Mille livres en tête

Mille livres en tête

Rêver ta peau / Elodie SOLARE

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« La passion m’a prise au piège. Cette relation, à l’opposé de tous mes principes, a exalté mes sens. Je me suis brûlée, délicieuse souffrance, à la flamme du désir, moi qui me targuais d’être posée et équilibrée »

 

Alors si je m'attendais à ça ! Lorsqu'Elodie SOLARE a annoncé la parution en auto-édition de son prochain roman, j'ai été intriguée.

 

Intriguée par un résumé qui en dit peu mais suffisamment pour être titillée par l'envie de plonger dans l'histoire. Intriguée par une couverture plébiscitée, sur vote, par de nombreuses lectrices qui avaient découvert cette romance sur Wattpad. Intriguée par l'univers dans lequel l'auteure, connue pour ses précédentes histoires parues en maison d'édition, avait bien pu s'essayer : romance érotique, dark romance, romance psychologique ou new romance ? Telle était ma question. J'ai eu le grand plaisir de recevoir, sous Service Presse, ce titre avant sa parution le 06/01/2021. Merci Elodie pour ta confiance sur ce bébé que tu as géré de A à Z.

 

C'est dans la vie de personnages assez jeunes (20/23 ans) que l’univers est posé et que je suis rentrée sans aucune difficulté ; sachant que ce n'est pas forcément mon style craignant toujours d'être dans un décalage générationnel.

 

Lola, 20 ans, protagoniste féminine principale est étudiante en psychologie à Toulouse. Enfermée dans une relation amoureuse qu'elle subit plus qu'elle ne  la vit, elle peut compter sur son indéfectible amie d'enfance, Mathilde. A cause d’un passé familial compliqué, elle est persuadée de connaître tous les tenants et les aboutissants des relations amoureuses, l'amour n'est pas pour elle.

 

Mais lorsque sa route, son regard et son corps vont croiser le chemin de Gabriel, 22 ans, la voie qu'elle a choisie ne lui sera peut-être pas de grand conseil quant à des certitudes depuis trop longtemps ancrées en elle.

 

Entre raison et passion dévorante, Lola et Gabriel sauront-ils faire preuve de lucidité pour assouvir leurs désirs tout en luttant contre leurs peurs ?

Et leurs passés émotionnellement mis à l'épreuve, pourront-ils laisser la place à un futur moins torturé ?

 

On pourrait penser qu'un auteur qui se lance dans l'auto-édition cela signifie qu'il le fait parce que son histoire n'est pas de qualité suffisante pour être publiée par une Maison d'Édition. A tort bien sûr ! Et là encore, même avec quelques imperfections, on en a le parfait exemple C'est un travail énorme qui mérite d'être mis en lumière et pour lequel n'importe quel(le) auteur(e) est en droit d'avoir un retour juste, sincère et bienveillant.

 

C’est sur un 1er chapitre troublant (mais ô combien important !) que débute cette histoire qui va sans nul doute possible déchaîner les passions ou attirer les critiques. C’est typiquement le schéma d’écriture pour lequel on peut dire « ça passe ou ça casse ». Même si je ne le classerais pas en coup de cœur, avec moi c’est vraiment très bien passé.  

 

L’héroïne, Lola, est une jeune femme bien dans son temps, socialement intégrée, bien dans ses études mais pas forcément bien sentimentalement parlant car doutant de sa relation amoureuse actuelle. Elle donne de son temps pour aider les sans-abris et se destine à partir à l’étranger pour rejoindre des causes humanitaires.

 

Au cours d’une soirée, elle voit sa vie basculer à cause d’une simple intonation de voix. Et même si elle ne croit en aucun signe, les réactions de son corps ne mentent pas. Et ne vont plus la quitter.

