux humains. Je n’ai donc rien à remettre en question »

 

Car Daphné n’a vraiment rien de commun avec les autres femmes : déjà de par son métier. Animée d’une belle empathie, elle a du caractère en n’ayant pas peur de dire les choses telles qu’elles sont – même à Eros -. Elle est là pour accomplir une mission professionnelle et elle compte bien la mener à bien sans se laisser déstabiliser. Même si Eros n’y met pas vraiment du sien, lui rendant la tâche plus délicate que prévue. Elle va devoir faire preuve de patience et de sang-froid pour prouver qu’elle a bien sa place dans cette équipe et pour dompter cet ange rebelle qui ne la laisse pas insensible.

 

« Mon corps m’envoie un message d’alerte qui me met sur le qui-vive. Il ne faut pas baisser ma garde, surtout quand il s’agit de lui. Jamais ! »

 

Estelle EVERY signe là un format original de lecture sur un thème que je n’avais jamais rencontré personnellement - attention, je ne dis pas que ça n'existe pas -. Elle met en scène des personnages qui sont aux antipodes l’un de l’autre et qui nous plongent donc dans une lecture très addictive. La seule chose qu’ils ont en commun c’est la famille mais avec une notion assez différente. Daphné a une sœur jumelle Penny, de laquelle elle est très proche ; Eros a 6 frères dont il n’est pas plus proche que ça. Et pourtant, Daphné et eux pourraient bien être la solution à ses « problèmes ».

 

Le format étant vraiment très court – 175 pages -, il est toujours délicat de se lancer sans avoir quelques appréhensions : la crainte première pouvant être la peur de la frustration. Et j’avoue que je suis agréablement surprise qu’en une histoire si condensée, Estelle soit arrivée à créer quelque chose de fluide et de cohérent. Elle ne s’est pas embarrassée de détails inutiles ; elle est allée droit au but.

 

Elle nous dévoile pas à pas, l’histoire d’Eros pour nous amener doucement vers le pourquoi de son comportement et de sa différence d’avec ses frères. Ce qui s’apparente fortement à de la souffrance émotionnelle soigneusement cachée pourrait bien se transformer en quelque chose de plus fort et de plus positif apportant la clé pour ouvrir ce cœur fermé à double tour.

 

« Il n’est pas humain. Ses ailes se déploient dans son dos et il flotte dans les airs. Je détourne les yeux de cette vision qui me fait mal »

 

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Elle ne nous met pas face à une romance qui démarre au quart de tour, comme par enchantement ; c’est bien plus subtil que ça et amené à un rythme parfaitement adapté. Avec des dialogues savoureux, des échanges piquants et provocateurs, nos deux protagonistes s’attirent et se repoussent en même temps ; l’un et l’autre n’arrivant pas à se cerner vraiment. On ne sait pas qui des deux sera le plus fort pour faire céder l’autre. On ajoute à cela la petite touche qu’apporte les nombreux personnages secondaires - notamment 4 des frères Cupidon que l’on découvre –, les rivalités attrayantes qui apportent le côté rebondissements et la qualité des répliques ou joutes verbales ; et l’histoire est parfaitement attractive.

 

« Mes pensées se tournent vers une petite brindille qui est entrée dans ma vie de manière plutôt abrupte. Daphné est différente des autres humaines parce qu’elle me résiste. Et ce n’est pas seulement le fait qu’elle refuse mes avances qui me perturbe »

 

Ce tome est une belle approche de ce qui nous attend par la suite avec les prochains frères ; un peu comme une délicieuse mise en bouche. La « fantasy touch » est parfaitement adaptée à un lectorat novice dans le genre car elle concerne seulement les frères Cupidon qui évolue dans notre monde bien réel. Et j’avoue que j’ai bien aimé tous les aspects de cette partie « fantasy » même s’il y en a un qui a un peu semé le doute dans mon esprit comme dans celui d’Eros. Et cette touche de poésie qui ressort de ce contexte si particulier, révélant comme une touchante douceur.

 

Avec ce nouvel écrit, Estelle EVERY prouve qu'elle est une auteure "multi-univers", qui sait brillamment mettre en scène et en mots, toutes les histoires qui fourmillent dans son esprit - sachant qu'un simple rouleau de papier toilette peut l'inspirer ! -.

 

Je me surprends à chaque lecture sortant de ma zone habituelle de confort et même si je regrette que ce 1er opus ne soit pas plus long – la fin m’ayant laissé sur ma faim -, Estelle est arrivée à m’emmener dans cet univers avec une facilité déconcertante pour moi. Elle ne m’a pas perdue en route et de la Terre au Paradis il n’a pas manqué grand-chose. J'atteindrais peut-être cette destination à la fin des 7 tomes

 

Maintenant, je n’ai qu’une hâte : découvrir la prochaine histoire, celle de Caleb dont on découvre quelques pages à la fin de ce 1er tome. Et je ne peux que vous conseiller de succomber, à votre tour, au charme déroutant d’Eros.

 

« J’ai compris que les hommes ne sont pas prêts à affronter certaines vérités. J’aimerai être celui qui ferait voler en éclats leurs certitudes mais j’ai conscience que je n’en ai pas le pouvoir »


19/07/2020
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French escapade - Tamara BALLIANA & Olivia RIGAL

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Après avoir eu un énorme coup de cœur pour le dernier roman de Tamara BALLIANA, je suis repartie à la découverte d'une autre facette d'elle : auteure d'un roman à 4 mains avec Olivia RIGAL dans le genre romance suspens.

 

Même si le charme n'a pas opéré de la même façon que pour "Je veux un homme qui ...", ça n'en reste pas moins une lecture très agréable. Et sincèrement, quatre mains ou pas, je n'ai pas décelé de différence.

 

Merci à Tamara et Olivia pour leur confiance sur ce Service Presse !

 

Lorsque Kenneth, militaire U.S rentre de plusieurs semaines en mission loin de chez lui, c'est pour retrouver sa jeune sœur Madison, 20 ans, qu’il élève depuis le décès de leurs parents. Sauf que la maison est vide : sa sœur est partie vivre la grande vie avec un inconnu, Arkady, qui lui a promis monts et merveilles. Un message inquiétant alerte son instinct de grand frère protecteur. Et ni une, ni deux le voilà quittant les Etats-Unis, avec son fidèle ami et acolyte Jimmy, pour la Riviera française.

 

« Si j’ai bien compris, on parle d’une gamine un peu perdue, qui s’est laissée embobiner par un simulacre de prince charmant »

 

Arrivé sur place, Madison étant majeure, la police française ne daigne pas prendre sa demande d'aide au sérieux sauf Elodie, jeune policière cannoise, à la brigade criminelle - mise à l'écart par ses supérieurs ripoux pour excès d'intégrité. Elodie connait la réputation d’Arkady et elle sait que l'affaire peut être sérieuse. Elle propose donc à cet inconnu et à son ami, de les aider. Juste comme ça, par conscience professionnelle. Mais la proximité aidant, il pourrait bien y avoir bien plus qu'une connotation policière sous le soleil du Sud. Bienvenue pour une French escapade sous le soleil cannois !

 

Cette mission, très personnelle pour Kenneth, remportera-t-elle tous les succès ?

L'histoire d'amour naissante sera-t-elle aussi brûlante que le soleil du Sud de la France ?

 

J'ai découvert Tamara il y a peu ; je n'ai donc pas lu beaucoup de ses romans. De même que je ne connais pas Olivia car n'ayant jamais croisé sa plume. Je ne pourrais donc pas faire de comparaison avec leur parcours littéraire déjà existant.

 

Une chose est sûre, même s'il y a un "Mais", c'est qu'elles m'ont totalement embarquée dans les bagages de Kenneth pour ce périple à la française. Ce n'est pas un remake de James Bond mais cette histoire fait son petit effet. Un peu comme un film d'action qui se déroule sous mes yeux et dans lequel je prendrais bien la place de l'héroïne principale – on a bien le droit de rêver -.

 

Cette héroïne c'est Elodie. Policière intègre - trop apparemment - et plus que compétente, elle est en position délicate sur un siège éjectable au sein de son commissariat. Malgré tout, elle n’a pas froid aux yeux et elle persévère dans sa mission pour que l'impunité, dont bénéficie Arkady, cesse. Ne faisant plus confiance à grand monde car échaudée par le comportement de collègues, c'est en quasi solo avec tout le courage qui la caractérise et avec l'aide de relations fiables, qu'elle mènera cette enquête d'une poigne de fer tout en féminité tout de même. Au risque que ses convictions lui coûtent définitivement sa carrière.

