Mille livres en tête

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Love at first lie / Flora ARMONIE

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Lecture pur plaisir, puissance 1000 ! C’est donc sur un énorme coup de cœur que je referme cette histoire un peu loufoque sous la plume toujours aussi efficace de Flora ARMONIE en auto-édition. Quel beau moment j’ai passé !

Pour le résumé, c'est ici

 

Avec un prologue qui met d’entrée dans l’ambiance du livre, l’auteure ne pouvait pas faire autrement que de m’embarquer en seulement quelques lignes à la découverte de Valentina, presque trentenaire, infirmière de nuit aux urgences adultes, qui à un aplomb à toute épreuve lorsqu’il s’agit d’inventer des mensonges ingénieux, qui font rire son entourage et qui sont généralement sans grandes conséquences.

 

« Bordel ! C’est la phase deux du processus ! Je m’enfonce dans mes mensonges, qui se mettent à sortir aussi vite qu’une diarrhée pendant une gastro hivernale »

 

Lorsqu’elle rencontre James, incurable hypocondriaque mais terriblement séduisant, elle ne se doute pas que ce qui est un mensonge plus que risqué pourrait bien prendre une toute autre dimension et bouleverser le cours de son existence : en bon comme en moins bon. Un mensonge en chair et en os ! Et ce qui se révèle être une manière de vivre totalement assumée pourrait vite devenir le mensonge de trop !

 

Dans ce roman très court (234 pages), j’ai tout aimé ; on ne peut pas faire plus simple. Il fallait trouver cette idée de base terriblement bien imaginée et qui met en opposition totale deux personnages que rien ne pourrait associer : une infirmière et un hypocondriaque ! En plus de la couverture qui est juste canonissime, il y a tellement de choses qui ne peuvent que faire passer un délicieux moment et ce sont justement toutes ces choses que j’aime retrouver pour une lecture simple mais efficace. Ce n’est pas compliqué : le prologue commence à la page 5 et j’ai commencé à rire et sourire à la page 6. Je vous laisse donc imaginer la suite qui jamais ne perd en intensité alternant entre rire, sourire, tendresse, émotion. Et c’est à la page 6 aussi que je me suis définitivement attachée aux personnages. Sacrée page !

 

« J’aime ma liberté et mon indépendance sentimentale ! Qui a besoin d’un homme ? Personne ! Pourquoi je voudrais de quelqu’un qui prenne soin de moi, qui m’écouterait et me soutiendrait ? N’importe quoi ! »

 

L’histoire est portée d’un bout à l’autre par Valentina, – sauf un chapitre - cette jeune femme qui ne recule devant aucun mensonge pour toujours se sortir de situations délicates, voire gênantes pour d’autres, par une simple pirouette. Et pour ne jamais perdre la face quitte à faire preuve de mauvaise foi caractérisée.

 

« Il y a des urinoirs chez les femmes ! Mais vous ne pouviez pas le savoir comme vous n’êtes jamais rentré dans nos toilettes. Grâce à moi vous dormirez moins bête !

 

Sa rencontre avec James, d’une cocasserie très bien imaginée, en est la parfaite illustration. Et en commençant avec une telle scène, Flora ARMONIE ne pouvait pas mieux lancer cette comédie romantique pétillante et rafraîchissante. Et toute la suite du roman est au même niveau.

 

Valentina est une romantique, aux origines italiennes, qui attend le grand amour, tel que celui que connaissent ses parents dès le premier regard échangé. Pour elle, le coup de foudre, c’est ça et c’est ce qu’elle veut. Sauf que l’amour avec un grand A tel qu’elle le conçoit ne court pas les rues et voilà pourquoi elle est toujours célibataire. Au grand dam de sa famille qui ne veut que son bonheur tout en lui mettant une belle pression à chaque retrouvaille familiale. Alors un mensonge de plus pourrait calmer tout le monde et ça ne serait qu’un tout petit mensonge parmi tant d’autres !

 

« Ma famille considère que je suis défraîchie, à croire que j’avais une date de péremption et qu’elle est maintenant dépassée. Pour ma mère, je suis comme cette pomme qui traîne dans votre frigo depuis des jours, celle que personne n’a envie de manger »

 

Lorsque se mensonge se matérialise sous les traits de James, pas sûr que Valentina – tout comme la lectrice qui découvre le personnage – soit préparée à ce qui l’attend. Entrepreneur parfaitement accompli mais hypocondriaque avéré, il va rentrer dans le jeu – ou presque – de la jeune femme à qui il doit donner le change du couple amoureux lors d’une petite virée dans la famille, en Italie. Lorsque ce qui était convenu au départ prend une autre tournure, le jeu pourrait être d’une facilité déconcertante pour l’un et plus complexe pour l’autre.  