 

« Le timbre intense passe en ligne droite de mon oreille à mon ventre, réchauffant l’ensemble de plusieurs degrés. C’est la première fois que je ressens ce genre de chose, mais l’embrasement dont je suis victime me rend fébrile. Savoir le propriétaire de cette voix si sensuelle dans mon dos fait courir des frissons dans toute ma colonne vertébrale »

 

La voix en question appartient à Gabriel, aspirant pilote de chasse à Salon-de-Provence. L’attraction est immédiate pour lui aussi et pourrait bien faire ressurgir certains démons de son passé. Je ne dirais pas qu’il est énigmatique mais il cache une part de mystère et d’incertitude en lui. Il n’est pas facile d’accrocher à ce type de protagoniste mais je l’ai vraiment aimé dès le départ. Il  renvoie une image sexy sous fond de voix à tomber à la renverse, mais ça n’empêche que la tentation de le lui en vouloir est parfois bien présente. Et l’envie de l’avoir à portée de main peut aussi s’inviter dans la lecture lorsqu’il sait se montrer touchant, attentionné et craquant. N’importe laquelle d’entre nous pourrait tomber sous son charme.

 

« Je suis certain que si je te fais l’amour une fois, mon obsession sera guérie »

 

Dans ce roman, c’est face à des personnages que je qualifierais de complexes, mais pas au sens extrême du mot, qu’on se retrouve. A première vue, ce ne sont, ni plus ni moins que de jeunes adultes mais à qui, la situation va enlever une certaine part d’insouciance propre à leur jeunesse. La complexité de leurs passés respectifs influence beaucoup leurs pensées, leurs émotions et leurs actes. Chacun a un projet d’avenir solide dans une vie déjà bien installée même si non définitive. Et pourtant, il suffit d’un instant pour que tout soit remis en question.

 

A première vue, cette histoire pourrait s’apparenter à un triangle amoureux, mais heureusement, ce n’est pas le cas. Il y a des gagnants et des perdants mais il n’y a pas ce climat pesant qu’il pourrait y avoir si l’auteure avait choisi d’aller dans ce sens.

 

« Une personne sensée ne fait pas n’importe quoi, juste parce qu’elle est attirée par une autre. Notre sexe ne doit pas réfléchir à la place de notre cerveau »

 

C’est une New Romance assez psychologique et sensuelle mais pas érotique. Même si côté sensualité, l’auteure a mis tout ce qu’il était possible, avec une écriture toutefois agréable et non malsaine ou vulgaire. Elle n’en n’a pas trop fait avec de trop nombreuses scènes, trop longues, pour lesquelles nous ne sommes pas toutes réceptives de la même façon.

 

Elle a parfaitement travaillé la psychologie de ses personnages même si Lola est la plus concernée. Quelques courts chapitres ne lui sont pas attribués mais, de manière globale, l’auteure a choisi une écriture sous sa narration. Et même si je ne suis pas adepte de ce choix, je pense que c’était très judicieux pour vraiment comprendre Lola et la voir évoluer face à cette situation qui lui imposera certains choix.

 

J’ai apprécié cette manière de faire osciller son héroïne entre maturité et immaturité émotionnelle. A tel point qu’on pourrait se dire : est-elle aussi forte et sûre d’elle qu’elle veut nous le laisser croire ? Parfois, la contradiction entre ses propos et ses réactions est telle que ça fait d’elle un personnage touchant et attachant tant elle peut sembler perdue. La mise en opposition de la profession à laquelle elle se destine et sa façon d’appréhender ce qui lui arrive est un choix d’écriture intéressant que j’apprécie.

 

« Tomber follement amoureuse. Éperdument. Pfou ! Tomber ? C’est se prendre les pieds, se faire mal. Follement ? Agir de manière folle. Maladive. Éperdument ? Etre perdue, désemparée, troublée. Non, merci ! Très peu pour moi. Je ne suis pas comme ces filles en pâmoison devant un homme. Prêtes à tout. J’ai horreur de cela »

 

En parallèle de la notion psychologie soft, j’ai aimé la fraîcheur et la légèreté qu’elle a su insuffler à ce roman avec les personnages de Mathilde et d’Enrique (colocataire de Lola). Mathilde est une jeune femme à laquelle on ne peut faire autrement qu’adhérer. Son tempérament, ses répliques, la tendresse qu’elle a envers Lola et tout ce qu’on découvre d’elle au fil des pages m’ont fait l’aimer dès le départ. Concernant Enrique, je ne développerais pas plus que ça, mais j’ai vraiment aimé son personnage et ses interventions. A chacune de se faire son opinion. Autre point positif : bien qu’on évolue dans un univers assez jeune, il n’y a pas trop de personnages et moi ça me convient bien ainsi.