 

Avec elle, Kenneth et Jimmy, militaires U.S surentraînés spécialisés dans les renseignements, sont en bonne compagnie et en de bonnes mains professionnellement parlant. Bien que de ce côté-là plus personne n’ait quoi que ce soit à leur apprendre. Sauf que là, il s’agit de la sœur de Kenneth et le contexte (surtout émotionnel) n’est pas le même que ce qu’il a l’habitude de rencontrer. Sang-froid sera donc le maître mot de toute cette aventure surtout lorsque la belle policière ne le laissera pas indifférent.  

 

« Nous nous connaissons à peine. Certes, je ne vais pas me mentir à moi-même, je craque complètement pour cette Frenchie qui me semble absolument parfaite »

 

Kenneth est l’image même, que je pouvais me faire, du militaire bien bâti et d’une beauté à ne laisser aucune femme indifférente. Et surtout, il n’est pas imbu de sa personne et arrogant. Alors qu’il aurait toutes les raisons de l’être. On sent combien il est attaché à sa sœur ; la relation forte qu’il a avec elle, même s’il peut se montrer envahissant envers elle mais toujours pour son bien. Sa relation aussi avec Jimmy, son frère d’arme, est très belle aussi. Son ami est un sacré personnage qui a une relation très étroite avec la nourriture – plus qu’avec les femmes - et c’est vraiment un maillon fort de cette histoire. J’ai hâte de pouvoir découvrir l’histoire qui lui sera consacré dans le 2ème tome de cette saga.

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Dans ce road-trip policier qui nous emmène dans divers lieux de la French Riviera, Tamara et Olivia nous offre une belle histoire à suspens avec effets spéciaux et matériels dernier cri, dans un univers bien particulier, avec une petite touche d’adrénaline dès que le compte à rebours est lancé. Mais je trouve que ce roman aurait mérité une longueur plus importante pour un peu plus de développement ; afin d’en faire vraiment une mission « à haut risque ». Et surtout, pour que le côté romance prenne vraiment une place plus importante car, pour moi, ce point a été vraiment trop soft et trop survolé. Je n’ai malheureusement pas ressenti d’émotion particulière en ce qui concerne l’histoire d’amour « attendue » dont toute l’intensité arrive trop tardivement. Et je n’ai pas trouvé cette touche d’humour à laquelle je m’attendais et qui m’aurait ravie. Je suis vraiment restée que sur le côté suspens policier de l’histoire ; ce que je ne recherchais pas forcément, à ce point-là, à la base. Peut-être suis-je passée à côté du principal !

 

« Ce soir, ce ne sont pas de quelconques lots pour une œuvre de charité qu’on va mettre aux enchères, mais bien de véritables êtres humains »

 

Alors attention, ce n’est pas parce que cette histoire n’est pas un coup de cœur que je n’ai pas passé un bon moment de lecture. Les pages se sont tournées rapidement laissant défiler les chapitres et les rebondissements à une vitesse déconcertante. L’écriture simple mais efficace - des plumes associées de Tamara et Olivia - a su éviter les temps morts, les redites et les lourdeurs qui auraient pu entacher cette histoire qui remplit pleinement sa mission : nous divertir et nous faire nous évader dans un monde auquel on ne sera probablement jamais confrontées, heureusement.

 

Ce roman n’a pas pour vocation de nous obliger à réfléchir mais juste à se laisser porter et à apprécier cette histoire sans prétention mais qui fait son effet malgré tout. Et que je conseille vivement pour la lectrice qui cherche un bon moment de détente sans exigence particulière.


05/07/2020
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Les papillons se cachent pendant la pluie / Danielle GUISIANO

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Il n’est jamais facile de donner son avis sur un roman tel que « Les papillons se cachent pendant la pluie » sous la plume, tellement pleine de simplicité et de vérité dans les émotions de Danielle GUISIANO. Une couverture tellement romantique, un titre plus qu'énigmatique et un résumé qui donne tout de suite le ton de ce qu’on pourra ressentir.

 

Merci Danielle de m'avoir accordé de découvrir cette histoire sous Service Presse !

 

Lorsque Blanche, jeune working woman lyonnaise de 28 ans  au bord.du burn-out physique et mental, débarque, accompagnée de son meilleur ami et collègue Simon, dans le village de Sivergues, en Lubéron, le paysage et l'isolement de l'endroit sont à mille lieues de son quotidien trépidant de citadine moderne. Mais elle n'a pas le choix : la voilà partie pour un mois de solitude, dans une maison, La Tarasque, au charme désuet, héritée d'une tante, Elvira, qu'elle n'a jamais vue.

 

Heureusement - ou pas - pour elle, ce village perdu n'est pas seulement "ravitaillé par les corbeaux" : elle a un accès internet grâce à son voisin le plus proche, Eddy, mystérieux éleveur de biquettes, qui était très proche d'Elvira. Et elle est aussi attendue de pied ferme par des habitants toujours heureux que leur communauté puisse s'agrandir ; notamment par Constance, meilleure amie de sa défunte tante.

 

Mais, dans l'esprit de Blanche, tout est clair dès le départ : la Tarasque ne sera qu'une parenthèse dans sa vie. Sa seule ambition étant professionnelle, avec à la clé un poste depuis si longtemps convoité, pour une reconnaissance enfin méritée.

 

Un mois, c'est long et court à la fois, et même un changement de vie, aussi minime soit-il peut bouleverser une (ou plusieurs) vie(s) à jamais. Avec des secrets bien cachés et un puzzle à reconstituer, Blanche pourrait bien partir sur un chemin inconnu à la rencontre d'elle-même mais aussi de l'âme d'Eddy, aussi brisée que la sienne si ce n'est plus.

 

Et si c'était cette tante inconnue qui détenait la clé du bonheur mérité de sa nièce ?

Entre ambition et renaissance, lequel des deux arrivera, finalement, à s'imposer ?

 

Dans ce roman aux connotations vraiment émouvantes, Danielle aborde, sans jamais se perdre, des thèmes vrais et tellement forts qui se développent et évoluent au fil des presque 300 pages que compte cette histoire. Thèmes d’actualités, thèmes tabous dont tout le monde a conscience mais préfère ne pas en parler, des thèmes qui nous font voir notre vie autrement.

 

Tout commence par un prologue où l'on découvre un épisode marquant de la vie de Blanche à 7 ans, comme pour poser l'histoire et comprendre, tout au long de la lecture, ses angoisses, ses choix et motivations futur(e)s et ses besoins irrépressibles.

 

Elle bouleverse la vie et l'esprit d'une jeune femme 100% citadine, en grande souffrance physique et morale, en l'immergeant dans un univers qui lui est totalement étranger et qu'elle n'aurait pas choisi d'elle-même, s'il ne s'était pas imposé à elle.

 

"Qui aurait cru que les klaxons et les bruits de la ville me manqueraient à ce point ? Le camion poubelle de 5h du matin avait finalement un côté rassurant"

 

Blanche est une jeune femme ambitieuse à l'extrême, forte et fragile à la fois. Elle sait ce qu'elle vaut, elle sait prouver ses compétences mais malgré tout, par manque de confiance, elle est en attente constante d'une reconnaissance paternelle et professionnelle. Et surtout, elle attache beaucoup d'importance aux regards et aux jugements des autres avec une vision d'elle-même totalement faussée.

 

« Je frictionne encore les zones qui me font horreur – mon ventre, mes cuisses, mes fesses -, en fermant les yeux. Je veux fuir cette réalité : celle où je dois admettre que je ne suis pas parfaite »

 

Orpheline d'une mère aimante, toute sa vie d'enfant et d'adulte a été rythmée par l'exigence d'un père autoritaire, dont elle n'arrive pas s'affranchir. Ce père qui a toute son importance au fil de l'évolution de Blanche. Mais aussi par l'exigence d'un monde professionnel dans les codes esthétiques duquel elle ne semble pas rentrer, lui demandant de constants efforts quitte à la mettre en danger.

 

Boulimique de travail, de sucrerie et de reconnaissance, sa vie est faite d'excès ; jusqu'au jour où le fil fragile qui la maintient, se rompt. La seule solution : quitter un monde de futilités et de faux-semblants pour apaiser son âme et son corps si durement meurtris.

 

« Ne pas se laisser influencer par le regard des autres, car il n’a que le poids qu’on veut bien lui accorder »

 

C'est en Provence, région chère à l'auteure, que Blanche va tenter de se reconstruire. Je dis bien tenter car quitter Lyon et une vie à 100 à l'heure pour le Lubéron et son calme paisible, on imagine que ce n'est pas une mince affaire : « Koh Lanta au fin fond du Lubéron ».  Dans une société de technologies et de réseaux sociaux, on se plaît à penser que rien de tout ça n'existe là-bas pour une déconnection totale et bénéfique.

 

Ce décor idyllique abrite une toute autre population qui n'a rien de commun avec la froideur et l'anonymat des grandes villes. Tout le monde se connaît et surtout chacun est là pour l'autre. L'art de vivre et la bienveillance y sont cultivés de manière vraie et touchante. Une belle image qu'on peut se faire de l'accueil des gens du Sud.

