Mille livres en tête

Mille livres en tête

Sans faute / Maloria CASSIS

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Synopsis
 : Depuis plusieurs années, Charlène Lacroix tente d'oublier son passé en dévorant des livres, enfermée dans le domaine familial qui l'a vue naître. La vie lui a appris que s'attacher à qui que ce soit est un trop grand risque, elle veille donc à maintenir une distance de sécurité avec tous ceux qui pourraient réveiller son cœur.

 

De son côté, Alek Novakovic, joueur de handball promis à une grande carrière, se voit relégué du jour au lendemain dans un club de moindre envergure pour se remettre d'une blessure. C'est du moins ce qu'il affirme.

 

Entre Charlène et Alek, le contact est immédiatement explosif. Leur rencontre les renvoie à leurs faiblesses respectives et chacun devra accepter de s'ouvrir à l'autre pour se laisser une chance d'évoluer."

 

 

Me laisser tenter, les yeux fermés, par un nouveau roman de Maloria CASSIS c'est, généralement, zéro prise de risque d'être déçue. J'ai pu commander "Sans faute" dédicacé et le plaisir a été d'autant plus grand.

 

J'ai été immédiatement séduite par une couverture sans aucune faute de goût et par un résumé plus qu'attirant. Et autant dire que cette lecture a été un moment 100% plaisir parfaitement assumé.

 

C'est sans aucune surprise que je me suis plongée avec une facilité déconcertante  dans cette histoire. Et le personnage de Charlène, 21 ans,  y est pour beaucoup puisque dès que je l'ai rencontrée, je l'ai adorée ; je crois bien que j’ai tout aimé d’elle.

 

J’ai aimé l’univers dans lequel elle évolue, avec une certaine indépendance ; au sein de la maison familiale en Alsace, entourée de son père, de sa belle-mère, de son petit frère Tom et de son chien Oreo, qui, envoient une image presque parfaite et idyllique de la famille recomposée.

 

Charlène est une jeune femme sportive, qui dégage une certaine mélancolie, en raison de douleurs du passé de plus de 10 ans qui ne s’effacent pas. Et ça ne peut qu’apporter une touche de tendresse à son personnage. Elle vit de sa passion qu'elle met dans son activé de traductrice et elle vit sa passion des livres en la partageant sur Instagram ou en tant que bénévole dans la bibliothèque de son village (N.B : petite pensée émue pour le kamishibaï que je ne pensais pas croiser un jour en New Romance)

 

« Il sort un ouvrage et s’évente avec. Je le lui arrache des mains avec un regard courroucé et le range avant qu’il ne l’abîme »

 

La manière dont l’auteure nous dévoile et nous fait prendre conscience de cette  passion qu'elle a pour les livres et qu'elle sait partager avec tant de talent, est vraiment touchante. A travers cette représentation de la passionnée de livres et de lectures, elle apparaît comme celle que n'importe qui aimerait compter parmi ses ami(e)s. Ou celle à qui pourrait s'identifier les bookstagrameuses qui sauront bien comprendre son personnage et s’identifier à elle.

 

"Ça pourrait sembler déjà vu, mais l'autrice a su insuffler dans sa langue une certaine poésie,  une réelle sensualité filtre à travers ses mots. Il faut que je parvienne à rendre justice à sa plume"

 

La maison familiale, c’est aussi une maison d’hôte accueillante qui ne désemplit pas et qui voit arriver, en pension, Alek, 21 ans également, handballeur promis à un bel avenir dans cette discipline mais qui doit se mettre un peu « au vert » en intégrant, pour quelques semaines, le club local dont le coach n’est autre que le père de Charlène. Habitué à un niveau de jeu supérieur et d’un tempérament assez peu calme, il s’avère aussi joueur, voire compétiteur, dans la vie que sur le terrain. Et au contact de Charlène, il n’y a aucune raison que ça soit autrement. Si ce n’est plus, au contraire. Ne dit-on pas « qui aime bien, châtie bien » ?

 

« Le sourire qui étire ses lèvre le rend aussi attirant qu’angoissant. Il quitte la cuisine en riant, fier de sa connerie. Quel petit merdeux ! »

 

Bienvenue en Alsace, où le sport, grâce à Charlène et Alek, ne se pratique pas, que sur un terrain de handball !

 

Qu’est-ce qui attend Charlène et Alek au bout de ce qui n’est qu’un break pour le sportif ?

Sauront-ils s’apporter mutuellement, un nouvel oxygène pour redonner un air plus sain à leurs vies ?

 

Maloria CASSIS est une auteure qui va droit au but en matière d’écriture. Il ne lui faut pas plus de deux chapitres pour nous mettre dans l’ambiance de ce qui nous attend. A faire cohabiter, sous le même toit, deux personnes que tout semble opposer, on comprend très vite que l’ambiance va être électrique. Et on serait tentés de dire « mais comment une romance pourrait naître avec ce qui ressemble à une date d’échéance en guise de mot FIN ?