 

« Putain de merde de con de chiote, vocifère Mathilde avant de s’engouffrer dans l’appartement telle une tornade rousse. Tu n’es pas prête ! »

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Au-delà d’une romance semée d’embûches qui va grandissant au fil des chapitres, l’auteure évoque, de manière réservée, un sujet qui ajoute de la profondeur à l’histoire et qui a su me surprendre, car je ne l’ai pas entièrement vu venir.  Mais aussi la notion famille qui, d’une certaine manière, est le cœur de l’intrigue et qui a une importance capitale.

 

Dans ce roman il n’y a pas de personnage à détester, on passe par des moments où on a envie de remettre les pendules à l’heure, de leur dire d’arrêter de réfléchir et de foncer car la vie est trop courte pour se poser des questions, où on pense que l’auteure malmène inutilement son héroïne et que ça pourrait tourner en rond. C’est juste un roman qui fait s’entremêler nos sentiments et nos questionnements. Mais hésitations, doutes et incertitudes sont vraiment le propre de la New Romance. Ça peut sembler un schéma classique mais il fonctionne parfaitement dès lors qu’on y associe les bons éléments.

 

« Je ne deviendrais pas une coquille vide. J’existais avant lui et j’existerai toujours après lui »

 

Dans ce premier essai en solo d’un bout à l’autre, je reconnais à Elodie SOLARE qu’elle s’en est vraiment bien sortie même s’il y aurait eu besoin de quelques petites choses supplémentaires. Par contre, un point hautement positif, c’est la fin. J’en parle rarement mais je suis vraiment fan de la voie que l’auteure a choisi de suivre. C’est audacieux, percutant et peu commun ; bravo pour la prise de risque. Ce roman, malgré quelques petites choses est écrit de manière sûre avec une plume qui ne laisse rien au hasard, choisissant parfaitement les mots, les expressions, les ressentis, les situations et la façon dont elle gère le temps, qui maintiennent l’histoire sous tension modérée d’un bout à l’autre. Le concept développé apporte un je-ne-sais-quoi d’énigmatisme et de sensualité. qui ajoute une connotation d’interdit très appréciable (ou non selon les avis).

 

« Les princes charmants ne sauvent les belles que lorsque le carillon des horloges retentit »

 

Quand j’ai débuté cette histoire, comme toute lectrice j’avais des doutes et des peurs quant à devoir éventuellement donner un avis négatif pour telle ou telle raison. Je vous rassure, ça me fait ça à chaque fois que j’entame une histoire. Ouf ! Ce ne sera pas le cas, bien au contraire. Comme j’aime à le dire : il est parfait avec ses imperfections qui ne sont pas irréversibles. Aucune auteure de New Romance ne peut se vanter d’écrire l’histoire parfaite, sans coquilles orthographiques ou de syntaxe malgré les lectures et relectures, et moi je ne suis pas là pour intervenir à ce niveau-là qui relève des bêtas-lectrices ou éditrices.

 

Une chose est sûre : c’est que cette histoire imparfaite rejoindra ma bibliothèque des autos-éditions car elle a un vrai potentiel tant dans l’écriture, que dans le sens et dans l’impact qu’elle peut avoir sur la lectrice que je suis. Elle n’est pas parfaite, je ne suis pas parfaite ; nous étions faites pour nous rencontrer.

 

A vous de plonger dans cette histoire ! Et n’hésitez pas à aller vers l’auteure pour votre exprimer votre ressenti. C’est ce qui permet aux auteures de grandir, de s’améliorer et de nous proposer des écrits d’encore plus belle qualité.



27/12/2020
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