 

Même Eddy, qui est un personnage assez secret et discret voire un peu rustre, est parfaitement intégré à ce monde rural, depuis 4 ans, notamment grâce à Elvira, Constance et son métier d'éleveurs de chèvre et fabriquant de fromages. J'ai apprécié de le voir intervenir en alternance et de découvrir un tel modèle de simplicité et d'empathie au masculin. On sent qu’il est attaché à cette nouvelle vie et à la terre.

 

« Cet homme a un cœur d’or. C’est dommage qu’il ne l’ait donné à personne »

 

L'auteure a créé un homme apprécié de tous mais qui cache, des blessures et des douleurs physiques et psychologiques. Et un secret que Danielle ne nous cache pas longtemps ; qui nous permet, au contraire, de mieux appréhender les sentiments, les paroles et les actes de celui dont je me suis finalement sentie le plus proche. Peut-être est-ce dû au fait que son entourage est composé de plus de personnages secondaires que celui de Blanche. Ou que la manière dont il a touché un terrible fond est d'un degré supérieur en terme d'atrocité mais qu'il apparaît comme guéri.

 

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Parmi les personnages qui comptent, dans cette histoire, il y a Simon, le fidèle ami de Blanche. J'avoue qu'il m'a laissé un peu dubitative car même s'il est son meilleur ami, il n'en reste pas moins un collègue ; donc trop impliqué dans ce monde dont Blanche doit à tout prix s'éloigner. Et qui, du coup, la maintient en liaison indirecte avec un univers toxique pour elle. Ses motivations semblent sincères mais j'ai eu comme l'impression qu'il ne mesurait pas l'étendue du mal qui ronge son amie alors que c'est lui qui l'a incité à s'éloigner. Bien sûr, c'est ma vision, mon ressenti.

 

Et impossible de ne pas parler d'Elvira et de Constance. La première, Elvira, n'est plus là physiquement mais belle et bien omniprésente tout au long de l'histoire ; tant on apprend beaucoup sur elle aux travers des souvenirs des uns et des autres. Ce qui permet à Blanche, de connaitre, trop tardivement, une tante qui méritait à être connue tant ses qualités semblaient grandes. La seconde, Constance, est un magnifique personnage, lumineuse et plein de bienveillance, qui va faire perdurer la mémoire de son amie et en qui Blanche va trouver, elle aussi, une amie. J'ai vraiment adoré ce personnage.

 

« L’argent est un moyen, pas une fin. Il ne doit pas nous forcer à nous résigner »

 

Cette histoire émouvante ne donne pas dans la précipitation. Elle est construite de manière logique selon un processus qui semble parfaitement cohérent. L'auteure joue avec les démons intérieurs et les démons du passé pour que ses personnages traversent des étapes similaires à des montagnes russes, alternant la joie, la tristesse, l'espoir et la déception voire la désillusion. Le chemin vers l'apaisement et la reconstruction est souvent jalonné d'embûches. Danielle l'a parfaitement illustré tout en ne tombant pas dans le mélo et en mettant en opposition famille de sang et famille de cœur. Elle n'a pas enjolivé son histoire pour en faire une simple romance. Elle l'a écrite comme il se devait, à mon sens. Tout est parfaitement dosé pour amener de l’espoir dans la noirceur émotionnelle de deux êtres faits pour s’envoler ensemble vers une reconstruction nécessaire et méritée.

 

« La liberté c’est aussi d’avoir le choix, même si certains choix ressemblent à un sacrifice »

 

Ce roman c'est un peu l'illustration de "on sait ce qu'on perd mais pas ce que l'on gagne" où la peur de l'inconnu est tellement présente. Nous incitant, cette fois, à nous projeter dans un avenir plus positif qu'une vie acquise et idéalisée grâce à des chimères. Et à envisager à un retour à des choses simples mais des choses vraies. Comme un retour aux bases du "savoir s'accepter tel que l'on est et pas comme la société voudrait que l'on soit". C’est bien tout là le problème de Blanche : elle ne s’assume pas telle qu’elle est et fuis en permanence en se plongeant, corps et âme, dans son travail.

 

Cette romance « provençale » dans un univers on ne peut plus réaliste, est un joli coup de  de par tout ce qu’elle contient et de ce qu’elle m’a fait vivre et ressentir. On sent que Danielle a mis beaucoup d’amour et de passion dans cette écriture. Et c’est typiquement le genre de lecture pour laquelle une simple chronique ne suffit ; il y a tant à dire et en bien seulement. Bien sûr, je ne peux que la conseiller à toute personne qui aime les histoires pleines d’émotions et de messages forts. C’est un vrai bon moment de lecture !

 

« Les méandres de la destinée restent incompréhensibles à chacun de nous. La seule chose qui soit limpide, c’est que rien n’est un hasard »


04/07/2020
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Start again / Valentine STERGANN

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Le hasard fait bien les choses : cette expression n'a jamais été aussi vraie. Car c'est bien lui qui m'a mise sur la route de Valentine STERGANN au détour d'un post Instagram. En jouant les "curieuses", je suis tombée sur la jolie couverture de "Start again" paru aux Editions "Les plumes du web". Convaincue par un résumé accrocheur, je me suis plongée dans cette histoire peu commune qui tient en deux chiffres : 8 et 12.


8 pour 8 ans. Ça fait 8 ans que Nell a rencontré Sully et on ne peut pas dire que ce dernier ait changé en bien durant tout ce temps. Pas vraiment des amis, seulement des connaissances unies par une amie commune, Lula. Lorsqu'un jour de décembre, Sully annonce à Nell que leur amie a perdu son combat contre la maladie, leur monde s'écroule. Et lorsqu'ils découvrent que Lula leur a réservé une surprise de taille, ils ne seront sûrement pas prêts à oublier leur inoubliable amie.


"Je savais très bien que ce coup de fil arriverait un jour ou l'autre. Je m'y étais préparée à de nombreuses reprises. Malheureusement, aucun entraînement n'aurait pu m'aider à supporter la triste réalité"


12 pour 12 mois. C'est le temps que donne Lula pour que puisse éclore une histoire entre ces deux êtres si chers à ses yeux. 12 mois, 12 rendez-vous pour une histoire dont seul le destin connaît l'issue.


Que réserve à Nell et Sully, le destin orchestré par leur amie ?

Sauront-ils mettre leurs egos de côté pour se révéler enfin l'un à l'autre sous leur véritable facette ?


Cette histoire est une belle révélation en terme de romance, une douce romance qui prend le temps de s'installer. J'ai vu passer quelques avis plutôt bons dans lesquels, de manière assez régulière, les lectrices disaient avoir pleuré. Autant vous le dire tout de suite : je n'ai pas versé de larmes. Peut-être ai-je vu au-delà du décès de Lula qui a mon sens n'est qu'une base ; mais pas une base larmoyante. Au contraire, j'ai aimé et trouvé intéressante cette approche pour considérer le deuil d'une autre manière, en faisant en sorte d'en détourner l'attention au profit de quelque chose de plus positif.


Nell est une jeune institutrice de 26 ans vivant en Pennsylvanie. En dehors du dévouement qu'elle porte à son métier, sa vie se résumé à son amie Lula, Sully - lui c'est plus par obligation que par affinités – et Jasper, homme séduisant qui ne serait pas contre un « et plus si affinités ». C'est  une jolie jeune femme, loyale et généreuse, qui ne manque pas de répartie, dans une façon de s'exprimer parfois "sans filtre". Mais elle souffre d'un manque d'assurance et de confiance à cause de ses critères physiques qu'elle trouve très éloignés des « normes » de beauté et qui la font se remettre en question, sentimentalement parlant.


Et ce n'est pas grâce à Sully que les choses pourraient changer : c'est seulement par amitié pour Lula qu'il supporte Nell et tout ce qui sort de sa bouche, à son encontre, est plutôt glacial. Personnage arrogant et agaçant, on ne peut pas dire de lui qu'il souffle le chaud et le froid ; seul ce dernier semble l'habiter. Ou bien, il cache bien son jeu et ses sentiments.


"Le fait que tu ne trouves rien à me dire prouve bien que la seule chose positive avec le départ de Lula, c'est qu'on n'aura plus à se voir toutes les cinq minutes"


Il en est de même à l'égard de Jasper, "ami" de Nell qui collectionne les mauvaises fréquentations et les mauvais choix. Et qui manque de chance tient, peu à peu, une grande place dans sa vie. Son personnage n’est pas évident à expliquer car leur relation n’est pas évidente au premier abord ; il faut la découvrir tout simplement.


