Mille livres en tête

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Pour me sauver / Kalypso CALDIN

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J'avais repéré ce titre dès sa sortie annoncée. Alors lorsqu'il a été proposé en Service Presse, autant dire que j'ai "sauté" dessus. Merci à Célia et aux Editions Hugo de m'avoir permis de découvrir cette histoire authentique en émotions.

Sous une couverture qui accroche tout de suite le regard, la découverte de cette auteure s'est faite pour moi au travers de cette belle histoire. N'étant pas lectrice du genre de ses précédents romans, je suis partie à sa rencontre dans un univers qui me correspond vraiment. Concernant la couverture, attention : ce n’est, en aucun cas, une histoire avec des bikers.


Sidney, jeune femme de 19 ans, malmenée par la vie, durant son adolescence, a comme une revanche sur celle-ci à prendre. Elle enchaîne les paris - dont la finalité m'a quelque peu surprise - avec les garçons jusqu'à ce qu'elle croise le regard de Nojan, 20 ans, étudiant dans la même université qu'elle. Elle apparaît un peu comme décalée par rapport à ce qu’on peut croiser habituellement comme personnage féminin. Si je peux me permettre l’expression « elle n’est pas toute seule dans sa tête », ce serait un peu ça. Et ça n’a bien sûr rien de péjoratif, bien au contraire.

 

« J’avais besoin que la douleur me ramène à la réalité. Ce qui m’empêchait de sombrer, c’était de jouer avec les émotions des autres pour forcer les miennes à s’extirper de l’obscurité »


Décidée à ne rien lâcher, Sidney va tout mettre en œuvre pour percer à jour, l'énigmatisme qui entoure celui qui semble déterminé à lui résister. Et pour l'attirer dans ses filets. Force est de constater qu'elle va employer tous les moyens possibles.


Ce roman fait partie de ces histoires dans lesquelles l'immersion se fait de suite. Poignante et touchante, il ne pouvait en être autrement pour moi. Les personnages ont chacun un vécu indéniablement fort : chacun à sa façon, même si leur parcours est différent, ne pouvait que me toucher.


Sydney et Nojan expriment leurs émotions de manière bien différente. Ils ont en commun de ne pas s'épancher sur leur passé mais leurs manières de faire le deuil de leurs souffrances sont totalement opposées.


Sydney cache les fêlures, qui l'ont atteinte où plus profond d'elle, derrière une apparence de personnage fort et désinvolte où l'humour est sa meilleure arme de défense – quoi qu’un peu particulier parfois -. En opposition à ce comportement léger, elle est en recherche d'une souffrance comme un remède illusoire pour se maintenir en vie.

 

« Tiens, tu t’achèteras le sens de l’humour que j’ai vu en promo à la boutique du coin de la rue, dis-je en tendant à Nojan l’argent promis. »

 

« Je me tâte à te laisser la thune pour que tu puisses t’offrir un cerveau »


Quant à Nojan, le drame qui a réduit à néant son équilibre émotionnel a érigé, petit à petit, une carapace qui l'enferme dans une solitude de laquelle j'aurais aimé pouvoir l'aider à en sortir, à se sentir moins faible. Le pire lui est arrivé, sa vie s’est arrêtée et la phase de deuil est interminable pour lui. Lorsque les remords et la culpabilité sont si présents et que s'autoriser à aimer n'est plus envisageable, une reconstruction semble inconcevable. Nojan va tout faire pour tenir éloignée celle qui s’accroche

 

Pour peu qu’il le veuille vraiment, jusqu’à quel point Nojan saura résister ?

Et ne serait-ce pas l'ultime pari pour Sydney ?


J'avoue, et ça je l'ai dit à l'auteure lors du FNR 2019 à Lille, que l'histoire de Nojan a eu un écho plus important en moi que celle de Sydney. Mes sentiments, pour l'un est l'autre, n'ont pas été de même intensité. Généralement, je m'attache à un couple, sans vraiment arriver à les dissocier ; mais là, il m'a manqué quelque chose pour que mon attachement à Sydney soit équivalent à celui pour Nojan.


Mais attention, qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit. J'ai adoré cette histoire mais un petit quelque chose m'a manqué (ou m'a échappé) concernant l'histoire de Sydney.


L'auteure par son écriture sans fioritures, a su offrir des personnages avec des histoires qui ne sont pas du tout invraisemblables. Elle a su mettre des mots sur leurs maux sans tomber dans le larmoyant. Ajoutés à cela d'autres personnages de qualité sur lesquels peuvent s'appuyer ces personnages en détresse émotionnelle. Si je devais n'en citer qu'un, ce serait Hugo. Ce personnage qui a eu aussi son lot de souffrances mais qui a choisi de les combattre et d'aider, coûte que coûte, son petit-fils. Très beau personnage, merci Kalypso.

 

"Lorsque tu penses ne pas pouvoir avoir plus mal ..... la douleur te prouve le contraire"

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Au fil des pages et des chapitres, c’est un peu comme au jeu du chat et de la souris. Sydney et Nojan se cherchent pour mieux s’apprivoiser voire s’entraider. Ils évoluent au même rythme à force de patience et de compréhension. Mais rien ne se fait dans la précipitation ; et ça, j’apprécie vraiment.

 

J’ai trouvé intéressant le surnom  que donne Nojan à Sydney qui a une connotation tendre à mes yeux et qui montre qu’il n’y a pas que de l’indifférence dans l’histoire. Donc, lorsque la lumière cherche à percer les ténèbres, ce jeu pourrait bien se révéler salvateur pour l’un comme pour l’autre. Et cette fuite qui les anime tous les deux pourrait bien les rapprocher ou les éloigner à jamais.

 

« Je me souvenais n’être qu’un gamin qui avait tout perdu, et cela me tuait. Le témoin d’une infinie solitude »

 

Ce moment de lecture a été très intense émotionnellement mais avec de beaux moments de sourire. L’auteure a su capter mon attention d’un bout à l’autre, avec un subtil mélange de force et de légèreté. Je ne peux, donc, que vous conseiller de découvrir, à votre tour, cette très belle histoire qui est un joli coup de cœur pour moi.



01/12/2019
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