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Les joutes verbales piquantes donnent le signal d’ouverture d’une partie que j’ai eu du mal à abandonner avant de savoir qui aller déclarer forfait en premier. L’histoire est tellement bien écrite qu’elle ne s’essoufle à aucun moment.  Sous couvert d’une romance, l’auteure nous invite à un match où les deux joueurs tenteront d’avoir toujours le mot plus haut que l’autre. Sans se refuser le droit, ou le besoin, de signer quelques trèves. Des échanges animés aux moments de complicité, il pourrait n’y avoir qu’un pas.

 

« Ce mec est une énigme. Et je crois que j’ai bien envie de la résoudre »

 

Une des craintes que j’aurais pu avoir en commençant cette histoire, c’est la présence d’un sport ; qui plus est, un sport en équipe. De ce qui aurait pu se révéler être un point négatif pour moi, l’auteure a su en faire des passages que je n’ai pas trouvés rébarbatifs et ennuyeux. Je ne vais pas m’inscrire dans un club de hand pour autant, je vous rassure. Mais je trouve que la manière dont elle a abordé ce monde, l’a été pour être mis à la portée de chacun(e).

 

« Ce que tu as trouvé, ce ne sont que des informations sportives, je suis plus que ça. Je ne me résume pas à être un joueur de handball »

 

Comme dans toute bonne romance, l’histoire prend le temps de se poser, de se construire, de se dévoiler toujours et encore plus et elle donne la chance, à ses protagonistes, de se découvrir, de s’apaiser pour mieux s’apprivoiser et s’ouvrir l’un à l’autre.

 

Dans ce roman, ce sont deux tempéraments opposés qui vont croiser le chemin l’un de l’autre pour s’apporter tant de choses mutuellement. C’est ce que j’ai aimé découvrir tout au long de cette lecture : voir comment Charlène pourrait arriver à composer avec le caractère tempétueux, versatile, moqueur voire narquois d’Alek, qui sous une apparence très sûre et nonchalante, cache quelque chose de profond ; qui le rend de plus en plus touchant et attachant au fil des chapitres. Et comment Alek pourrait se faire une place dans l’univers de cette jeune femme qui cache des blessures aussi profondes (si ce n’est plus) que les siennes pour lesquelles il dépense tant d’énergie pour les tenir secrètes.

 

« Il a vraiment cette faculté étrange de passer du gars souriant à un ours mal léché en moins de dix secondes et vice-versa. Ce type me donne le tournis »

  

Lorsqu’un jeu de charme décide de prendre le dessus avec des échanges qui n’ont plus rien à voir avec ceux du début et que la place de l’un/l’une prend de l’importance dans la vie de l’autre,  on ne peut qu’être définitivement conquise. Les joutes piquantes ou répliques mordantes laissent la place à des échanges tout en tendresse et l’histoire suit son cours sur une ligne d’écriture prenante et attendrissante. Avec, malgré tout, quelques petites erreurs de parcours avec lesquelles l’auteure ne se prive pas de subtilement jouer.

 

« Tu tiens les gens loin de toi pour ne pas t’attacher à eux. Je refuse d’être un type qui aura croisé ton chemin quelques semaines et dont tu ne te souviendras que vaguement »

 

Ce que j’apprécie vraiment dans l’écriture de Maloria, c’est qu’elle parvient toujours à intégrer des thèmes forts et d’importance dans ses romans. Une fois encore, dans celui-ci, elle donne une force supplémentaire à l’histoire avec le thème qu’elle a choisi de défendre et qui prend vraiment tout son sens, tant sa place y est légitime. En tant que lectrice ayant toujours aimé lire, je ne pouvais qu’être émue et profondément touchée. Surtout lorsque la peur et les non-dits prennent l’apparence d’une épée de Damoclès au-dessus d’une histoire à laquelle je me suis plus qu’attachée et pour laquelle je ne rêve que d’un Happy End.

 

Cette histoire de deux âmes finalement pas si opposées tient vraiment toute sa beauté et sa profondeur dans une écriture pertinente et affirmée qui est toujours plus qu’agréable à retrouver. Jusqu’à la fin, elle nous tient prisonnière entre ses pages, entre ses chapitres, entre ses lignes jusqu’entre chaque mot voire caractère de ponctuation. Mais si la séparation n’est que la seule issue, « Sans faute » est vraiment un livre dont j’aurais aimé tourner les pages encore et encore, sans fin.

 

C’est une lecture Coup de marquante en tous points, que je suis heureuse de n’avoir pas eu à attendre pour la découvrir. Maloria CASSIS est une auteure engagée, elle l’a démontré dans chacun de ses romans et c’est vraiment là sa force d’écriture qui fait que je la compte, en bonne place, parmi mes auteures New Romance de référence. Et si vous ne la connaissez pas encore, mais qu’attendez-vous pour partir à sa rencontre ? Et à la rencontre de ses magnifiques histoires ? Alors, foncez !



28/12/2020
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