L'histoire serait trop prévisible si l'auteure n'ajoutait pas certaines tensions qui mettent tout le monde à l'épreuve, bien évidemment. Et qui sèment le doute dans l'esprit de la lectrice qui assiste à ce qui ressemble à une rivalité sans pouvoir vraiment l'expliquer. Alors attention, je n'assimile pas cette histoire à un triangle amoureux. Je me trompe peut-être mais ce n'est pas mon ressenti.


"Lorsque je vois son sourire étincelant et entends ses blagues pourries, je ne parviens pas à le détester"


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Cette histoire ne comporte que très peu de personnages et c'est ce que j'aime. Hormis les 4 protagonistes précédemment cités, qui sont vraiment les principaux, il faut en ajouter 3 autres qui, bien que secondaires, permettent de donner, à  l'histoire, un cheminement qui nous fait passer par tout un tas d'émotions et de sentiments. La palme revient sans conteste au personnage un peu extravagant et excentrique de Dani, haut en couleur, en mots et en répliques qui apportent de la légèreté.


De ce roman se dégage comme une ode à la vie plutôt qu'une tristesse post-deuil. Au travers de flashbacks réguliers, on découvre avec bonheur le personnage de Lula, lumineux, solaire et à l'imagination tellement débordante. Au fil de la lecture, on prend conscience de ce lien qui les unissait tous et du vide que son départ a laissé.


"Je ne sais pas gérer les choses, sans toi, sans ton rire, sans tes conseils... Je ne peux pas survivre dans ce monde de cons sans toi"


Attention : Ce n'est pas le combat contre la maladie qui est traité ici mais bien l'amitié tellement puissante qui l'unissait à ses amis, au point de penser à leur futur plus qu'à elle qui se sait condamnée.


"Vous êtes si compatibles que je n'ai même pas besoin d'envoyer "LOVE" au 75400 pour le savoir"


L'intrigue est tellement belle de simplicité, qu'elle parsème, tout au long de la lecture,malgré quelques maladresses des protagonistes, une douceur qui fait du bien. L'auteure l'a parfaitement construite sur une idée que je n'avais, de mémoire, jamais rencontrée précédemment.


On se laisse porter au rythme d'évènements qui arrivent avec une ponctualité précise et qu'on attend avec certainement autant d'impatience ou de fébrilité que Nell et Sully.  Mais aussi par d'autres flashbacks que l'auteure insère pour que le présent ne soit pas le seul mis en avant ; le passé détenant finalement beaucoup de clés qui permettent d'ouvrir les portes, trop longtemps fermées, d'une histoire à laquelle personne ne pourrait croire et donner une chance.


Le passé est un point important dans ce roman et pas seulement en ce qui concerne Lula. L'auteure n'a rien laissé au hasard ; elle a tout soigneusement calculé. Lorsque le passé impacte le présent et le futur, avec des révélations inattendues ou des situations passées qui semblaient anodines, l'histoire est plus que complète. Et si, en plus, elle ajoute une petite touche énigmatique du style "je vous garantis que vous ne verrez rien venir", l'addiction est forcément au rendez-vous et effectivement, moi je n'ai rien vu venir. A chacun de se faire son opinion.


Dans ce roman, l'auteure n'épargne rien à ses personnages, verbalement parlant. Elle jongle entre humour, sarcasme comme paroles terriblement dures, et réparties piquantes, qui font voir Nell et Sully, notamment, sous un autre angle. La retranscription des pensées de Nell donne aussi lieu à d'excellents passages. Et il y a aussi une belle part de romantisme quand Sully oublie d'être un "connard".


"Elle pourrait guérir tous les malheurs du monde avec un tel sourire"


Parce qu'il faut de tout pour faire un monde, avec cette histoire, l'auteure saura, sans nul doute, trouver un lectorat qui adorera, comme moi, son roman parce qu'il aura su passer outre certains a priori que le thème et la construction choisie peuvent induirent. Comme elle peut s'exposer à l'incompréhension de certaines lectrices qui ne saisiront pas les messages qu'elle veut faire passer et ne retiendront que certains points isolés et non pas l'histoire dans sa globalité.

 

Start again n’est pas une histoire triste ; bien au contraire. C’est un très beau message d’espoir comme quoi au-delà du deuil il y a une lumière possible et que l’amitié, la vraie, peut survivre et continuer à vivre bien après la mort, de manière différente. C’est un très beau roman que signe là Valentine STERGANN. Il se lit facilement, tellement les pages se tournent d’elles-mêmes et je ne peux que vous conseiller de découvrir cette auteure au travers de cette belle histoire qui est, pour moi, un beau coup de ♥.



14/06/2020
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Top to Bottom / Emilie COLLINS

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Emilie COLLINS est une valeur sûre dans l'univers de la romance française. Je la suis depuis ses débuts et je suis au rendez-vous de toutes ses sorties (hormis une qu'il me reste à lire). Je l'apprécie autant en tant qu'écrivain qu'en tant que la femme douce et généreuse qu'elle est.

 

Merci aux Éditions BMR et Netgalley de m'avoir permis de découvrir Top to bottom sous Service Presse.

 

C'est avec une joie certaine que j'ai retrouvée Alexia, dite Lex même si elle n'est pas dans une très bonne période. Styliste talentueuse, travaillant dans la boutique de sa mère, Lex a perdu l'inspiration créative. Pourquoi dis-je « retrouvée » ? Car pour les lectrices qui suivent Emilie, Lex n'est pas une inconnue puisqu'elle est la sœur de Romy dans Cœur à corps - celle qui crée des bijoux et qui est en couple avec Erik le photographe -.

 

Cette panne créative pèse sur le moral de Lex et sur ses relations. Notamment celle avec Sadie, jeune graffeur talentueux et meilleur ami d'Erik, qui l'insupporte un peu, beaucoup. Lorsque Lex décide de prendre du recul en partant à l'aventure, ses pas et sa quête d'inspiration pourraient bien lui apporter bien plus que ce qu'elle cherchait au départ. Et Sandie pourrait bien se révéler sous une autre facette.

 

Sandie saura-t-il sauver Lex des souvenirs douloureux du passé ?

Lex aura-t-elle la force d’affronter et d’accepter les tourments qui animent Sandie ?  

 

Je l'ai peut-être déjà dis mais je le dis encore ici : Emilie COLLINS est une poétesse et une magicienne des mots et des émotions. A chaque nouveau roman, elle m'embarque avec elle, avec une facilité déconcertante. Un univers différent à chaque fois mais ça matche à tous les coups entre ses personnages, leurs univers et moi. Quel bonheur de la retrouver !

 

C'est à force de poésie qu'Emilie nous emmène à chaque fois dans le monde de l'art sous toutes ses formes : un thème qui semble lui tenir à cœur et qu'elle maîtrise avec subtilité, tendresse et douceur. Du pur Emilie Collins comme j'aime.

 

Cœur à corps mettait en scène le personnage de Romane - Romy -, créatrice de bijoux. Top to Bottom nous permet de découvrir, de manière plus intime, Alexia la sœur aînée. Mais aussi de retrouver plein de personnages découverts dans les précédents romans de cette talentueuse auteure (Les délices d'Eve, Cœur à corps, Notre part de magie).

 

Cette très belle histoire nous immerge, en alternance de point de vue, dans la vie de deux artistes que tout semble opposer. Lex crée de sublimes vêtements et à un caractère posé et discret ; Sadie réalise de magnifiques fresques avec cet art tantôt décrié, tantôt reconnu et souvent considéré comme répréhensible, qu'est le Street Art comme moyen d'exprimer une certaine révolte qui l'habite.

 

"C'est assez étrange de pouvoir explorer une semi-ruine parce qu'on a le droit d'être là"

 

Car révolté il a des raisons de l’être : à la loterie de la vie il n’a pas vraiment gagné le meilleur lot. Il a grandi sans père, sans l’amour de sa mère présente seulement pour le brimer continuellement, le considérant comme un fardeau ; et avec un secret qui le ronge de l’intérieur petit à petit et face auquel il assiste impuissant à une issue irréversible. Seule sa passion et son talent pour le Street Art comble ce vide émotionnel auprès de cette famille de cœur que composent tous les graffeurs qu’il côtoie dans cet univers où chacun vient et accepte l’autre avec ses différences mais avec le même amour du Street Art. Les liens du sang n’ayant aucune signification pour lui, des liens du cœur l’unissent aussi de manière très forte à Erik qu’il considère comme son frère de cœur. Et quel plaisir de découvrir leur histoire de manière plus approfondie !

 

« C’est pas du griffonage, Lex, c’est un cri de révolte. Pour avoir le droit de demander autre chose que ce que l’on veut nous imposer comme unique voie. Je veux avoir de la place pour exprimer et vivre ce que je choisis »

 

Contrairement à lui, pour Lex les liens du sang ont une signification puissante puisque sa famille est son pilier. Lorsque Lex est vraiment dans une détresse profonde et que le bonheur semble avoir oublié de s'arrêter dans sa vie, contrairement à toutes les femmes qui l'entourent, cette notion familiale est plus forte que jamais. Elle n’est pas confortée dans sa chute mais bien tirée vers le haut de manière efficace, reconnaissons-le. L'écriture d'Émilie nous décrit ses ressentis et son évolution de manière tellement réaliste que la peine que l’on peut ressentir se transforme au fil de la lecture.

