Mille livres en tête

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La promesse / Mia SHERIDAN

Mia SHERIDAN fait partie de ces auteures dont j’attends toujours la sortie d’un nouveau roman avec beaucoup d’impatience. Il suffit que j’en lise le résumé pour être tout de suite plongée au cœur de son univers. Pour LA PROMESSE, la couverture française était loin de m’emballer mais peu importe. Dès sa sortie, je l’ai ouvert pour ne plus le quitter d’un bout à l’autre.

 

Cette histoire atypique m’a emmené dans la Napa Valley à la rencontre de Kira et de Grayson. Tous deux, issus de familles aisées, ont eu une enfance difficile, de manière différente certes mais douloureuse malgré tout.

 

« Grayson et moi avions bien plus de points communs que je le pensais.

Nous avions tous les deux été élevés par des pères qui n’avaient jamais cru en nous »

 

Kira DALLAIRE, 22 ans, de retour d’un an passé en Afrique pour tenter d’échapper à l’emprise et à la tyrannie de son père, très influent ancien maire de San Francisco, se retrouve sans domicile. Impulsive, elle n’est jamais à court d’idées improbables, de « Très Mauvaises Idées » comme les nomme sa meilleure amie Kimberly. Ayant hérité d’une très jolie somme de sa grand-mère décédée, mais ne pouvant la percevoir que si elle se marie ou à ses 30 ans, elle va faire preuve d’une imagination plus qu’osée pour toucher son héritage et gagner enfin sa liberté pour démarrer une nouvelle vie loin de son père.

  

« Si tu le décides, la souffrance offre encore plus de place à l’amour. Et cet amour qui nous remplit nous rend plus forts »

 

C’est là qu’entre en scène, Grayson HAWTHORN, 28 ans, ancien repris de justice pour des raisons que j’ai forcément trouvées plus que contestables. Sans argent, sans aucune solution pour reprendre et faire revivre le domaine viticole familial, son sort semble scellé. Jusqu’à ce que Kira entre avec fracas dans sa vie pour lui proposer la solution qui pourrait chambouler leur vie à tous les deux.

 

Sous cet arrangement, une nouvelle vie est-elle possible ?

Oseront-ils affronter leurs souffrances pour panser leurs blessures ?

 

Après m’avoir bouleversée avec « Archer’s voice » et émue aux larmes avec « Léo & Léo’s chance », Mia SHERIDAN signe-là une nouvelle performance de taille. Cette histoire qui me fait drôlement penser, par certains aspects seulement, à LA BELLE ET LA BETE est magnifiquement imaginée et parfaitement développée sans ne jamais rien omettre des ingrédients qui font que j’ai accroché immédiatement.

 

« J’avais enfin compris que certaines fois, il fallait se rencontrer au milieu du chemin.

Parfois, le plus bel acte d’amour était de rejoindre l’autre là où il se trouvait »

 

Les personnages sont bien loin de ce qu’il se fait habituellement en New Romance. De familles aisées, certes mais ils n’ont pas grandi avec une cuillère en argent dans la bouche. Leur vie actuelle n’est pas non plus toute rose et leur parcours a été jonché d’épreuves et le sera encore tout au long du livre. Comme je le disais, ce livre s’apparente à l’histoire de LA BELLE ET LA BETE.

 

Kira illustre parfaitement « Belle » par son côté fantasque et volontaire, son optimisme, sa spontanéité, son altruisme, sa gentillesse et son amour des autres. Surtout l’amour qu’elle avait pour sa grand-mère dont j’ai parfaitement compris l’ampleur au travers des mots que l’auteure a choisi avec soin. Malgré un passé entaché de douleurs, elle est lumineuse et n’a pas sa « langue dans sa poche ». Hormis son père, rien ne lui fait peur, rien ne l’arrête. Elle a énormément souffert auprès d’un père manipulateur qui n’avait de cesse que de contrôler sa vie. Et qui n’aura pas dit son dernier mot tout au long de l’histoire.