 

« Ce type n’est pas possible, un vrai ascenseur émotionnel, je passe du « J’ai envie de faire des bébés avec lui » à « Ne m’approche pas ou je te tape avec un bout de bois » »

 

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Qu’est-ce que j’ai aimé James et sa particularité à toujours se croire malade ! Qu’est-ce que j’ai ri aussi lorsqu’il se trouvait dans des situations pour lesquelles l’auteure n’a pas hésité à pousser son trait de caractère à l’extrême ! Je ne verrais certainement plus les orties et le fromage de la même manière ou sans penser à lui ! James apporte une autre dimension aux personnages masculins qu’on a l’habitude de croiser : drôle, sincère mais surtout très authentique.

 

« Je vous arrête de suite. Si vous allez sur Internet, votre espérance de vie est de 24h »

 

L’auteure a créé des personnages secondaires sur-mesure, tous aussi déjantés les uns que les autres et auxquels on ne peut que s’attacher. Le premier, et pas le moindre, c’est bien entendu Clémence, l’amie de Valentina, aussi folle qu’elle mais terriblement attachante. Un duo de choc et de charme avec une solidarité féminine à toute épreuve !

 

« Clémence m’appelle Jessica Rabbit, elle passe son temps à dire que je suis pulpeuse comme un pamplemousse, mais je me considère plutôt comme « une femme crevette inversée » : on garde la tête, mais on jette le corps »

 

Et dès lors que l’histoire avance et que de nouveaux personnages s’invitent, on se rend compte qu’on n’est pas au bout de nos surprises. L’escapade italienne du côté du lac de Côme a achevé la conviction que j’ai pu avoir assez tôt sur le fait que l’auteure sait créer des personnages très bien construits. La famille de Valentina est une vraie dose de bonne humeur à consommer sans modération. Et à sa tête il y a bien sûr Nana, la grand-mère qui n’hésite pas à faire preuve d’autorité d’une bien drôle de manière. Et puis, on ne peut pas ne pas parler de Lorenzo et Matteo qui ne perdent jamais une occasion de « chambrer » ou de mettre dans l’embarras leur cousine. Tous les passages qui les concernent sont un pur régal !

 

« C’est mal connaître mon cousin et son amoureux. Mettre les gens mal à l’aise, c’est leur passe-temps favori, leur spécialité »

 

Alors bien sûr, on est vraiment sur une romance mais qui cache d’autres choses plus profondes qui apportent leur très beau lot d’émotion lorsque certaines sont révélées et auxquelles on ne s’attendait pas forcément. Que ce soit pour Valentina ou James, l’auteure n’a laissé aucun d’eux pour compte. Cette touche-là était parfaitement dosée.

 

Bien que ce soit une romance légère avec un sujet plus que sérieux, le mensonge, l’auteure a quand même fait en sorte de ne pas banaliser ce thème en montrant que tout mensonge peut avoir ses conséquences et qu’il ne faut pas en sous-estimer la teneur. Bon, on ne va pas se mentir, tout au long du livre on attend avec impatience de découvrir l’imagination très fertile de Valentina qui maîtrise son sujet à la perfection et qui dans ce domaine fait preuve d’une réactivité incroyable. Un véritable don chez elle !

 

« Les flammes de l’enfer me chauffent le derrière, mais parfois on n’a pas le choix »

 

Ce roman qui se lit assez vite, basé sur une idée géniale, développé sur une construction plus que solide et au titre judicieusement choisi, est vraiment une très belle découverte de ce début d’année 2022. Et correspond, en tous points, à la romance telle que j’aime la lire. Il y a beaucoup d’humour, de fraîcheur et de légèreté, des joutes verbales piquantes mais aussi cette douceur – notamment venant de James - que j’aime ressentir lorsque je lis. Et point essentiel, l’auteure n’en fait jamais trop, elle ne donne pas dans la surenchère.

 

« Nous les Italiennes, on a le sang chaud. Une pizza dans sa tête est si vite arrivée. Ou une bouteille de prosecco, tout dépend de la gravité de la bêtise »

 

Donc, je ne vois aucune raison valable pour que vous ne craquiez pas pour cette histoire qui, je suis obligée de le redire, est un gigantesque coup de cœur. Une chose est sûre : je vais avoir du mal à me la sortir de l’esprit ! Alors, très bonne lecture !

 

 

Extrait :

"La plupart des femmes se voient plus grosses qu'elles ne le sont. Moi c'est le contraire. Je me pense plus svelte. Quand je zieute une robe qui me plaît dans l'armoire de ma meilleure amie, je suis persuadée qu'elle m'ira à merveille. Parfois, ça passe, mais, occasionnellement ça casse.

 

 

Comme ce soir, par exemple. Mon fessier ou mes cuisses - ou les deux - n'ont pas l'air d'accord avec ce jean. Je me rabats donc en râlant vers un stretch et un haut décolleté"

 



05/02/2022
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