 

"Je sais qu'elles sont là, elles sont toujours là. Je ne sais pas depuis quand je ne vais pas bien, ni pourquoi. Je ne savais pas que j'avais besoin d'aide"

 

Même si elle n'est pas habituée aux imprévus,  Lex a une certaine fierté qui va la pousser à se montrer réactive en acceptant un défi de taille. Et quelque part, ça rassure même si l'inconnu total nous attend comme elle. Dans ce roman, l'inconnu n'est pas forcément de celui qui fait peur. Comme toujours, Émilie insuffle de la positivité et de la couleur à des situations délicates et à ses personnages. Là où tout semble les séparer, leurs chemins vont trouver un croisement qui leur offre la possibilité de se découvrir enfin tels qu'ils sont réellement ; avec leurs forces et leurs faiblesses respectives. Et d’envisager une reconstruction ensemble même si le chemin sera semé d’embûches. Mais qui a dit que tout est facile dans la vie ?

 

"Tu fais ta valise, tu files à l'aéroport avec ton passeport, et tu montes dans le premier avion qui décolle"

 

Entre Lex et Sadie, on ne va pas se mentir : rien n’est gagné d’avance. Leur relation se résume, dans un premier temps, à de belles joutes verbales qui illustrent bien l'expression "Qui aime bien châtie bien", à des surnoms surprenants et à des échanges piquants qui frôlent la provocation. Mais au fil des chapitres, c'est bien plus que ça qui prend naissance et grandit sous nos yeux de manière tellement touchante. Plus les pages se tournent, plus le ton change,  plus les vérités émergent et plus on se dit que sous le ton humoristique parfois, se cache quelque chose de plus douloureux et profond.

 

« J’ai passé une partie de l’après-midi à t’imaginer nue et enduite d’huile. Je pourrais te dire que j’ai envie de voir à quoi ressemble ton corps et connaître la douceur de ta peau. Et te dire que j’ai envie de dénouer tes cheveux et découvrir chacune de tes courbes du bout des lèvres. Arrête-moi Lex »

 

Car sous couvert d'une belle romance, ponctuée d’éclats de rire, de complicité et d’une belle connexion entre eux, l'auteur traite de sujets forts qui touchent Lex et Sadie. Les douleurs du passé impactent leur présent et pour certaines, elles sont de taille. Et on ne peut qu'être touchés. Surtout dès lors que ça interfère avec leurs sentiments, leurs décisions et donc dans leur relation.

 

« Quand détruire est ce qui permet d’envisager de reconstruire »

 

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Mais heureusement, ce ne sont pas des personnages éteints et ils sont plein de qualités. Surtout Sadie qui est doux, patient, attentionné avec un humour bien agréable à lire. Et ils sont bien entourés par des personnages secondaires éclectiques, de qualité, qui redonnent de l’espoir et un peu de légèreté supplémentaire à l’histoire. Histoire qui est une belle ode à la femme et à la féminité ; ces femmes qui, majoritairement, portent ce roman d’un bout à l’autre au fil des rencontres qu’elles illuminent. Et c’est à ce point qu’on reconnaît le style d’Emilie COLLINS qui fait se croiser tant de personnages d’horizons différents mais avec un même point commun : l’amour de l’autre. Ses personnages sont toujours bienveillants avec une belle part d’empathie ; rares sont ceux qui ont un mauvais fond et du négatif en eux.  

 

Ce qui caractérise aussi cette auteure, c’est sa capacité à nous faire voyager à des milliers de kilomètres sans avoir à craindre une phobie de l’avion. J’avais eu un réel coup de cœur pour son tout premier roman, « L’autre chemin » qui m’avait transporté au Sri Lanka. Et là, c’est une nouvelle invitation au voyage qu’elle propose en découvrant, en autre, la belle ville d’Istanbul, avec ses monuments dépaysants, ses habitants accueillants, ses couleurs chatoyantes et ses odeurs odorantes. Il y a juste à suivre le guide.

 

« Puisqu’on ne peut pas changer le passé, construisons le présent et l’avenir autrement »

 

Enfin, Emilie donne à cet art assez méconnu et incompris qu’est le Street Art, toutes ses « lettres de noblesse » et la place légitime qui est en train de lui revenir. N’est pas graffeur, qui le veut seulement par improvisation  - Sadie ayant quand même fait les Beaux-Arts, s’il vous plaît -. C’est un art de vivre et une mentalité particulière ; et ça requiert beaucoup de talent. Dans ce roman, le sujet est parfaitement traité pour se rendre compte de sa dimension et on sent bien qu’Emilie a profondément travaillé sur le sujet en s’entourant de spécialistes hautement talentueux pour en parler avec tant de passion. Et forcément, ça donne envie d’en découvrir plus au-delà de l’histoire de Lex et Sadie.

 

Emilie COLLINS est une auteure inimitable car elle écrit avec beaucoup de sensibilité et de justesse. Et sa plume est comme toujours juste parfaite ; je trouve même que dans Top of Bottom on gagne un petit plus en sensualité. Peut-être que je me trompe Clin d'œil

 

Alors si vous voulez une histoire pleine d’émotion et de sentiments hétéroclites, qui véhicule des messages forts sans enjoliver la réalité et qui vous fait voyager sans sortir votre passeport, alors installez-vous confortablement pour découvrir en quelques heures seulement, ce roman qui, j’en suis certaine, ne sera pas le dernier – puisque Mel n’a pas eu son histoire - avec lequel nous enchantera Emilie.


07/06/2020
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C'est juste un collègue / Margherita GABBIANI

www.kizoa.plcollage_2020-06-06_14-44-57.jpgAlerte coup de coeur ! D'un simple clic sur une suggestion Instagram, j'ai découvert Margherita GABBIANI, auteure issue de Stories by Fyctia . En regardant son feed, je suis tombée amoureuse de la couverture canonissime de son premier roman "C'est juste un collègue". Le résumé a fini de me convaincre qu'il fallait que je découvre cette histoire. Et l'auteure me l'a gentiment envoyée.

 

Merci Margherita de m’avoir fait confiance pour tes débuts !


C'est dans la très belle ville de Lyon que Margaux, une jeune femme séduisante et brillante de 27 ans, a bien réussi sa vie. Des projets de mariage avec celui qui semble être une évidence, son fiancé Jean dévoué à son métier et bientôt un nouveau travail dans une start-up de webmarketing en pleine évolution, Kreatio, qui vient de la recruter. Seul bémol à ce tableau idyllique : son couple s'est installé dans une vie routinière qui n'est pas en adéquation avec l'idée que Margaux pourrait se faire de la vie d'une couple de trentenaire. Alors, lorsque la moyenne d'âge de Kreatio ne dépasse pas 30 ans et que l'ambiance est plus que détendue, la vie de la jeune femme esseulée, qui pourtant fait de gros efforts, pourrait bien prendre une toute autre direction. Mais attention à ne pas se brûler le cœur au jeu d'une passion fulgurante !

 

« Les couples qui existent avant Kreatio ne durent pas. Même si tu ne l’es pas en arrivant, tu finis inévitablement célibataire à un moment donné. C’est arrivé aux meilleurs d’entre nous »

 
Entre tentation et raison, qui emportera la bataille ?

Margaux sera-t-elle assez forte pour vendre son âme au diable sans risquer de tout perdre et de se perdre elle-même ?


Avec ce premier roman sur un thème osé et risqué, l'auteure fait une entrée détonante dans le monde de la romance sensuelle. Et quelle entrée ! Elle ne s'attaque pas à une douce romance à l'eau de rose, pleine de bons sentiments ; mais bien à un thème plus sombre d'où certains personnages pourraient ne pas ressortir indemnes : l'infidélité. Et lorsque l’infidélité revient au personnage féminin, c’est encore moins commun et peut-être moins pardonnable.


Infidélité et romance sont deux points totalement opposés de par tout ce que l'infidélité implique de sombre, de négatif. Et normalement, une romance doit faire rêver et non pas finir en dépression. Et malgré la connotation de triangle amoureux malsain qui se dégage de l'histoire, l'auteure est arrivée à me faire rêver avec le personnage masculin pour lequel je veux bien me mettre au café matin, midi et soir (et collation pourquoi pas !). Pour une fois, je ne vais pas révéler son identité ; ce serait gâcher l'histoire. Je vais juste l'appeler LUI Car il n'est pas celui auquel j'avais pensé au départ ; j'étais partie sur une méprise de taille mais ça, ça m’est vraiment propre.