 

« Je pense que vous êtes à peu près aussi capable de monogamie qu’un chien errant »

 

Grayson, « la Bête » va s’en rendre compte ce qui va donner des joutes verbales piquantes entre eux. Lui, rejeté par la société, est meurtri par une enfance qui n’a été faite que de brimades, de rejets et par un présent qui ne s’annonce pas plus clément à cause de son image de taulard qui lui colle à la peau. Lorsqu’il souffre il peut se montrer très cynique et cruel, même avec ceux qu’il aime, qui lui rendent bien cet amour et qui lui pardonnent. Mais sous une virilité indéniable, se cache un cœur. Même lorsque certaines scènes, dont il est à l’origine, sont particulièrement dures et poignantes, je ne suis pas arrivée à lui en vouloir. L’évocation de certains épisodes de son enfance n’ont fait que renforcer une certaine tendresse envers lui.

 

« La vérité que m’avait enseignée l’amour c’était qu’on ne peut devenir fort qu’après avoir eu le courage d’affronter ses souffrances,

et que les failles béantes laissées par la peine permettraient à l’amour d’entrer et de les combler »

 

J’ai été très touchée par ces personnages qui pensent n’avoir rien en commun. Et pourtant, au fil des chapitres, l’histoire pourrait bien leur donner tort. Ils vont se tester, se mettre à l’épreuve, se résister et se pousser mutuellement dans leurs retranchements. Ils vont se révéler l’un à l’autre,  tour à tour dans la joie et dans la douleur des épreuves traversées. Ils sont touchants, authentiques et naturels ; j’ai aimé autant leurs qualités que leurs défauts. Et lorsque leur arrangement semble prendre une toute autre voie, ils se dévoilent encore plus. Le fait que l’histoire soit écrite à deux voix renforce encore plus le ressenti de leur complicité, leurs douleurs, de leur bonheurs, de leurs espoirs, leurs doutes et de leurs déceptions. Etre dans leurs pensées, c’est une alternance de sentiments hétéroclites : rire, tristesse, joie, colère, déception, espoir, désillusion…. Tout y est, rien n’est oublié dans la succession des évènements. Quand je pensais que le happy end allait se produire, je retombais dans des situations encore plus sombres et rageantes. Une spirale dont j’ai bien cru ne jamais pouvoir sortir indemne.

 

« On ne peut pas parfaitement comprendre quelqu’un tant qu’on n’a pas regardé le monde à travers ses yeux »

 

L’auteure a su aussi, au travers de ses personnages secondaires, apporter une autre dimension à ce roman. Sous les secrets anciens, les non-dits,  les complots, les tromperies et les malentendus, c’est une succession de scènes touchantes qui m’est tombée dessus. Et je peux dire, sans exagérer, que certains personnages m’ont vraiment touchée comme Charlotte & Walter. Fidèles et toujours présents, de beaux personnages indispensables à cette histoire. Surtout Charlotte qui me fait penser à une bonne fée ; toujours les bons mots au bon moment.

 

« L’amour n’est pas toujours simple et facile. Il peut blesser. L’amour oblige à s’ouvrir et à laisser entrer l’autre jusqu’à la plus intime part de notre être. Car le véritable amour est une fleur, mais qui porte des épines ».

 

D’autres, exécrables au possible, je les ai détestés du début à la fin sans qu’il puisse en être autrement. Je ne suis pas arrivée à leur trouver de circonstances atténuantes à tant de cruauté et de méchanceté par simple goût du pouvoir.

 

La plume de Mia SHERIDAN est toujours, et encore, fluide et très addictive. Elle me plonge, à coup sûr, dans ce monde qui la caractérise parfaitement : celui d’êtres torturés que j’ai envie de prendre dans mes bras à chaque fois. C’est un coup de cœur une nouvelle fois malgré une certaine faiblesse dans l’impression du livre en format E-Book avec de nombreuses fautes de frappe, d’orthographe ou autres. C’est bien dommage car ça m’attire toujours l’œil. Mais rien qui ne vaut qu'on s'y attarde et qui ne change mon avis sur la qualité de l’histoire et sur le fait que Mia SHERIDAN est une auteure incontournable. Roman à découvrir absolument !!!!!!!

 

« Même une vie faite de joies ne pourrait exister sans une part d’ombre,

et le mot heureux perdrait tout son sens s’il n’était pas ponctué de chagrins »

Carl JUNG

 

 



27/08/2017
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