Alors, petit détail qui a son importance : nous ne sommes pas là pour débattre de la légitimité ou non de ce thème. Je ne pense pas que ce soit le but de l'auteure. Ni de savoir pourquoi l’infidélité chez les hommes est moins décriée que lorsqu’il s’agit d’une femme. Et ce livre s'adresse à un lectorat qui a l'esprit assez ouvert. Pour les lectrices qui ont des idées bien arrêtées, ce livre les fera sûrement sortir, parfois, de leurs gonds. Comme ça a été le cas pour moi a plusieurs reprises. Mais pas avec le personnage de Margaux à qui il serait tentant de jeter la pierre car à l'origine de la situation.

 

« Ce que je fais, c’est mal ! Je joue avec le feu, je le sais. Alors pourquoi ai-je tellement envie de continuer et de voir où tout cela peut me mener ? »


Jeune femme réservée, elle va savoir s'intégrer rapidement dans son nouveau travail et se démarquer. Alors j'avoue que je ne me suis pas attachée plus que ça au côté "professionnel" de l'histoire. Il est important, certes, car c'est de là que tout part mais il est juste bien dosé pour ne pas prendre le pas sur le reste. Pas de passages soporifiques heureusement pour moi.

Sa rencontre avec LUI n'a pas été une évidence, dans le sens romance, puisque l'auteure a brouillé mes neurones avec certaines choses que j'avais tenues pour acquises. Et que je pensais être l'histoire en cours de construction. C'est un peu dommage car je pense que ça peut noircir le personnage de Margaux aux yeux de certaines lectrices.

 

« Mon regard bute contre un torse musclé, parfaitement moulé dans une chemise bleu marine. Ses yeux extraordinairement clairs me dévisagent sans pudeur. Je déglutis avec difficulté. J’aimerais bouger ou dire quelque chose mais je reste complètement figée »

 

Heureusement, Margherita a su se rattraper en donnant à LUI la place qu'il méritait. LUI il est la perfection au masculin. Je l'imagine beau, bien entendu, mais une chose est sûre il est craquant. Doux, attentionné, dès qu'il ouvre la bouche les anges passent et ses sentiments envers Margaux sont tellement beaux et sincères que n'importe quelle romantique aimerait entrer dans l'histoire.

 

« En dehors de son sourire taquin, la première chose que je remarque c’est ses grands yeux verts. Mais aussi sa barbe de trois jours et ses cheveux en bataille, qui lui confèrent un air négligé du style « Je sors juste du lit ». Pourtant sur lui, ça a un certain charme »

 
Ce personnage aux traits s'approchant de ceux d'un ange n'a aucun mal à faire fondre tant la description de Jean, le fiancé ou celle d'un autre protagoniste masculin, se rapproche plus d'un démon voire du diable. Dès le début, j'ai eu un gros doute sur Jean, modèle, à mes yeux, de machisme, d'égocentrisme et d'égoïsme. On peut dire que l'auteure l'a parfaitement soigné mais pas dans le bon sens. Et je n'ai pas su lui trouver une quelconque qualité ou un quelconque charme. Désolée Jean, je n'ai pas adhéré à ce que tu représentes à mes yeux. Il en faut toujours un, tu as été celui-là. Et pourtant ton histoire avec Margaux semblait tellement solide et romantique !

 

« Excuse-moi d’avoir besoin de souffler un peu et de ne pas être empressé de te sauter dessus comme un animal dès que je te vois ! En parlant d’animaux, c’est une vraie porcherie ici. T’aurais pas pu passer l’aspirateur ?  »


Margherita aurait pu se contenter d'écrire son histoire sur un modèle de huis-clos sentimental, ce qui aurait certainement rendu un climat pesant et aurait changé la donne pour le ressenti. Elle n'en a rien fait heureusement. Et même si la facette psychologique est bien présente, elle n'en est pas dérangeante car elle est parfaitement travaillée.


Margaux ne veut blesser personne dans l'histoire ; ses sentiments sont sincères surtout envers Jean pour lequel on comprend assez tôt qu'un fossé les sépare quant à la suite de leur relation. Là où les torts sont partagés, il est impossible de blâmer l'un plus que l'autre. Même pas trentenaires, leur histoire a comme un goût amer de manque de passion et de pep's. Et à trop vouloir un bonheur qui se présente à portée de cœur, les prises de décisions seront parfois à double tranchant entrainant manque de discernement, doutes, culpabilité et dommages collatéraux. Ajoutés à cela des situations délicates, des animosités légitimes et une belle sensualité dans les règles de l’art, il m’a été impossible de ne pas comprendre Margaux dans ses peurs et ses espoirs, ses décisions impulsives et ses moments d’hésitation.

 

« Il faut que j’assume mes sentiments et que je finisse par être de nouveau en paix avec moi-même. Je ne peux plus vivre comme ça. Et advienne que pourra »


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Dans ce roman, l'auteure a su montrer que la passion et la raison ne peuvent pas faire bon ménage. La première volant la vedette à la seconde. Elle soulève le questionnement "Quelle est la meilleure façon d'agir lorsqu'une passion dévorante chasse une passion éteinte ?" Et est-ce que fidélité rime vraiment avec exclusivité quel qu'en soit le prix à payer ?

 

« Les rumeurs ça se répand vite, et ton petit monde parfait pourrait rapidement voler en éclats »


Sur ce vaste thème de "l'amour et la fidélité" qui traverse les temps sans prendre une ride, il ne faut jamais dire jamais. Bien sûr, je ne suis pas concernée puisque j’ai eu le grand bonheur que l’amour ait été présent jusqu’aux tout dernier instant de notre histoire. Et surtout ne pas rester sur des acquis confortables et sécurisants. On se promet fidélité au début des sentiments amoureux. Tant que la passion consolide une relation, il n'y a pas grand risque effectivement. Mais lorsque la passion meurt pour renaître sous d'autres traits, nul ne peut assurer rester de marbre et résister. Homme ou femme, nous restons des humains faits de sentiments avant tout. Nul n’est à l’abri de franchir la ligne rouge. Et nul n’a le droit de juger qui a fauté.

 

« Le corps et l’esprit sont deux choses qui peuvent être totalement déconnectées »

 

J’ai adoré cette lecture qui bouscule certains codes et certaines certitudes en posant des mots justes sur des vérités dérangeantes et pour laquelle les ressentis ne pourront qu’être divers et variés ; tant en positif qu’en négatif. C’est le prix à payer pour un thème qui existe depuis au moins Marivaux – si ce n’est bien avant, depuis que l’amour existe - et qui évolue en même temps que nous, nous évoluons. J’ai adoré la belle et douce sensualité qui se dégage de scènes très bien écrites, j’ai adoré l’écriture simple et directe de l’auteure que j’espère pouvoir découvrir à nouveau très vite et cette fin qui sonne comme un renouveau, aux parfums de seconde chance sur des bases neutres.

 

« Je reconnais dans ses iris embrasés la même folie qui nous anime, et nous y succombons ensemble dans un dernier assaut qui me fait chavirer »

 

Même si certaines choses m’ont choqué à un point inimaginable, ça fait partie du deal dans ce genre d’histoire. Et c’est bien pour ça que j’ai tout aimé ; certaines imperfections pouvant être un atout. Et j’attends, avec une certaine impatience, mon exemplaire broché dédicacé qui aura toute sa place dans ma bibliothèque. Et pour lequel je ne saurais que trop vous conseiller de lui en trouver une dans la vôtre.


06/06/2020
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Je veux un homme qui..... / Tamara BALLIANA

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J'ai découvert Tamara BALLIANA il y a peu de temps, au milieu du confinement, lorsque je suis revenue sur Instagram. J'ai tout de suite été séduite par ses couvertures et par le contenu que semblaient promettre les résumés. J'ai repris très vite le boulot et ces titres ont donc rejoint ma PAL.


Abonnée à la newsletter de l'auteure et à son Insta, j'ai postulé pour un SP pour son dernier titre, à paraître le 23 juin 2020, "Je veux un homme qui....". Craquage total sur une couverture aux couleurs flashy et provençales. Et oh, belle surprise, je l'ai reçu alors que je ne m'y attendais pas vraiment. Merci Tamara !


Troisième histoire de la saga "Le domaine des Manons", j'ai attaqué ce livre en sachant qu'il pouvait être lu indépendamment des 2 autres. Et j'ai tout de suite accroché au style de l'auteure.


C'est au Café de la Place à Cadenel, dans le Sud de la France, que je rencontre Oriane, jeune policière de 25 ans, qui se trouve là pour un énième rendez-vous galant dans l'espoir de trouver l'homme idéal qui saura lui faire enfin vivre l'histoire d'amour qu'elle désespère tant de connaître un jour.

 

"Fille diplômée en échecs amoureux, option relation à sens unique,

mention très bien"


L'amour, ah l'amour ! Ce sentiment qui a déserté, depuis un certain temps déjà, la vie d'Oriane qui ne tourne qu'autour de ses amies Romy et Elena, de son travail, de son grand-père Papi Gus qui vit à présent en maison de retraite.


Mais aussi des régulières soirées pour célibataires organisées par Jules, le propriétaire du Café de la Place, réputé restaurant de cette jolie bourgade.  Mais où aucun homme ne trouve jamais grâce aux yeux d'Oriane. Et pour cause : son esprit est déjà occupé, depuis fort longtemps, par l'indisponible et donc inaccessible Jules. La barre est haute et qui tentera sa chance avec Oriane risque de ramer dur.


Jules, en couple depuis 6 ans, est sur le point de franchir le cap de la demande en mariage. Mais lorsque les choses ne se passent pas tout à fait comme il le voudrait - mais du style vraiment pas -, se pourrait bien être un coup du destin pour lui faire ouvrir les yeux.


"C'est le moment fatidique. Les prochaines secondes sont celles qui vont faire basculer toute ma vie"


Lorsqu'il est à l'origine d'une idée qui pourrait bien changer le cours de l'histoire, voilà comment une amitié se développe, change de tournure et comment Jules va en venir à vouloir aider Oriane à trouver l'amour. Mais jusqu'à quel point sera-t-il aveugle face à l'évidence ? !


Une soirée et une anodine liste suffiront-elles à changer le cours de deux vies ?

Oriane arrivera-t-elle à réunir, en un seul homme, tous les critères auxquels elle aspire ?


Autant aller droit au but : cette histoire est un énorme coup de coeur. Même si la fatigue a eu raison de moi certains soirs, dès que je me suis replongée dedans, je l'ai lu d'une traite.


Oriane est un personnage qui n'est pas coulé dans le moule de l'héroïne classique et banale. Et c'est vraiment agréable à lire. Elle domine à 1m80, chausse du 42, elle n'est pas laide mais n'est pas un canon de beauté non plus avec un nez très loin de la perfection, c'est une bonne vivante qui aime manger et surtout elle exerce un métier qui peut effrayer les hommes mais pour lequel elle est reconnue de ses concitoyens.


"Mon nez n'est pas cassé. Je l'ai juste gagné à la grande loterie de la génétique"


En dehors de son boulot, elle est la fidèle amie toujours célibataire ; et pourtant, c'est pas faute d'essayer de forcer le destin. Ses ami(e)s sont quasiment tous/toutes casé(e)s et la solitude du célibat commence à lui peser sérieusement. D'autant plus que les visites à Papi Gus, atteint de pertes de mémoire, deviennent de plus en plus difficiles à gérer émotionnellement parlant. Mais le côté financier, de l'absence de ce papi avec qui elle a toujours vécu, n'est pas négligeable non plus au point de songer à prendre une colocataire . Si seulement elle ne se dévalorisait pas autant et n'avait pas de sentiments, voués à l'échec, pour Jules, objet de tous ses fantasmes ; sa vie serait peut-être toute autre et elle pourrait avancer.


"Je ne peux pas changer mon visage, mais peut-être, à un moment, un homme verra autre chose que la fille moche en moi"


Car Jules est le personnage masculin qui pourrait être parfait s'il n'avait pas des œillères sur son beau regard "couleur d'un ciel d'hiver lors d'une journée de mistral". Tout le village est au courant des sentiments d'Oriane pour lui, sauf lui. Et pourtant il tient un commerce où tout le monde se retrouve et se connait ; un peu le poumon du village.

 

Dès qu'on le rencontre vraiment, on ne peut que craquer. "La virilité incarnée à portée de main', il est beau et taillé comme un dieu, une voix à faire fondre n'importe quel iceberg, il n'est pas riche, il cuisine comme un vrai chef - vous ne verrez plus les crêpes de la même manière -, il est un poil romantique au point de mettre le genou à terre pour sa douce moitié et, s'il faisait un petit effort, il pourrait même être classé dans la catégorie homme sensible. Ça ce n'est pas gagné mais rien n'est impossible. Il intervient de temps en temps, en alternance narrative avec Oriane et on profite donc plus de lui pour entrer dans ses pensées et ses sentiments.


"Tout le monde n'a pas la chance de faire tomber les membres du sexe opposé d'un battement de cils comme toi. Figure-toi que pour certaines personnes, c'est un peu plus compliqué que ça"


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Dans cette romance tout en simplicité mais tellement efficace, Tamara nous offre un très bon moment de lecture détente ; elle dépollue notre esprit pour que seuls ses personnages l'occupent. Elle décortique parfaitement leurs sentiments et leur associe des situations légères ou touchantes selon la facette qu'elle choisit de nous montrer.

 
De manière tout à fait justifiée, on pourrait penser qu'Oriane est un personnage fort physiquement et mentalement. Mais au fil des pages, on la découvre sous différents aspects. On rit avec son gang des "célibataires malgré elles", haut en couleurs et en mots, on sourit de ses réactions telle une ado qui perd ses moyens au contact de Jules et on s'émeut lors de ses visites à Papi Gus. Oriane n'est pas une wonder woman des sentiments. Elle a, comme tout le monde, ses forces et ses faiblesses, des peurs et des doutes. Et heureusement que Tamara n'en n'a pas fait une héroïne à toute épreuve. Toute l'histoire n'aurait pas eu la même saveur.


"Depuis qu'il ne vit plus avec moi, je ressens comme un grand vide"


Idem pour Jules qui pourrait être l'homme de toutes les situations, qu'aucune épreuve ne saurait atteindre. Il est beau certes mais il n'est pas à l'abri de se prendre un "rateau" de toute beauté. De mémoire, je n'ai jamais eu à découvrir un homme qui joue d'autant de malchance en si peu de temps. Ce que je pourrais lui reprocher c'est ce que j'appellerais "l'affaire Alan" - quelle idée ! ". Et ce que je pourrais lui envier, c'est sa force mentale face aux critiques et aux coups bas de la vie.


"Tu trouveras toujours des gens pour te juger. Soit tu leur accordes du crédit et ça te bouffe la vie, soit tu les laisses parler et tu seras bien plus heureux. J'ai choisi la seconde solution"


Tamara aurait pu partir sur une romance qui se construit selon un schéma classique mais elle n'en a rien fait. Elle n'a pas utilisée la facilité, elle agrémente son histoire de situations cocasses, de quiproquos croustillants - petite pensée pour Ethan Boyle - ou de répliques parfois hilarantes notamment grâce à la pétillante Romy. J'ai adoré ce personnage !


"Il y a un Dieu dans ce monde ! Il m'envoie un homme magnifique, un Irlandais en plus ! Moi qui adore justement la Saint-Patrick et U2"


L'auteure sème le doute sur le devenir de l'histoire et on se laisse piéger avec un consentement assumé. Mais elle s'en sort brillamment pour ne pas attirer les foudres de ses lectrices avec une fin so ......... - à vous de découvrir -.


Même si le décor de cette histoire est purement fictif, j'ai aimé l'ambiance, bien loin des grandes villes habituelles, qui s'en dégage. On se surprendrait presque à imaginer une place ombragée, s'arrêter pour assister à une partie de pétanque entre passionnés, écouter les brèves de comptoirs ou potins attrayants au détour des conversations aux accents chantants qui sentent bon le soleil de la Provence. C'est très particulier comme sensation et ça ajoute un petit plus à l'attachement qu'on peut avoir envers cette histoire.


Bel amalgame de rires, de sourires, d'humour, d'émotions vraies, de bons sentiments, d'écriture fraîche et légère pleine de pep's, de situations dont on attend toujours plus et encore, ce roman est une belle dose de vitamines à lui tout seul ; véritable remède anti-morosité. Si je devais lui trouver un défaut : il est beaucoup trop court.

 

"Ça ne sert à rien d'avoir des tonnes de gens autour de soi. Une ou deux personnes de confiance, c'est largement suffisant"


Je n'avais pas lu les précédents tomes et ça ne m'a pas inquiété. Les pages se sont tournées très facilement, trop même ; mon esprit n'a pas du tout été parasité par ce rendez-vous manqué avec les 2 premières histoires. Peut-être que ça apporte des éléments supplémentaires mais finalement, ça ne gêne en rien la lecture.


Alors pas besoin de réfléchir trop longtemps, c'est vraiment une lecture qui fait du bien par sa simplicité. Et il faut foncer la découvrir pour tout le positif qu'elle renferme et pour le sourire qu'elle mettra sur votre visage pour un bon moment.


31/05/2020
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Ferme les yeux et fais un voeu / Cécile BERGERAC

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C'est au détour d'un post Instagram Hugo Roman que j'ai décidé d'avancer, de 2 places, la lecture de "Ferme les yeux et fais un vœu" qui était dans ma P.A.L. J'étais intriguée par la couverture Feel Good et le résumé qui l'était moins. Du coup, ce petit bijou a été commencé en début de matinée au petit déj' pour en finir la dégustation pour le goûter ; en ayant entre-temps préparé - tout en le lisant - un plat de lasagnes (loufoque mais véridique !). Mais pourquoi parler cuisine ? Parce que ce roman est savoureux, un vrai délice littéraire. Et je suis une gourmande, dans tous les sens du terme


C'est une rencontre un peu hors du temps qui se produit à 3h12, une nuit de septembre avec un réveil brutal pour Sarah, 30 ans, jeune avocate dévouée corps et âme à son métier : le CHU d'Orléans vient d'accueillir,  aux urgences, son frère Pierre. C'est le choc ! Orpheline depuis son enfance, son frère est ce qu'elle a de plus cher et celui qu'elle doit protéger coûte que coûte. Plongé dans un coma profond, la suite de son séjour se fera au service réanimation sous les soins, en autre, de Jimmy, jeune infirmier de 29 ans.

 

« Bonjour mademoiselle. Venez avec moi. Il va falloir être forte »


Un combat contre l'attente interminable s'engage bouleversant un quotidien parfaitement réglé ; où les imprévus n'ont pas leur place. Et pourtant .....


Ayant eu son lot de souffrances, Sarah sera-t-elle assez forte pour affronter cette épreuve de taille ?

Est-elle réellement à sa place dans ce monde qui s’est imposé à elle plus qu’elle ne l’a choisi ?


C'est à une thématique vraiment forte que l'auteure s'attaque dans ce roman bouleversant et tout en sensibilité. Et je dis bravo et merci. Je ne peux pas vous résumer l’histoire, elle ne se résume pas ; elle se lit tout simplement.


Lorsque j'ai commencé la lecture, j'ai eu un gros doute car c'est une histoire à deux voix mais écrite à la 3ème personne. Style narratif que je ne maîtrise pas du tout. Je vais dire heureusement que la 1ère personne n'a pas été utilisée ; ça aurait été déplacé que de vouloir s’approprier les sentiments et les pensées de Sarah et Jimmy dans une telle lecture.

 

Ce roman énonce des vérités et des réalités parfois douloureuses sur des sujets graves du quotidien. Et la façon dont l’auteure a choisi de les traiter est parfaitement travaillée. Attention : le côté médical n’est pas du tout mis en avant ; c’est vraiment le côté humain qui a été choisi.

 

Sarah est un personnage fort, un peu froid parfois à croire que l’attitude professionnelle déteint sur celle personnelle. On sent qu’elle n’aime pas l’imprévu. Avocate pénaliste, elle défend plus le truand que le bon et n’a pas vraiment d’autre choix que de se forger une carapace pour résister à la pression du monde impitoyable dans lequel elle évolue. Elle n’a pas de temps pour les apitoiements et les états d’âme ; seuls les résultats professionnels importent. On a l’impression qu’accepter de céder un peu de faiblesse serait un échec cuisant, bien plus que de perdre un procès. De sa relation avec son frère, dans la vie adulte, on ne sait que peu de choses. Ce qui est indéniable, c’est la puissance des sentiments qui les unissent depuis l’enfance. Au fil des chapitres, on entre dans cette intimité enfantine qui apporte une belle touche positive ; un peu comme un bouclier pour lutter contre l’inéluctable.

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Le roman débute, tout en lenteur, dans une sorte de huis clos aseptisé, à la froide blancheur. Ce rythme routinier choisi par l’auteur peut sembler pesant et inciter à lâcher l’histoire. Je l’ai plus pris comme une manière de digérer l’évènement soudain qui s’abat sur Sarah ; comme pour lui laisser le temps d’assimiler et de s’organiser. Il faudrait être naïf pour croire que la vie continue comme avant.

 

« Tous les matins, elle est retournée au cabinet, et tous les après-midis à l’hôpital, alternant entre la cafétéria et la chambre »

 

Et ça nous permet, en parallèle, de rencontrer Jimmy, infirmier dévoué à son métier et à ses patients ; même si les échanges oraux avec eux n’ont pas de retour, il est animé par une belle empathie. C’est un personnage de qualité qu’a créé Cécile, en lui accordant une sensibilité touchante pour un protagoniste masculin. Il côtoie la détresse, la maladie, des cas médicaux pour lesquels les destins semblent scellés ; et pourtant, il sait prendre du recul face à l’inévitable et il lutte contre la tristesse des familles par un humour et un sens de la légèreté qui permettent d’appréhender ce genre d’écrit de manière moins dramatique et larmoyante. Déçu de manière brutale en amour, c’est un homme qui sait se protéger pour ne plus souffrir mais qui croit malgré tout en l’amour. Son seul univers, ce sont son métier et ses deux amis William et Joachim. Sauf que Jimmy, une fois sa blouse enlevée, redevient un homme qui peut avoir des doutes et faire les mauvais choix.

 

« Elle a un côté très touchant, Sarah. Il ne saurait pas l’expliquer mais elle le perturbe »

 

Dès lors que Jimmy déboule dans la vie de Sarah, c’est un autre rythme qui se met en place ; on sort un peu du contexte hospitalier. Une organisation de vie autour de l’être hospitalisé, tout en ne s’oubliant pas soi-même en s’autorisant un processus de reconstruction, dans les règles de l’art, où des attentes jusque-là inimaginables naissent petit à petit.

 

« Il se pourrait que l’inconnu, qui devait avoir assez de force pour m’en prêter un peu, soit en passe de croiser mon chemin »

 

L’attente des résultats d’examens ou des verdicts médicaux cède un peu la place à une démarche plus égoïste – pour Sarah comme pour Jimmy - comme une bouffée d’air frais nécessaire. Les prémices de la romance se mettent doucement en place, sans précipitation ; et l’apprivoisement se développe de la plus belle des manières. Ne vous attendez pas à des personnages qui se sautent dessus ou à des scènes de sexe ; il n’en n’est rien. Seule la tendresse a sa place.

 

« Ces moments d’insouciance où les questions existentielles ne relèvent ni du Code pénal ni d’un manuel de médecine »

 

Et la lectrice, que je suis, y a vu un beau romantisme de la part de celui qui éprouve de doux sentiments pour ramener l’être aimé à la vie, à la vraie vie, pour qu’il ne sombre pas. Celle où un vélo ou une coccinelle paraissent plus romantiques qu’une grosse cylindrée, un pique-nique est plus intime et recherché qu’un beau repas dans un restaurant chic ou que la simple phrase, « Fermez les yeux et faites un vœu », pourrait être répertoriée dans le dico des plus belles déclarations d’amour.

 

« Il a compris que Sarah avait besoin de lui pour croire en la magie, car elle, ce n’est pas vraiment son truc. Alors, il va y croire pour deux. Il sera cette magie pour qu’elle y croit »

 

Cette histoire ne comporte que très peu de personnages vraiment acteurs. Beaucoup sont de passages ; seuls Sara et Jimmy la joue sous nos yeux. Il n’empêche que l’auteur démontre parfaitement le processus de réaction de l’être humain comme un moyen de défense.

 

Le personnage de Sarah, dans la douleur et la lutte contre ses sentiments si durement touchés, se montre agressif dans ses propos, dans ses plaidoiries. Elle n’a pas d’ami(e)s ou de famille dans l’histoire, elle s’assume seule. Ses réactions illustrent de manière très juste que c'est dans les pires moments qu'on se rend compte du comportement des gens,  qui peut être faux ou  jamais à la hauteur de nos espérances. Ceux qui en font trop, ceux qui n'en font pas assez, ceux qui font parce qu'ils se sentent obligés. Ceux qui feraient mieux de ne rien faire. La scène avec Julie, d’une violence verbale incroyable, m’a scotché sur place tant l’exercice d’écriture a été soigneusement approfondi pour faire ressortir toute la véracité de la situation. Au contact de Jimmy, son évolution va se dessiner petit à petit et on aime ça ; l’auteure lui insufflant un oxygène de meilleur qualité.

 

En somme, Cécile BERGERAC nous raconte l’histoire de la vraie vie, de vrais gens. Sans artifice, ni faux-semblants et où les mots « Espoir » et « Optimisme » prennent tout leur sens même s’ils n’ont pas une garantie de résultat à 100%.

 

Elle arrive de manière toute simple, en seulement 219 pages que composent cet ode à la vie et à l’amour - à nous faire sourire, nous faire pleurer, nous émouvoir par des tirades d’une beauté à couper le souffle – je pense à Mr FLORIN – et à nous faire croire, l’espace d’une lecture, en une magie poétique. Elle n’a oublié aucun ingrédient pour faire de cette douceur une belle réussite que je ne peux que conseiller de découvrir avec délectation.


24/05/2020
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